APOLLINAIRE — APOLLONIUS
qui a gardé* son nom. Sa doctrine ne nous est connue que par les réfutations de Grégoire de Nysse dans son Antirrhettcus, de Grégoire dcNaziance, dans ses épitres à Clédonius et à Nectaire, d'Âthanase dans ses deux livres contre les apoUinaristes, d'Ëpiphane (Hœr.j 77) et de Théodoret (Hxr. Fab., 4, 8; dialogue 3), ainsi que par les fragments de ses ouvrages qu'A. Mai a publiés dans le volume Vil de sa ColUetio iiova. Quel est, disait Apollinaire, le siège du mot dans Thomme? N'estce pas Tesprit, le voDç, ce principe de la conscience et du libre arbitre ? Accorder à la nature humaine du Christ le vou^, Tesprit ei la raison, c'est mettre en lui , comme le prétend Tarianisme , deux personnes, deux êtres complets : <( Ils seraient deux, Tun, Fils de Diea par nature, et Tautre par adoption. » Reconnaître à Thumanité du Christ un esprit raisonnable et libre, c'est également ouvrir la porte au péché, car « il n'y a pas d'homme complet sans péché ». II faut doue admettre que le Christ a eu un corps humain et une âme humainei l'âme étant ce principe de vie qui est commun â tous les êtres animés; mais la place du vou^, de l'esprit humain , a été tenue en lui par la nature divine du Fils de Dieu. On le voit, emporté par le désir de confondre en une seule personne les deux natures du Clirist, l'évêque de Laodicce a sacrifié l'intégrité de sa nature humaine à l'unité de son ôtie. Les deux Grégoire l'accusent d'avoir recherché cette unité de Dieu et de l'homme jusqu'avant le temps : (( La nature humaine du Christ, lui fait dire Grégoire de Naziance, est antérieure aux siècles, elle fait partie de son essence ». Grégoire de Nysse va jusqu'à lai attribuer d'avoir enseigné « que la divinité est passible ». « Ce n'est, aurait-il dit, que si le Christ a souffert et est mort comme Dieu, qu'il a pu triompher de la mort. » Les meiUe(u*s historiens estiment que les Cappadociens ont attribué au maître les propos de ses disciples: quoiqu'il en soit , nous ne pouvons voir en ces extrêmes que la conséquence naturelle de sa pensée. Le monophysitisme devait sortir du même courant. La querelle soulevée par Apollinaire fut pour TEglise une occasion d'affirmer l'humanité entière du Sauveur. Dès 302, un synode réuni à Alexandrie se prononçait contre une doctrine semblable à la sienne ; les synodes romains, ccmvoqués par Damase en 374, 370, 380, condamnèrent hautenien] Tévéque de Laodicée : « Si le Christ, dit le synode de 374, s'est uni à un hoDune incomplet, notre salut est incomplet » (Maiisi, 111; Hefele, 1, 703 ss.). — Voy. les dissertations de Basnage (Utrecht, 1087) et de Wcrnsdorff (Witenb., 1094, puis 1710) ; Dorner 1, 970 ss. S. Bkrobb.
APOLLINE (Sainte) [Apollonia^, vierge et presbi/tis (diaconuesse ?) d'Alexandrie, subit le martyre en ti49, sous Décius. Denys d'Alexandrie, dans une lettre à Fabien, évèciue d'Aiitiochc, conservée par Eusèbe (VI, 41), raconte sa passion. Les bourreaux la souûîetèrent et brisèrent ses dents ; menacée du bûcher, elle s'y précipita, peut-être pour échapper à de nouveaux outrages (.1/1. SS., 9 Feb. Il),
APOLLONIUS DE THYANES, magicien et philosophe, vécut au premier siècle de notre ère et reçut après sa mort des honneurs divins dans sa ville natale. Tels sont les seuls détails authentiques que nous