‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 137 sur 226 · ANNE · texte numérisé non relu

ANNE

temps prépondérante à Jémsalem avant et après la mort de Jésus. A des intervalles plus oa moins longs, dans Tespace de soixante ans, sept membres de cette famille obtinrent la charge de grand prêtre. Fils d'un nommé Seth, et probablement d'origine extrapalestinienne, Anne devint le chef du vieux parti sadducéen et semble en avoir incamé l'esprit légal, conservateur, froidement cruel, s'alliant à une grande habileté politique, qui lui permettait de plaire aux Romains, sans perdre la confiance du peuple. 11 devint grand prêtre après le recensement de Quirinus (6 ap. J.-C.) et le resta pendant huit années environ, jusqu'au commencement du règne de Tibère (Jos., Ant, XVIÏl, 2, 1 et 2; XX, 9, 1; B. J.jVy 12, 2). Nous ne savons rien de ce long pontificat, sinon qu'avant une fête de Pâques (an 8 ou 9?) les Samaritains souillèrent le temple en y répandant des ossements humains. Fidèle aux prescriptions traditionnelles et légales, Anne fit fermer le temple au peuple pendant la fête, interdiction et interruption unique dans Thistoire du culte lévitique (v. 'Derenbourg. Essai sur l'histoire et Ictgéogrophie de la Palestine, p. 359). Déposé par le gouverneur romain Val. Gratus, il n'en resta guère moins puissant et honoré jusqu'à la fin de sa vie. Cinq de ses fils et son gendre obtinrent les fonctions de grand prêtre et semblent les avoir exercées sous sa tutelle (Kléazar, 16-17 ap. J.-€. — Joseph Caïpho, gendre d'Anne, 18-36. — Jonathan et Théophile, 36-37. — Matthias, 43, et enfin Anne Junior, 63. — Un petit-fils d'Anne, Matthias, fut encore nommé grand prêt PO f)ar le peuple au commencement du siège de Jérusalem). Honorée par le judaïsme, cette famille a gardé dans la tradition chrétienne un sinistre renom, parce qu'elle s'est trouvée l'adversaire de la famille de Jésus, et semble l'avoir poursuivie avec une haine acharnée. C*est Anne et son gendre Caïphe qui ont fait mourir Jésus et lapider Etienne; c'est son fils Théophile qui a pns les premières mesures violentes contre les chrétiens; enfin, c'est son fils Anne qui, trento ans après, faisait encore exécuter le frère de Jésus, Jacques le Juste. Tels sont lesprit et la tradition de cette famille que traduit fort bien le mot do Caïphe, rapporté par Jean, à propos de Jésus : « H vaut mieux qu'un homme périsse que tout le peuple. » Anne vécût longtemps; son influence ét;iit prépondérante dans le Sanhédrin, qui même, si nous en croyons une tradition talmudique, aurait, quarante ans avant la ruine du temple, transporté le lieu de ses séances dans les Khaneioth ou bazars du mont des Oliviers, propriété particulière de sa famille. C'est là probablement que Jésus a comparu et a été jugé (voy. Derenb., Essai sur thist, et la géog, de la Palest.y p. 465). Plus tard, Anne y eut, au dire de Josèphe, un magnifique tombeau, qui fut détruit avec le temple de Jérusalem. Ces détails font comprendre pourquoi dans nos Evangiles le nom d'Anne est presque toujours associé à Caïphe et même cité souvent le jM^mier ; il ne faut pas davantage s'étonner de lui voir porter le titre de grand prêtre, Wen qu'il n'en exerçât plus les fonctions, car il est certain que ceux qui avaient occupé ce haut rang en conservaient le titre honorifique et même certains privilèges durant toute leur vie (Jos. B. J,, 11, 12, 16; IV, 3, 7 et 9 ; Vita^ 38)» Néanmoins, deux passages de Luc ont droit de nous surpendre: Luc Hi, 2, et AcU lY, 6, où Anne, nommé avant

