‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 123 sur 226 · ANÉANTISSEMENT DES AMES — ANGELICO · texte numérisé non relu

ANÉANTISSEMENT DES AMES — ANGELICO

mort elle-même n'aura plus d'empire, elle rejoindra Satan dans Tabîme d'anéantissement que l'Ecriture appelle le lac de feu et de soufre (Apoc. XX, 44). A ces arguments, on a objecté que les sciences naturelles n'ont pas qualité pour nous donner une notion suffisante de Tftme ; que les passages invoqués demandent à être complétés par d'autres, tels que, Apoc. XIV, 14; XX, dO : « Ils seront tourmentés aux siècles des siècles; » Matth. XV, 46: « Ceux-ci s'en iront aux peines éternelles, mais les justes à la vie éternelle; » et l'on a demandé si cette doctrine n'autorisait pas les âmes égarées à concevoir un nouveau genre de suicide, par la pensée que, plus elles s'enfonceraient dans le mal, plus rapide et moins douloureuse serait la mort définitive. — Une telle question ne peut être tranchée seule et sans tenir compte d'autres éléments encore de la vérité chrétienne (possibilité d'une conversion au delà du tombeau, connexité de la grâce et de la liberté, etc.); c'est dans l'article Eschatologie que ces divers éléments seront unis en une doctrine générale et complète. A. Matter.

AHGELIGO (// Beato Fra Giovanni) [1387-4455], le peintre des anges, dit aussi da Fiesole, du lieu de sa naissance. Avec le quinzième siècle se manifeste, en Italie, line puissante réaction contre les procédés de la peinture du moyen âge. On ne craint plus de copier la nature, d'étudier et de reproduire les formes corporelles, d'imiter la réalité en donnant au coloris plus de vigueur, à la perspective plus de relief. Presque isolé parmi ses contemporains, Fra Angelico continue à suivre les traditions du moyen âge, qu'il incarne dans ses œuvres avec un rare bonheur. Nous n'avons point de détails sur sa vie, qui paraît s'être écoulée,* presque tout entière, entre les murs d'un couvent de dominicains, où il entra fort jeune et où il resta, refusant tous les honneurs qu'on lui offrait. 11 a laissé une grande réputation de sainteté. On. disait de lui V qu'il travaillait en priant et qu'il priait en travaillant. » Son âme, d'utte pureté et d'une douceur exquises, se reflète dans l'expression incomparable de suavité qu'il a su donner à ses figures. On peut dire qu^un souffle céleste les anime. Sans doute, le talent de Fiesole manque de variété, et son horizon, somme toute, est assez étroit : il n'a point 3X?int la vie active et la lutte tragique des passions; il paraît ignorer le mal et les ravages qu'il exerce. Son Christ a la majesté, il n'a pas l'énergie qui convient au « Fils de l'homme ; » ses madones se distinguent par la grâce, l'humilité, la sérénité pleine d'abandon de leur visage et de leur maintien, mais elles ne semblent pas vivre de notre vie. Où Angelico excelle, c'est dans la peinture des anges, précisément parce qu'ils ne doivent avoir rien de terrestre. L'impression, à coup sûr dominante, que produisent ces tableaux, c'est celle d'une paix de l'âme, u qui surpasse toute intelligence. » Nous apprenons par eux de quelle manière le royaunae des cieux se reflétait dans les âmes pieuses vers la fin du moyen âge. Ajoutez qu' Angelico se distingue, au point de \iie artistique, par la finesse de l'exécution, la richesse et la fraîcheur du coloris, la noblesse des groupes et des attitudes, l'expression « personnelle » donnée aux têtes. L'Académie de Florence possède un certain nombre de ses tableaux, parmi lesquels on remarque surtout un Cou-

