‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 109 sur 226 · AMPÈRE · texte numérisé non relu

AMPÈRE

à un anéantissement stupide que par la lecture des lettres de Rousseau sur la botanique ; puis les poëtes latins l'enthousiasmèrent. Un mariage qui comblait ses vœux Taniena à professer la physique à l'Ecole centrale de Bourg. L'attention des savants fut attirée sur lui par un travail de haute analyse, Cojisidéi*ations mathématiques sur la théorie du jeu. Mais la mort de sa femme (1803), quoique acceptée avec une soumission religieuse, porta son esprit vers un nouvel ordre d'investigations, la philosophie. Appelé à Paris, en 1805, comme répétiteur d'analyse à rJEcole polytechnique, il entra en relation avec Cabanis et Destutt de Tracy, les représentants du sensualisme de Condillac. Toutefois, se sentant plutôt attiré vers Maine de Biran qui devait bientôt guider la I^iilosophie française dans une voie nouvelle, il se joignit à une société philosophique qui se réunissait chez lui et dont faisaient partie Stapfer, le docteur Bertrand, Loyson, Cousin. Ampère eut le mérite de devancer Maine de Biran dans l'étude de racti\ité volontaire du moi. 11 pencha même un moment pour le subjectivisme de Kant; mais ses vastes connaissances le préservèrent du scepticisme du philosophe allemand, et il enseigna la vérité de nos conceptions objectives. Du moins l'étude de Kant lui fit mieux apprécier le rôle de la raison et de l'induction spontanée dans l'acquisition de nos connaissances des objets extérieurs, tandis que Maine de Biran négligeait de faire à l'intelligence sa part légitime. Successivement nommé professeur à l'Ecole polytechnique, inspecteur général de l'Université, membre de l'Institut, il faisait à la Sorbonne (1819-1820) un cours de philosophie sur la classification des faits intellectuels, quand une expérience d'ÛErstedt, prouvant la dépendance réciproque des phénomènes magnétiques et électriques, imprima subitement une nouvelle direction à ses recherches et le conduisit à la théorie qui l'a rendu célèbre, celle des lois de l'électro-dynamisme et en particuher de rélectro-niagnétisme. En même temps, il s'occupait de zoologie, et dans son cours du collège de France il se prononçait, comme Geoffroy Saint-Hilaire, pour le système de l'unité de composition des corps organisés. Une découverte de Gay-Lussac sur les proportions simples qu'on observe entre le volume d'un gaz composé et ceux des gaz composants lui suggéra une théorie nouvelle sur la structure atomique des corps inorganiques. Mais à partir de 1829, il s'était plus spécialement consacré à une œuvre qui avait déjà plusieurs fois attiré son esprit encyclopédique : c'était une classification de toutes les ^:x>nnaissances humaines, œuvre souvent remaniée et qui aurait subi l)iea des transformations encore, si la mort n'était venue interrompre ses travaux (1836). Ampère avait commencé un grand nombre d'où* ^^rages, mais la fougue de son génie ne lui permettait pas de les acheter; c'est dans ses cours, dans ses conversations, qu'il épanchait les :nchesse de sa vaste science. Ses œuvres philosophiques ont. été publiées par M. Barthélémy Saint-Hilaire en un volume intitulé : Philosophie des ^eux Ampère, 1866; on y trouve des fragments d'un mémoire composé en 1803, des lettres à Maine de Biran et une notice de J.-J. Ampère : Introduction à la Philosophie de mon père. Au miheu do ses immenses tevaux et de ses relations avec tous les savants de l'Europe, Ampère avait

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