ANDRÉA
nombreux voyages^ visita les . eofurs ei to anivefsitéSy mais ne renlcoBftra d'abord que de la méfiance chez les ans et de Topposition chez d'autres. Il ne se laissa pas rebuter. (1 publia six serinons « sur les (Mincipales erreurs du temps, » coneermiBt la justification, les boimés œu\Tes, le péché originel, les adiaphora, la différence entre la loi et TEvan^e, la personne de Jé^us-Christ. Les deux plus renoiftmés théologiens de r Allemagne du Nord, Martin Ghemnitz, pasteur à Brunswick, et David Chytraeus, professeur à Rostock^ auxquels il envoya cet opuscule, en leur proposant de le prendre potur formule de concorde, ironie vèrent que la forme- de sermons était pe« propre à ce but. Il en fit un extrait qui, en 1574, fut approuvé par les théologiens du Wurtemberg {Concordta suevica)^ et bientôt après, avec quelques modification»^ par ceux de Brunswick {Concordia suevica-saxanica). Ce fut un {H*emier acheminement vers une concorde plus générale. En mai 1576, sur Tinvitation de rélecteur Auguste de Saxe, plusieurs sava&ts» du nonibre desquels fut Andréas, se réunirent au château de Torgau ; ils élaborèrent ut projet, qui, en 1577, reçut sa forme définitive (voy. Formuk de conrcorde). En 1586, Andréa eut à Montbéliard un colloque avec Théodore de Bèze, sur la sainte cène, la personne de Jésus-Christ, la prédestination et quelques autres points. Les actes en furent publiés en latin ^t en français. Après plusieurs voyages en Allemagne et en Suisse, dans rintérêt desaffaii*es protestantes, Andréas mourut le 7 janvier 1590.
CU. SCHMIOT.
AJtDRÉiE (Jean-Valentin), petit-fiky de Jacques André»,' dont il vient d*étre parlé. Né en 1586 à Herrenberg, dans le Wurtemberg, H devidt en 1614 diacre à Vaihingen. En 16i0, il fut appelé comme pasteur à Calw, où U resta jusqu'en 1639 ; il y montra, pendant les*misères de la guerre de Trente ans, un courage et un dévouement dignes des plus grands éloges. Depuis 1639 prédicateur de la cour, en 1650 prélat à Bebenhauâen, et en 1654* àAdclberg,.il mourut en cette dernière année à âtuttg^. Il s*est distingué autant par son activité pastorale que par quelques ouvrages, destinés à dévoiler et à combattre les rêveries des alchimistes, si nombreux en Allemagne à la fin du seizième et au commencement du dix-septième siècle. Le scolasticisme qui s'était introduit dans la théologie protestante avait provoqué une réaction mystique» qui s'était manifestée sous des formes divises-; chez Valentin Weïgei et chez Jacques Bœhme le mysticisme était devenu une théosophie, dont beaucoup de personnes se servaient pour chercher la piet're plulosophale et .les moyens de faire de Tor ; d'autres étaient revenus à Théophraste Paracelse. Andrése, qui à des connaiss^mces très-variées joignait infiniment d'esprit, se proposa de se railler de ces superstitions. Dans sa jeunesse, il écrivit un livre intitulé : Die chymùcke Hochzek Chriitiani BosenkreutZy anno 1459 . (les noces chimiques de chrétien Rose-Croix en 1459), sorte de roman, racontant les aventures d'un personnage fictif nommé Rose-Croix, qui est- invité aux noces d'un roi inconnu et qui là est initié aux mystères d'une société de magiciens et <i^aIchimisCes; c'est dans ce livre que parait pour la première fois le nom dé Rose-Croix, emprunté sans doute à deux des prindpaux sym-