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rcnnement de la Vierge. Le même sujet est repiwluit sur tin tableau dans l'église de Santa Maria Novella, à Florence, et sur un autre qui se trouve au Musée du Lou\Te. On cite aussi les peintures murales du couvent de 6aint>Marc, à Florence, en particulier une Crucifixion du plus grand style, plainte douloureuse de toute l'Eglise réunie au Calvaire dans la personne des apôtres, des grands saints, docteurs et fondateurs d'ordres religieux, ainsi qu'une Apparition de Jésus resmncité à Marie-Magdeleine, Nous signalerons également le Christ en croiXj avec Marie et Jean à ses pieds^ dans la salle du chapitre du couvent San Domenico k Fiesole, de même qu'une représentation du Jugement dernier^ dans la chapelle de la Madone du dôme d'Orvieto, et des épisodes de la Vie de saint Etienne et de saint Laurent y dans la chapelle du pape Nicolas V, au Vatican. Pourtant Angelico réussit mieux dans les miniatures que dans les grands tableaux, où il révèle une certaine timidité. Nous citerons tout particulièrement la Vie de Jésus-Christ en trentecinq tableaux à l'Académie de Florence. Les restes de Fra Angelico furent ensevelis à S. Maria sopra Minerva, à Rome. Lui-même fut béatifié quelques années après sa mort.. F. Lichtewbbrobr.

ANOÉUQUB (la Mère), dont le vrai nom était Jacqueline-Marie Arnauld, naquit à Paris, en 1591. Elle appartenait à la famille des Amauld, originaire d'Auvergne, comme la famille des Pascal. Elle était fille d'Antoine Amauld, avocat à Paris, qui avait eu vingt enfants, dont dix moururent en bas âge. Jacqueline et sa sœur Jeanne, encore enfants, obtinrent, par le crédit de leur grand-père Marion, avocat général, la possession de deux abbayes, celle de Port-Royal (voy. cet article) et celle de Saint-Gyr. Jacqueline prit le voile à huit ans, et s'installa, à onze ans, comme abbesse à Port-Royal, sous le nom de la mère Angélique. Après une période d'indiff^érence religieuse, elle se sentit troublée dans sa conscience, et eut un moment la pensée de renoncer k une vocation qui lui avait été imposée sans son consentement. Ces agitations intérieures ne s'apaisèrent que dans une conversion décisive, dont deux prédicateurs furent tour à tour les instruments. La mère Angélique, pleinement consacrée à Dieu, fut frappée du relâchement de la discipline à Port-Royal et en médita la réforme. Elle l'entreprit malgré les plus grands obstacles et rétablit, dans toute leur rigueur, les règles monastiques, en particulier celle de la clôture, qu'elle opposa avec un courage inflexible à son propre père, M. Arnauld, dans la fameuse journéKR du Guichet, 25 septembre 1603. De Port-Royal, la réforme se propagea dans un grand nombre de monastères du même ordre. Angélique l'établit, avec beaucoup de peine, à Maubuisson, où le retour ' inattendu de l'abbesse expulsée, madame d'Estrées, amena les scènes les plus violentes. Une fois sa tâche accomplie dans ce monastère, elle revint à Port-Royal, ramenant avec elle, de Maubuisson, un grand nombre de religieuses sans fortune dont elle acceptait généreusement la charge. Port-Royal devenant trop étroit pour recevoir toutes les sœurs qu'y attirait une discipline sérieuse, la mère Angélique se transporta, avec toute sa communauté, dans une maison du faubourg Saint-Jacques, aujourd'hui l'hospice de la Maternité, qu'on appela Port-Royal de

