‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 184 sur 226 · ART · texte numérisé non relu

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de douloureux que présenU»iit toutes les créations du moyen âge. Dts que, avec la Renaissance, la chrétienté essaye de soulever ce linceul de la mort qui l'enveloppait, Tart cherche à s'émanciper à son tour et trouve ses meilleures inspirations dans l'imitation des chefs-d'œuvre du paganisme et dans l'étude de la nature reproduite d'après eux. La conclusion rigoureuse de cet examen des faits semble donc être c«lle-ci : ou l'art chrétien est pénétré de l'idéal ascétique du moyen âge ou il ne l'est pas, et l'on serait tenté de lui appliquer cette parole de Jésus-Christ : « Mon royaume n'est pas de ce monde. » — Mais la piété chrétienne ne se confond pas avec l'ascétisme. Jésus-Christ, intercédant pour les siens, disait à son Père : « Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal » (Jean XVII, 15). Ce n'est pas la mutilation mais la restauration de l'hommeque l'Evangile se propose, et, dès lors, aucun des éléments qui constituent notre être ne doit être sacrifié. La contemplation du beau, envisagé comme la splendeur du vrai, joue un rôle dans notre éducation morale ; celle-ci ne sera complète que lorsque toutes les sphères de notre activité comme de notre pensée auront été pénétrées de l'idéal ciirétien et assujetties aux desseins du royaume de Dieu, selon cette remarquable parole de saint Paul : « Toutes choses sont à vous, mais vous êtes à Christ et Christ est à Dieu » (1 Cor. 111, 22). On peut dire, dès lors, iju'un vaste champ s'ouvre aux inspirations de l'art chrétien. 11 nV>t pas difticile de signaler en quoi il différera de l'art païen. Jamais la matière ou la forme ne seront pour lui le but de ses créations; il les considérera, ainsi que le corps lui-même, comme l'habitation, le temple de rhôte divin dont il a charge de reproduire les impressions. Toujours la dignité de ce « roseau pensant » reluira sous la splendeur des formes. Mais l'expérience de dix-huit siècles ne nous autorise-t-elle pas à conclure que, dans le domaine du beau, surtout en ce qui concerne les arts plastiques, l'idéal de l'art anti((ue ne sera pas dépassé ? Sans nul doute, par suite des conditions particulières de son sol, de son climat, de sa race et de sa civilisation, la Grèce nous présente, au point de vue de la forme artistique, soit dans rarchitecture, soit dans la sculpture, des types d'une pureté de lignes, d'une harmonie de proportions, d'un mélange heureux de grâce et de force, qui ne cesseront de déjouer et de confondre les efforts de l'art moderne. A cet é«^rd on peut dire que les arts plastiques, dès celte première et charmante éclosion sur notre sol européen, ont acquis un degré de perfection ijui ne pourra plus être, sinon atteint, du moins dépassé, et qui, dans cette sphère particulière, constitue le type immortel du beau. Mais le beau ne réside-t-il que dans la pureté des lignes et dans l'harmonie des proportions? L'expression n'est-elle rien, et j'entends, non pas seult»ment l'expression d'un type convenu, mais l'expression dans la richesse inépuisable et l'inlinie variété de l'individualité humaine. Nous croyons que l'antiquité conservera une supériorité incontestée dan> les arts qui, comme l'architecture, et, en un certain sens, la sculpture, ne comportent pas, grâce au but qu'ils poursuivent et à la matière dont Is disposent, un riche développement de l'expression indi\idueHe:

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c'est une idée collective que réalise, dans le marbre ou dans Tairain, le ciseau de l'artiste, et il ne pourra guère faire autre chose que de puiser dans le trésor des traditions du passé. Mais, par contre, partout où l'expression individuelle des pensées et des sentiments de l'âme joue un rôle capital, comme dans la peinture ou dans la poésie, l'art moderne pourra essayer de rivaliser avec Fart antique. N'oublions pas que c'est le christianisme, en réalité, qui a attranchi l'individu, et qui, par cela même, a donné ou refait une àme à chacun, non-seulement au héros et au sage, mais au plus déshérité comme au plus coupable, que dis-je, à la nature inanimée elle-même qui, sous le pinceau de l'artiste ou sous la lyre du poète moderne, se colore de nos impressions individuelles, rellète nos joies et nos tristesses et semble vivre de notre propre vie. C'est dans la musique, cet art par excellence des temps préscEts et futurs, que l'âme, éprise de l'idéal, épanche ou retrouve avec le plus de tidélité ses inspirations diverses. Les formes impalpables de cet art presque divin n'empruntent rien ù la plastique antique et, dans ses vibrations, tour à tour douces et graves, les sentiments de l'âme humaine, y compris le plus élevé de tous, le sentiment religieux palpitent et résonnent avec la grâce souveraine du beau. — Voy. les articles Aixhitecture^ Sculpture, Peintm*e, Poésie^ Musique religieuse.

