ANGES
question ici de Taspect même de Jéhova qui dontiait la mort (Gen. XXXII, 31), et ne put pas même être le privilège d'un Moïse ou d'un Elie (Exode XXX, 20). Il s'agit donc là, comme ailleurs, d'un ange qui est la manifestation indirecte de Jéhova (Exode, XXII 20), de l'ange qui est appelé « l'ange de la face » (maleach panav) par Esaïe (LXllI, 9). Cet ange se donne, il est vrai, les noms de Jahve, d'Elohîm et d'El (Gen. XVIII, 33; XXXII^2o; XXXI, 13), parce que le nom de Dieu est « en lui. » Mais il est aussi peu Dieu en personne que l'ange de l'Apocalypse (XXII, 13), qui se nomme l'Alpha et l'Oméga, tout en refusant catégoriquement l'adoration du voyant et en se disant compagnon de service comme lui. — Dans le livre de Josué^ l'ange qui apparaît à Josué devant Jéricho se donne le titre de « prince (sar) de l'armée céleste » (Jos. V, jS). C'est à cette désignation que se rattache sans doute la doctrine d'une hiérarchie céleste qui se développa plus tard dans la théologie juive. Les anges, en effet, ne furent pas seulement divisés, depuis l'exil, en catégories distinctes, mais aussi classés par rang de dignité. Dans l'Apocalypse de Daniel, nous voyons en effet à la tête des légions innombrables qui se tiennent devant Dieu et qui le servent (VII, 10) des « princes » ou des chefs d'anges (sarim rtschonlm) qu'on a appelés archanges. L'un de ces «princes» porte le nom de Michaël (V, 13, 21), un autre celui de Gabriel (VIII, 15). La théologie postérieure compte sept archanges). Le livTe deTobie(VlI, 15) nomme le troisième Raphaël. Le livre de Henoch, le quatrième livre d'Esdras et le targoum de Jonathan nous font connaître les trois autres : Uriël, Raguël et Serakiël. Cette doctrine a pu se former en contact avec la doctrine persane des sept « princes de la lumière » ou amschaspands [amësha-^penta) ; mais déjà le prophète Ëzéchiel (IX, 2) mentionne six esprits supérieurs qui se tiennent devant Jéhovd^ et la mythologie assyrienne de Babylone parle de « grands seigneurs » (nun-galene en langue accadienne) qui se prosternent devant la divinité (Lenormant : Eludes accadiennes, 187i, II, p. 140 ; Schrader Hœllenfahrt det* /stor, p. 100, 1874). M. Lenormant ne voit dans ces « grands seigneurs » personne d'autre que les archanges célestes euxmêmes. En tous les cas, la tradition rabbinique (Rosçh haschana^ 56) de la Mischna et le midrasch Bei^eschith rabba (4) font provenir les noms des mois et des anges de Babylone, et les recherches ultérieures de la critique nous apprendront si, à côté de Tinfluence que la religion de Zoroastre a pu exercer sur l'angéologie des Juifs (cf. (Asmodi et Kohut, Ueber die jûdische Angeologie in ihrer AbhmgiS' keit vom Parsismus, 1866), il ne faudra pas admettre une influence plus directe de l'antique religion sémitique accadienne lors de Texil et avant lui. — Dans Daniel, les archanges n'apparaissent encore que dans le domaine visionnaire. Leur aspect est majestueux et éblouissant. Ils portent le vêtement sacerdotal céleste, et leur éclat est celui des pierres précieuses, leur visage resplendit, leur regard est de flamme, leur voix égale le tonnerre (X, 5 ss.). Dans le livre de Tobie, Raphaël est le compagnon de voyage du jeune Tobie et ressemble à un autre homme. Dans l'épître de Jude, Michaël protège le cadavre de Moïse conti'C