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boles des adeptes de la philosophie hermétique. Cet ouvrage ne circula d'abord qu'en manuscrit. Vers 1610 il s'en répandit un autre : Allgemeine und General Reformation der ganzen weiten Welt beneben der Fama fratemitatis des iœbltchen Orden des JRosenkreutz, Ce fut encore une mystification; le livre fut imprimé en 46i4; la seconde édition, 1615, est augmentée d'une Confession oder Bekanntnusz der Societœi Rosenkreutz^ an die Gelehrten Europa's, La Bochzeit ne parut qu'en 4616 à Strasbourg. Dans la fié formation générak^ les sept sages de la Grèce et quelques philosophes romains déUbèrent sur les moyens d'améliorer le monde ; la Confession expose les principes de la soi-disant société. Ces livres, dont le but était de persifler les amateurs de la magie et de la théosophie, produisirent un effet immense. Tout le monde les prit au sérieux; les mystiques et les alchimistes se mirent à la recherche de l'ordre des Rose-Croix, qui n'existait nulle part ; des théologiens luthériens soupçonnèrent une manœuvre calviniste contre l'orthodoxie. La nouvelle se répandit aussi en France ; en 1623 on afficha à Paris un placard , annonçant l'arrivée des Rose-Croix , sauveurs du monde ; Gabriel Naudé, qui à cette occasion se montra sceptique au bon endroit, se railla de la chimère importée d'Allemagne, dans une brochure pleine de sens : Instruction à la France sur la vérité de l'histoire des frères de la Rose-Croix. Andréœ lui-même , voyant qu'au lieu de faire disparaître la superstition, il l'avait alimentée, publia divers écrits où, tout en conservant parfois la forme allégorique et satirique, il exhortait ses contempbrains à renoncer « à cette curiosité dangereuse » qui veut sonder tous les mystères, à sortir de « ce chaos, » à renverser « cette tour de Babel élevée contrairement à la volonté de Dieu. » Comme quelques enthousiastes fondèrent en effet un ordre de Rose-Croix, il lui opposa une Société évangélique^ ayant pour objet « de remettre Jésus-Christ en son Ueu et de détruire les idoles. » En général, il fit des efforts'pour relever dans son pays la vie religieuse ; adversaire aussi décidé du formalisme de l'orthodoxie du temps que des extravagances des théosophes, il chercha à rétablir un christianisme plus vivant et plus simple. On lui a reproché différentes hérésies, mais sa mémoire n'a pas souffert de ces reproches. V. Burk, Verzeichniss aller.,. Schriften,,, J. V. Andrex. Tubing. 1793 (catalogue de cent numéros, mais incomplet) ; Hossbdch, Andrex umd sein Zeitalter, Berlin, 1819.
Ch. ScHlflDT.
ANDREWS (Laucelot) [1565-1626], évêque de Westminster, est l'un des représentants lès plus distingués de l'anglicanisme sous les règnes d'Elisabeth et de Jacques h^*. Il soutint, d'une part, les droits de la royauté en matière de réforme ecclésiastique contre Bellarmin (voy. 1? traité: Sur le droit des princes, et la réplique : Tortura Torti^siveai Matthxi Torti librum responsio. Lond., 1609, in-4o, à la brochure dan> laquelle le savant cardinal, sous le pseudonyme de Matthieu Tortus, avait cherché à réfuter l'ouvrage de Jacques I«r sur la Prérogative royale) ; d'autre part, il combattit les vues des presbytériens en matière d'organisation, de disciphne et de doctrine, en particulier sur r£^' charistie. Il prit une part importante à la révision de la traduction de
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la Bible ordonnée par Jacques ^^ en 1604, et publia un certain nombre de manuels de piété et de sermons (voy. surtout son Recueil d'œuvres .pasthttmes. Lond., 1657, in-f«).
ANDRONIQUE, gouverneur d'Àntioche sous Antiochus Epiphane, pendant qUe ce dernier faisait une campagne en Asie Mineure, fit périr, sur les incitations de Ménélas, lancien grand prêtre Onias, alors exilé (2 Macchab. IV, 31 ss.). L'historicité de ce récit semble avoir été contestée sans fondement sérieux.
