‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 19 sur 226 · ABRAXAS · texte numérisé non relu

ABRAXAS

grecque, d'un style souvent barbare; plusieurs en koptc ou en quelque autre langue orientale ; on rencontre aussi de longues séries de voyelles diversement groupées^ Oee, Aeu, hei, etc. Parmi les termes qui se retrouvent sur la plupart des gemmes (iao, semeseilah, ghkoubi), celui qui a le plus attiré Tattention des archéologues, cVst Abraxas ou Abrasax, qui semble expliqué par un passage d'Irénée. L'évéque de Lyon, Eefut, 1, 34, parlant de la doctrine des Basilidiens dit : <( Le chef des deux (ou des mon< des spirituels) est Abraxas, car il renferme 365 unités ; »> c'est-à-dire en additionnant la valeur arithmétique des lettres dont se compose ce mot, on obtient le nombre 365, qui est le chifire de la totalité des émanations divines ; Abraxas, est donc, suivant Basilide, le nom du Dieu manifesté ou de l'ensemble des manifest^itions du Dieu suprême. Gett^ indication, que Théodoret confirme, a porté le premier savant qui s'occupa de ce sujet, Jean Lheureux, chanoine de Tournay, mort en ^614-, à attribuer aux Basilidiens toutes les pierres gravées de ce genre ; son traité (Joan» Macarii Abraxas, seu Apistopistus, qux est antiquaria de gemmis basilidianis dxsquisitio) ne fut publié qu'en 1657 parChiflet, chanoine deTomv nay, qui y joignit une dissertation : Abraxas proteus, Pignorius (1669), Gorlaeus (1695), Capello (1702), Maffei (1707), Montfaucon (1722), Lip^ pert (1755), Kopp (1827), Walsh (1828), continuèrent dans cette voie, publiant des descriptions plus ou moins exactes de pierres inconnues et les accompagnant de conjectures fort aventureuses. J.-B. Passeri, vicaire général de Fesàvo (Thésaurus gein. astriferarumi cura Gori^ 1750), rompit avec la tradition et contesta que ces monuments aient appartenu aux gnostiques. Bellermann {Ueber die Gemmem der Alten^mit detu Abraxas bildey 3 progr., 1817-1819) revendiqua de nouveau le caractère gnos<> tique des Abraxas ; il essaya de les interpréter au moyen de l'hébreu et du kopte, et donna le premier essai de classification; mais ce fut un tableau si compliqué (les abraxoides et les abraxastes, ceux-ci divisés en douze classes, dont chacune comptait des subdivisions) que Fauteur luimême ne put en faire un usage utile. J. Matter, dans la i^ édition de son Histoire du Gnosticisme^ avait publié les spécimens les plus importants, et la seconde édition devait être accompagnée d'un traité beaucoup plus complet ; mais ce travail n'a point paru. Le professeur W. King {the Gnosties and their remains, Londres, IH67) a pertinemment utilisé les travaux de ses prédécesseurs. Mais jusqu'ici l'explication des Abraxas n'a pas été trouvée. Du moins quelques principes sont acquis pour l'étude de ce domaine. Tout d'abord il importe de distinguer soigneusement entre trois sortes de pierres gravées, celles qui appartiennent exclusivement au paganisme, celles qui furent à l'usage des chrétiens, et celles qui ont seni aux sectes gnosti({ues et qui par conséquent renferment ded symboles empruntés aux deux catégories précédentes. La troisième dasse ne pourra être interprétée, et c'est ce qui relarde la solution du problème, qu'après une explication satisfaisante des signes appartenant aux deux premières^ Alexandrie fut le foyer principal du gnosticisme, et ce sont lés symboles égyptiens qui fourniront le plus de lumières ; l'Asie Mineure ne vient qu'en seconde ligne et pour des monuments d'une époque plus récente. De plus, les Abraxas ne paraissent pas don-

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