‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 179 sur 226 · ARMÉNIE · texte numérisé non relu

ARMÉNIE

a subi dans sa religion, comme dans sa vie politique, le contre-coup des événements aux(]U(»ls elle a été mêlée. La religion primitive fut la mythologie de la race aryeime dont les Arméniens forment un des rameaux ; le contact avec les populations mésopotamiennes et en particulier les liens politiciuesqui rattachèrent T Arménie pendant plusieurs siècles à Tempire assyrien eurent pour effet d'y introduire les croyances et les rites du naturalisme assyro-babylonien (voyez Ass^/rie). Les adorations populaires curent pour principaux objets la déesse Anahid (FAnatou Anaïtis des Chaldéo-Assyriens), puis Sbantarad, Valiakn et Nané, dieux guerriers correspondant à Mérodoch, Nergal et Adar-Samdan. 11 faut joindre à ces personnages divins, connus par Moïse de Khorène, ceux qui nous sont révélés par les inscriptions cunéiformes, Bagabarta ou Bagamazda (lecture douteuse), qui paraît avoir joué le rôle d'un dieu suprême, et Haldia, la divinité spéciale du pays de Van. Le pillage de son principal sanctuaire, situé à Mussassir, est représenté dans les bas-reliefs de Khorsabad; la légende de Sémiramis était également répandue. On ne saurait déterminer rinlluence exercée par le magisme des Mèdes, mélange du mazdéisme, du sabéisme et des croyances propres aux tribus touraniennes. Tigrane, allié de Cyrus (sixième siècle av. J.-C), embrassa la religion de Zoroastre et la propagea dans ses Etats, où elle devint bientôt prédominante, mais en se combinant avec quelcpies restes du polythéisme assyrien.

M. Vernes.

Arménie (Eglise d'). Il est»très-vraisemblable d'admettre que T Arménie, contrée voisine de la Syrie et de TAsie-Mineure, reçut de bonne heure la visite des missionnaires chrétiens. Toutefois, on ne trouve guère à l'origine de l'Eglise arménienne, que des légendes ou des traditions assez confuses. Ainsi , s'il fallait en croire un historien arménien. Moïse de Khorène, <[ui con)posa son histoire d'Arménie vers 460, ce serait à la suite de la correspondance d'un roi d'Edesse, Abgare (voir ce nom) avec Jésus ([ue l'Evangile aurait été introduit en Arménie ; l'apôtre Thaddée en aurait été surtout |le plus ardent propagateur. Barthélémi, Jude, et même Thomas sont cités à côté de lui et ont leur place dans les martyi'ologes grec et arménien. Quoi qu'il en soit, la foi chrétienne était déjà assez répandue dans le pays, lorsque parut le véritable apôtre de l'Arménie, saint Grégoire î'Illuminateur. Avec lui commence vraiment la période historique de, l'Eglise arménienne. Grégoire était Arsacide d'origine et issu des rois parthes. Son père, Anak, avait assassiné à la chasse Chosroës le Grand, roi d'Arménie, à l'instigation d'Ardaschid P% roi de Perse, qui convoitait la possession de l'Arménie. Chosroës, en rendant le dernier soupir, ordonna de mettre à mort Anak et toute sa famille. Grégoire, échappé à ce massacre, fut emmené, âgé de douze ans seulement, à Césarée de Cappadoce où il fut recueilli chez le frère de sa nourrice et élevé dans les croyances de l'Evangile. Parvenu à l'âge d'homme, il se maria avec la lille d'un prince arménien, mais les deux époux ne tardèrent pas à se séparer, d'tni commun accord, pour se vouer tout entiers à Dieu. Grégoire se rendit en Arménie et essaya de réparer le

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