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Pftris. C'est alors qu'elle se plaça sous la direction religieuse de Saint- " Cyran, qui fut le père spirituel de Port-Royal, comme elle en av?dt été la mère. Elle avait enfin trouvé, selon ses propres expressions, l'homme tf duquel la force d'esprit dans la vérité allait accabler le sien. » En môme temps que Saint-Cyran avait la direction des religieuses de Port-Royal, il attirait, par l'ascendant de sa piété et de son génie, les Lancelot, les le Maistre, les de Sacy, qui furent les premiers solitaires et allèrent s'établir à Port-Royal-des Champs. La mère Angélique, après vingtdeux ans de séjour à Paris, ramena ses religieuses dans ceWe première retraite : les femmes occupèrent le monastère et les hommes montèrent sur la colline, à la maison des Granges. Ce fut la plus belle période de PortrRoyal : la mère Angélique exerça une influence bénie sur un grand iiomt»^ de femmes distinguées, qui étaient attirées par ce foyer de vie spirituelle, madame de Guéméné, Marie de Gonzague, reine de Pologne, madame de Sablé, Jacqueline Pascal, etc. La guerre de la Fronde fut pour elle une occasion d'exercer envers les blessés, les pauvres, les paysans, une admirable charité. Lorsque vint pour Port-Royal la période de la lutte théologique el de la persécution^ la mère Angélique montra la plus noble fermeté. Laissant la théologie aux docteurs, elle soutint les âmes qui lui étaient confiées, par le calme imposant que lui inspirait sa grande maxime : « Mourir à tout, s'attendre à tout. » Tandis qu*ellB répondait sans frayeur au lieutenant civil Daubray, elle écrivait à son frère Amauld, condamné en Sorbonne : « Si on efface votre nom d'entre ceux des docteurs, il n'en sera que mieux écrit dans le Livre de Dieu. » Elle assista, déjà minée par la maladie^ à la dispersion des solitaires, à la fermeture des écoles de Port-Royal, au renvoi des novices et des postulantes, présage de persécutions plus violentes. Mais elle eut le bpnheurde ne pas voir la destruction et la profanation de PortrRoyal. ^Ue mourut dans une humilité profonde, le 6 août 1661, à l'âge de 70 ans. La mère Angélique a laissé plusieurs écrits : Les Mémoirei pour servir à fhisloire de Port-Hoyal^ dont une grande partie lui est due, plusieurs recueih de lettres^ des Entretien» et Conférence»^ etc. Elle fut une belle ftme, un grand caractère, un esprit d'élite, et, avant tout, une des femmes les plus ^érieusement chrétiennes de son siècle.

Krnist Dhombrks.

AÏQÉLITES ou adorateurs des anges. Epiphane (contra octpginta h^reseê Opus. P., 1712, p. 430) a entendu parler de cette secte, mais n'eu sait rien de positif. Ce nom leur aurait été d^nné, soit parce qu'ils enseignaient que le monde a été créé par les unges, soit parce qu'ils prétendaient mener une vie semblable à celle des anges, soit parce qu'ils «habitaient une localité appelée Angelina, a l'est de la Mésopotamie. &aint Augustin {de Bmres,, c. XXXIX) se rallie à la seconde opinion, bien que, dit-il, ces hérétiques puissent aussi avoir été appelés ainsi, parce qulls affirmaient avoir reçu leur connaissance des choses divines par Tinlermédiaire des anges. Nlcéphore (Brev. hi»t,j 1. XVIII, c, IL) rapporte que c'étaient des sabelliens qui se réunissaient à Alexandrie, dans un lieu nomméi4^e/t?/«ouAn^e/tti«..Il est plus probable d'admettre, avec la plupart des historiens modernes, que oette désignation

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. était un surnom satirique donné aux gnostiques, à cause de leur doc* trine des Bons.

ANGELUS, prière instituée par le pape Jean XXII, en 1316, en Thonneur de la sainte Vierge et pour remercier Dieu du mystère de Tlncamation. Elle' se composer de trois versets bibliques, de trois Ave Maria et d'une oraison, par laquelle on demande à Dieu sa grâce et son salut éternel par les mérites de Jésus-Christ. Le premier verset commence par ces mots : Angélus Domini^ d'où son nom. Elle s'appelle auçsi le Pardon^ parce que plusieurs papes y ont attaché des indulgences spéciales. Pour avertir les fidèles de réciter cette prière, Louis XI, désireux de plaire à celle que dans son familier langage il appelait sa bonne dame, sa petite maîtresse^ sa bonne amie, ordonna de sonner la cloche trois fois par jour, le matin, à midi et le soir. Cet usage s'est coni: :vé dans beaucoup de localités jusqu'à ce jour.

