ANJOU
Jésus-Christ au grand étonnement de tous les assistants » (22 mai i^S6). Jean Rabec, ancien cordelier et écolier des seigneurs de Berne à Lau»sanne, périt également par le feu en chantant le psaume LXXIX (24 avril). Trente-quatre autres luthériens, qui purent heureusement prendre la fuite, furent condamnés à être brûlés vifs par contumace. L'Eglise abattue, mais non détruite, se releva deux ans après (1558) par la présence et l'exemple de d'Andelot, frère de Ck>ligny , « lequel, accompagné de Gaspaixl Marcel, ministre de Paris... y fit prêcher par trois fois à porte ouverte en son logis. » Le pasteur Nicolas Gorre dit Daniel, qui vint peu après se mettre à la tête de l'Eglise, put exercer « fidèlement sa charge pendant près de deux ans, faisant les exhortations de nuit, quelquefois en la ville, quelquefois aux champs, par les blés et par les bois. x> 11 fut remplacé par Ambroise de la Plante, dit le Balleur, qui administra la Gène le lendemain de Pâques (1560). Son successeur, Charles d'Albiac du Plessis, la donna en septembre. Sous le ministère de ces deux pasteurs, l'Eglise s'accrut d'un grand nombre de membres sortis principalement des rangs de la noblesse. Mais elle fut de nouveau dispersée par le duc de Montpensier, qui arriva à Angers avec des troupes pour châtier à la fois les évangéliques et les gentilshommes enclins à la Réforme, qui avaient assisté en armes à l'assemblée des états de la province et occasionné quelques troubles {Journée des mouchoirs). Trois partisans des idées nouvelles furent mis à mort : un gentilhomme, un sergent et un charron. La mort du roi François II changea la face des choses. Charles IX, qui lui succéda, fit cesser toutes les poursuites dirigées contre les évangéliques d'Angers, qui rappelèrent aussitôt leur ministre ^t reprirent leurs assemblées. Elles se tinrent dans les bois, puis dans l'intérieur de la ville. Irrités de leur audace, les moines excitèrent contre eux les catholiques, qui tuèrent un des leurs par mégarde, le prenant pour un huguenot. L'heureux édit de janvier 1562 mit fin à ces persécutions, et les évangéliques tinrent désormais leurs assemblées dans les faubourgs de la ville. — La première guerre de religion fut fatale à l'Eglise d'Angers. Les prolestants s'em* parèrent de la ville par surprise (5 avril 1562), mais ils ne surent pas la conserver. Puygaillard, lieutenant du duc de Montpensier, se glissa dans le château, dont ils avaient négligé de se saisir, et se rendit peu après maître de la ville. Le duc y entra bientôt lui-même et institua une sorte de cour martiale, qui mit à mort quatre-vingt-huit réformes. Beaucoup d'autres excès se commirent au nom des catholiques, et finalement tous les gens suspects de près ou de loin de Luthéranisme furent expulsés de la ville. La soumission d'Angers entraîna rapidement celle de tout le pays d'Anjou, qui ne comptait pas du reste beaucoup de réformés. Le fait d'armes le plus remarquable de la lutte fut la dé* fense héroïque du château de Rochefort par le capitaine huguenot Desmarais, que Montpensier eut la basse cruauté de faire périr sur la roue après sa reddition. A la paix, les réformés furent autorisés par des commissaires royaux à se réunir dans les faubourgs de Baugé, mais ils continuèrent leurs assemblées à Cantenay, village voisin d'Angers. Pendant les autres guen*es de religion aucune contrée de l'Anjou ne