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Satan^ d'après une légende relatée par V Assomption de Moïse, Dans révangOe de Luc, enfin, Gabriel apparaît dans le domaine sensible et en soDfiie aux personnages du premier chapitre. D'après le livre de Daniel, les archanges étaient considérés comme anges protecteurs de cerfaines nations ou de certains empires (Dan. IV, 10). Aussi Michaël est désigné comme le protecteur et le défenseur d'IsrafU (XII, i). Tel est Mssi le rôle du préposé des soixante-dix gardiens (anges) du livre de Henoch (LXXXIX, 61), et qui n'est autre que l'archange lui-même. Opendaiit, d'après un autre texte de Daniel (X, 12-13), Michaël n'est que l'assistant d'un plus grand que lui qui protège Israël. En tous les cas, h notion des anges protecteurs des nat ions ressort clairement du livre de Jésus ben Sirâch (XVII, U; cf. Deut. XXXII, 8, dans les LXX). Il semble résulter enfin de deux textes du Nouveau Testament (Matth.XVlII, 10; Actes Xn, 15) que Jésus et ses contemporains admettaient des anges protecteurs pour chaque homme en particulier (cf. Schmidt dans Ugen, Denkschrift, I, p. 2i). La doctrine d'un jugement final exercé SOT les anges qui ont failli à leur mission repose sur celle des anges protecteurs. Cette doctrine, à laquelle le prophète Esaïe semble déjà Ure allusion (XXIV, 21-23), est surtout développée dans l'Apocalypse et Henoch (XG, 20 ss.). Le jugement exercé sur les anges semble ■éme frapper le soleil, la lune et les étoiles (Esaïe XXIV, 23). Nous Doyons du reste ici comme ailleurs l'étroit rapport qui existe, dans les documents bibliques, entre le monde des anges et celui des astres. L'un d l'autre porte le nom d' «armée céleste» (Deut. XVII, 3; 1 Rois Xm, 19). Les anges et les astres paraissent même confondus (Néh. ET, 4) et dans le livre de Job (XXXVIll, 7) les « étoiles du matin, » c'est-à-dire les étoiles qui datent du matin de la création, sont parallèles et synonymes des afils de Dieu. » Le nom de Zebaoth donné I J^hova du temps des rois désigne Dieu comme le Dieu des armées célestes qui impliquent à la fois les astres et les anges. Enfin, les anges et les étoiles forment une seule et même armée (Zaba) dans Esaïe (XL, 26; cf. Juges 1, 20). 11 ressort de ces observations que le monde des étoiles, comme celui des anges, a joué, pour la théologie juive, un rôle important dans la lutte des principes contraires du bien et du mal qui embrasse l'univers et se concentre sur la terre. Cette croyance, qui semble appartenir à la forme païenne de l'antique religion sémitique, subsiste dans la religion révélée de l'Ancien Testament, qui n'a pas rejeté en bloc tous les éléments de la religion primitive des Sémites, mais les a souvent purifiés et confirmés. Nous n'avons pas à traiter ici la question de la chute des anges, qui sera abordée dans Tarticle sur les démons. Nous dirons simplement que, si une décou- Terle récente du célèbre Smith (le déchiffrement de la légende as53nrienne sur la création) se confirmait, le serpent tentateur de la Genèse (ch. III) aurait trouvé son explication historique dans la chute ie Tarchange dont parle cette légende, et il ne serait plus nécessaire fc faire provenir le récit biblique de la doctrine persane sur Ahriman, qm sous forme de serpent dévaste le paradis et corrompt la création
tMi entachée de mal. L'angéologie de TAncien et du Nouveau Testa-
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ment se distingue essentiellement de celle de la théologie labiHnique qui porte le caractère des superstitions les plus bizarres et les pU»' monstrueuses (cf, Brecher, Transcendentak Magie im Talmud^ IfflO; Gfrœrer, Dos Jahrhundert des Beils, I, p. 352-424). Cette angéologie diffère aussi totalement des conceptions helléniques sur les « es[»its éthérés » d'un Heraclite ou d'un Pythagorè (cf. Diogène de Laèrle, IX, 7 ; VIII, 21), ou d'un Philon et d'un Plutarque qui parlent de « forces » et d' « âriles privées de cxjrps , » car un esprit sans corps ou sans organisme corporel est une conception absolument étrangère aux écrivains de la Bible. — Dans l'Eglise chrétienne des siècles qui suivirent Tâge apostolique, la doctrine des anges devint un sujet de prédilection pour la dogmatique dos Pères. On ne formula pas, il est vrai, de dogme précis à leur sujets mais on précisa leur mission spéciale et on rejeta la doctrine gnoslique d'une participation des anges à la création. En présence du gnosticisme avec ses théories sur les émanations et les éons, on accentua le caractère de créature des anges et leur nature corporelle, tout en leur attribuant des organes supérieurs à ceux de l'homme. La croyance aux anges protecteurs se rattaclia eii partie à celle des génies protecteurs du paganisme. On ne trouve aucune trace d'un culte des anges dans l'Eglise catholique, jusque vers le milieu du troisième siècle, quoique déjà l'épitre aux Golossiens (II, 18) parle d'une OpYjJKeCa tûv àrf^iXtù^t, et qu'un passage de Justin martyr {Apol. I, c. 6) semble faire allusion à un culte pareil. Ce culte naquit en réalité dans l'Eglise sous