ANGLO-SAXONS — ANG0UM0I8 3Î
roi de Deira, encore attaché au paganisme. Les Bretons furent vaincus ; douze cents moines du couvent gallois de Bangor, qui étaient venus le soutenir par leurs prières, furent massacrés, et leur monastère réduit * en cendres. Les Bretons, soumis par la force aux Anglo-Saxons, durent se plier au rituel romain. Plus tard, dans le synode de Whitby*(664'), où la même question fut agitée, et où un missionnaire saxon soutint avec ardeur'la cause de Rome, le roi Oswy, apprenant que Jésus avait promis à saint Pierre et à ses successeurs les clefs du royaume des cieux, déclara qu'il y aurait folie à braver Tordre établi par le vicaire du Christ. L'influence des papes ne cessa dès lors de s'accroître dans toute l'Angleterre; le pèlerinage de Rome devint de mode chez les princes anglo-saxons. Plusieurs même s'y retirèrent pour passer le reste de leurs jours dans ses couvents. L'unité romaine acheva de se fortifier sous l'influence de Théodore, que le pape Vitalien éleva en 667 à l'archevêché de Cantorbéry et qu'il chargea d'organiser définitivement l'Eglise anglo-saxonne. Natif de Tarse en Gilicie et longtemps moine à Rome, versé par là également dans les lettres grecques et latines, Théodore contribua beaucoup au développement de la science dans les monastères - bénédictins qu'il fonda. C'est de là que sortirent en foule des missionnaires qui allèrent répandre le christianisme dans les contrées encore païennes du nord de l'Europe d'où leurs ancêtres étaient issus, et dont ils parlaient encore la langue. Nommons à leur tête Winfried, l'apôtre de l'Allemagne, si célèbre sous le nom de Boniface, fondateur des Eglises de Thuringe et de tant d'autres que, dans son zèle pour l'unité ecclésiastique, il plaça sous la suzeraineté de l'évêque romain. — Sources à consulter: BeÂSL^Hist, eccles. gent. Anglorum; Collier, Ecoles, history ofEngland; Turner, History ofthe Anglo-Saxms ; Blumhardt, Histoire de rétablissement du christianisme, T. Il ; Lingard, Bist. d'Angleterre ,• Bonnechose, Bist. d'Angleterre : Thierry, Hist. de la conquête d'AngL par les Normands; Mitman, Latin Christianity, 1. 11. E. Chastel.
ANGOULÊHE [Inculisma, Fcolisma, Engolisma, Engoleime], évêché suffragant de Bordeaux. Saint Ausone, vivant au troisième siècle, est cité comme Fapôtre et le premier évêque d'Angouléme; il est fêté comme mart^T, le il juin. Dynamius, nommé par Grégoire de Tours, est le premier évêque dont l'existence soit certaine. L'église cathédrale de Saint-Pierre (douzième siècle) fut dévastée, l'église et le monastère de Saint-Ausone furent rasés par les calvinistes en 1568 (voy. Chaumet, les Protestants et la cathedr, d'Angouléme ^ Ang. 1869). Saint Cybar (Eparchius), reclus, mort en 581, dont un couvent conserve le nom, est le patron de la ville ; il est fêté le l»** juillet (Gallia, II).
ANGOUMOIS. Cette pro\ince (Charente), dont Angoulême ét^it la ca* pitale et qui forma, avec l'Aunis, la Saintonge et les îles, un même arrondissement synodal, fut visitée en 1532 par Calvin qui fuyait la persécution. Le futur réformateur trouva un asile dans la maison de Louis du Tillet, chanoine d'Angouléme et curé de Claix. C'est là que, n'ayant pas encore rompu avec la communion de Rome, il posa les premiers fondements de sa célèbre Institution chrétienne et se lia d'amitié avec Tabbé de Bussac, Charles Girault d'Auqueville, Antoine Chaillon, prieur I. 22