ANDRODET DU. CERCEAU, nom d'une dynastie d'artistes qui commence vers le milieli du seizième siècle avec Jacques Androuet, fils d'un cabaretier de Paris qui avait pour enseigne un cerceau d'or. Il naquit vers 1515. On ne sait d'ailleurs rien sur sa vie, si ce n'est qu'il travailla au chAteau et à l'église de Montargis et qu'il était cité par ses contemporains comme un architecte de premier ordre en même temps qu'il était un huguenot fidèle. II mourut hors de France, à Annecy, vers 1585, laissant pour souvenir de lui une quinzaine de beaux ouvrages de gravure*, dont le premier fut une carte du Maine, publiée en i539, et le plus célèbre un recueil gravé en deux volumes in-f». Des plus excellents basiiments de France (1576 et 1579). — Baptiste, fils de Jacques et son élève, entra au service de Henri lïl en 1575, en qualité de Tun des quarante-cinq gentilshommes de sa chambre, et fut le seul huguenot admis à cet office, « pour ce que ce petit homme pourtrait (dessinoit) fort bien et mieux qu'homme de France » (Mém, de Nevers)^ talent auquel Henri III était on ne peut plus sensible. Les mémoires que nous venons de citer ajoutent : « Ledit du Cerceau a bien fait pénitence en sa charge, ayant plus fait de dessins de monastères, églises, chapelles, oratoires et autels pour dire la messe, que jamais architecte en France en ait fait en cinquante ans. » 11 eut le double honneur de commencer la construction' du Pont-Neuf à Paris (1578) et de succéder à Pierre Lescot dans la direction des travaux du Louvre. Les réclamations des catholiques obligèrent à la fin le roi de le congédier, car il aima mieux abandonner son art que sa religion, et se retira, sur la fin de 1585, dans une habitation qu'il venait de se bâtir sur les terrains du Pré aux Clercs (aujourd'hui occupés par les maisons de la rue Bonaparte entre les rues Jacob et Visconti). Il y mourut en 1602. — Jacques, frère de Baptiste, a architecte des bastiments du Roy, » continua la grande galerie du Louvre (1595-1609) et mourut en 1614. — Jean, fils de Baptiste, devint architecte du roi en 1617, reconstruisit, avec deux autres architectes, en 1639, le pont au Change et fut le créateur, vers le même temps, de plusieurs somptueux édifices de Paris : les hôtels de Sully, de Belleganle et de Bretonvilliers. — On trouve encore dans la même famille un autre Jacques, architecte, mort en i6lA ; un Moïse, commissaire de l'artillerie; un Paul, graveur distingué, vers 1660; un Jacques du Cerceau, sieur des Bardiilières, orfévTc, marié à Charenton en 1661 ; un autre Paul, dessinateur, marié en 1691 ; un Guillaume- Gabriel, dessinateur du roi, en 1710. Mais la famille, qu'on voit ainsi déchoir peu à peu de son premier éclat, avait abandonné le protestantisme en 1685, à la Révocation. * H. Bordibr. .
SOS ÀI^DUZë
ARDOZI. Cette Egiise, /qui faisait partie de la province ecclésiaetique des Cévennts et était le chef-lieu du colloque de ce nom, entendit pour la première fois la Réforme de la bouche du cordelier Nicolas Ramondy,* diargé de prêcher dans cette ville le carême de 1547. La population accueillit sa parole avec joie ; le prieur, au contraire, en conçut une grande irritation et se laissa aller à souffleter en pleine sacristie le cordelier en* présence des consuls ; après quoi il le dénonça à l'inquisiteur de Toulouse. Dix ans s'écoulèrent après cet événement; vinrent ensuite des ministres de Genève qui réunirent des assemblées si considérables que le' roi Henri II crut ne pouvoir mieux en arrêter le cours qu*en faisant escorter d'une armée les commissaires du parlement de Toulouse, chargés de poursuivre les évangéliques (3 juillet i557). Beaucoup de ces derniers furent jetés en prison et plusieurs autres brûlés, au nombre desquels l'infortuné cordelier Claude Rozier, qui avait (( prêché le carême passé dans la présente ville d'Anduze et découvert les abus de la papauté. » Ses cendres étaient à peine refroidies quand le bouillant Guy de Morange, natif de Clermont, accourut de Genève pour continuer son œuvre et par son éloquence persuasive gagna à lik. Réforme une grande partie de la population. Il eut pour suecesseucz: Pasquier Boust, sous le ministère duquel TEglise fut définitivement organisée (1560). Bauf trois familles, la ville entière embrassa la Bér:= forme. L'expédition sanglante du comte de Viilars, lieutenant-génép^v du roi dans la province, suspendit bien pour un moment Texercice d.. la religion nouvelle dans la cité, mais elle fut impuissante à ramen^M oelle-ci au catholicisme, qu elle abandonna pour toujours. Les hu.ii guerres de religion qui troublèrent ensuite la France épargnèreir^/ Anduze, qui n'en prit pas moins part à la