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exercice, est 8a Majesté suppliée d'incliner paternellement aux trèshumbles remonstranceg qui lui ont été faites par FEglise de Paris, octroyant ledit exercice en quelque lieu plus proche et commode aux dites personnes. » Mais la réponse du roi, en son conseil, fut, le i8 septembre : « No peut «^tre rien changé en TEdit. » Le dimanche 29 sept. I(i02, eut lieu à Ablon le baptême d'un fils de Sully : la princesse d'Orange (Louise de Coligny) était marraine. Le 2(i janv. 1603, un carme y «jeta son froc aux orties et fit profession de la religion. » (C'était Etienne Lebrun, du couvent de Valenciennes. Son discours fut imprimé.) L'Èstoile mentionne encore le baptême d'un juif (20 juillet 1603); d'un Turc, t^nu sur les fonts par Sully, qui lui donna son nom de Maximilien (20 janv. 1(M)4) ; ainsi que plusieurs autres conversions de moines, parmi lesquelles il faut noter celle de Bertrand Davignon, cordelier, dont la profession de foi (29 mai 1605), qui fut publiée, est remarquable. 11 était seigneur de Souvigné et devint pasteur de l'Eglise de Rennes. Les Mémoires de Sully et la correspondance du duc de Gaumont- Laforce nous montrent ces seigneui-s se rendant fréquemment à Ablon et y faisant la cène avec leur famille. Là fut célébré (13 févr. 1605) le mariage du duc de Hohan avec la fille de Sully, en présence de « bon nombre de seigneurs et gentilshommes, que M. de Rosni traita au chasteau d' Ablon. » Le 16 mars 160."», eut lieu à Ablon un synode provincial, présidé par un ministre de Paris, François de Lauberan, sieur de Montigny. Dans un rapport qui se trouve au Hritish Muséum (Afw. Cotton), il est dit que « les ministres et anciens, secrétaires et adjoints, ont employé une grande partie du temps à se censurer les uns les autres en la doctrine, vie et mœurs, et ce avec beaucoup de libellé : qui est une forme de convention mutuelle qu'ils observent en tous les synodes provinciaux, surtout on la dissolution do vie et en la négligence des pasteurs, j) Le président de ce synode avait acquis, le 10 juin 1603, la propriété du fief et seigneurie du chastel d' Ablon. Une sort^ de cantique ou complainte (rarissime) en Kl distiques, intitulée : Les louanqps d' Ablon,
Ablon, petit hameau, que ce bel œil du monde Voit sur le bord de Teau, près la Seine profonde
racontait naïvement aux fidèles les vicissitudes de cette période, qui dura sept années. La considération du gi^and danger auquel étaient exposés les enfants qu'on portait à Ablon, pour le baptême, finit par l'emporter. Jusque-là, on s'était borné à tempérer par dos exceptions la rigueur de l'Edit : l'Estoile nous apprend que, le dimanche 24 fév. 1603, le roi avait autorisé « que le fils de M. du Gouldrai, conseiller en la Cour, fût baptisé à Paris, sur la plainte et le rapport qu'on lui avoit fait que plusieurs enfants qu'on portoit baptiser à Ablon, mouroient sans baptême, à cause du long et mauvais chemin. » Les lettres patentes qui transférèrent le lieu d'exercice à Gharenton-Saint-xMaurice sont du
1*«- août 1606. Charles Rbad.
ABLUTION. La propreté du corps a été envisagée par tous les peuples, comme un symbole de la pureté de l'âme. De là, dans toutes les
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religions, des rites de purificalîon (voy. cet article). — Le mol d'ablution, dans TEglisc catholique, a un sens liturgique. 11 indique le vin et l'eau que le prêtre, immédiatement après la messe, verse soit dans le calice, soit sur ses doigts pour les purifier, c'est-à-dii*e pour en détacher les particules eucharistiques qui auraient pu y rester attachées.
ABHBR ['Abnér, 'Aér/vf^p], fils de Ner, qui était le frère de Kis, pt»re de Saùl (1 Sam. XIV, 50). Abner commandait les troupes de Saiil, et lui resta fidèle jusqu'à sa mort; il proclama alors roi d'Israël Isboseth, fils de Saûl, dont l'autorité fut reconnue par toutes les tribus, sauf celle de Juda qui prit parti pour David (^2 8am. Il, 8-iO). Abner, battu pai* Joab, général de David, tua le jeune frère de Joab, Azaël, qui le poursuivait (â Sam. Il, 12-28). Il pei*dit la confiance d'Isboselh qui lui reprocha d'avoir eu des relations avec une concubine de Saùl (2 Sam. III, 7 et suiv.), ce qui, dans les idées du temps, paraissait impliquer des visées à la couronne (voy. Abisnij). Irrité de cette ingratitude, Abner abandonna le parti d'Isboseth pour passer du cAté de David dont il reçut un accueil favorable à Hébron (2 Sam. III, 20); presque aussitôt après il fut traîtreusement assassiné par Joab qui vengeait ainsi la mort de son frère Azaël (III, 27). Ne pouvant punir le trop puissant coupable, David honora du moins la mémoire d'Abner, suivit son cercueil et composa une élégie sur sa mort (2 Sam. III, 35 et suiv.).
