‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 170 sur 226 · ARCHITECTURE — ARCHIVES · texte numérisé non relu

ARCHITECTURE — ARCHIVES

$*il est une condition essentielle d^une bonne disiiosition dun temple protestant, c'est assurément celle-ci : que tous les fidèles puissent voir et entendre conmiodément le pasteur qui lit et interprète la Bible. Cette condition n'est qu'imparfaitement remplie dans tes temples de Mul* house et de Bàle (de style^othique) et ne le sera (j^uère mieux sausdoutedans le Temple-Neuf de Strasbourg, que Ton achève en ce moment (1876) sur remplacement de Tancienne église des Dominicains, et qui devra contenir enviix)n deux mille fidèles. Dans le concours qui a eu lieu à Stmsbourg, à l'occasion de cette reconstruction, et dans cekii fim important qui a été ouvert à Berlin, en 1869, pour Térection d'un dôme protestant, quel(|ues idées nouvelles se sont produites. La disposition centrale (celle d'une nef circulaire, carrée ou polygonale, voûtéeen coupole et accompagnée de tribunes pratiquées dans des absides ou l)i*as peu profonds c<>rrespondant aux cotés du polyg(Hie) a trouvé uo g!*and nombre d'adeptes, qui l'ont revêtue de formes soit romane byzantines, soit ogivales, soit de ia Renaissance. Quelques-uns des con-^ currents enfin, pour grouper encore davantage les fidèles autour de leur pasteur, ont adopté une disposition l'appelant celle des salles de cours ou de concerts. Ce n'est pas le lieu ici do discuter laquelle de ces dispositions est la plus convenable aux temples protestants, ai, en général, si une disposition-type a chance d'être adoptée par le protestantisme, pas plus (fue de rechei*cher si une forme d'architecture nouvelle pourra être inventée encore. Il convient seulement de rappeler (fue la condition première et indispensable pour l'éclosion et le développement d'un style d'architecture vraiment original est la formation d'un grand courant d'idées et de besoins communs. Si l'architecture chrétienne doit produire un jour de nouveaux chefs-d'œuvre capables de rivaliser avec ceux du passé, et de les surpasser, il faut que les communautés chrétiennes sortent de l'état de dispersion et de division où elles se ti*ouvent aujourd'hui, et qu'unies dans une même aspiration, entrahiées par une foi et une ardeur égales, elles marelient de nouveau ensemble vers un but commun. (Ouvrages à consulter : Reynaud. Traité (tarchit., i" vol., p. 171, Paris, 1867; Bourassé, Archéd, chrétienne, loavs; Liibke, Gesch.- der Arehit.yheipmgj iilO; Hope,!^»^ de Varchit., trad. de l'anglais par Baron, Paris, 1839, etc.).

SmILJI LlOHTHKBEBOBBi.

ARCHIVES. Dès les temps les plus anciens, les églises et les abbayes avaient un lieu spécial pour y conserver les titres et chai'tes, les registres des ordinations, des provisions, des collations ou autres actes émanés des évêques ou de leurs vicaires. Dans l'Eglise grecque, le conservateur des archives s'appelait b xapTo^jXa; : c'était d'ordinaire un docteur en droit canon qui, sous l'autorité de l'évêque, exM*çait en même temps les fonctions de juge. L'arcAfvarzu^, dans l'Eglise latine, pouvait aussi cumuler d'autres cliarges avec la garde des documents. Le concile de Rouen, en 1581, et une bulle de Sixte V de 1587 ordonnent formellement la création d'archives partout où il n'en existe pas.

ARGHONTIQUES, nom d'une secte gnostique qui, sous le r^ne d'Antonin le Pieux, se détache de la branche des valentiniens. D'après

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Epipliane (Hasres., 40) et saint Ausgustin {Hxres, , 20) , ils enseignaient que le monde forme une « symphonie », composée de sept cieux dont chacun est gouverné par un créateur particulier qu'ils appelaient archonte (àpywv) et dont la mère commune est Photine, la lumière inci'éée. L'archonte du ciel inférieur, Zabaoth, le créateur de la terre, a donné naissance au Diable qui est le Dieu des Juifs et qui lui-même, dans un commerce incestueux avec Eve, a engendré Caïn et Abel, embrasés l'un contre l'autre d'une violente jalousie à cause de- leur coupable amour pour leur sœur. Seth, le seul iils légitime d'Adam, fut enlevé par la Sophia céleste et ses anges et, après avoir séjourné pendant quelque temps dans le monde supérieur pour n'être pas tué, revint sur la terre, refusant l'adoration à Zabaoth, son créateur, et ne servant que la Sophia et le souverain Dieu bon. Seth et ses sept fils ont rédigé des livres (oxoxaXu^j/etç) que les archontiques prétendaient posséder et d'après lesquels ils réglaient leurs croyances et leur culte. Ils rejetaient les sacrements et niaient la résurrection, les puissances célestes ayant besoin des âmes pour leur nourriture ; ils aspergeaient les cadavres d'eau et d'huile, ce qui les faisait tout aussitôt disparaître (voy. Baur, DiechrUiL Gnosisj p. 201).

