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spécialement gardé dans le ménage. Au septième siècle encore et jusqu'au neuvième, Tanneau était le signe des fiançailles (Isidorus, De offic^ 1. II, c. XIX : Quod in primis negotiis annulus a sponso sponsx datur). Ce n*est que plus tard qu*il joua un rôle dans la bénédiction nuptiale. D*après le Rituale romanum^ le prêtre, après avoir béni Tanneau, le remet à répoux qui l'attache au quatrième doigt de réponse, parce que ce doigt a une veine qui correspond avec le cœur (Isidorus, 1. c. : Quarto digùo annulus inseritur, quod in eo vena quœdam, ut fertur^ sanguinis ad cor usquepervéniat). Dans TEglise grecque, le prêtre offre un anneau d*or à répoux et un anneau d'argent à l'épouse ; mais aussitôt le paranymphe les échange et remet l'anneau d'or à l'épouse et l'anneau d'argent à l'époux. Dans les églises protestantes, l'échange des anneaux entre les deux époux par l'intermédiaire du pasteur officiant a prévalu, comme signe de l'union qu'ils contractent et de la fidélité qu'ils se promettent mutuellement. — L'anneau fait aussi partie des ornements d'un évéque. 11 est le triple symbole de sa souveraineté, de sa confirmation dans la foi, de son union spirituelle avec l'Eglise, son épouse (Bocquillot, Traité hist, de la liturgie sacrée, P., 1701, p. 168); l'anneau cardinalice et l'anneau abbatial ont la même signification. Le pape porte lui aussi un anneau, appelé annulus piscatoriuSy parce que le sceau est revêtu de l'empreinte de saint Pierre, pêcheur. Il lui servait à sceller les brefs apostoliques, au moyen d'une cire rouge ou verte, que remplace d'ailleurs aujourd'hui un sceau imprimé à encre rouge.
ANNECY [Anessiacus] fut, à partir de 1535, le siège de l'évêché de Genève. Saint François de Sales et sainte Jeanne de Chantai y sont enterrés dans réglise de la Visitation. Le siège épiscopal de Genève, supprimé en 1801, ayant été rétabli en 1819 et réuni à celui de Lausanne, Annecy fut, en 1822, érigé en évêché, et devint suffragantde Chambéry (Gallia.XW),
ANNÉE chez les Hébreux. L'année chez les Israélites était une année lunaire de 354 jours 8 heures 48 minutes 38 secondes, composée de 12 mois, alternativement de 29 et de 30 jours et à laquelle on adjoignait de temps en temps un mois intercalaire pour rétablir son rapport avec l'année solaire. Elle commençait au mois d'Abib ou Nisan (Lév. XXIII, 34; XXV, 9 ; Nomb. IX, 11 ; 2 Rois, XXV, 8; Jérém. XXXIX, 2), conformément à Tordre de Moïse (Exode XII, 2), en relation avec la sortie d'Egypte (Exode IX, 31) et le printemps. La distinction de l'année religieuse avec l'année civile commençant au mois de Tisri (automne) semble postérieure à l'exil (Esdras III, 1 ss. ; Néh. Vil, 73; VIII, 1 ss.).
ANNÉE ECCLÉSIASTIQUE. Les premiers chrétiens observaient le cycle traditionnel du calendrier juif. Dans les communautés issues du paganisme, aucune règle particulière n'était établie : l'année religieuse se confondait avec l'année civile. Pourtant, dès l'origine, la célébration des fêtes chrétiennes (voy. cet article) détermina dans les idées et dans les mœurs une impulsion qui, en s'accen tuant, donna naissance à tout un organisme original qu'il est intéressant d'étudier. Aux deux premières grandes fêtes, celle de Pâques, en l'honneur de la résurrection de Jésus -Christ, et celle de Pentecôte, en mémoire de la des-
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oente du Saint -Esprit, vinrent se joindre, au troisième siècle, celle de l'Epiphanie et de Noël, précédées et encadrées comme les précédentBs de semaines et de jours plus spécialement consacrés à solenniser les hauts faits qu'elles rappelaient. L'I^stoiie de l'ordre providentiel du salut s'incrusta de la sorte, pour ainsi dire, dans la vie habituelle des chrétiens, et le retour des saisons ramena périodiquement des anniversaires destinés, à populariser des souvenirs vénérés. La révélation de l'amour divin, dans les phases progressives qu'elle a parcourues, marqua de son empreinte l'année terrestre et la força de se plier à ses convenances : c'était comme la main de l'éternité qui réglait en la sanctifiant la marche dû temps. L'Ëglise ajouta bientôt les fêtes de ses mart}Ts et de ses saints à celles qui rappelaient la mémoire de jon chef, et la superstition non moins que la foi trouva intérêt à les multiplier en les distribuant, sans méthode et sans choix, dans tout le cours de l'année civile. La vie entière du chrétien devenait ainsi une représentation symbolique du royaume des cieux, et chaque jour ramenait, dans leur cadre invariable, les anniversaires de l'ordre spirituel, ajoutés on substitués à ceux que les populations avaient empruntés aux phénomènes de la nature ou aux coutumes consacrées par les traditions nationales.— Pendant longtemps la date du commencement de l'année ecclésiastique n'avait point été officiellement et uniformément fixée. La plupart des Eglises, soit en Orient, soit en Occident, avaient continué à la placer, avec la Synagogue, au lundi de Pâques, qu'Eusèbe encore {Hist, tcd^ VII, 32) désigne sous le nom de Tupwxoç ja^i ^^ ^^^^ Ambroise {De mys — fer., c. Il) dit : ce Paschaest enim vere anni principium, primi menstsexan^ dium, novella germinum reparatio ac telrx hiemis nocie discussa, prïmive^ rù restituta jucunditas.» Cet usage eût sans doute prévalu, n'eût été le dâsir de se distinguer nettementdes Juifs, sans pour cela commencer l'année avec les anciens Romains le !«' mars ou, selon la coutume postérieure, lel«' janvier. Ajoutons que, de ces usages, celui que l'on avait hérité de /a Synagogue était le moins conuuode, parce que de toutes les fêtes celle de Pâques était la plus mobile. Dans certaines Eglises d'Italie et d'Allemagne on avait adopté, sans raison particulière, soit l'époque du solstice d'hiver (25 décembre), soit celle de Téquinoxe du printemps (anciennement le 25 mars), et l'on datait en conséquence a nativitatt ou ab annuntiatione s. a conceptione, L'Eglise grecque choisit et garda, on ne sait trop pourquoi, le l«r septembre. La date qui l'emporta en Occident fut celle qui fixe le commencement de l'année ecclésiastique au premier dimanche de l'Aven t, c est-à-dire au quatrième dimanche avant Noël. C'est aux nestoriens qu'elle est empruntée, à une époque toutefois où le souvenir de l'hérésie nestorienne s'était déjà effacé. S'il faut en juger par l'introduction des péricopes (voy. cet article), adoptées d'abord dans les Eglises franques, c'est vcfs le sixième ou septième siècle au plus tôt que cette coutume s'introduisit, et encore ne se généralisa-t-elle pas tout de suite, comme aussi le cycle des fêtes et des temps fériés de l'année ne se compléta que pea à peu, attendu que la fête de la Trinité, par exemple, ne fut célébrée qu'à partir du quatorzième siècle. L'f^lise luthérienne, fidèle à son.
