‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 143 sur 226 · ANTECHRIST — ANTHROPOLOGIE · texte numérisé non relu

ANTECHRIST — ANTHROPOLOGIE

son Efclise, et faux enseignement. Aussi a-t-on appliqué à Ja fois la <(uaIilication d'Antéchrist et aux princes persécuteurs et aux hérésiarques. Que n'a pas su découvrir dans les symboles de TApooalypse Texégèse subtile de Fesprit sectaire ! Au VHP siècle on s'accorda à y reconnaître Maliomet et le mahométisme. Plus tard, au moyen âge et après la Réforme, les sectes rebelles à l'Eglise romaine y virent la papauté. Dans les temps modernes, Hengstenberg et son école voient l'essence de l'Antéchrist dans l'union du radicalisme politique et du despotisme césarien qu'ont personnifié Napoléon et sa dynastie. Mais toutes ces interprétations, arbitraires autant qu'ingénieuses, de l'Apocalypse ne sont que des fantaisies sans caractère ni valeur scientifiques.

A. sabatieb.

ANTËRE (Saint) ['AvTépio?, Antheros^ Anterm]^ évêque de Rome, régna du il novembre 235 au 3 janvier 236. Son épitaphe a été retrouvée au cimetière de Saint-Calixte (Rossi, Roma Soitetranea, II, p. lio). 11 n'est pas certain qu'il ait souffert le martyre.

ANTHOINS (Nicolas), pauvre homme dont l'exaltation religieuse égara l'esprit et dont l'histoire offre un lamentable exemple des excès (fu'on peut commettre au nom de la foi. H naquit au commencement du dix-septième siècle en Lorraine, à Briey, dans une famille catholique, étudia d'abord à Luxembourg, puis à Trêves et à Cologne chez les jésuites. Ses études terminées, il éprouvait des doutes sur la religion ({u'on lui avait enseignée, et pour les éclaircir il consulta divers pasteurs, notamment Paul Ferry, de Metz. Ces pourparlers l'amenèrent à embrasser le protestantisme et même à se rendre à Sedan, puis à Genève pour étudier la théologie et s'élever a la profession pastorale. Cependant, en scrutant assidûment la Bible, il lui sembla qu'on avait attribué bien légèrement à Notre Seigneur, qui l'avait bien promptement accepté, le rôle de Messie marqué par les prophéties. Il résolut alors d'embrasser loyalement le judaïsme, et se rendit à Metz pour obtenir son admission dans la Synagogue. Mais les juifs de Metz le renvoyèrent prudemment à ceux de Venise, ne voulant point s'attirer de mauvaise affaire, et ceux de Venise à ceux de Padoue. Voyant les obstacles se dresser sous ses pas, et pressé d'ailleui's par l'indigence, il revint à Genève, reprit ses allures de protestant fidèle, se lit nommer régent au Collège, puis ministre du saint Evangile dans un synode de Bourgogne tenu à Gex, enfin pasteur à Divonne.

ANTHROPOLOGIE, science de l'homme. Si Ton prenait ce mot à la lettre, rien de ce qui concerne l'homme ne serait étranger à l'anthropologie, ({ui embrasserait, dans son immense domaine, l'anatomie et la physiologie, la médecine, l'ethnologie, la linguistique, l'archéologie, l'histoire, la politique, la législation, la morale, la psychologie, l'esthétique, etc., c'est-à-dire un champ d'études beaucoup trop vaste pour (]ue le savant le mieux doué pût se flatter de Tapprofondir. Aussi est-on convenu de donner à ce mot un sens plus restreint, désignant une science qui, empruntant aux autres les résultats les plus importants de leurs investigations, se propose de nous donner les notions essentielles sur la nature de l'homme et de l'humanité. Pour

