‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 105 sur 226 · AMIS DES LUMIÈRES · texte numérisé non relu

AMIS DES LUMIÈRES

sur leurs auteurs le courroux du monarque. Frédéric-Guillaume IV procéda avec une extrême rigueur centime des hommes dans lesquels il voyait des hérétiques dangereux. Les Amis protestants furent contraints de se séparer de FEglise établie et de* se constituer, à leurs risques et périls, en libres associations. Wislicenus avait été suspendu de ses fonctions Sifitès sa conférence ; Ecriture ou Esprit? (12 juillet 18i5) ; Rupp fut destitué à Kœnigsberg, pour avoir prêché contre le symbole d'Athanase, Baltzer à Nordhausen, pour avoir refusé délire le symbole des apôtres, Uhlich à MagdebOurg, pour n'avoir pas voulu souscrire aux formules favorites du \ieux-luthéranisme. « Nous restons ce que nous étions auparavant : des chrétiens évangéliques, » se serait écrié ce dernier après son expulsion. La première communauté qui se constitua fut celle de Kœnigsberg (16 janvier 1846) ; la plus nombreuse , celle de Halle (novembre 1847), qui compta jusqu'à 5,000 adhérents. Afin de grouper ces membres épars, Uhlich essaya d'instituer des conférences annuelles, mais elles n'aboutirent à aucun résultat. Le principe individualiste fut poussé jusqu*à ses plus excessives conséquences; chaque ccHnmunauté régla selon son bon plaisir ses rapports avec l'Etat, son organisation intérieure, ses questions de dogme. La conférence de Nordhausen (6-8 septembre 1847) remplaça le symbole des apôtres par la formule : « Je crois en Dieu et en son royaume éternel, tel qu'il a été introduit dans le monde par Jésus-Christ,» mais n'en rendit l'adoption oUigatoire pour aucune communauté. Afin d'obvier à leur isolement, les Amis des lumières cherchèrent à s'unir aux a catholiques allemands. » Une première tentative avait été déjà faite en 1845 au moyen d'une lettre que la communauté de Halle avait adressée à Ronge pour l'assurer de ses sympathies. Poursuivies en octobre 1849, à la conférance d'Halberstadt, les négociations aboutirent à un < accord complet entre les deux parties après le concile de Leipzig-Kœthen. Protestants et catholiques se confondirent en une « association religieuse des communautés libres. » A l'Eglise et au sacerdoce ils substituèrent comme moyens de salut : l'esprit, l'amour, la libre association ; le seul lien entre les différents groupes fut « la libçrté de l'esprit humain qui se manifestait par des actes moraux, » pour traduire littéralement une formule inspirée par la phraséologie hégélienne. A yrai dire, l'identité était complète entre les deux mouvements : mêmes aspirations généleoses, même amour vague de la liberté, même haine de la superstition et de la contrainte intellectuelle, même absence de culture scientifique^ même confusion entre la sphère politique et le domaine religieux. La ré^lution de 1848 acheva de transformer en apôtres du socialisme, de la démocratie avancée, des hommes qui s'étaient d'abord proposé la réforme de l'Eglise protestante. La situation légale des Amis protestants s'était déjà améliorée en Prusse avec Tédit du 30 mars 1847, qui garantissait ailx dissidents la plénitude de leurs droits civils et polîi tiques : ils furent expressément reconnus en 1848, par un article des i^ Droits fondamentaux et obtinrent en Prusse la commune jouissance des ^ églises évangéliques, pourvu qu'ils s'arrangeassent avec les municiè: I pHtés. De nouvelles associations se fondèrent à Dantzig, à Berlin, à

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