‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 108 sur 226 · AMOUR — AMPÈRE · texte numérisé non relu

AMOUR — AMPÈRE

le dernier mot de ses voies envers nous et la consommation même du salut, lequel, dans son développement suprême, sera « Dieu tout en tous » (4 Cor. XV, 28). J. Monod,

AMOURS (Gabriel d'), ministre doué à la fois d'une parole séduisante et d'un bouillant courage de soldat. 11 était né à Paris dans une famille de gentilshommes de Normandie et seigneur de Mallart. Après avoir étudié la théologie à Genève (1559-62), il exerça le saint ministère à Paris, où il n'échappa que par une sorte de miracle au massacre du 24 août 1572. îl parvint à gagner la Suisse, et au mois d'avril 1573 il était déjà nommé pasteur d'une petite ville du comté de Neufchâtel où il resta jusqu'en 1584. Les pasteurs du comté l'avaient choisi pour président dès 1575 et son pays d'adoption tenait tellement à le garder qu'après l'avoir refusé, en 1579, à Théod. de Bèze qui le demandait pour la Rochelle, les Neufchâtelois refusaient également de le rendre à Paris. 11 fallut cependant céder k une aussi juste requête et G. d'Amours reprit, en octobre 1584, les fonctions qui lui appartenaient dans sa ville natale. Henri IV l'attacha à sa maison et il suivit ce prince dans ses nombreuses expéditions militaires jusqu'après la bataille dlvry (août 1591). Il se fit surtout remarquer à Coutras, où, après avoir prononcé la prière et béni l'armée, il mit l'épée à la main et se jeta des premiers sur les rangs ennemis. En 1591, il rentra imprudemment à Paris au plus fort des fureurs de la Ligue et passa quelque temps sous les verrous de la Bastille. Redevenu libre, il fut appelé à desservir l'Eglise de Saint-Jean d'Angely et fut de nouveau l'objet des mêmes discordes qui l'avaient tourmenté et honoré dans le pays de Neufchâtel : les Eglises de Paris, de Lyon, de Barbezieux, de Chàtellerault et la princesse Catherine, sœur du roi de Navarre, se le disputaient sans que Saint-Jean d'Angely voulût se résigner à le perdre. Le synode de Jargeau, 1601, mit fin à toutes les querelles en faveui* de Chàtellerault où le digne ministre acheva sa carrière. Gabriel d'Amours joua aussi un beau rôle auprès de Henri IV pour le retenir dans la foi protestante. Il lui écrivait énergiquement ; « Vous voulez estre instruict par les evesques de l'Eglise romaine, ce dit-on? 0 que vous n'estes pas le roy qu'il faille instruire ; vous estes plus grand théologien que moi qui suis vostre ministre. Vous n'avez faulte de science, mais vous avez un peu faulte de conscience... » Et dans la même lettre (de Saint-Jean d'Angely, 20 juin 1592), il lui écrivait avec un esprit charmant : « Si vous escoutiés Gabriel Damours, vostre ministre, comme vous escoutés Gabrielle vostre amoureuse, je vous ven*ois toujours roy généreux et triomphant. » Ce ministre vraiment parisien mourut vers 1608.

H. BORDIBR.

AMPÈRE (André-Marie), naquit à Lyon en 1775. Son père, ancien né- — gociant, s'étant bientôt après retiré dans le village de Polémieux, le ^ jeune André, déjà doué d'une insatiable avidité de connaître, s'instruisit M en lisant tous les livres de la bibliothèque paternelle, et notamment Jf- V Encyclopédie de Diderot et d'Alembert. En 1793, le père, qui avait^ conservé les fonctions de juge de paix pendant l'insurrection de Lyon^ périt sur l'échafaud. Son fils, accablé de douleur, ne put être arrach

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