ANGELUS SILESlOS. Le vrai nom de ce poète et polémiste catholique était Jean Scheffler. Il naquit en 1624 à Breslau de parente protestants; il étudia la médecine à Strasbourg, à Leyde et à Padoue. Pendant son séjour en Hollande, il lut les ouvrages de Jacques Bœhme, qui firent une impression profonde sur son esprit naturellement porté au mysticisme. En 1649, un prince allemand se l'attacha comme médecin. Il se •dégoûta du protestantisme, qu'il ne connaissait que sous la forme d'une orthodoxie aride et querelleuse ; en 1653, à Breslau, il se convertit k l'Eglise catholique;. c'est à cette occasion qu'il prit le nom d'Angelus. Quelques mois auparavant, il avait été nommé médecin de la cour impériale. Un peu plus tard, il fut consacré prêtre et entra dans l'ordre des franciscains: Non content d'avoir changé de religion, il devint un des adversaires les plus passionnés du protestantisme ; il s'engagea dans des controverses avec des luthériens et des réformés. Il fit luimême un recueil de ceux de ses traités polémiques qui lui semblaient les plus décisifs; ce recueil parut dans l'année même de sa mort, 1677, sous le titre de Eccksiologia, un vol. in>f». Si Angélus n'avait laissé que ces écrits, il serait probablement oublié, mais il a fait mieux, il a été poète ; on a de lui quelques volumes de poésies religieuses, dont plusieurs ont été adoptées comme cantiques par les protestants. Le sentiment qui anime ces vers est si pur, ils respirent une piété si intime, si étrangère à toute rancune confessionnelle, ils forment un tel contraste avec la violence des traités de controverse, qu'on a douté parfois de l'identité du théologien Scheffler et du poète Angélus. Mais chez un caractère impressionnable, inquiet, ballotté entre les besoins de son cœur chrétien et les nécessités de sa position de converti, les contradictions ne doivent pas nous étonner ; le polémiste et le poète n'otit pas pu se' mettre d'accord; c'est le poète qui révèle le mieux la personnalité sympathique de cet étrange écrivain ( voyez surtout Kahleri, Angélus Silesius, Breslau, 1843). Ch. Schmidt.

ANGENNES (D') de Montlouët, Rambouillet et autres lieux. Ces noms rappellent le plus élégant des souvenirs littéraires du dix-septième siècle, l'hôtel de Rambouillet, avec la société charmante qui s'y réunit pendant près d'un demi-siècle, donnant le ton à l'esprit français et aax

ANGENNE8 — ANGERS 309

lettres françaises, sous les auspices de trois générations de dames d'Angennes. Une partie de cette famille célèbre fut protestante. François d'Angennes, marquis de Montlouët, était allé et avait probablement étudié à Genève dans sa jeunesse ; il y fut inscrit sur le registre des nouveaux habitants, le 3 avril 4559. Catherine de Médicis l'attacha comme chambellan à la personne de son quatrième fils, le duc d*Alençon. Ce.n*est qu'en 1587 quon commence à le trouver mentionné parmi les capitaines huguenots, mais il fut dès lors de toutes les expéditions importantes de Henri IV, devint un de ses maréchaux de camp, conduisit diverses opérations en personne et se distingua à la bataille d'Ivry, où il fut blessé (1590). La conversion de son maître n'altéra point son dévouement et en même temps nos Eglises le choisirent en mainte circonstance comme leur délégué et l'un de leurs plus fidèles protecteurs ; il vivait encore en 1611. — Jacques d'Angennes de Montlouët, proche parent du précédent, faisait partie de la maison de Gaston d'Orléans et reçut le contre-coup de la mauvaise fortune et de la mauvaise conduite de ce prince. Retiré dans sa maison patrimoniale, à Meaux, il fit de cette demeure le rendez-vous où les protestants des environs traitaient leurs principales affaires. On cite de lui un beau trait : Un de ses amis, parrain d'une. de ses filles, lui avait légué 10,000 livres; il comprit cette disposition comme signifiant qu'il avait été choisi par le testateur comme simple dépositaire, et transmit la somme au consistoire de son district. Cet honnête homme fut inhumé à Charenton en 1658. A la révocation, plusieurs dames d'Angennes se réfugièrent soit dans le canton de Vaud, soit à Berlin ; d'autres furent enfermées au couvent des Nouvelles-Catholiques, à Paris. La branche vaudoise a encore aujourd'hui des représentants. H. Bordikr.