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principe de conserver de ^ tradition de TEglise tout ce qui n'est pas contraire à TËcriture, distingue encore jusqu'à ce jour, pour les besoins de la vie religieuse et du cuite, Tannée ecclésiastique de Tannée civile; Tfiglise réformée, au contraire, dans son désir de reproduire en tous points exactement le type apostolique, n'avait maintenu, à Torigine, que la célébration du dimanche, en abandonnant le choix des sujets et des textes de la prédication à la volonté de Tofliciant. De nos jours, elle a reconnu que ce procédé de légitime réaction contre la multiplicité des iétes et une distinction judaïque des temps de Tannée était trop radical. Bd effet, dans la pratique, à moins de tomber dans le désordre de Tarbitraire, il est impossible de ne pas plier le culte public, et ce qu'on pour^ rait appeler la gamme de Tédification chrétienne, aux exigences de Tan* née ecclésiastique, marquée par le retour périodique des grandes fêtes. * L'année ecclésiastique se divise en deux moitiés à peu près égales ; la première, semestre Dominij contient les trois cycles des grandes fêtes dont chacune rappelle un des faits les plus mémorables pour le chrétien. Elle s'ouvre par la période de VAvent embrassant los quatre dimanches qui précèdent Noël ; elle se lie aux fêtes pascales par le temps de la Passion qui comprend les dimanches de la Septuagésime (neuvième avant Pâ* qùes), de là Sexagésime,, de la Quinquagésime ou Esta mihi (Ps. XXXI, 3), qui, en Allemagne par exemple, est le premier dimanche du carême, tandis qu'en France c'est le sixième dimanche avant Pâques, aussi ap* pelé* /nuoeavt^ (Ps. XCI, 15). Suivent les dimanches de Reminiscere (PS. XXV, 6), d'Ocu/i (Ps. XXV, 45), de Lœlare (EsaïeLIV, 1; LVf, 1), de Judica (Ps. XLIIl, i) et des Bameaux (Matth. XXI) qui ouvre la grande semaine {/leàdonias magna) . Le jeudi sainl {dies viridiuniy Ps. XXIII, %t ou cœna Domiru), le vendredi et le samedi saint [sabbatum sanctum) précèdent le dimanche de Pâques ou la fête de la résurrection du Sei» gneur que l'Eglise considéra de bonne heure comme la corona et caput omnium festivitatum, La grande joie de Pâques se reporte sur les six dimanches suivants {Quasimodo geniti, 1 Pierre II, 2, ou dominica inalbis^k cause des vêtements blancs que revêtaient les néophytes ce jour- là; Misericordias Domini, Ps. LXXXIX, 1; Jubilate, Ps. LXVI, 1; Cantate^ Ps. XGVIII, 1; fiogate vocem jucunditatis , Esaie XLVIII, 28; Exaudi, Ps.XXVIÎ, 7), et se prolonge pendant une période de 50 jours, qui comprend aussi la fête de l'Ascension, jusqu'à la Pentecôte. Le dimanche de la Trinité, qui la suit, clôt la première moitié de Tannée ecclésiastique. La seconde, semestre Ecclesiœ, destinée pi us particulièrement à rappeler au chrétien les diverses phases de l'appropriation du salut, comprend tous les dimanches qui viennent après celui de la Trinité : leur nombre varie de 22 à 27, suivant que Pâques est célébré ou plus tard ou plus tôt (voy. l'article Calendrier), — Sources : Lisco, Das christ l, Kirckenjihr, Berl., 1840; Piper, Kirchenrechnung , Berl., 1841; idem, Evangel- Kalender. Ei^d, fur 1850 m. 1851 ; Fr. Strauss, Das evangel. Kirchenjahr in sein, Zusammenhang dargest., Berl., 1850; Bobertag, Das evangel. Kirchmjahr, Bresl., 1853; Herzog's Real-Encyklop. IV, 378 ss. ;. VII, M3 ss.; Alt, Der chrisU. CuUus, Ilte Abtheil., 2» édit., Berl., 1858.
F. LiCHTBNBfeROER.