‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 165 sur 226 · AQUILA · texte numérisé non relu

AQUILA

particularité certaine que nous connaissions de la vie, d'ailleurs assez obscure, de cet auteur (Iren., adv, Haer. jlll^ 24 ; Eiiseh.jHîst, eccL, Y, 8; Dem., Fvang.j Vil, 1; Hieron., Ep. ad Pammach. CataL scinpU eccL^ c. 54). D'après Ëpiphane (De ponderibus et mensuris, c. 15), Aquila fut instruit dans la religion chrétienne à Jérusalem, où il reçut même le baptême ; mais s'étant ensuite livré à Tastrologie judiciaire, il fut excommunié. Par ressentiment contre les chrétiens, il embrassa le judaïsme, apprit Thébreu et traduisit en grec TAncien Testament à Tusage des Juifs. Ce rapport d'Epiphane n'est pas authentique. La version très-littérale d 'Aquila (Orig., Ep. adJul. A fric.) fut la première, qui suivit celle des Septante. Elle parut probablement sous Adrien vers 130 (Justin, i>2'a/. c, Tryph.y c. 71). Cette version n'est pas favorable aux chrétiens. On remarque, en effet, plusieurs passages interprétés avec une partialité malveillante dans un sens contraire à la doctrine chrétienne (Hieron., Ep. ad Pammach. \ cf. Justin, DiaL c. Trypk., c. 71;Epiph., Depond.et mens., c. 15; Iren., adv. ffa?r., 111, c. 24). Une preuve évidente de ce fait, c'est que les Juifs préféraient cette version à celle des Septante (Aug., De civ. Deij XV, 23). Aquila a-t-il, comme on Ta dit, fait une deuxième édition corrigée de son ouvrage? Cela n'est pas probable. On a tort de confondre Aquila avec le Targumiste Onkelos. Il ne nous reste de cette traduction que quelques morceaux conservés par Flaminius Nobilis, Drusius et Montâiucon. On les trouve dans Dath, Opuscula, Lips., 1746. Ign« Mobhakis.

AQUILA [Adler] (Gaspard) naquit à Augsbourg,le 7 août 1488. Pendant un séjour en Italie il eut des rapports avec les humanistes les plus célèbres ; il se lia d'amitié avec Erasme, à Rome, où son éloquence le fit nommer prédicateur. En 1515, il fut chapelain dans l'armée de son ami Fr. de Sikingen, qui lui confia plus tard l'éducation de ses enfants. Devenu, en 1516, pasteur àJenga,prè$d'Augsl)Ourg, il se maria et propagea, l'année suivante, les thèses de Luther. L'évêque d'Augsbourg le lit enfermer dans un cachot souterrain, et il n'échappa à la mort que par l'intervention de la reine de Hongrie, Marie, sœur de Charles- Quint. Il alla à Wittemberg, où il suivit les cours de Luther et de Mélanchthon , et devint magister en 1521 . Il y enseigna l'hébreu, aida Luther dans sa traduction de la Bible, et jouit de l'estime et de l'affection du réformateur, qui disait : « Si l'on perdait la Bible, je la retrouverais chez Aquila. » En 1527, il fut prédicateur à Saalfeld, où il s'appliqua surtout à l'organisation des écoles. 11 devint surintendant du cercle de Thuringe et assista en 1530 à la diète d'Augsbourg; il eut avec son collègue Jacob Siegelune controverse ardente sur la doctrine de la Loi; Luther, qui rétablit la paix entre eux, écrit à Menius en 1539: Aquilam memint ita fuisse zelotendecaiogi, ut indeMoses appellaretur. A[frès la mort du réformateur, il consola son Electeur dans sa captivité, s'éleva fortement contre l'Intérim et s'attira ainsi la colère de Charles-Quint, qui offrit 5,000 florins à qui le lui livrerait mort ou vif. Il put s'échapper, fut nommé, en 1550, doyen à Smalcalde, et en 1552, quand l'électeur redevint libre, il reprit sa place à Saalfeld; il assista, en 1557, à l'inauguration de l'Université d'Iéna , devint membre du consistoire

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