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conservé la candeur, l'exquise sensibilité de ses premières années, et si sa bonhomie provoqua quelques sourires, la noblesse de son caractère et sa piété lui concilièrent le respect de tous ceux qui le connurent plus intimement. La publication récente de sa correspondance a confirmé l'appréciation sympathique que Sainte-Beuve donnait dans la Revue des Deux Mondes en 1837. — Voyez sur André-Marie, dans la Biographie universelle^ nouv. éd., Tart. Ampère^ de M. Et. Arago, et dans le Dictionn. des Sciences philos, y 2« éd., lart. de M. Th.-H. Martin. — Son fils, Jean-Jacques Ampère, successeur d'Andrieux au collège de France, mort en i87i, s'est plus spécialement consacré à des travaux de littérature et d'histoire. A. Matter.
AMPHILOQUE (Saint), originaire de la Gappadoce, ami de Basile le Grand et de Grégoire de Naziance, d abord rhéteur et avocat, se retira dans le désert d'Oziales, où il se livra aux pratiques de l'ascétisme. En 374, il fut nommé archevêque d'Iconium, métropole de la Lycaonie, et, en cette quahté, prit part au second synode œcuménique de Constantinople (381) et présida en 383, à Side, un synode qui condamna les messaliens. Adversiiire décidé des ariens, Amphiloque demanda à Tempereur Théodose de leur défendre d'exposer leurs principes dans les réunions publiques. Les actes des conciles d'Ephèse et de Chalcédoine citent de lui de longs passages contre Nestorius et Eutychès. Saint Jérôme parle d'un Traite du Saint-Esprit, qu'Amphiloque lui aurait lu et dans lequel il aurait défendu son égalité de substance avec le Père et le Fils. D'autre part, il s'éleva contre le culte des images, flagellant la piété de ceux qui multipliaient les portraits des saints au lieu d'imiter leur conduite. Ses écrits ont été publiés par le P. Combefis, Paris, 1644, in-f^; mais leur authenticité a été fortement contestée, à l'exception d'une lettre synodale, écrite pour défendre la doctrine orthodoxe de la Trinité. — Voyez Cotelier, Monum. eccLy t. ÏI, et Dom Ceillier, Hist. génér. des auteurs saaés et eccL, t. VU, p. 307 ss.
AKPOULE (Sainte), fiole autrefois conser\'ée k Saint-Remy de Reims, et qui contenait l'huile avec laquelle ont été sacrés, depuis 1179, tous les rois de France (Henri IV fut sacré à Chartres avec l'huile de la Sainte Ampoule de Marmoutier, relique de Saint-Martin de Tours). Hincmar raconte dans sa Vie de saint Rèmy {A A, SS,, 1. Oct. I; cf. 0pp. I, 744, Sirmond) que l'ampoule fut apportée du ciel par une colombe au sacre de Clovis. Depuis le dixième siècle, la colombe fut remplacée dans la tradition par un ange. Brisée le 7 octobre 1793 par le représentant Ruhl, la Sainte Ampoule a été refaite en 1823. On ne peut écarter d'Hincmar le soupçon d'avoir inventé cette légende dans l'intérêt de Charles le Chauve, couronné roi de Lorraine en 869. — Voyez G. Marlot, le Théâtre d'honneur, Reims, 1643, in-4o ; J.-J. Chiftlet, De Ampulla Remensi, Anvers, 1651, in-P»; Godefroy, le Cérémonial fran- cois, Paris, 1649, I, in-f®; P. Tarbé, Trésors des Eglises de Reims^ Reims, , 1843, in-4o.
AMRI ['Omri, "Afi-épi], roi d'Israël (928-918 av. J.-C), commandait^ l'armée du roi Ela quand celui-ci fut assassiné. Appelé au trône parra l'armée, il se défit successivement de Zimri, meurtrier d'EIa, qu'il ré —
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duisit dans Thirtsa, et de Thibni, prétendant appuyé par le peuple. Il transporta le siège de la royauté de Thirtsa à Samarie, qu'il bâtit, et doit avoir éprouvé des dommages dans une guerre avec Ben-Hadad, roi de Syrie (1 Rois XVI, 16-28). La fixation de la durée de son règne présente quelques difficultés.
