ANCILLON
fils ^îné de David, né à Metz en i659, jurisconsulte et historien, étudia le droit à Marbourg, à Genève, à Paris (1G74-1679), et s'établit comme avocat dans sa ville natale. Au moment de la révocation de Tédit de Nantes, ses concitoyens le choisirent pour leur délégué à Versailles, mais il ne put obtenir de Louvois que les réformés messins passassent l'hiver dans leur patrie. Lui-même accompagna son père dans Texil et tut accueilli avec distinction par l'électeur Frédéric-Guillaume, qui le nomma «juge et directeur de la colonie de Berlin, » puis, après la retraite de son oncle, Joseph Ancillon, «juge de tous les Français réfugiés dans le Brandebourg. » La droiture, impartialité, le lact dont il fit preuve dans ces difficiles fonctions^ lui acquirent l'entière confiance de Frédéric I*' qui le chargea de plusieurs missions importantes en Suisse (d695), et auprès du margrave deBade-Durlach (1697). Aux capacités diplomatiques Charles Ancillon joignit celles de l'historien, du pédagogue. En 1687, le roi lui donna la surintendance de « l'Académie des nobles n à Berlin, une institution modèle sur laquelle devaient se régler les établissements du même genre dans les provinces; en 1699, il remplaça Puffendorf comme historiographe royal. Les relations intimes quil entretenait avec quelques-uns des penseurs les plus distingués de son temps, entre autres avec Leibnitz, lui permirent de jouer un rôle important lors de la fondation et des premiers débuts de TAcadémie de Berlin. Charles Ancillon fut un fécond écrivain ; quelques-uns de ses écrits possèdent encore aujourd'hui une réelle valeur. Le plus intéressant est V Histoire des Français réfugiés dans les Etats de S, A, E. de Brandebourg (Berlin, 1690), qui contient de précieux détails sur l'organisation, les droits, les mœurs de la colonie naissante. Les Béflexim politiques par lesquelles on fait voir que la persécution des réformée eit contre les véritables intérêts de la France (Cologne, 1685), attribué à tort par Bayle à Sandras de Courtilz , et Y Irrévocabilité de l'édit de Nantes (Amsterdam, 1688) se recommandent par la hauteur des vues, la modération du langage. — Frédéric-Auguste-Luc (1698-1758), et Louis-Frédéric Ancillon (17-40-1814), fils et petit-fils de Charles Ancillon, furent tous deux pasteurs de l'Eglise française de Berlin. Le second d'entre eux a laissé des discours patriotiques (1793), des oraisons funèbres, un éloge de Saumaise, un Discours sur les caractères qui, outre l'inspiration, assurent aux livres saints la supériorité sur fe» liore$ profanes (1782). — Jean-Pierre- Frédéric Ancillon, fils de Louis-Frédéric, né à Berlin, le 30 avril 1767, se destina d'abord à la carrière ecclésiastique. A son retour de Genève où, à côté de la théologie, il s'étail livré à des études historiques, il fut nommé pasteur de TEglise française du Werder, à Berlin, et professeur d'histoire à l'Académie militaire. Un discours qu'il prononça, en 1791, à Rheinsberg, devant le I»ince Henri, le mit en relations suivies avec la cour. Ancillon se démit en 1801 de ses fonctions pastorales et professorales, pour se consacrer à l'éducation du prince royal. Des juges compétents, Vamhagen von Ense (Journal, t. 1, Feuilles pour servir à l'Histoire de Prusse) et M. de Treitschke (Annales prussiennes, avril 1872), lui ont reproché envers son élève une complaisance qui dégénéra souvent en faiblesse. Ancillcw,