‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 133 sur 226 · ANJORRANT — ANJOU · texte numérisé non relu

ANJORRANT — ANJOU

FVance pour défendre ses compairiotes et déjouer les influences perfides qui s'agitaient sourdement contre Genève. En 1610, Henri IV accorda, sur sa requête, une pension annuelle de 73,000 livres aux Genevois, pour soudoyer leur garnison. Le 14 mai, au matin, le diplomate alla prendre son audience de congé et remercier le roi qui se disposait à entrer en campagne contre les armées catholiques d'Autriche et d'Espagne, et qui lui dit : « Assurez messieurs de Genève que je ne quitterai jamais mes anciens serviteurs, et encore que vous ne soyez mes sujets, je vous maintiendrai comme si j'étais votre père. » Quelques heures après Henri tombait sous te poignard de Ravaillac. Jacob Anjorrant fut élu dix fois syndic de Genève et sept fois lieutenant de jKAice et justice. On peut le citer comme un modèle de ces anciens magistrats genevois, dignes par leurs mœurs austères, leur capacité, leur dévouement à la patrie, de gouverner une glorieuse république. Il mourut à quatre-vingt-un ans. — En 1630 la seigneurie de Claye appartenait encore à une descendante des Anjorrants du pcirlemeiit de Paris, Jeanne Anjorrant, femme de Daniel de Tissard. Gomme tous les soigneurs protestants ayant haute justice, ils jouissaient du droit de faire célébrer le culte dans la chapelle de leur château ; mais comme tous aussi ils eurent à subir les vexations sans /nombre suscitées pour leur arracher cette modeste liberté. Los persécutions judiciaires entamées contre eux à cet effet conimoncèi'ont on 1636 et ne se terminèi'ent qu'en 1668, par la suppression du droit de célébrer le service religieux dans la seigneurie de Claye. H. Bordier.

ANJOU. La Réforme pénétra de bonne heure dans l'Anjou. Dès J523, les vicaires généraux du diocèse d'Angers interdisaient la lecture des ouvrages de Luther, et l'évéque François de Rohan renouvelait la môme défense l'année suivante. Mais ce ne fut qu'en 1547 que les idt*es nouvelles gagnèrent véritablement du terrain dans T Anjou. La ville d'Angers, on particulier, qui était le siège d'une université et peuplée de moines et de prêtres, les reçut avec avidité, grâce à la faveur que leur accordait son évoque Jean Ollivier, « homme de bon savoir et de gentil esprit, » dit Bèze. Il y eut dos assemblées do prioi'es et des prédications, mais elles furent bientôt découvertes, et François Fardeau, Simon le Koyer, Jean do la Vignole, Denis Siiureau et Guillaume de Reu, convaincus d'y avoir assisté, furent condamnés à mort et exécutés. Ces supplices devinrent le germe de nouveaux progrès, et neuf ans plus tant (ir^io), une Eglise était fondée à Angers sous la direction du savant fiasteur Jean do Pleur, envoyé par les ministres de Genève, et grâce aux soins de François le Maçon, pasteur à Paris et natif d'Angers. Une « âpre persécution » suivit de près cet heureux événement. Le roi, à la demande des chanoines d'Angers et d'autres catholiques de marque, pnvoya Rémy Ambroise, président au parlement d'Aix, et Tinquisiteur Matthieu Ory pour faire le procès aux évangéliques. Huit d'entre eux fîi! ont exécutés. De leur nombre se trouvèrent les ministres Pierre de Housseau et Jean Rabec. Le premier revenait de faire ses études à Genève et à Lausanne. Monté sur le bûcher, et bien qu'on lui eût coupé la langue, il « invoqua plusieurs fois à haute voix et intelligiblement

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