ANE — ANÉANTISSEMENT DES AMES
drale on chantait des vers qui prouvent assez qu'il s'agissait avant tout d'un divertissement : « Lxta volunt — quicunque eolunt — asinaria festa, » Plusieurs évêques essayèrent en vain de faire disparaître ces cérémonies profanes; il fallut un ordre du Parlement pour les supprimer (voy. Ducange, Gloss,^ éd. Henschel, t. III, p. 255; Du Tillot, Mémoires pour servir à F histoire de la fête des Fous, Lausanne, 4741, in-4o, p. iA).
ANEANTISSEMENT DES AMES, locution théologique qui serait plus claire si Ton disait : anéantissement de certaines âmes; aussi, préfèret-on souvent l'expression : immortalité conditionnelle. En d'autres termes, les Ames ne sont pas toutes, et par leur nature même, immor> telles; toutes, il est vrai, sont appelées à recevoir l'immortalité ; mais tandis que les unes l'acquièrent en s'attachant à Dieu, source de la \ie impérissable, les autres, en se tenant éloignées de Dieu, se condamnent elles-mêmes à l'anéantissement. Cette doctrine paraît avoir été déjà connue des Egyptiens, qui auraient estimé que les châtiments n'étaient pas étemels, qu'ils devaient être terminés par une seconde et définitives mort, tandis que les âmes pures continueraient de cultiver avec bon — heur les champs d'Osiris. Le stoïcisme enseigna de même que le seul sunivrait à la destruction universelle. Plusieurs écoles gnostiques entre autres celle de Valentin , distinguèrent entre les pneumatiques qui participent de la nature immuable du plérôme, et les hyliques, h ûmes chamelles, qui, selon la déclaration d'Esaïe, XL, 6, périront av( la matière. En Afrique, Arnobe, vers 303, formula explicitement 1^ doctrine de l'anéantissement des méchants, C. Gent, II, 14: « Lesûm^^ sont de qualité intermédiaire, pouvant, ou périr, si elles ignorent Die«j, ou être délivrées de la destruction, si elles s'appliquent à ses menac<«=»5 et à ses indulgences ; c'est la vraie mort, ne laissant pas de résidu, lorsque les âmes qui ne connaissent pas Dieu sont con3umées par un (eu cruel. » Cet enseignement fut aussi adopté par quelques sociniens qui niaient à la fois Téternité des peines et Tapocatastase ou rétablissement final de tous les réprouvés. De nos jours, l'immortalité conditionnelle a été professée avec de nouveaux développements, et elle a rencontré des partisans en Angleterre et en Amérique (voy. E. Petavel Olliff, La fin du mal et r anéantissement graduel des impénitents, 1872 ; Edward White, Life in Christ : a study of the Scripture doctrine on the nature of man and the conditions ofhuman Immortality, 1-875). Cette doctrine s'appuie sur trois ordres d'arguments : d'une part, elle est d'accord avec la science biologique pour reconnaître que l'âme, à cause de son intime union avec l'organisme, n est point capable, une fois séparée du corps, de subsister seule; la vie future suppose une intervention de Dieu. Puis, l'immortalité obligatoire impliquerait l'éternité des peines; or, le cœur humain éprouve une invincible répugnance à admettre des peines qui ne finissent jamais et ne conçoil pas la possibilité de les concilier avec la miséricorde et la sagesse de Dieu. Enfin, la disparition du mal et des méchants est enseignée par la Bible, 1 Cor. XV, 28 : « Dieu sera tout en tous ; » le salaire du péché, c'est la mort, la mort avec l'acception reçue dans tant de passages où l'Apôtre nous invite à faire mourir le péché: la