‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 104 sur 226 · AMIS DES LUMIÈRES · texte numérisé non relu

AMIS DES LUMIÈRES

très-vagues ; ils se bornèrent à reproduire les thèses quelque peu banales de Tancien rationalisme. Les Amis protestants s'occupèrent, dans leurs conférences, du côté pratique de leur œuvre : ils s'associèrent aux Iravaux de la Société de Gustave-Adolphe, créèrent dans chaque communauté une réunion d'édification et d'instruction pour les jeunes gens et les adultes, multiplièrent les bibliothèques populaires, publièrent sous la direction du pasteur Fischer, de Leipzig, un journal : Feuilles pour l'édification chrétienne des Amis protestants, qui compta bientôt plus de 4,000 abonnés, firent dans la nouvelle organisation une large part à l'élément laïque. Effrayé de ces succès, le parti orthodoxe combattit ses adversaires par tous les moyens dont il disposait. Ses plus ardents champions furent le professeur Guericke, de Halle, et les rédacteurs de la Gazette évangéiique. Les critiques qu'ils adressèrent aux Amis protestants, perdirent beaucoup de leur autorité à cause des perfides insinuations dont elles étaient accompagnées, de l'amertume et de la véhémence du langage, du constant appel au bras séculier. Des procès d'hérésie furent intentés à Kœnig, Uhlich, Wislicenus, à la demande des pasteurs orthodoxes de leurs consistoires respectifs. A ces accusations, les Amis protestants répondirent par la déclaration de Kœthen (Pentecôte 1849), où ils flétrissaient la partialité du ministre des cultes (Eichbonij et le^ calomnies de la Gazette évangéiique. Les «jeunes hégéliens, » qui s'étaient alliés à eux par haine de l'Eglise, remportèrent au sein de Jeurs réunions sur le parti modéré. WisUcenus lut, dans la conférence de Kœthen, un rapport Ecriture ou Espnt {Schrift oder Geist)y dans lequel il prenait au sens littéral toutes les déclarations de la Bible et lui substituait l'autorité de l'Esprit entendu dans le sens du radicalisme panthéiste. Ses expressions furent habilement exploitées par ses adversaires. D'un parti religieux au sein de l'Eglise protestante, les Amis des lumières inclinèrent toujours davantage à devenir une association de rationalistes, de Ubres penseurs. L'intervention de l'autorité civile envenima encore le différend. Le gouvernement saxon interdit aux Amis protestants de se réunir sous aucun prétexte ; Frédéric-Guillaume IV, à l'instigation d'Hengstenberg, leur appliqua les dispositions les plus rigoureuses de la loi sui* les clubs politiques et menaça de destitution tous ceux de leurs membres qui appartenaient aux écoles ou au clergé. Dès que l'heure de la persécution eut sonné, les classes éclairées, la bourgeoisie, les ouvriers, bref tous ceux que mécontentait l'ordre de choses actuel, et qui professaient les idées démocratiques, se prononcèrent ouvertement en faveur des victimes. Les municipalités de Berlin, de Breslau, de Kœnigsberg demandèrent au roi de garantir à tous ses sujets une pleine liberté de conscience et le supplièrent de résister aux suggestions d'un parti « qui mettait l'Union en péril et dont les vues religieuses répugnaient à l'immense majorité de la nation. » Quatre-vingts ecclésiastiques de Berlin et du Brandebourg, qui comptaient parmi les disciples les plus modérés de Schleiermacher, conseillèrent également la tolérance envers les Amis des lumières et profitèrent de l'occasion pour réclamer une plus complète autonomie des communautés vis-à-vis de l'Etat. Toutes les démarches furent inutiles et ne servirent qu'à attirer

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