ANGERS {JuliomaguSy Andegavis^ Andegavum)^ évêché suffragant de Tours, connu depuis l'évéque Talaise (453). Saint Aubin en était évêque en 538, il mourut en 550 ; saint Fortunat a écrit sa vie (Mabillon; Bollandistes, 1*^ mars); saint Maimbœuf {Magnobodus) occupa l'évêché vers 609, il mourut vers 660 ; Jean de Rély fut évêque d'Angers de 1491 à 1499. De 1790 à 1802, Angers fut dépendant de Rennes. La cathédrale de Saint-Maurice fut consacrée en 1030, la nef a été élevée en 1150, les tours datent du seizième siècle. On remarque les anciennes'églises de Saint-Serge et de la Trinité. Angers posséda une école épiscopale devenue une célèbre université, et un collège fondé en 1031. Un synode provincial fut tenu à Angers, en 453, sous la présidence de Léon de Bourges ; il publia douze canons relatifs aux mœurs des clercs et des laïques (Mansi, VII ; Sirmond, Conc. gall,^ I; Hefele, II, 561, édit. *I, trad. fr. , III, 181). Jean de Montsoreau, archevêque de Tours, réunit en 1279 à Angers un autre synode, où l'on confirma plusieurs anciens décrets et on en ajouta cinq nouveaux sur l'excommunication, etc. (Mansi, XXIV; Hefele, VI, 179, trad. fr. IX, 92). Un synode fut tenu à Angers en 1365, sous l'archevêque Simon de Tours; nous en possédons trente-quatre capitula relatifs aux droits des prêtres, etc. (Mansi, XXVI; Hefele, /. /., 618, trad. fr., /. /., 603). Un synode réuni dans la même ville en 1448 (Har-

%iQ ANGERS — AN6£&

douin, IX) ajouta aux décrets du précédent quelques canons de dis^ cipline {Gallia, XIV . Voir Tresvaux, Hist. de l'Egl, d'AngerSy 1S58. — Voyez, pour la Réforme à Angers, larticle Anjou.

ANGES (nialakîniy oY^eXot, messagers ou envoyés), La Bible appelle . ainsi des êtres célestes supérieurs à Thomme^ destinés à exécuter les ordres de Dieu. Ces rtres, organes de la volonté divine, nous sont représentés comme n'agissant jamais de leur propre gré, mais toujours comme instruments employés à réaliser les desseins de Dieu dans l'histoire des individus el des peuples. La Genèse ne parle pas de la création * des anges ; mais elle suppose leur (»xistenC/e avec le nom priAiitif (elohîm) donné par les Hébreux h leur Dieu (Gert. I, 20; III, 22, cf. ÏX, 7). Ce nom implique en elfet une pluralité d'êtres célestes agissant avec Dieu lors de la création. Daprès nos documents bibliques, les anges ont donc exisic avant la ort'îation du monde (Job XXXVIII, 7). Il ne faudrait pas toutefois conclure du fait que le nom iïElohim appliqué aux anges en même temps qu'à Dieu, comme cela résulte clairement de plusieurs textes des Septante dont nous retrouvons deux cités dans répîlre aux Hébreux (I, 6 ; II, 7), implique partout dans l'Ancien Testament le sens mentionné; c'est-à-dire désigne à la fois Dieu et les êtres célestes qui exécutent sa volonté. Il ne faudrait pas non plus s'imaginer que ïes anciens Hébreux n'ont' pas fait une distinction nette entre Dieu et les anges qui ne sont jamais l'objet de leur cult^. Le nom collectif elohîm, là où il esl employé dans ce sens, indique seulement Pétroit rapport qu'ils établissaient entre Dieu et les êtres supraterrestres organes de sa volonté. De là le nom benê haelohîm (Job I, G), benê elohîm (Job XXXVIII, 7), benê êlîni (Ps. XXIX, 7) (msdeDieu), donné ordinairement aux anges, nom qui caractérise leur nature, leur origine ou encore leur étroite parenté avec Dieu qui les a créés, plutôt que leur caractère moral. La théologie juive les a appelés pour ce motif : <( la famille d'en haut » (Eph. III, lo). Il est possible cependant que les benê haeloim dont parle le récit de la Genèse (VI, 2), et qui s'unirent aux filles des hommes pour engendrer des géaiits, ne soient pas des anges, mais simplement des descendants pieux de Seth. Eh tous les cas, ce récit ne peut guère être consulté avec fruit pour la question que nous examinons. Pour désigner leur perfection morale, l'Ancien Testament donne aux anges le nom de k saints » (tedôschîm) (Ps. LXXXIX, 6; Job V, 2; Dan. IV, 10). Mais cette perfection est envisagée comme purement relative ou dérivée (Job IV, 18; XV, 15). Quant à la nature des anges, elle est caractérisée par le nom que leur donne l'épttre aux Hébreux qui les appelle ^rvciuxaia (esprits), c'est-à-dire êtres revêtus d'un organisme spirituel, différant des êtres corporels animés d'ici-bas. L'Ancien Testament, il est vrai, ne connaît pas cette désignation, car dansPs. CIV, 4, les rouchoth (vents) ne sont pas des anges et ■ ïe harouach dont il est question l Rois XXII, 21 n est que l'image \isionnaire de Tcspiit prophétiqtie. Mais en donnant aux anges le nom d'elohîm ou de benê elohîm l'Ancien Testament leur attribue par là même une nature àupraterrestre; de sorte que les formes corporelles sous lesquelles il les représente ne sont pour lui que les formes sous