F. LiCHTENBEBOEB.

ARTAXERXËS [Ârthachschaschthà, en persan, grand ou puissant roi], nom ou plutôt titre de plusieurs rois de Perse dans l'Ancien Testament. — 1. Celui qui est mentionné EsdrasVI, 7-8 parait avoir été le faux Smerdis, qui monta sur le trône par une conspiration des prêtres, comme prétendu lils de Gyrus et frère cadet de Cambyse (552 av. J.-C.), mais ne régna que huit mois. Sous son règne, les travaux de la réparation des murs de Jérusalem furent interrompus (Esdras IV, 23,24). — 2. La plupart des commentateurs estiment avec Josèphe {Anliq.jyÂ. 5-6) que c^lui dont parle Ësdras VU, l, 11 est Xerxès, successeur de Darius Hystaspe, qui permit, dans la septième année de son règne f479 av. J.-C), à Esdras d'aller en Judée avec sa colonie, et lui donna l'autorité la plus étendue. D'autres, au contraire, le confondent avec Darius Longuemainjdont il est question Néh. 11, 1 ; V, 14 ; XIU, 6, qui, dans la vingtième année de son règne (444 av. J.-C), autorisa son échanson, Néhémie, à retourner à Jérusalem et à en rebâtir le§ murailles.

ARTÉMON vécut à Rome à la lin du deuxième siècle. 11 enseignait que Jésus-Christ était un simple homme, qui ne s'était pas trouvé avec Dieu dans un rapport particuher. Pour appuyer son opinion, il invoquait l'autorité des prophètes, qui n'avaient annoncé qu'un Messie pureinent iiumain, celle des apôtres qui n'ont entendu la divinité du Christ qu'au sens moral, et le témoignage de Jésus-Christ lui-même qui s'était de préférence appelé le Fils de l'homme. C'est à ciiuse de sa vertu que Jésus a mérité d'être divinisé. Artémon retient sa sainteté parfaite et mâme sa naissance surnaturelle. Les artémonites soutenaient que leur doctrine était plus ancienne que celle du Verbe, et qu'elle avait toujours été enseignée à Rome justpi'à l'avènement de l'évêque Zéphyrin. Leursadver-

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saires les accusaient d'avoir puisé leur rationalisme dans l'étude d'Euclide, d'Aristote et de Théophraste, et d'avoir appliqué à Texégèse biblique les principes d'une critique arbitraire, reproche que les artémonites ne manquent pas de retourner contre les orthodoxes. Condamnée par les conciles de Nicée, d'Ephèse et de Chalcédoine, Thérésie d'Artémon conserva des partisans jusqu'à la fin du troisième siècle (voy. Eusèbc, Hist. eccl., V., c. î^8; Théodor., Hxret. Fah.^ Il, c. 4 ; Neander, Kirchengesch., 1, p. OO'a ss., et Borner, Entwiklungsgesch. der Lehre von der Persan C/instï, 1, p. 508 ss.)|ont discuté d'une manière intéressante les rapports qui existaient entre l'hérésie d'Artémon et celle de Théodose de Byzance.

ARTICLES DE FOI. Ce terme est employé dans des sens différents. Dans les traités de scolasti(iue, les articuli désignent simplement les sousdivisions des quivstioms ; au seizième siècle, les Eglises de la Réforme se sont servies de ce mot pour désigner certaines confessions de foi (les articles de Smalkalde, ceux de Torgau, les trente-neuf articles del'Eghse anglicane, les neuf articles du synode de Dordrecht, etc.). HoIIaz, Quenstedt et les dograatistes protestants du dix-septième siècle ont compris sous ce nom l'ensemble des vérités révélées unies entre elles par un lien organique (telles (pie le sont les articulations de la main). Ces vérités sont déterminées, par l'Eglise, d'après les saintes Ecritures. Depuis Hunnius (diaTxs'^iç, De fuudamentali dtssensu docirinx Lulheraiw et Calviriiiv, Vit., 162(5, 1663), qui y a été poussé dans un intérêt de poémique, les dogmatistes ont établi entre les articles de foi une série de distinctions plus ou moins subtiles, soit en ce qui concerne leur origine ou provenance (principe formel), soit en ce qui regarde leur objet ou but (principe matériel). A. I. Les articuli puri qui ne s'appuient que sur le seul témoignage de la Bible : ce sont les mystères proprement dits ou les doctrines chrétiennes qui dépassent la raison humaine. 11. Les articuli mixti sont ceux qui, bien qu'également contenus dans la Bible, peuvent néanmoins être reconnus par la lumière naturelle do la raison. B. 1. Les ajUiculi fuudamentales, subdivisés eux-mêmes : 1° en primarii, dont la connaissance est absolument nécessaire pour être sauvé, et 2* en serundarii dont l'ignorance n'est pas un obstacle absolu au salut, mais dont la négation ou la contestation peut en ébranler l'assurance. Les articuli iirimarii se divisent eux-mêmes: a. en constitutivi, qui donnent d'une manière immédiate naissance à la foi, et b. en ronservaticiy qui servent de fondement aux précédents, soit qu'ils paraissent nécessaires pour en démontrer la vérité (antécédentes), soit qu'ils découlent logiquement de leur affirmation (conséquentes). 11. Les articuli non fundamentales sont ceux qui ne sont pas nécessaires au salut et sur lesquels des divergences peuvent, à la rigueur, se produire, à condition toutefois que la vérité d'aucun article fondamental n'en soit ébranlée. Telles sont, par exemple, la doctrine de la chute de certains anges, celle de l'Antéchrist, celle de l'origine des âmes, etc. — Malgré leur subtilité, ces distinctions n'ont pas été inutiles au développement de la science religieuse: d'une part, elles ont habitué l'esprit humain à démêle:, dans la masse confuse des dogmes, les vérités essentielles, le

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