‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 112 sur 226 · AMULETTE — AMYOT · texte numérisé non relu

AMULETTE — AMYOT

avait un caractère sacré. Les phylactères (Matth. XXIU, 5), ces baorfes de parchemin sur lesquelles étaient écrits des passages des smntes Ecritures et qu'on attachait au bras gauche, au front, étaient souvent considérés comme des préservatifs. Du moins cet usage s'autorisait de Moïse peut. VI, 8; XI, 18) ; niais les Juifs avaient d'autres amulettes encore, et le Talmud défend de les porter au jour du sabbat (Sabb., VI, 2). En général, les anmlettes, de même que la superstition, se rencontrent chez tous les peuples de la terre, et quoique le christianisme en ait bien diminué le prestige, ce serait une illusion de croire qu'ils aient disparu de nos contrées. — Voyez Becker et Mait]uardt, Bandàuch der rœm, Alterthuiner , 4* partie, 1856; Grotcfend, art. Atnulet, dans EncycL d'Ersch et Gruber. Ce qui distingue l'amulette du talisman, c'est que le premier écarte le mal, tandis que le second procure le

succès. A. Matter.

AHTOT (Jacques), né à Melun en 1513, mort à Auxerre en 1593. Ce n'est ni comme précepteur du roi Charles IX, ni comme évêque, ni comme grand aumônier de France, ni comme délégué au concile de Trente, ni comme érudit, ni comme écrivain original que nous plaçons ici Amyot. Il a traduit Plutarque, disons mieux, il a donné Plutarque à son siècle : voilà le titre qui le recommande à notre attention. Cette traduction qui, vers le dix-septième siècle, était sévèrement jugée (par Bachet de Méziriac, un des Quarante), et qui renferme en effet bien des erreurs et des inexactitudes, eut cet immense mérite qu'elle mit d'emblée à la portée d'uij grand nombre de lecteurs un des grands écri-. vains les plus intéressants, les plus accessibles de l'antiquité, celui de tous qui était le plus propre à agir sur les esprits. Bien peu de gens alors savaient le grec. Montaigne, si habile latiniste, l'ignorait ; voici en quels termes il témoigne à Amyot sa reconnaissance : « Je donne avec raison, ce me semble, la palme à Jacques Amyot sur tous nos écrivains français, non-seulement pour la naïveté et pureté du langage... ; mais surtout, je lui sais bon gré d'avoir su tirer et choish* un livre si digne et si à propos, pour en faire présent à son pays. Nous autres ignorants étions pferdus, si ce livre ne nous eût relevés du bourbier : sa merci (grâce à lui), nous osons à cette heure et parler et écrire ; les dames en régentent les maîtres d'école : c'est notre l)réviaire. » C'est la traduction d' Amyot que la noble Jeanne d'Albret mit aux mains de sou fils adolescent, et trente ans plus tard, voici en quels termes Henri IV parlait de ce précepteur muet, mais efficace : «Plutarque me sourit toujours d'une fraîche nouveauté. L'aimer, c'est m'ainier, car il a été l'instituteur de mon bas âge. Ma bonne mère, à qui je dois tout, et qui avait une affection si grande de veiller à mes bons déportements, et ne voulait pas, se disait-elle, voir en son fils un illustre ignorant, me mit ce livre entre les mains, encore que je ne fusse à peine plus un enfant de mamelle. II m'a été comme ma conscience et m'a dicté à l'oreille beaucoup de bonnes honnêtetés et maximes excellentes pour ma conduite et poui^ le gouvernement des affaires. » On sait ce que c'était que la cour de^ Valois : le chroniqueur des dames du temps, Brantôme, nous appremfcqu'au milieu des intrigues et des divertissements de tout genre « les>>

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