ABRAHAM
d'Abraham au pays d'Abimélech, est bientôt suivie de l'exil d'Agar. La quatrième période (Gen. XXII-XXV) nous fait assister à l'épreuve que Dieu impose à la foi d'Abraham et dont celui-ci sort triomphant, à la mort de Sarah, au mariage d'Isaac avec Rébecca, et se termine par la mort de notre héros. — Abraham marque une époque de transition importante dans l'histoire de la révélation. Deux passages caractérisent sa relation avec l'élat de choses antérieur : c'est d'abord Gen. XIV, 18-24, où est affirmée l'identité de Jéhova, Dieu d'Abraham, avec El- 'elyon, le Très-Haut, Dieu de Melchisédec, qui représente la religion primitive des Sémites. C'est ensuite le récit Gen. XXII qui condanme implicitement les sacrifices humains, en usage chez les Cananéens. En même temps qu'il ferme l'ère du monothéisme primitif, Abraham ouvre celle des révélations positives. Il occupe le premier rang dans la série des hommes de Dieu de l'Ancien Testament. A lui se rattachent directement et l'ancienne et la nouvelle alliance; car s'il est, par le sang, le père d'Israël, il est, selon l'esprit, le père de tous les croyants. Ce qui lui donne cette place exceptionnelle, ce n'est pas son mérite personnel ; sa figure, héroïque en sa simplicité patriarcale, présente des côtés sombres, et de graves défaillances atténuent la grandeur de son caractère (Gen. XII, 14-20, et XX). L'importance d'Abraham résulte tout entière de sa foi (Gen. XV, 6). Cette foi, qui a pour objet la promesse divine, implique l'obéissance (Gen. XVII, 1 ; XVIII, 19) et est avant tout un acte moral de confiance en Dieu, le Tout-Puissant. Aussi est-elle imputée à justice, c'est-à-dire qu'aux yeux de Dieu elle constitue iniègre celui qui la possède. La signification constante du terme justifier dans l'Ancien Testament est : déclarer juste. L'effet de la justification est le rapport intime qui s'établit désormais entre Dieu et Abraham : celui-ci devient l'ami de Dieu (Esaïe XLl, 8; Jacques II, 23), et comme tel est initié au secret des voies divines (Gen. XVIII, 17); de là son nom de prophète (Gen. XX, 7); de là aussi son droit d'intercession (Gen. XVIII, 23-33). — Le Nouveau Testament cite Abraham à de fréquentes reprises. Les principaux passages sont Gai. III et Rom. IV, où Paul appuie la doctrine de la justification par la foi sans les œuvres, sur l'exemple d'Abraham. La contradiction entre ces textes et Jacq. n, 2i-24 n'est qu'apparente : Jacques, pour combattre de fausses conséquences tii'és de l'enseignement paulinien, s'attache à relever le côté moral et pratique de la foi d'Abraham. L'épitre aux Hébreux (XI, 8-12 et 17-19) accentue surtout, dans cette foi, l'élément de l'obéissance confiante. D'autres textes enfin (Rom. IX, 6-9, et Gai. IV, 2l-3i) opposent à la postérité charnelle d'Abraham ses descendants spirituels, seuls héritiers de la promesse (voir encore Matth. I, 1 et suiv.; XXII, 32; Luc XIX, 9; Jean VIII, 33; Actes III, 25; Hébr. VII, 1 et suiv., etc.). — Pour la critique de la vie d'Abraham, voir l'article Patriarches. — Sources : J.-H. Heidegger, Historia sacra patriarcharum. Ed. 2. Amst., 1688. Ch.-Th. Engelstoft, Historia populi Judaîci biblica usque ad occupationem Palestine. Kop., 1832. A. -F. Holst, Scenen aus dem Leben Abraham s. Chem., 1828. Th. Passavant, Abraham und Abraham's Kinder. Basel, 1848. B. Béer, Leben Abraham' s nach Auffassung der
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judtschen Sage, Leipz. , 1839. A. Bernst^in, Kvitische Untersuchuftg fkber den Ursprung der Sagen von Abraham, Isaac, und Jacob, Berl., 1871. En général, pour toutes les indirations de sources^ voir : A. Rœhler, Lehrbuch der bibl, Gesch. A, T. Erl., 1875.
A. BOBGNBR.
ABRAHAM A SANGTA-GLARA,un des prédicateurs populaires de TAllemagnc les plus renommés, bien qu'il soit loin d'être un orateur irréprochable. Il s'appelait Ulric Megerlé, était fils d'un paysan badois, reçut une instruction très-insufTisante, mais avait de l'esprit et de l'imagination. En l(>iâ, il entra dans l'ordre mendiant des Augustins.; c'est alors qu'il prit le nom sous lequel il est devenu célèbre. La réputation qu'il se fit par l'originalité de ses sermons attira l'attention de l'empereur; en 1669 il devint à Vienne prédicateur de la cour; comme tel il mourut en 1700, âgé de soixante-sept ans. Il est de l'école des Olivier Maillard, des Michel Menot, des Geiler de Kaisersberg, qu'on a coutume de qualifier de prédicateurs burlesques, mais qui sont plus justement appelés prédicateurs populaires ; chez eux, à la fin du quinzième siècle et au commencement du seizième, le retour à la langue \ive, leste, imagée, du peuple, fut un progrès sur la prédication ordinaire, aride dans la forme et hérissée d'érudition ; à l'époque d'Abraham a Sancta-Clara ce genre ne se justifiait plus. Son langage est aussi trivial, aussi grossier que possible ; mais il rachète en partie ce défaut par une verve satirique incomparable ; ses invectives ne ménageaient personne, pas mi)me la cour ; on pourrait extraii'C de ses œuvres des morceaux qui compteraient parmi le^ satii^es les mieux réussies. Mais on ne le prenait pas au sérieux, les grandes foules qu'il attirait, venaient plutôt pour s'égayer que pour s'édifier ou se corriger* Les nombreux recueils de ses sermons ont tous des titres figurés; le plus remarquable est celui qui traite de Judas l'archiscélérat [Judas der Erzschelm), Les anciennes éditions étant devenues très-rares, on en a fait récemment de nouvelles : nous citerons: Auserlesene Werke, 17 vol.. Vienne, 1846; Sxmmilicke WprA6»,20 vol., Passau. i8a^l8M; Judas det Erzschelm, 1 vol., Passau, 18ri6.
ABRAHAHITES, déistes de la Bohi>me, qui, à la fin du dix-huitième siècle, essayèrent de constituer une secte dans le district de Pardubitz. Ils déclaraient professer la foi d'Abraham avant la circoncision, et nf'. gardaient de la Bible que les dix commandements et Toraison domini^ cale. Comme ils ne voulaient se considérer ni comme juifs, ni comme chrétiens, l'empereur Joseph II les exclut du bénéfice de son Fdît de (olérance (1784); il les fit déporter dans les provinces voisines et ordonna d'enrôler les hommes dans les bataillons de frontière* La secte s'éteignit promptement.
ABRAXAS. On désigne par ce mot des pierres plus ou moins précieuses, de petite dimension, portant suf leurs deux faces et parfois sur la tranche, de courtes inscriptions, des signes mystérieux ou des représentations de personnages symboliques; l'une des plus fréquentes figure un être ayant la tête d'un coq, le corps révctu d'une cuirasse, tenant d*une main un fouet, de l'autre un bouclier, et dont les jambes sont remplacées par deux serpents. Beaucoup d'inscriptions sont en langue