lutte, soit en envoyant de forta contingents de troupes aux armées huguenotes, soit en se metian/ elle-même en état de défen3e. Sitôt après la promulgation de Véàiijde Nantes, TEglise d'Anduze, qui avait déjà agrandi son temple en 1590, en construisit un nouveau en 1600. L'édifice avait 530 mètres carrés et pouvait contenir â,000 auditeurs. Un second pasteur fut appelé eï m collège fondé. Les trois nouvelles guerres religieuses du dix-septième siècle troublèrent momentanément cette prospérité. Pendant la première (1621-1623), Anduze reçut la visite du duc de Roban, qui ordonna rétablissement de grands travaux de défense. Durant la seconde guerre (1625-1626), ce fut en quelque sorte malgré elle que Roban l'engagea dan^ la lutte. U n'en fut pas de même pour la troisième (1627-1620), qu'elle épousa avec une extrême ardeur. Quand la*paix fut faîte, elle eut à subir des vexations de toutes sortes jusqu'à sa suppression, on 1685. Des légions de moines s'abattirent sur elle, une garnison lui fut imposée, son consulat devint, par ordre, mi-parti et plus tard exclusivement composé de catholiques (bien que ceux-ci ne fussent que 100 sur 3,500 réformés), la maison consulaire et le- cimetière durent être cédés à ces derniers, le collège fut fermé, de nombreuses condamnations furent prononcées en 1683 contre ceux qu'on soupçonna d'avoir consenti au projet de Claude Brousson, bien que le consistoire l'eût formellement ' désapprouvé; les dirons enfin couronnèrent
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Puguire en affamant, rainant et maltraitant la ville de toute façon. Les tsflemblées du désert, présidées dans les environs d'Anduze par le proposant martyr Fulcrand Rey, suivirent de près la révocation de Tédit de Nantes. Après lui surgirent les prédicants et les petits prophètes, lois la terrible guerre des camisards, qu'Anduze n'osa pas ostensible- ■nt favoriser, et qiii la ruina, car elle fut obligée de payer les dégftts fM les camisards commirent sur les catholiques dans ses environs, et fc supporter une grosse part des dépenses de Tarmée royale. Le pas- Inrda Vivarais, Durand, tint des assemblées près d*Anduze en 1716. h 17^, elle eut pour pasteur Rivière, et le célèbre Antoine Court prénda une nombreuse assemblée dans son ressort en 1728. Les persé-> citîoiis ne lui furent pas épargnées. Un grand nombre de jeunes filles hrent jetées dans des couvents, des amendes considérables infligées MX personnes qui assistaient aux assemblées du désert et aux parents qi n'envoyaient pas leurs enfants à la messe ou au catéchisme, ces pttemblées elles-fnémes dispersées à coups de fusil, et les pasteurs, grâce IBX dénonciations du traître Soulier, poursuivis avec acharnement, ■tis heoreusement sans succès. Les persécutions diminuèrent ensuite iUessèrent complètement en 1764. Les protestants purent alors céléher lenr culte à l'entrée de la ville, et un cimetière leur fût octroyé, Blme avant Tédit réparateur de 1787. A Tépoque de la réorganisation te oiKee, Anduze devint le chef-lieu du consistoire de ce nom et comprit huit communes dans son ressort, dont plusieurs ont été converties depuis en Eglises particulières, ^voir, Générargues, Tornac, Hbtiite et Bagard. La population protestante totale du consistoire était te 1870 de 8,260 ftmes (voy. Hugues, Hist. de tEgl, réformée d'Anduze^
^éd., 4864). E. Arnaud.
AHI (Fête de V). Au moyen Age, la fête de Tftne était célébrée dans phisieurs villes de France ; c'étaient "des représentations plus ou moins dramatiques, qui avaient leurs rituels particuliers. A Rouen, la fête ifftit lieu pendant TAvent ; le peuple se rendait en procession à la cathédrale ; là paraissaient d'abord Moïse et les prophètes, Virgile et les Kbylles^ tous annonçant la venue d'un Sauveur; le personnage princt{ttl était râne de Balaam; un prêtre, caché entre ses jambes, faisait également des prédictions. A Beauvais, le but de la fête, fixée au 14 janfier, était de rappeler la fuite en Egypte. Une jeune fille, tenant un afant et montée sur un àne richement décoré, était conduite depuis la cathédrale jusqu'à Téglise de SaintrEtiennf', où elle assistait à la mnse; le répons de Tïntroït était Hinham; entre les diverses parties dé l'office on chantait une prose moitié latine, moitié française, dont voici Ws derniers vers :
Amen dicas asine Hez va! hez va! hez va hez!
Jam satur de gramme, Bialx sire asnes, car allez,
Amen amen itéra. Belle bouche, car chantez. Aspemare refera,
La messe terminée, « Sacerdns hinhannabit » au lieu de dire mina est; «1 le peuple, au lieu de dire Deo grattas, « ter respondebit hinham, » A Sens, la cérémonie était à peu près la même ; à la porte de la cathé-