AMSDORF (Nicolas d'), un des premiers amis et collaborateurs de Luther, s'est fait, non sans cause, la réputation d'avoir été un homme véhément et obstiné. Son caractère ne manque pas de noblesse ; ce qui lui a manqué c'est la modération. Il naquit le 3 décembre 1483, d'une famille noble de la Saxe. 11 fit ses études à Leipzig et à Wittemberg, où il devint chanoine du chapitre de la Toussaint et licencié en théologie. Dès que Luther eut affiché ses thèses, il s'attacha à lui de cœur et d'âme; il l'accompagna au colloque de Leipzig et à la diète de Worms. Nommé en 1524 pasteur à Magdebourg, il introduisit définitivement en cette ville la Réformation ; il l'introduisit de même dans des villes voisines, avec fermeté, mais sans garder toujours dans ses actes la mesure désirable. Trop fidèle disciple de Luther, attentif aux moindres symptômes d'une déviation de la doctrine, ou plutôt de la lettre du réformateur, il se brouilla avec Mélanchthon et désapprouva la concorde de Wittemberg, de 1536, tout luthérienne qu'elle fût. Dans la même année, Gaspar Cruclger s'élant servi de la formule bom opéra non quidem esse causam efficientem salutis^ sed tamen causaîn^sine qua non^ Amsdorf écrivit à Luther pour lui signaler cette opinion comme une erreur ; elle était mal exprimée, mais au fond elle revenait à ceci : Les bonnes œuvres ne produisent pas le salut, qui ne vient que par la foi, mais comme elles sont le fruit de la foi justifiante, on doit conclure de leur absence à celle de la foi ; en ce sens, elles sont une condition du salut. En 1540, Amsdorf assista aux conférences de Haguenau et au colloque de Worms ; en 1541 il fut à celui de Ratisbonne, où l'électeur Jean-Frédéric l'avait envoyé pour surveiller Mélanchthon dont il se méfiait ; il devait aviser à ce que dans aucun article on ne s'écartât de la doctrine de Luther. L'évêque de Naumbourg étant mort en janvier 1540, le chapitre élut le jNrévôt Jules de Pflug, catholique instruit et modéré. Llélecteur, qui considérait l'institution de l'évêque comme un droit régalien, cassa l'élection et nomma Nicolas d' Amsdorf, en chargeant un laïque de l'adxninistration du temporel. Amsdorf fut installé par Luther hii-même, le 20 janvier 1542, comme premier évêque luthérien. Mais il rencontra ^es difficultés de tout genre ; le chapitré lui fit de l'opposition, l'empereur le menaçait, l'électeur ne le soutenait que mollement, son autorité ^piscopale était presque nulle ; à la fin, toutefois, il put organiser les ;paroisses et les écoles de son diocèse conformément aux articles publiés ^n 1527 poiur la Visitation de la Saxe. Lors de la diète de Spire, juin ^544, l'électeur reçut communication du projet de Bucer et de Mélanchthon pour la réformation de Cologne ; trouvant qu'en plusieurs points il s'écartait de la « pure doctrine, » il le remit à Amsdorf; ^îeluî-ci en écrivit une censure très-vive qu'il envoya à Wittemberg; le li^Te, disait-il, était obscur et ambigu, notamment dans les articles du ^bre arbitre et de la sainte Cène. Luther fut du même avis. Poussé par
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lui et par Amsdorf, rélecleur rofusa tout appui à l'archovi^que Herrmann, de Cologne. Lors d'une visite qu'Anisdorf eut, en 15i4, de Luther, il Texcita à publier contre les Suisses cett^ Brhe confession du Saint- Sacrement^ où ils sont qualifiés de meurtriers des âmes. Adversaire décidé de l'Intérim, Amsdorf se réfu{?ia à Ma^i^debourg où il devint, avec Flacius, un des chefs du p;irli qui s'opposait aux concessions qu'en Saxe et ailleuis on proposait de faire aucatliolicisme. Plus taid, il obtint une position de surintendant à Kisenach. En 1551 il attaqua la proposition (le Georges Major : les bonnes oeuvres soni nécessaires au salut, par laquelle Major voulait dire que personne n'oblient le salut par des œuvres mauvaises ni sans des œuvres boimes. En I55i il s'éleva contre son collègue, Juste Menius, surintendant à Gotha, qui professait la môme opinion. Dans cette querelle, il alla jusqu'à publier un traité : Dassdk Propositio gute Wercke sind zur Seligkeit schœdlich eine rechte wahrt christliche Propositio sey, 1559, in-i». 