‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 174 sur 226 · ARISTOTÉLISME · texte numérisé non relu

ARISTOTÉLISME

pliilosophc qui a constitué la logique et proclamé les lois do la pensée a conçu un système conforme à son génie, système plus encyclopédique et plus méthodique (jue celui de Platon, mais qui répond moins aux aspirations les plus élevées de Tàme. Ce Dieu qui n'est pas même une volonté libre ne saurait nous aimer ni devenir un père pour nous, comme aussi nous ne devons songer à devenir ses enfants ; à ce compte, la personnalité humaine est amoindrie, nous no sommes (|ue des atomes un peu plus avancés que d'autres dans la voie du progrè.; universel. Nos rapports avec Dieu ne consistent que dans nos méditations des vrais principes, qui sont le bien, le divin. La notion du mal et du péché est réduite à celle d'une imperfection qui est sans cesse et naturellement réparée. — Ces indications suffisent pour expli<[uer l'attitude des premiers Pères. D'une part ce fut une opposition vive. Irénée (II, 4, 5) reproche aux gnostiques de vouloir introduire dans li's choses de la foi « la subtilité et la sophisti<(ue qui est le propre de Taristotélisme ». Tertullien {Deprœscript,) s'écrie : « Les hérésies sont armées par la philosophie ; misérable Aristote ! ([ui a enseigné aux hérétiques la dialectique ingénieuse à construire et à détruire.» D'autre part les Pères, ([ui sont plus écjuitables à l'égard de la philosophie grec^fue, n'adoptent pas le système du Lycée. Justin martyr , dans le passage de V Apologie (II , 13) où il revendi<iue comme chrétiennes les vérités exprimées par les païens, fait mention de Platon, des stoïciens, des poètes, mais non des péripatéticiens ; la Confutalio\dogmatujn quorundam Aristotolis^ attribuée à ce Père, est du troisième siècle. Clément d'Alexandrie (5^row. I, 7) reconnaît une instruction préparatoire domuV par la philosophie gi'ecque, et par là il entend, « non le système des stoïciens, ni celui de Platon, d'Epicure, d' Aristote, mais un choix de tout ce (ju'ils ont enseigné de conforme à la justice et à la vérité;» il s'agit non d'un éclectisme constitué en un système défini, pareil à celui (|uc le néoplatonisme allait formuler, mais d'un emploi judicieux de toutes les ressources ([n'offraient les méditations des sages de la Grèce. L'influence principale appartint d'abord au platonisme et au néoplatonisme. Mais lorscpie, à partir du quatrième siècle, l'Eglise se préoccupa de préciser et de fixer le dogme, on recourut aux délinitions et à la dialecti<(ue d'Aristote ; par là ses principes aussi furent introduits dans la théologie ; au (juatrième et au cincjuième siècle, les hérétiffues ouvrirent la voie ; au sixième, les catholiriues les suivirent. Eunomius, le chef des ari(»ns stricts, combattait l'homoousie en se fondant sur les notions péripatéticiennes de la substance, de l'énergie, du mouvement, et le p<»ripatétisme était encore assez en défaveur pour qu'on le lui reprochât vivement. L'Eglise monophysitede la Syrie s'appuya sur Aristote. Le docteur de cette Eglise, Jean Philopon, invoquait la Stagirite pour poser en principe que l'hypostase et la nature sont une même choses ; dès lors il n'y a eu qu'une seule nature en Christ, sinon on lui attribuerait deux hypostases ; et si, dans la Trinité, on reconnaît trois liypostases, il faut aussi reconnaître troisnatures, cequi meneau trithéisme. Ce furent les nestoriens et les monophysites qui traduisirent les œuvres d'Aristote dans les langues orientales (voy. Ai^abes). D'autre

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part, le Traité de la nature de ihommede Tévêque Némésius, vers 421 marque la période où les tiiéologiens ayant systématisé les principes essentiels, portent leur attention vers ce domaine commun à la fois aux sciences sacrées et profanes; Némésius, dans son livre, cherche à imiter le procédé d'Arislote, la revue critique des opinions diverses. Enfin au huitième siècle, Jean de Damas, qui résume l'enseignement de TEglise f^'eccjue, consacre la première partie de sa Source de la sagesse à la tlialecti(fue ; la physique et la psychologie de cet ouvrage sont empiHintéesâ Aristote. — Dans TEglise latine, l'aristotélisme fut transmis aux écoles par les traductions et les commentaires de Boëce et de Cassiodore ; ce fut un enseignement incomplet, ne comprenant (|ue les travaux sur la logi(fue, et de plus mitigé par un éclectisme platonisant. Isidore de Séville, qui donne dans son deuxième livre des Etymologies une dialecti(|ue inspirée par Aristote, Bède le vénérable, Raban Maur sont les représentants de ce syncrétisme timide. Plus tard les deux tendances se séparèrent ; Técole du Bec (Lanfranc, saint Anselme) fut plus augustinienne; Técole de Tours (Bérenger) penchait pour Taristotélisme. Mais lorsque, vers le milieu du douzième siècle, les œuvres métaphyslcjucs d'Aristote furent introduites par Tintermédiaire des docteiu's arabes et juifs, les autorités ecclésiastiques repoussèrent une <loctrine (|ui apparaissait sous de tels auspices; en 1210, le concile provincial de Paris condamna les liàri naturales, 1235; le légat étendit cette condamnation aux ouvrages de métaphysique, 1231 ; Grégoire IX réprouva les ouvrages de physique « jusqu'à ce qu'ils aient été examinés et purgés de tout soupçon d'hérésie». On imputait à Aristote les erreurs d'Amalric de Bène et de David de Dinant, accusation injuste, car elles se rattachaient plutôt à Avicebron. En 1240, nouvelle condamnation par Guillaume, évéque de Paris. Quoique les ordres religieux, qui devaient être les plus fermes soutiens de l'aristotélisme, amendé, il est vrai, eussent été admis, en 12o(), à enseigner dans l'université de Paris, Etieime, évêque de cette ville, renouvela en 1276 les anciennes décisions, et l'Université publia, en 12î)0, une Collectio de variis erroribus philosopkorum et primo de Aristotele, Mais en 1322, après la canonisation de Thomas d'A([uin, tous ces arrêts furent retirés. Ce furent trois grands docteurs, le franciscain Alexandre de Haies, les dominicains Albert le Grand et Thomas d'Aquin, qui introduisirent le péripatétisme dans l'université qui exerçait l'hégémonie sur les écoles latines. Le Stagirite devait être seulement/^rrTcwrsor Christi in rebiis naturatihus ; mais il est malaisé de distinguer l'ordre naturel de l'ordre de la foi. Le platonisme continuait à être médité parles mystiques sous le patronage de Richard et de Hugo de Saint-Victor, et leur disciple Gautier, Contra manifestas hxreses^ réunissant Pierre le Lombard et Abélard dans une même accusation, reprochait aux docteurs scolastiques d'être tous uno spiritu ainstotelico afflatos. Ce fut le mérite de saint Thomas de chercher à concilier le mysticisme et la science, d'unir dans une même conception Aristote et Platon. Dans le grand débat du réalisme et du nominalisme, les deux opinions extrêmes des Universalia ante res (réalisme), et des Universalia post res (nominalisme), ne furent