ANGES mi

leaqaeUe» ils se imntfeslent aux hommes. Le jndaïsme avant Yéiàl ne donne pas de nom aux anges (cf. Gen. XXXIl, 30; Juges Xlil, 18). H ne parle que des keroubîm et des seraphlm, qu'il ne faut pas confondre avec les bené elohim,car ils forment une classe d'êtres célestes ê part (voir Tarticle Chérubins), Ces êtres diffèrent des anges par leurs iormes dans les descriptions que nous en donne FAncien Testament. lis ttot de plus ailés, tandis que les anges sont dépeints sous la simple bnoe humaine. Ce ne fut que plus tard que Tart chrétien leur a attribué des ailes, en se fondant sur Imterprétation ineiacte que la Vulgaie dcHine d'un passage du livre de Daniel (IX, 3i). Les étre^ ceksies qui environnent Dieu dans les visions prophétiques on les descrip- IkMis poétiques de rAncien Testament portent du reste seuls le nom de malàchim (messagers). Us exersent les mêmes fonciioiis que a les fils de Dieu ou les fils du ciel » de la mythok^ indoue , les angiras, qui oat donné naissance au nK>t o^ï^^C' L^^ anges ne sont pas, comme on fa prétendu en se fondant sur certains passages de l'Ancien Testament JS, CIVj 4; Jc^ué V, 4), de simples personnifications des forces de la Oituce» car ils servent d mtevmédiaires à Dieu dans Tbistoiare de Thumalilé, et non pas seulement pour produire des phénomènes physiques. Au lOte, l'Ancien Testament distingue entre des interventions médiates (t des interventions immédiates de Dieu; les i>renûères oui partout un anctère surnaturel^ les secondes, cebii de la libre action» de la grâce (FI XCI, il ss.). Tous les documents bihli€|ues sont unanimes à admettre riatervention des anges dans les événements de ce monde. — L^angéologie des Juif» s^est certainement enrichie sous Tinfluence de croyances non judaïques ; mais Tétude impai'tiaie des progrès de cette doctrine dans kâ documents bibliques constate que ces progrès doivent être attribués plutôt encore à un développement indépendant qu à une action venue du ddiors. Ce qui prouve le mieux qu'il en est ainsi, c'est Thistoire très-succincte que nous retracerons des apparitions d'anges dans FAneien Testament. Au premier rang de ces apparitions, il faut placer cdle qui confirme Talliance contractée par Jéhova avec Abraham tjen. XV). Ici, il est parié d'un « ange de Jéhova » (maleach Jahve) qui réparait souvent dans l'histoire primitive d'Israël. La nature de cet ange n*est pas définie bien nettement, de telle façon qu'on ne sait trop s'il &st urne créature spéciale ou une simple apparition de Jéhova lui-même sous forme d'un ange. Cependant, la première manière de voir semble la plus conforme à la vérité, car déjà, à l'époque des Rois (2 Sam. XXIV, 16; 2 Rois XIX, 35), les angélophanles se précisent et les anges sont clairement caractérisés comme des créatures supérieures. U en est de même dans les visions des prophètes (Zach.,I, 12; 111,2), où l'ange de Jéhova, qui est manifestement le même que celui des patriarches et 4e Moîse^ se distingue explicitement de Jéhova et se subordonne à lui. Q en est de même enfin de « l'ange de l'alliance )> (maleach haberith) (Sfalachie III, i), qu'il ne faut pas identifier avec Jéhova, car cet ange est le messager qui est envoyé par Jéhova, par conséquent un être* &tinct. Sans doute l'ange de Jéhova du temps de Moïse s'appelle « la bce de Jéhova » (£xode XXX, 14 ; Deut. IV, 37); mais il ne peut être

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