11 entendait par ces bonnes œuvres nuisibles celles par lesquelles on croit pouvoir mt'riter le salut. Les théologiens qu'il combattait ne voulaient pas non plus de c^s œuvres ; la controverse tout entière n'était qu'une logomachie ; Flacius lui-même et les luthériens les plus orthodoxes du dix-septième siècle ont blâmé l'exagération de la formuh» d'Amsdoif. Celui-ci était Taclvcrsaire intraitable des philippistes ou (liscij)les deMélanchthon. Il concourut a rétablissement de Tunivei^sité d'iéna, fondée par les ducs de Saxe pour faire concurrence à celle de Witteiuberg ; il écrivit la préfaça de rédition des œuvres de Luther qu'à ïéna on opposa à celle de Wittemberg ; il fit appeler Flacius comme professeur de théologie ; de concert avec lui, il excita les théologiens saxons à se séparer de Mélanchthon lors du colloque deWorms, de 1557; l'année suivante Q écrivit contre le synergisme du professeur Pfeffinger, de Leipzig, et publia une récusation du recès de Francfort. Sur la fin de sa vie, en 4504, il lui arriva, à lui ardent luthérien, d'être attaqué par Tilmann Hesshus, qui se prétendait plus luthérien que lui. Hesshus, ayant été renvoyé de Magdebourg à cause de sa violence, Amsdorf approuva cette mesure; il se vit engagé par là dans une polémique, où, de part et d'autre, on prodigua plus d'injures que d'arguments. 11 mourut en 1565. Ch. Schmidt.
AMSTERDAM, capitale du royaume des Pays-Bas, à l'embouchure de FAmstd, qui a donné son nom au hameau de pêcheurs d'où est sortie la ville commerçante, si justement grande par l'activité qu'elle a déployée dans tous les domaines. Son origine ne remonte pas au delà de la fin du douzième siècle; son commerce pnt un rapide élan dans le seî^* zième, après qu'elle eut accueilli les juifs, (expulsés de Portugal et de l'Espagne. Lorsque après la chute d'Anvers, elle eut formé dans le commencement du dix-septième siècle .de puissantes colonies en Afrique, en Asie en Amérique, Amsterdam se trouva êti^e, pour quelque temps, la métropole du commerce du monde. Mais nous n'avons à parler ici que du rôle qu'elle a joué dans l'histoire religieuse. La piét^ mystique qui se manifesta en Europe après les croisades, et qui dans le quatorzième siècle se développa dans les Pays-Bas avec un caractère pratique, sous le nom '
de « dévotion moderne, » par Tinfluence des Frères de la vie commune, fut aussi très en faveur à Amsterdam, et donna naissance à une littérature d'édification fort recherchée. Au quinzième siècle, la \ille ne comptait pas moins de vingt-cinq couvents. Le magistrat craignant le pouvoir envahissant du clergé, et voyant avec déplaisir le tiers de la ville entre les mains de corporations exemptes des charges publiques, finit par s'opposer à cette multiplication. La Réforme importée à Amsterdam, dès les premières années du seizième siècle, par des négociants allemands, y trouva des adhérents toujours plus nombreux parmi les classes commerçantes et industrielles. Mais elle se vit bientôt enveloppée dans la défaveur qu'encourut le fanatisme séditieux des anabaptistes, qui causa de grands troubles, nécessita de sanglantes répressions et augmenta chez les familles puissantes leur aversion instinctive pour tout mouvement révolutionnaire. Ken plus et plus longtemps qu'ailleurs, le magistrat d'Amsterdam fut hostile à la Réforme. La tolérance à laquelle il se \it contraint vers le milieu du siècle fut remplacée par de nouvelles rigueurs, lorsque la fièvre iconoclaste, qui saisit en 1506 le bas peuple protestant des Pays- Bas, se fiit manifestée aussi à