l'impulsion que lui donna l'évêque de Milan Ambroise (f 397). Le synode de Laodicée fut obligé de défendre l'angéolàtrie au milieu du quatrième siècle. Celte défense et le témoignage de Théodoret nous prouvent que ce culte s'était propagé un peu partout, mais surtout dans certaines contrées de l Orient, Théodoret et saint Augustin protestent principalement contre l'invocation des anges que le pape Grégoire III lui-même désapprouvait. Mais les empereurs et les évoques, en encourageant la consécration des temples dédiés aux anges, favorisaient par là même, malgré leurs déclarations dogmatiques, la croyance populaire que les anges pouvaient entendre et exaucer les prières. Un écrit de Pseudodenys {De hierarchia cœiesii), universellement consulté dans la suite, divisa les anges en trois oitlres ou neuf classes. Ce Linné de l'angéologie apprit à l'Eglise, en se fondant sur certains textes (Ëph. 1, 21 ; 111, iO; Col. I, 16) où il est question de 0p6v5i,dey.JptbTr|X£s, d'àp^al, d'£$0J5(at et de ouvà|i.st<;, qu'il existait un premier ordre composé des ôpivoi, des yspoMÔnt, et des cepofljjL, un second composé des è^cudai, des xupibTr^Tsç et des BuvàiJist^, et un troisième formé par les àpyjx\^ les àp-/oi.y'^s,\oi et les olY^eXot. Mais déjà Basile le Grand et Grégoire de Niizianze avaient admis diverses catégori d'anges. Quant aux nouvelles déterminations dogmatiques qui en — richirent l'angéologie pendant cette période, elles concernent la dat de leur création placée par Grégoire III avant la création du monde, et par saint Augustin au premier jour de cette création. On examina aussi la question de savoir si les anges étaient doués comme les hommes d'une volonté libre et capables de péché. On admettait gé-
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néralement qu'il en était ainsi avant la chute, mais on différait sur la possibilité constante de la tentation chez les anges après la première et tragique défaite. Grégoire de Nazianze et Cyrille de Jérusalem croyaient à cette possibilité. Saint Augustin et Grégoire le Grand la niaient. Au treizième siècle, lors du synode de Latran (1215), Innocent III fit formuler le dogme que les anges étaient des êtres spirituels créés sans tache. Quant aux déterminations précises sur leur mission, sur leurs rapports avec Dieu et les hommes ou avec la rédemption, elles furent laissées à la libre spéculation de chacun. Lors de la Réforme du seizième siècle, la doctrine de Texistence des anges et des démons subsista comme doctrine scripturaire dans TEglise protestante comme dans TEglise catholique. Cette dernière continua à enseigner l'invocation des anges, rejetée comme antiscript uraire par TEglise protestante. Pendant le règne de la critique et de la spéculation philosophique du dix-huitième siècle, la foi à Texistence et à la mission d'êtres célestes supérieurs à l'homme fut sensiblement ébranlée et devint plus ou moins étrangère h la théologie. Les théologiens supranaturalistes, qui continuèrent à admettre les anges par respect pour la iJible, ne surent guère que faire d'eux et les logèrent dans les étoiles ; les visions hardies d'un Swedenborg leur substituaient les ilmes glorifiées des hommes dans l'autre monde. De nos jours beaucoup de théologiens sont revenus à l'enseignement biblique. Hothe lui-même n'a pu se passer des anges dans son grandiose sjystèrae, et tout le monde connaît la pai'ole qu'il a prononcée sur son lit de mort. Martensen [Uogm, p. 121) admet une grande variété d'esprits célestes, dilférant par le degré de leur nature spirituelle et de leur caractère [)ersonnel. Mais la spéculation chrétienne ne dépasse pas ces limites. Sans doute la critique moderne a pu considérer l'existence des anges comme incompatible avec la science et le système de Copernic, et reléguer ces êtres célestes dans le domaine de la poésie ou de l'art. H n'en reste pas moins vrai qu'on ne peut démontrer, au point de vue du théisme, l'impossibilité ou même Tinvraisemblance de Foxisfence d'êtres supérieurs à l'homme, employés au senice de Dieu et de son règne. Voyez l'article Mondes (Pluralité des). — La question des anges de l'ancien hébitiïsme, du judaïsme après l'exil et de l'Eglise chrétienne a été l'objet d'une gi*ande variété de travaux. Sans parler des commentaires et des ouvrages de théologie biblique qui abordent incidemment cette question, nous mentionnerons seulement pour le judaïsme le livre de M. Nicolas, Des doctrines religieuses des Juifs, 2<* édit. 1806, p. 237-201, et l'ouvrage de Langen, Pa Jndmlhuin in Palestina zur Zeit Christi, 1860, p. 297-329. Pour l'angéologie de l'Eglise chrétienne, on peut consulter Suicer, Thesaur. s. v. a-ffEAc; ; Cotta, iJisputalioneSy II, 1702; Schmidt, Bist. dogm, de angelis lutelarihm, dans llgen's, Hist. theol. AbhandL, I., p. 21-27; Gaab, Abhandl, zur Dogmengescli. der xltesL grtech. Kirche, 1790, p. 97-136; Usteri, Der paulin. Jjehrbegriff, 4« édit., suppl. 3, p. 4121 ss. ; Carpzov, Varia hislor. angelic, ex Epiphano etaliorum veterum monumentis eruta, 1772; Keil, Opusc. academica^ II, p. 568 ss. A. Wabmiti.