AKÉTAS, nom commun à plusieurs rois de l'Arabie Pétrée. La Bible en mentionne deux, le premier contemporain du grand prêtre Jason et du roi Antiochus Epiphane (2 Machab. V, 8) ; le second, gendre du roi Hérode Antipater. Celui-ci, ayant gravement offensé le roi d'Arabie en répudiant sa fille pour épouser Hérodias, sa bellesœur, Arétas lui déclara la guerre et le défit complètement. Héro<Je ayant mandé cet événement malheureux à Rome, Vitellius, gouverneur de la Syrie, reçut l'ordre de marcher contre le prince arabe pour le châtier. Mais Vitellius ayant été rappelé à. Rome par la mort de l'empereur Othon (an 37), Arétas profita de l'inaction de ses troupes pour occuper momentanément Damas et imposer un gouverneur à cette riche ville de commerce (2 Cor. XI, 32; Josèphe, Antiq,, XVIII, 5, 1-3).

AR6ENS (Jean-Baptiste de Boyer, marquis d') naquit en 1704, à Aix, en Provence; après une jeunesse dissipée, il se rendit en Hollande, où il publia des écrits irréligieux. Lettres juives^ chinoises y cabalistiques, Philosophie du bon sens. Frédéric 11 le nomma chambellan et directeur de son académie. Accablé d'infirmités, il se retira en Provence où il mourut en 1771. Ses livres, qui jouirent d'une vogue momentanée, n'offrent plus d'intérêt; ce sont des romans d'une moralité à peine équivoque ou de prétendus traités philosophiques qui plaident avec une prolixité aimable et une érudition hâtive la cause du matérialisme.

ARGENTINE ( République ) (Statistique ecclésiastique). La République Argentine ou de la Plata se compose de quatorze provinces et de quatre territoires. La population en est, d'après le recensement de 1869, de 1,531,359 habitants. Colonisées par les Espagnols, ces vastes régions firent longtemps partie de la vice-royauté du Pérou et formèrent, à partir de 1776, celle de Buenos- Ayres. En 1810, elles se révoltèrent contre leur métropole et en 1816 proclamèrent leur indépen-

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dance. Des luttes sanglantes signalèrent longtemps son existence. Maîtres tour à tour, les unitaires et les fédéralistes se succédaient au pouvoir et modifiaient d'après leurs idées la constitution du pays. Le président Rosas, à la tête des Gauchos, population sauvage des Pampas, y domina longtemps. Après sa chute en 1852, TEtat se divisa en deux, et Buenos-Ayres se sépara de la Plata; Tunité a été rétablie en 1859. C'est un des pays du monde où Témigration est la plus considérable. Les Italiens surtout s'y portent en grand nombre. Il n'y a pas moins de ±21,993 étrangers dans le pays, et dans le nombre beaucoup de protestants. Il n'existe malheureusement pas de chiffres à cet égard. Mais d'après la nationalité de tous ces étrangers, on voit que les protestants doivent être au bas mot 50 à 60,000. Quelques pasteurs angloaméricains et allemands desservent les communautés. Quant aux catholiques, ils sont répartis dans cincj diocèses, l'archevêché de Buenos-Ayres (érigé en 1582 comme évêché, archevêché le 4 mars 1866) et les évêchés de Parana (1859), de Cordova (1570), de Cuya (13 octobre 1834) et de Salta (23 mars 1806). I^ constitution a accordé, en 1825, la tolérance à tous les cultes; en 1834, une loi autorisa les mariages mixtes, en décrétant (|ue tous les enfants (jui en naîtraient seraient catholiques. L'Etat s'empara des dîmes du clergé et les consacra en partie au sidaii'e des prêtres, en partie à l'entretien des écoles et des établissements de bienfaisance. Les couvents ont été supprimés; on ne laissa subsister (|u'une maison de franciscains et deux couvents de femmes. Depuis lors, on a laissé revenir les dominicaines. Le budget des cultes pour 1874-1875 est de 239,924 pesos fuertos (1,223,612 fr.). Chaque province a de plus ses dépenses particulières pour les .cultes. La seule pour laquelle nous ayons un chiffre, est celle de Buenos-Ayres, qui consacra à cet objet, dans son budget de 1874, 839,000 pesos moneda corrieute (4,295,680 fr.). — Bibliugraphie : Almanach de Gotha, années 1834 à 1876; The Statesman^ yearbook 1876; P. Gams, Séries episcoporvm^ etc. E. Vauchkr.

ARGOB. Vovez Hauran.

ARGGVIË {Histoire religieuse et statistique). L'Argovie a formé jusqu'en 1415 une partie des Etats du ducd'Autriche. Le ducFrédéric ayantétéalors mis au ban de l'Empire, les cantons suisses furent chargésde l'exécution. Berne s'empara d'une portion du pays; les anciens cantons possédèrent en commun lé reste du territoire. La Réformation s'introduisit sans difficulté dans les possessions des Bernois. Le reste du pays eut à souffrir de grandes luttes et resta partagé entre les deux confessions. Les événements de 1798 rendirent son indépendance au pays qui formait les deux cantons d'Argovie et de Bade, réunis en un seul en 1803. Les catholiques furent rattachés à l'évêché de Bàle, les réformés eurent un conseil d'Eglise. L'une et l'autre Eglise eurent, pendant les temps qui suivirent et jusqu'à nos jours, la vie assez difficile. L'intervention du pouvoir civil dans lescfuestions ecclésiastiques, dans les affaires des couvents, dans l'ordre intérieur des Eglises, fut souvent violente, et la main du pouvoir séculier fut d'autant plus lourde que, dans un canton où catholiques et protestants se balancent presque, le caractère mixte

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