Amsterdam. Grand nombre de réformés émigrèrent, d'autant plus que la ville, toujours gouvernée par Taristocratie, refusait de se joindre aux mesures qui préparaient l'abjuration du roi d'Espagne comme souverain des Pays-Bas. Et lorsque enfin, en février 4578, Amsterdam jugea devoir s'associer à ce mouvement, elle stipula expressément l'exercice exclusif du culte catholique dans ses murs et n'accorda aux réformés qu'un lieu de sépulture, avec une liberté restreinte de tenir des assemblées religieuses hors de son enceinte. Mais les énùgrés étant rentrés et les réformés, qui comptaient parmi eux un grand nombre d'hommes notables, ayant vainement tenté d'obtenir du magistrat des conditions plus favorables, ils opérèrent, trois mois plus tard, une révolution civile, qui sans faire verser une goutte de sang mit entièrement la ville en leur pouvoir. Dès ce moment Amsterdam devint et est demeurée la ville essentiellement réformée, oîi jusqu'à la révolution de 1795 les seuls réformés étaient admis à l'exercice des fonctions publiques, mais hospitalière du reste pour les cultes de toute dénomination. Nous allons succinctement les passer en revue. — 1 . Les réformés ont conservé leur supériorité numérique dans des proportions égales à raccroissement considérable de la population. Ils sont actuellement au nombre d'environ 160,000 âmes, dont à peu près 50,000 membres communiants. Desservie par 28 pasteurs (l'un prêche en allemand), la communauté célèbre son culte dans 10 temples et quelques succursales; 6 de ces temples ont été bAtis après rétablissement de la Réforme; on vient de décider la construction d'un temple de plus. Les exercices du culte, en temps ordinaire, 23 à 25 le dimanche et \ sur semaine, bien qu'inégalement fréquentés, réunissent parfois des assemblées de 4 à 5,000 fidèles. Au nombre des institutions de bienfaisance que la communauté a fondées et entretient, on distingue un orphelinat où sont recueillis environ 450 enfants des deux sexes ; un très-grand hospice pour la vieillesse, habité par près de 1,000 hommes et femmes; et 7 écoles diaconales, où environ 2,600 enfants pamTCs reçoivent l'instruction. —
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2. Après qu'Amsterdam se fut déclarée pour la Réforme en 4578, elle vit affluer dans ses murs un nombre très-considérable de réfugiés des provinces flamandes et wallonnes, qui venaient de retomber sous la domination do TEspagne, et oii la Réforme, après avoir pris un développement même plus grand que dans le nord, fut alors complètement étouff'ée. Les Flamands, qui parlaient le néerlandiiis, s.'associèrent à la communauté établie. Mais la langue des Wallons étant le français, il fallut pour eux un établissement à part ; ils y avaient d'autant plus de droits, qu'ils étaient les plus anciens réformés et que c'était au milieu d'eux qu'était née la confession de foi et la forme d'Eglise calviniste, qui Tune et Tautre venaient d'être définitivement adoptées par la nouvelle république. On les laissa ainsi se constituer comme communauté wallonne réformée, associée aux autres communautés wallonnes, qui s'établirent en même temps et par les mêmes causes dans les principaux endroits des Pays-Bas septentrionaux, et qui formèrent ensemble un ressort synodal, partie intégrante de l'Eglise réformée des Provinces-Unies. Le temple wallon d'Amsterdam, bien que déjà trois fois agrandi pendant le dix-septième siècle, ne s'en trouva pas moins complètement insuffisant, lorsqu'à la suite de la révocation de l'édit de Nantes, en 1685, des milliers de réfugiés vinrent s'établir à Amsterdam. Le magistrat accorda alors à la communauté wallonne un second temple, qui lui fut enlevé il est vrai, lorsqu'au commencement de ce siècle la propriété des temples, jusqu'alors domaine de la ville, fut cédée aux communautés religieuses, mais que la communauté