‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 119 sur 226 · ANCYRE — ANDELOT · texte numérisé non relu

ANCYRE — ANDELOT

destituèrent plusieurs évêques orthodoxes, et parmi eux Grégoire de Nysse (Hefele, /. /., p. 717, trad. fr., II, p. 424).

ANDELOT (François de Goiigny, sieur d'), quatrième fils du maréchal de Châtillon et de Louise de Montmorency. Il fit, en 1542, avec Gaspard de Goiigny, son frère, ses premières armes dans le Luxembourg, en qualité de porte-guidon de son oncle maternel, de La Rochepot. Prenant part à la campagne de Flandres, en 1543, il concourut brillamment, ainsi que Gaspard, à la défense de Landrecies, et, comme lui, se distingua, en 1544, à Gérisoles et à Garignan. Il figura à la camisade de Boulogne, et, plus tard, joua un rôle actif dans l'expédition d'Ecosse. Il venait alors d'épouser Glaude de Rieux, qui appartenait à Tune des grandes familles de la Bretagne. En 1549 et 1550, au cours des négociations relatives à la restitution de Boulogne à la France, il servit d'intermédiaire entre le roi et les plénipotentiaires français dont les deux principaux étaient de La Rochepot et Gaspard de Goiigny. Envoyé en Italie en 1551 , il y fut fait prisonnier et enfermé au château de Milan, d'où il entretint pendant plusieurs années une intéressante correspondance avec sa famille et le maréchal de Brissac. « Je vous suplye de penser, écrivait-il à son oncle, le connétable, combien je porte de desplaisir, non pour les rigueurs et fassons deshonnesles dont me usent ceulx de ce chasteau, tant comme pour le regret de me veoir si mal fortuné que tant d'occasions et de temps se passent en m'ôtant le moïen d'accompagner tant de gens de bien, lesquelz journellement s'employentà faire service au roy » (B. N., f. fr., 3122, 55). L'étude de l'Ecriture sainte et de divers livres de piété, à laquelle d'Andelot se livra pendant sa captivité, fit de lui un disciple de la Réforme. Rendu à la liberté par la trêve de Vaucelles, en 1556, il devint colonel-général de l'infanterie française ; et s'associa, en 1557, aux héroïques efforts de son frère, dans la défense de Saint-Quentin, y fut pris sur une brèche qu'il disputa à l'ennemi jusqu'à la dernière extrémité, s'échappa bientôt à travers mille dangers et contribua puissamment à la prise de Galais. Stimulé par les basses insinuations des Guises, le roi lui reprocha sa franche adhésion à la religion réformée, s'emporta contre lui, et le fit incarcérer à Melun. Babou de Labourdaisière, ambassadeur de France à Rome, écrivit, à ce sujet, au connétable : « Dernièrement, le pape me déclara qu'il s'ébayssoit grandement comme Sa Majesté ne faisoit aucun compte de punir les hérétiques de son royaume, et que l'impunité de M. d'Andelot donnait une très-mauvaise réputation à Sa Majesté, devant laquelle ledit sieur d'Andelot avoit confessé d'estre sacramentayre, et que \ si on l'eust mené tout droict au feu, comme il méritoit, oultre ce qu^* j Ton eûst faict chose très-agréable à Nostre Seigneur, le royaulrae de | France fûst demeuré longtemps nect d'hérésie» (B. N., f. fr., 3132, ^]- D'Andelot, à la suite d'un acte de regrettable condescendance, se releva de toute la hauteur de ses convictions chrétiennes, les proclama de nouveau, et n'en fut pas moins réintégré dans ses fonctions, lors de la paix de Gateau-Gambrésis. Si, sous François II, dans les assemblées de Vendôme et de Laferté, il opina pour l'adoption de mesures énergiques en faveur des protestants, du moins ne prit-il aucune part à la conju-

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