ABOULFARAGE (Grégoire) naquit à Mélitène (aujourd'hui Malatia), en Asie Mineure, en 1226; il eut pour père Aaron, médecin d'origine juive, d'où le nom de Bar-Hebrwus (en syriaque Bar 'Ebrâyâ, fils de l'hébreu) sous lequel il est généralement connu. De bonne heure familier avec les trois langues arabe, syriaque et grecque, il étudia ensuite la philosophie, la théologie et la médecine. En ]2i4 Aboulfarage alla habiter Antioche, et mena quelque temps la vie d'anachorète dans les environs de cette \ille, puis à Tripoli de Syrie. Il avait vingt ans lorsqu'il fut sacré évéque de Gouba, par le patriarche jacobite Ignace. Successivement évoque de Lacabène et d'Alep, il devint en 1264 primat (maphri&n) des Jacobites d'Orient et garda cette haute dignité jusqu'à sa mort arrivée en 1286, à Maraga, dans l'Azerbidjân. Bar-Hebrœus est un des écrivains les plus féconds de la littérature syriaque; le catalogue de ses œuvres ne comprend pas moins de trente et un ouvrages dont plusieurs très-importants. Il faut citer en première ligne sa grande Chronique ou Histoire universelle depuis la création du monde ^ divisée en trois parties ; la première raconte l'histoire politique, et fut traduite en arabe par l'auteur lui-même (texte arabe publié par Pococke, Hisloria cornpendiosa dynastiamm, Oxon., 1663, 2 vol. in-i**; texte syriaque, pai* Bruns et Kirsch, Chronicon syriacum^ Lips., 1788, 2 vol. in-^^); la seconde traite des patriarches d'Antioche; la troisième, des archevêques de Séleucie et des primats catholiques d'Orient. Ces deux dernières parties, très-importantes pour l'histoire ecclésiastique de l'Orient, sont actuellement en cours de publication iGre(j. Barhebrxi chronicon eccleiioiticum ediderunt J. B. Abbeloos et T. J. Lamy, Lov., 1872-1874). M. l'abbé Martin nous a donné récemment les Œuvres grammaticales
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d'Aboutfaradj (Paris, 1872, 2 vol.) dont nous ne connaissions qu*une partie [Grammatica metrica, éd. Bertheau. Gœtt., 1843). Nous avons également du même auteur des Scholies sur tous les livres de la Bible. Pour plus de détails sur Bar-Hebrœus et ses omTages, voir Assemani, Bibliotheca orientalis^ t. I, p. 244 et suiv. ; Bickell, Conspectus rei Syrorum literariœ, Monast., 1871, in-8". A. Carrière.
ABRABANEL (R. Isaac), appelé aussi Abarbenel ou Abravanel, né à Lisbonne en 1437, d'une famille qui prétendait descendre de Da\id, mort à Venise en 1508, fut en même temps savant rabbin et ministre d'Alphonse V, roi de Portugal. Il tomba en disgrâce sous Jean II, successeur d'Alphonse, et s'enfuit en Espagne où il travailla à rétablir les tinances de Ferdinand et d'Isabelle ; ce qui ne l'empêcha pas d'être compris dans le décret d'expulsion qui frappa tous ses coreligionnaires en 1492. Réfugié d'abord à Naples, il se rendit ensuite à Corfou, puis à Venise, où il contribua à aplanir des difficultés qui s'étaient élevées entre le Portugal et la République. Abrabanel mourut dans c^tte dernière ville et fut enterré à Padoue. Malgré le rôle politique qu'il fut appelé à remplir en diverses circonstances, Abrabanel est surtout connu par ses ouvrages, et en particulier par ses Commentaires sur les livres de l'Ancien Testament qui ont joui longtemps d'une grande autorité parmi les Juifs. Les écrits d'Abrabanel trahissent souvent une violente hostilité contre le christianisme (Wolf, Bihlioth, hebr,, III, 544; de Rossi, Dizionario storico degli autœn Ehrei; Ersch et Gruber, Encyclopédie, art. Abrabanel).
ABRAHAM | ' A b r A h â m , A6paa[jL , A brakamits ] , appelé d'abord Abram, fils de Thérach, descendant de Sem, le premier des patriarches. La vie d' Abram, si Ton s'en tient à la rédaction canonique de la Genèse et à l'interprétation qui a prévalu dans l'Eglise, se partage en quatre phases distinctes, inaugurées chacune par une intervention divine. La première période (Gen. Xll-XIV) débute par la vocation d'Abram et comprend son départ de Mésopotamie avec Lot, son établissement en Canaan, son voyage en Egypte, la guerre des rois alliés, la délivrance de Lot, l'entrevue avec Melchisédec. Le fait central de cette période est la triple promesse faite par Dieu à Abram : 1» la bénédiction qui par lui s'étendra à toute la terre ; 2» une postérité innombrable ; 3o la possession de Canaan. A l'entrée de la seconde période (Gen. XV-XIX), la promesse se précise : Abram, malgré son grand âge, verra naître un héritier de son sang. A la foi d' Abram, qui reçoit sans hésiter le témoignage de Dieu, celui-ci répond par l'établissement de l'alliance, pacte bilatéral ; mais Dieu seul a pris l'initiative, comme l'indique la cérémonie mystérieuse rapportée Gen. XV. L'union d* Abram avec Agar et la naissance d'Ismaël retardent l'accomplissement de la promesse, qui tombe dans la troisième période (Gen. XVII-XXI). Dieu ratifie l'alliance en la plaçant sous la garantie de son nom d' 'El chaddaî, et la confirme en donnant à Abram le signe de la circoncision et en changeant son nom d ' A b r à m (père élevé) en celui d ' A b r â h â m (père de multitude). La naissance d'Isaac, l'héritier des promesses, précédée immédiatement par la destruction de Sodome et Gomorrhe et le séjour