ANSELME — ANSPACH
Liber de conceptu virginaliet onginalt peccato ; Tractatus de concordîa pre* scientix et prxdestinationis necnon gratix Dei cum libero arhitrio. Ajoutez à CCS écrits théologiques des Homélies , des Méditations , des tJlécatioM (Orationcs) et de nombreuses lettres dont quelques-unes ofl'rent un véritable intérêt historique. La meilleure édition des œuvres d' Anselme est celle qui a été publiée à Venise en 1746 par Gabriel Gerberon (2 vol. in-fol). Sa vie a été écrite pour la première fois par Eadmer,soa disciple et son ami. — Sources : Franckh, A/we/m von Cantorbery^ 18W; Hasse, Anselm von Cantorbery^ 1854 ; Ch. de Rémusat, Anselme de Cantorbéry, 2^ édit., 1868; Bouchitté, Le rationalisme chrétien à la fin du onzième siècle, 1842. Voir aussi H. Ritter, Die christl. Philosophie ^ vol. I, et Baur, Die Ijehre oofi der Versœhnung ; Die Lchre von der Dreieinigkeit und Menschwerdung Chrnsti. F. Bonifas.
ANSELME DE LAON (Anselmtis ou Ansellus Laudunensis)^ appelé le docteur des docteurs par Jean de Salisbury, peut être considéré comme le restaurateur des études théologiques en France au onzième siècle* On croit qu'il fut élève de saint Ansc»lme, au couvent du Bec. Il en — seignaà Paris entre 1076 et 1089, et fut jusqu'en 1117 écolàlre d<^ l'Ëglisc de Laou ; plus tard il fut nommé doyen et archidiacre, mais il refusa plusieurs fois Tépiscopat pour se consacrer tout entier à Veu — geignement. Il professa avec un grand éclat aux côtés de son irèr^ Raoul. Guillaume de Champeaux, (jilbert de la Porée, furent ses élèves. L'école de Laon, à Tinstar de c(;ll(i de Paris, attira bieiilot des jeunes gens de tous les pays de TEurope. Abélard vint s'y asseoir, mais il ne sut pas goûter les leçons d'Anselme qu'il accusait d'être aussi verbeux que peu sensé, de faire plus de fumée (pie de feu et de produire des feuilles et non des fruits : il le traite de k figuier stérile t> {Hist. calant. tuarum,c, 3). Outre de nombreux commentaires (il parait que Ton doit lui attribuer celui sur saint Matthieu, qui est imprimé sous le nom de Guillaume de Paris, celui sur le Cantique des cantiques et l'Apocalypse, attribuée Anselme de Cantorbéry, et celui sur les épîtres de Paul, placée sous le nom d'un moine de Bourdieu), il a publié la fameuse Glose marginale et interlinéraire du Psautier, inq)rimée <lans toutes les éilitions de la Bible où se trouve la Glose ordinaire de Walafride le Louche (voy. ce nom), depuis l'édition sans lieu ni date (Bàle, vers l'i^80), jusqu'à celle d'Anvere, 163't. Anselme a fait des efforts évidents pour ramener l*exégèse au sens de la lettre (voy. du Boulay, passim; Hist. litl. dj» la Fr.^ 170). ' S. Bkrgkb,
ANSPACH, margraviat de 300,CK)0 habitants situé dans la Franconic ^^^ntrale, qui, depuis le quatorzième siècle, appaitenait aux Hohenzollern, burgraves de Nuremberg. Cette petite principauté devint un des premiers foyers de la Réforme allemande au seizième siècle. Dès le 1*^ octobre 1S24, la Diète dé(>lara au margrave Casimir qu'elle entendait professer le pur Evangile et le pria de réformer les abus ijui s'étaient introduits dans l'Eglise, en particulier dans la célébration de la messe. Mais ce fut surtout, sous le règne de George, frère de Casimir (1527-1343), que le nouvel état de choses se consolida. Ce prince, ^d'une piété et d'une fermeté sans égales, ordonna une visite générale
ANSPACH — ANTECHRIST 35ô
<les Eglises, avec rinjonction d'abolir tontes les céniiionies papales, contraires aux vingt-trois articules adoptés dans la convention de Schwabach (1528). Il prit part à la célèbre protestation de Spire et fut Tiin <les principaux signataires de la Confession dWugsbourg. Brenz rapporte de lui une parole courageuse : « Plutôt que de me laisser ravir la Parole de Dieu et de renier mon Dieu, dit le margrave George à Charlci-Ouint, je m'agenouillerais devant Votre Majesté Impériale et je me laisserais couper la tête. » A quoi, Tempereur doit avoir répondu dans le dialecte bas-allemand : ce Ei iœver Fœrst, nit Kop ab, nit Kop ab 7) (Non, cher prince, pas la tête, pas la tcte). Pourtant la réforme ne fut introduite complètement dans le margraviat d'Anspach qu'à la suite de la publication de TAgende de io33, rédigée par Andr. Osian- 4ier et par Brenz, et qui ser^*it de norme a la plupart des agendes ecclésiastiques des autres principautés protestantes. Un grand nombre de couvents furent supprimés et leurs biens sécularisés : parmi eux le célèbre couvent de Heilsbronn qui, transformé en gymnase, devint un foyer intelleiUuel important pour toute TAllemagne méridionale. — Sources; Lith, ErLvuter, der Èeform, Gesch. von Ansbach^ 1733; Lœhe, Erinnervngcn aus der Ref.-Gescli.von Franken^ 1847 ; Hartmann, RecU- Encykl, de Herzog, I, p. 357 ss.
ANTECHRIST ou mieux Antichrist ('Avti;(P'.t:c?), le deniier et grand adversaire du Messie. La doctrine de PAntechrist est une doctrine apocalyptique qui a historiquement les mêmes origines et s'est développée de la même manière que la littérature apocalyptique ellemême. C'-<îst <lire cprelle appartient à la dernière époque de Thistoire <P Israël. La première définition nette qu'on en rencontre se trouve dans le Targum de Jérusalem à Nomb. XI, 26; Deuter. XXXIV, 2; Esdr. IX, i, et dans le Targum de Jonatham a Esaïe XI, 2. Mais elle a ses racines dans les livres de T Ancien Testament, et spécialement dans la manière dont les prophètes se représentaient les choses iiuales. L'ère messianique ne devait venir qu'aprèsune grande bataille dans laquelle le peuple de Dieu triompherait de tous ses ennemis. Quand la cause de Jéhova fut représentée et personnifiée dans la figure même du fils de David, du Messie, il était naturel de donner aussi à Parmée du mal an chef, à la cause diabolique un représentant. De là, Pidée de cet être étrange, moitié homme et moitié démon, qui a reçu le nom de T Antéchrist. Mais cette personnification ne s'est faite que lentement etPAntechrist a pris tour à tour plusieurs figures. Déjà Ezéchiel (XXXYIII et XXXIX) nous montre à la fin des temps le roi Gog, venant du pays de Magog, pour livrer au peuple d'Israël la suprême bataille après laquelle apparaîtra le règne messianique. Gog est resté la représentation symbolique de toutes les puissances et de toutes les idolâtries païennes qui s'élèveront aux derniers jours contre la nouvelle Jérusalem. Lesatroccs persécutions d'AntiochusEpiphanes vinrent plus tard donner l'occasion 4le personnifier d'une manière plus nette et d'arrêter dans un type historique cette image encore vague et flottante. L'Antéchrist apparaît avec tous ses traits essentiels au chapitre XI du livre de Daniel, et ces traits sont ceux d'Antiochus lui-même. Cette description de Daniel