wallonne remplaça par un temple nouveau, de sorte que le culte wallon ou français s'exerce toujours dans deux édifices. La communauté, desservie par quatre^ pasteurs, compte environ 3,500 âmes. Elle possède un hospice pour l'éducation ou l'entretien d'une centaine d'orphelins et de personnes âgées, de plus trois écoles pour 300 enfants pauvres, avec une institution secondaire pour Jes former à une profession qui les mette en état de gagner leur vie. — 3. On connaît les troubles ecclésiastiques et politiques, nés au commencement du dix-septième siècle des disputes dogmatiques. Proscrits et persécutés d'abord, les pasteurs arminiens ou remontrants essayèrent bientôt de rallier leurs adhérents. Dès 1621 le magistrat d'Amsterdam refusa de s'y opposer, bien qu'il en fût vivement sollicité; et en 1628, malgré lesédits contraires et une violente opposition ecclésiastique, il autorisa les assemblées religieuses des remontrants. En 1634, ceux-ci fondèrent un séminaire. Le célèbre Episcopius en fut le premier professeur; il accueillit comme ami et eut pour successeur Etienne de Courcelles, théologien distingué, bien connu dans les Eglises de France, qui l'avaient déposé pour ses opinions arminiennes. Le séminaire qui a continué de fleurir et de compter parmi ses professeurs des hommes illustres, a été transféré il y a peu d'années à Leyde. La belle bibliothèque théologique est restée à Amsleitlam. La communauté des re-
montrants compte aujourd'hui plus de 1,200 âmes; elle a son temple à elle et est dessenie par deux pasteurs. — 4 et 5. Les Anglais et Ecossais presbytériens forment aussi depuis 1607 une communauté, possédant unr temple et desservie par un pasteur. Elle ressortit du synode de l'Eglisf
réformée des Pays-Bas. La communauté anglaise épiscopale^ qui s'est établie et a obtenu un temple vers 1700, dépend de l'Eglise épiscopale d'Angleterre qui la pourvoit d'un pasteur. — 6 et 7. C'étaient les adhérents de LutHer qui, les premiers, avaient introduit la Réforme à Amsterdam. Mais le calvinisme avait prévalu. Le principe de la liberté des cultes étant alors encore fort loin d'être admis, les luthériens^ déjà nombreux lorsqu'en 1578 la \ille se déclara réformée, n'obtinrent cette liberté qu'après quelques années, à titre de privilège, dans l'intérêt du conmierce. L'accroissement rapide de la population pendant le dix-septième siècle augmenta considérablement -la communauté. Bientôt leur temple, bien que bâti pour des assemblées de 5 à 6,000 fidèles, ne leur suffisant plus, il fallut en construire un second, presque également vaste. Vers la fin du dernier siècle, une partie de la communauté se sépara de l'autre^ à la suite de discussions dogmatiques, et forma une Eglise à part, sous le nom d'Eglise luthérienfie rétablie (c'est-à-dire sur la base des doctrines de Luther). Elle compte environ 9,000 âmes et est desservie par quatre pasteurs. Indépendamment d un vaste temple que la communauté s'est bâti, elle possède un orphelinat, qui sert en même temps de second lieu de culte. L'autre ou Y ancienne communauté luthérienne^ forte toujours de près de 30,000 âmes, a six pasteurs, dont un pour la prédication allemande. Un vaste hospice abrite 250 vieillards et environ 120 orphelins. — 8. Les mennonites ou baptistes ont eu à Amsterdam plusieurs établissements de nuances assez divergentes, qui ont fini cependant par se réunir dans une seule communauté, comptant pour le moins 4,000 âmes: Desservie par trois pasteurs, elle a son temple et' ses institutions de charité. De même que les remontrants, les luthériens et les mennonites des Pays-Bas ont fondé à Amsterdam des séminaires où se forment leurs pasteurs respectifs. Ces deux dernières institutions n'ont point quitté la capitale et continuent d'y fleurir. La bibliothèque théologique des mennonites est très-remarquable et complète. — 9. La