:m ANNE — ANNEAU

Caiphe, a seul le titre de grand prêtre et semble être présenté comme en remplissant les fonctions. Il y a là, soit une erreur historique, soil une expression inexacte que le grand renom et l'influence souveraine d'Anne rendent fort concevable. On a bien essayé de montrer qu*Anne, en ce moment, aurait eu la présidence ou la vice-présidence du Sanhédrin, ce qui expliquerait Tépithète; mais cette conjecture est démentie par les faits ; car tous s'accordent à démontrer qu'à cette époque la charge de grand prêtre et la présidence du Sanhédrin ne furent jamais séparées. A. Sabatibr.

ANNE (Sainte), mère de la Vierge Marie. Le Protévangile de Jacques, le Pseudo- Matthieu et l'Evangile de la Nativité de Marie racontent la poétique légende de son union avec Joachim (Tischendorf, éd. II, 1876). Epiphane (Hxr. 78) et Grégoire de Nysse jious révèlent les premières traces de son culte; Jean de Damas, dans sa première homélie sur la Nativité de la Vierge, lui adresse d'ardentes invocations. Justinien, au témoignage de Procope, At b&tir, vers 550, l'église de son nom à Ck>n»tantinople. Le culte de sainte Anne fut long à s'introduire en France. Gerson, dans son sermon sur la Nativité de la Vierge (Opp* III, 1352), résume en cinq vers la généalogie compliquée des trois mariages de sainte Anne avec Joachim, Cléophas et Salomas; elle eut de ces trois époux les trois Marie, qui épousèrent Joseph, Alphée et Zébédée. Lorsque Le Fèvre eut publié, dans la deuxième édition de son livre sur Marie-Madeleine, son traité JDe una ex tribus Maria (P., 1518^ in-4°), et qu'Agrippa leut suivi dans la lice {De B, Annx monogamia unico puerperio, 1519), les sorbonistes prirent feu pour la défense de trtnuba et tripara; Beda se distingua par son livre De nepotibus B, A (P. , 1529, ïiï'i^), La trigamie de sainte Anne dont Eck, dans ses sermons, fit encore le défenseur, n'est pourtant plus soutenue aujourd'hui par sonne, elle est abandonnée par le jésuite Cuper {AA.SS,, 26yw/. VI). Ue culte de sainte Anne a été réglé en 1584, par une bulle de Grégoire XiU: elle est vénérée en Orient le 9 septembre, et dans l'Eglise latine, fe 26 juillet. Son principal sanctuaire est à Auray, en Bretagne. VEgUse a condamné, en 1677, le Napolitain Imperiali qui avait avancé que sainte» Anne avait été mère sans cesser d'être vierge. Cette hérésie n'est poiu^ tant point opposée à la tendance du culte de sainte Anne. S. Biroik.

ANNEAO. L'anneau, chez les Hébreux comme chez les Egyptiens et les Perses, servait principalement de sceau ; il était un signe d'honneur (Jérém. XXH, 2i; Aggée II, 2i; Esaïe XI, 21 ; Luc XV, 23), ou une des marques de la souveraine autorité (Gen. XLI, 12 ; Esth. III, 10; VIII, 2; Dan. VI, 17). Il se donnait aussi comme gage de fidélité, lors des fiançailles (Gen. XXXVIII, 18). Les premiers chrétiens l'ornaient de symboles variés, tels que deux colombes, une ancre et un poisson, u serpent roulé autour d'une croix, image de la durée infinie et du cara tère indissoluble de l'union. Tertullien (Apolog, VI) parle de Vuni< digituSy quem sponsus oppignorasset pronuko annulo ; Clément d'Alex? drie {Psdag,, 1. III, c. XI), par contre, rapporte que les femme Alexandrie recevaient de leurs époux un anneau d'or, non commr objet de parure, mais pour mettre sous scellés ce qui devait être

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