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soutenues qiK* far un nonilne restreint de docteurs ; la plupart et les plus considérables se décidèrent pour les Universalia in rébus, et cette solution leur était fournie par Aristote. Avec Duns Scol el dans les luttes qui s'élevèrent entre Thomistes et Scotistes, Tinfluence de la dialecti(iue d'Aristote ne pouvait que grandir. — Lorsque les écoles philosophiques de la Grèce vinrent se réfugier en Italie, elles y continuèrent leurs luttes, Chrysoloras, Plethon, le (cardinal Bessarion, soutenant la supériorité de Platon, Georges de Trébizonde, secrétaire de Nicolas V, celle d'Aristote. Mais tandis que le platonisme s'accommodait aux dogmes et aux dignités deTEglise, Taristotélisme n'eut qu'un petit nombre de docteurs reconnus pour orthodoxes, Hermolaiis Barbarus, patriarche d'Aquilée, Gennadius, patriarche de Gonstantinople. L'assertion de Marsile V\c\ii(Privf. Platon) : » les deux sectes aristotéliciennes, l'alexandréenne et l'averroïque, sont unies pour renverser de fond en comble toute religion » semblait justifiée par les hardiesses de Pomponace, à peine voilées d'une apparence de soumission à l'Eglise, et par le panthéisme de Cardan, de Césalpin et de Vanini. La réforme, pleine de respect pour saint Augustin, se délia d'abord d'Aristote, le maitre de la vieille scolastique, et Luther disait : « ilon avis serait que les livres de la physique et de la métaphysique, de Tàme et de l'éthique d'Aristote, fussent entièrement mis de côté, ainsi que les commentaires de ces livres, <|ui n'apprennent rien. » Plus tanl il s'exprima sur Aristote avec plus d'égards. Mélanciithon composa, d'après les œuvres duStagirite, des ouvrages de philosophie (|ui furent adoptés pour l'enseignement dans l'Allemagne protestante et y assurèrent à Aristote un empire ^nouveau. L'action de Théodore de Bèze fut seniblablc pour les Eglises réformées. Les attaques de Hamus conlre Aristote furent adoptées par les arminiens, par plusieurs hommes éiiiinents de l'Allemagne, mais repoussées par Scaliger, par l'université de Genève, et donnèrent lieu, dans les pays protestants, à un débat long et confus; il préparait du moins les esprits à la philosophie nouvelle que Descartes devait inaugurer. Dans les pays catholiques, les jésuites maintinrent fermement la scolastique et Aristote ; l'enseignement de la philosopliii* de Ramus fut interdit par l'université de Paris (lO^'A-lGliD). Toutefois d'éminents disciples de Descartes, Malcbranche, Bossuet, Féin^loii, avaient peu à peu fait prédominer, dans le clergé de France, une philosophie platonicienne; l'ontologisme en était l'expression la plus vive, et cette doctrine a été professée jusqu'à nos jours par le cardinal Gerdil. Mgrs Baudry, Maret, Hugouin; mais dans ces derniers temps, les eftbrb des Kleutgen,Sanseverino, Tongiorgi, Prisco, et la iransfornialion qui s'est accomplie dans les hautes régions du clergé, ont rétabli dans renseignement des séminaires l'autorité de l'Aristote scolastique (voy. Kim, Metnph. l/nfersuc/tungen : die Gottcslehre des Aristoteles und dns Christenfhnm^ 1875. A. Mattkr.

ARLES [A7xdate]^ archevêché. On rapporte que saint Trophimc, ordonné pai' saint Paul premier évéque d'Arles, y apporta l'Evangile. Grégoire de Tours raconte, mais sans preuves, qu'en Tan i?K) cet évè(|ue fut envoyé en Gaule avec saint Sernin ; il est fêté le 21) décem-

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