Réforme l'ayant emporté à Amsterdam sur le catholicisme, l'ancien persécuté ne devint pas persécuteur. Les catholiques furent traités avec une grande tolérance. Avant le milieu du dix-septième siècle, les catholiques jouissaient déjà du libre exercice de leur culte dans l'intérieur des «glises et avaient obtenu Tautorisation d'en bâtir. Les prêtres, même ceux de l'ordre des jésuites, étaient admis, sauf Tobligation de déclarer qu'ils ne reconnaissaient pas aux papes le droit de délier les sujets du serment de fidélité à leurs souverains. Les jansénistes, persécutés en France et dans les Pays-Bas espagnols, entre autres le célèbre Quesnel, trouvèrent à Amsterdam un asile. Aussi le nombre des catholiques romains augmenta- t-il en proportion de la population. Vers la fin du dixliuitième siècle ils possédaient vingt-deux lieux de culte, qu'ils s'occupent d'embellir plutôt que d'augmenter, depuis que l'état de minorité où les maintenait le pays réformé a cessé, et que l'égalité des citoyens, sans distinction de culte, a passé dans les mœurs et dans la constitution 4e FEtat. Leur nombre est d'environ 60,000, divisés en paroisses desservies par cinquante ecclésiastiques. Ils possèdent de grands et beaux éUblissements de bienfaisance, tant pour l'enfance et la jeunesse que I. 18
pour Tâge avancé. — 10. A côté des catholiques romains, on distingue dans les Pays-Bas, les anciens épiscopauxy dits aiassï Jansénistes ^ c'està-dire les catholiques, qui, ayant refusé de souscrire en 1703 et 1713 aux condamnations papales de la doctrine de Jansénius, ont maintenu l'ancien archevêché d'Utrecht, supprimé ou interdit à cette époque par le pape, et ont continué d'en nommer les archevêques en vertu du droit du chapitre, droit et nomination que la cour de Rome ne cesse de déclarer nuls et non avenus. La communauté janséniste d'Amsterdam possède deux églises. — 11. Les juifs ^ tant ceux de Pologne et d'Allemagne, que ceux du Portugal et d'Espagne, persécutés chez eux et attirés par le commerce et la tolérance, s'établirent en nombre à Amsterdam, surtout après sa révolution religieuse de 1578. Ils ne lardèrent pas à y obtenir le libre exercice de leur culte. Les juifs portugais, au nombre d'environ 3,500, possèdent une grande et belle synagogue. Spinoza était un des leurs. Les juifs allemands, bien plus nombreux, environ 30,000, ont huit synagogues, dont la principale surtout est un bel édifice. Les insti» tutions pour les pauvres et pour l'enseignement sont nombreuses, bien entretenues et bien dirigées. —12. Dans le dernier siècle, l'Eglise arménienne ou perse avait à Amsterdam un temple et l'Eglise grecque^ ainsi que les quakers^ des lieux de culte, qui subsistent toujours, mais ou le service religieux ne se célèbre plus. — 13. Le mouvement religieux qui, sous le nom de réveil, s'est manifesté dans la première moitié de ce siècle dans la France et la Suisse protestantes, s'est fait sentir aussi eu Hollande et a donné naissance à Amsterdam à plusieurs communautés dissidentes, autorisées par l'Etat. La plus ancienne et la plus considérable, qui se désigne d'une manière spéciale comme Eglise chrétienne réformée, a, trois lieux de culte, et est desservie par trois pasteurs. Elle tient à un corps organisé d'Eglises, établies dans tout le pays, qui a son synode spécial et son école de théologie à Kampen (Over^Yssel). — Après la large tolérance religieuse pratiquée à Amsterdam depuis la Réforme, la parfaite égalité des cultes proclamée à la suite de la révolution politique de 1795 n'a pas eu de peine à entrer dans les mœurs. Protestants de toute dénomination, catholiques et juifs siègent et travaillent ensemble dans la magistrature, dans les chambres législatives, dans les cabinets ministériels, dans toutes les administrations et associations commei^ ciales, industrielles et statistiques. LadilSférence des