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constituer Tanthropologie, il y a donc un choix à faire et une coordination à établir entre les matériaux fournis par les sciences spéciales, choix et coordination qui varient selon le point de vue où Ton se place. Les savants, à cet égard, se partagent entre deux écoles : Tune :Lffirmant que Tessence de Thomme, son principe constitutif, c'est l'esprit; Tautre soutenant que la vie humaine puise dans Torganisme ses forces et [sa raison d'être : deux tendances qui ne sont pas en tous points exclusives Tune de l'autre, mais qui aboutissent néox^ssairement ù des conclusions différentes. Paimi les penseurs qui, tout en tenant grand compte des faits organiques, reconnaissent dans la vie spirituelle la dignité spéciale et la nature intime de l'homme, nous mentionnerons : tout d'abord le fondateur même de c^ttc scienco, Platner (Anthr, med. et phtios,, 1772) ; Maine de Biran (Nouveaux essais eTAnfh^opologie^ publiés par E. Naville, i859), qui voit l'homme partagé entre les sollicitations des sens et celles de l'esprit, ne trouvant l'unité intérieure qu'en s'identiiiant avec Dieu par l'amour; J. H. Fichto {Anthropologie, 3*' éd., 187()), qui atteste une pénétration complète du corps par l'àme et un rapport intime de l'âme avec son créateur comme constituant la vie normale de l'homme. Dans cette catégorie, il nous faut ranger aussi les ouvrages qui se placent au point de vue biblique (General von Rudloff, Lekre vom Memchen auf Grand der gùttL Off,j 2® édit., 1863) ou dogmatique (H. Wichart, Metaphyê. Anthrop.y 18i4, 2 vol., dont le second est consacré aux sept sacrements dans leurs rappoils avec l'organisme humain). L'autre tendance se préoccupe plus exclusivement des faits de l'ordre sensible ; à ses yeux, l'anthropologie, c'est l'histoire naturelle de l'homme. Cette écote, plus jeune que la précédente, compte cependant un bien plus grand nombre d'adhérents. En 1859, M. P. Broca fonda à Paris la premièn? Société d'anthropologie; depuis lors ces associations se sont assez multipliées pour pouvoir tenir, dans diverses capitales de l'Europe, des congrès internationaux qui ont cha({ue fois attiré un immense concours de savants et de gens du monde. Deux questions principales ont été et sont encore vivement débattues dans ces réunions^: d'une part la place de l'homme dans la nature, la distance qui le sépare des animaux supérieurs ; les uns enseignant qu'il y a moins de différence entre l'homme et les singes anthropomorphes qu'il n'y en a entre ces mômes anthropomorphes et les singes qui viennent immédiatement en dessous d'eux ; les autres revendiquant pour l'homme un règne spécial. Dans ce problème se trouve renfermée la solution d'une autre question: Est-ce graduellement, par une évolution dont le point de départ fut l'existence animale, que l'homme s'est élevé à la vie humaine, ou bien a-t-il été dès l'aboixi constitué dans sa nature actuellet L(î second problème, c'est celui de l'époque où l'homme apparut sur cxdte terre, problème à la fois géologi(iue, dans quelle couche de l'époque quaternaire ou même tertiaire trouve-t-on les preniièit* tracos d'un sciuelette ou de produits de l'industrie humaine; et chron(»logique, combien de siècles s(» sont écoulés depuis la constitution de cette couche? A ces recherches s'en rattachent uu grand nombre d'au-

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très, comprises pour la plupurl dans le champ de» raicliéologie préhistorique. Par là cette anthropologie se rappi'oche dit rethno(^aphie (par ex. : Th. Waitz, Anthropologie der Natnr- Volker,k\o\,, 18o9-1872); c'est aussi par là qu'elle dépasse la sphère des sciences naturelles. MM. de Quatrefageset Pruner-Bcy considèrent la religiosité comme un caractère distinctif du règne humain. M. G. Gerland (Anthropolog. Beitraege^ 187£i), darwinien dans ses prémisses, constate cependant une différence spéciliqne entre Tanimal et Thommc, l'immortalité de Tânie, la nécessité d\nu* religion et la légitimité du christianisme comme seule vraie religion. Si cette science nouvelle n*a pas encore de limites nettement tracées, ni de principes déiinis, elle a cependant mis en lumière une multitude de; faits du plus haut intérêt et largement compensé les emprunts cprelle avait du faire à ses sœurs aînées. — y. Revue (T Anthropologie dmç^i^Q \}^tV. Bi'oca; Cazalis de Fondouce, Revue préhistorique. — Pour une autre acxM*ption du mot anthropologie, T. Anthropomorphisme. A. Mattkb.

ANTHROPOMORPHISME, mot tiré du grec et qui signifie: la forme humaine érigée en type; et, dans le langage théologique : Tattrihution à Dieu d'une forme semblable au corps humain. C'est seulement aux degrés inférieurs du polythéisme que nous trouvons une assimilations! totale de la divinité et de la créature ; au sein des nations chrétiennes, on ne pourrait citer qu'un ou deux exemples de cette notion grossière (v. Audicris), Maison rencontre dans les Saintes Ecritures un grand nombre d'anthropomor[>hismes partiels, c'est-à-dire de passages mentionnant la main de l'Eternel (77 fois dans rAncien et le Nouveau Testament), son bras (Î52 fois), ses yeux (22 fois), sa face, ou d'expressions similaires, telles que le trône de Dieu, son marchepied. Nous y rencontrons aussi desanthf-opopathismes, (*/est-à-dire des expressions attribuant à Dieu les sentiments, lesémotions de l'homme, l'angoisse (Es. LXII1,9), le repentir (1 Sam. XV, il). D'autre part, l'Eternel, par la bouche d'Esaïe, dit à son peuple : « A (pii me feriez-vous ressembler? » La loi du Sinaï interdit toute imagf^ d*^ la Divinité. En ce (jui concerne les anthropopathismes, dans le récit même oii Dieu parle de repentir, le prophète dit: « 11 ne se repentira point, car il n'est pas homme pour se repentir » (1 Sam. XV, 21)). Ces expressions doivent donc être prises dans un sens iiguré. Un tel langage symboliijue pouvait être une accommodation à la pensée» encore peu développée du peuple Israélite ; mais ce serait une erreur de ny voir que des lictions excusables; le rôle du symbolisme est i>lus important. Jésus-Christ se sert du langage ligure jMUir enseigner les vérités les plus élevées; ainsi, il exprime les rap- |>orls qui unissent le fidèle à son Sauveur en disant : « Je suis le cep et vous êtes les sarments. » C'est (pie les réalités les plus profondes sont inexplicables, indéiinissables; dans tous les domaines de la science, en chimie, en biologie comme en métaphysique,* nous constatons <|u'i(i-bas nous ne connaissons le fond de rien. Cependant, il importe que nous tenions compte de ces réalités, et si nous ne pouvons les voir directement, dans leur essen(*e intime, nous pouvons les concevoir par analogie, par une comparaison i\m nous permet de saisir une partie

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