rites et des croyances n'influe à divers degrés que sur les relations personnelles ou de société. Du reste, l'esprit religieux, qui, au milieu de toutes les évolutions des idées, s'est maintenu en Hollande, n'est pas le moins vivant à Amsterdam. Les tendances conservatrices et progressistes qui divisent le protestantisme, et qui existent là comme ailleurs, font sentir, et vivement quelquefois, leur présence et leur action au sein des communautés ecclésiastiques. L'une et l'autre comptent parmi leurs représentants dei hommes d'une grande valeur scientifique et religieuse, qui, malgré lc« tbaillements inséparables de la lutte, conservent à celle-ci le caractère d'un débat utile et sérieux. La fréquentation du culte, bien qu'elle ne soit plus ce qu'elle était autrefois, est plus assidue qu'en mainte autre grande ville protestante de l'Europe. Quelquefois les vastes temples suffis
snt à peine pour contenir les auditoires qui se pressent autour des prédicateurs, surtout des orthodoxes, mais aussi des libéraux. Amsterdam «t le centre et le chef-lieu de Tactivité de la Société biblique néerlandaise, cette œuvre prolestante à laquelle concourent des théologiens et des laitues de tous les cultes et de toutes les tendances. Elle est connue, ntpe autres, par les études linguistiques qui se poursuivent sous ses auspires dans l'archipel des Indes asiatiques, et dont plusieurs travaux litténîres et traductions bibliques dans les différents dialectes des langues ■alaîe, javanaise, et celle des Bataks, sont déjà le fruit. L'esprit religien et philanthropique se voit encore, en dehors des institutions ecclénstiqaes, dans l'œuvre d'un grand nombre d'associations particulières, nit qu'elles exercent leur action dans les établissements publics, soit qv'dles poursuivent leur but par le moyen de fondations expresses. Du» la vaste prison cellulaire, bel édifice bien aéré, le relèvement nonl des prisonniers est l'objet de soins constants et bien organisés, qi\uie société spéciale continue au prisonnier après son relâchement. La grande maison de travail, lieu de détention pour les vagabonds, ade et occasion d'un travail rémunéré pour le pamTC, ainsi que Torphe- Bui civique, destiné aux orphelins de ceux qui ont droit de bour- (actuellement environ 175 enfants), reçoivent également des religieux appropriés aux besoins de leurs habitants. 11 en est de des deux maisons d'aveugles, destinées l'une à l'éducation des cifrnts, l'autre à faire apprendre un métier aux adultes, de celle des
de plusieurs maisons de santé, dont une spécialement aux enfants, une autre aux ophthalmiques , établissements qii servent aussi à former des sœurs de charité (gardes-malades) tant protestantes que catholiques, de l'asile pour les pénitentes, d'un autre pour mettre les jeunes filles à l'abri de la séduclion : autant de fondations, qui, de même que les crèches et les diverses sociétés de patronage, sont des institutions de la charité privée. Bref, la bienfaisance 4es Amsterdammois est universellement connue. Il est peu de pays de l'Europe dont il ne lui nenne des appels réitérés et rarement infructaeox pour des besoins religieux et sociaux. — Si Tesprit de sagesse pratique qu'entretient le commerce se montre à Amsterdam dans son histoire religieuse, il se voit aussi dans ses institutions pour la diffusion (Tmtiles lumières. La « dévotion moderne des Frères de la vie commme, » qui dans le quatorzième et le quinzième siècle exerçait au sein fcft Plays^Bas son action bienfaisante, faisait prendre aussi à cœur l'enlôpiement, tant primaire que supérieur. Amsterdam vit ainsi se multiplierses écoles paroissiales et particulières, où l'enfance et la jeunesse, lôiit en apprenant avant tout ce qu'il fallait pour prendre part au culte €tam rites ecclésiastiques, recevaient aussi, et dans une mesure croisnate, les connaissances nécessaires pour la vie sociale en rapport avec Sidiveraté des rangs et des professions. Elle est la première ville des hys-Bas septentrionaux où se forma, en UriO, un collège î>our les liantes etaides, par les soins de la riche et respectable famille des Eggerts, tait fan des chefs avait consacré, vers 1400, une partie de sa vaste fortiiie à Mtir l'église neuve, qui est devenue et demeui'ée le temple prin-
cipal de la ville. Ce collège, d'après les lettres de fondation, devait être organisé « à la manière de la faculté de théologie de Paris, » et être pourvu de ehaires de philosophie, d'histoire ecclésiastique, de dogmatique et de morale. Il fut enrichi bientôt d'une bibliothèque, qui s est confondue depuis avec la bibliothèque publique. Le collège s'éteignit au milieu des troubles du siècle suivant. Mais avec lui ne s'éteignit pas à Amsterdam le besoin de favoriser les hautes études. Après que la ville eut accompli et consolidé sa révolution ecclésiastique et politique, elle fonda en 1632 son athénée ou école illustre et y créa successivement des chaires pour un enseignement universitaire, histoire, littérature, géométrie et navigation, médecine, jurisprudence, théologie. L'école eût eu pour premiers professeurs l'illustre Galilée et Hugo Grotius, si le grand âge du premier lui avait permis de se rendi'e dans la ville qui eût été heureuse de lui faire oublier les persécutions de son ingrate patrie, et si de puissantes inimitiés n'avaient pas empêché Grotius d'occuper la chaire qu'Amsterdam s'empressait de lui offrir. Vossius et Barlaeus, expulsés de leurs chaires de Leyde, pour cause d'arminianisme, furent parmi les premiers professeurs de l'athénée. Ils y eurent pour collaborateur et pour successeur David Blondel, appelé de France, où il avait été également en butte à des animosités dogmatiques. Les chaires n'ont cessé d'être occupées par des savants du premier ordre. Parmi ceux qui y ont enseigné pendant la dernière centaine d'années, les noms de Gras et de Kemper, de Schultens, Willmet et van Heugel, de Camper, Kemwardt, van Swinden, Vrolik, de Wyttenbach et vanLennep, honorés dans le monde savant, conlinuerontd'aller à la postérité. L'athénée, tout en offrant aux divers séminaires indiqués ci-dessus un précieux moyen de compléter leur enseignement, est du reste une école préparatoire ou succursale universitaire pour la nombreuse jeunesse d'Amstei^ dam et pour les étudiants du dehors, qui désirent profiter des ressources scientifiques de la capitale. Toutefois, l'école n'ayant pas le droit de conférer les grades, les étudiants sont obligés d'aller les demander ailleurs: inconvénient qui s'est fait toujours plus vivement sentir et en vue duquel une loi récente vient d'ouvrir à l'athénée la voie où il pourra obtenir le rang d'université avçc le jus promovendi, La constitution néerlandaise exigeant qu'il soit donné <( partout de la part de l'Etat un enseignement: primaire qui satisfasse aux besoins, » cet enseignement est aussi à Am — sterdam l'objet de soins très-étendus. Indépendamment du gynmase o«jx école latine, qui date du seizième siècle, la ville a fondé un graa^zf nombre d'écoles publiques. Dans 28 des 56 écoles actuelles l'enseigna ment se donne gratis à i 0,000 enfants pauvres. Les 28 autres, où l'ens^Tignement est approprié aux besoins des classes aisées, sont visitées environ 6,000 enfants. Le corps enseignant compte environ 600 institi teurs et institutrices, supérieurs et aides, choisis avec soin parmi d^3s candidats diplômés. L'enseignement public étant destiné aux enfants de tous les cultes doit servir d'après la loi « à former les enfants aux vertw-is chrétiennes et sociales, mais s'abstenir du reste de tout ce qui pourr^tit heurter les convictions religieuses divergentes. » C'est là ce qui met l^s écoles publiques en défaveur chez plusieurs qui désirent pour leixr?