ARTICLES — ARTOIS G
principe sDuverain et «onérateur, en vertu ducfuel renseuiblc du système doit être constitué; de l'autre, elles ont contribué à populariser cette idée essentiellement moderne que tous les dogmes n'ont pas là même importance au point de vue religieux, qu'il est possible et même légitime d'admettre certaines divergences dans l'exposition des systèmes dogmati(|iies et d'user en prati<iue de tolérance et de respect visa-vis de ceux cliez lescpiels ces divergences se manifestent. Le rationalisme, depuis Semler, a abandonné l'usage de ces distinctions. A ses veux, tous les nrtiruii fidei sont mùfi ou si l'on veut jpun\ mais dans «nsens opposé à celui desHunnius et des Quenstedt, puisque c'est la foi purement subjectivequi en est la source commune, soit qu'elle les puise directement <lans la raison, soit (lu'elle les tire delà Bible, au moyen de l'interprétation ratioimelle. Cette», subjectivité qui leur est propre le:u* enlève le caractère d'absolue nécessité (jui donnait une importance pratique à la distinction entre les ai'ticles fondamentaux et ceux (pii n'étaient pas considérés comme tels. Quelques dogmatistes modernes maintieinient la distinction entre les doctrines essentielles et l<*s doctrines secondaires, et, parmi le^ premières, entre celles (jui sont universellement proclamées par toutes les Eglises et celles ([ui sont spéciales à telle ou telle communion particulière. Mais la ligne de démarcation tnitre ce (|ui est essentiel et ce <iui est secondaire sera toujours diflicile à tracer. Dans un système bien organisé tout se tient, et en ce qui con(!erne l'idée ou le principe (|ui est à sa base, l'auteur peut avoir dépassé ou négligé la somme des vérités (pie d'autres regar- •<l«int connue fondamentales. — Voy. les prolégomènes des ouvrages tltï dogmatique, et en particulier Hase: Hutlcrua 7*edwivitSy T é<iit., Leipz., 1848, p. 22 ss.
ARTICLES ORGANIQUES ou loi du 18 germinal an X (8 avril 18(^2).
Vovez Concnnint.
ARTOIS. Dans cette province se manisfesta, dès le moyen âge, une vive opposition à l'Église romaine. En 102o, un grand nombre de caillants furent emprisonnés à Arras ; ils semblèrent céder devant la p(*rsécution, mais leur nombre ne lit qu'augmenter. Au milieu du douzième siècle, l'évèque Frumald les trouva si nombreux, qu'embarrassé de les combattre, il ne sut qu'exprimer son chagrin à Alexandre III, qui se borna à re<*onmiander la surveillance la plus active. En 1182, une violente [)ersécution éclata; beaucoup de personnes de toutes couditions]périrent sur le bùclierou furejit privées de leurs biens. L'Église €athar(» se retira de nouveau dans l'ombre, mais son inlluence demeura grande ; un écrivain de ce pays, Evrard de Bétliune, consacra un traite spécial à réfuter ses doctrines. Il est probable ([ue les enseign(imenl:> clés vaudois se substituèrent peu à peu à ceux des cathares dans cer contrées connue dans le reste de la France, car c'est sous le nom de vaudois (pie nous retrouvons des chrétiens pei*sécutés plus tard dans l'Artois. En l'tOO, l'inquisition en tit brûler plusieurs à Arras; mais ils S4» trouvèrent si nombreux et si influents qu'on ne put les poursuivre tous. Soixante ans après, la Réforniation éclata, et fut là, comme ail- 4<'urs, accueilli!- par les vaudois. On sait, d'une manière positive, que
624 ARTOIS — ASBURY
telle fut rorijçine de TÉglise de Wanquetin, près d'Arras. Dans celte ville, le protestantisme ne put pas s'implanter, mais il s'étendit dans les environs et dans d'autres parties de la province. Après la révocation de redit de Nantes, la plupart des protestants de TArtois émiprèrent, et lors de la restauration du culte protestant, on ne retrouva plus que quelques petites Églises pour lesquelles un pasteur fut placé à Wan- <juetin , puis un autre à AiTas. Une Église, de formation récente, a été établie à Boulogne. Ed. Moi^nier.
ASA ['A s à, 'A^a], lils et successeur d'Abia, roi de Juda, régna de oo à 914 avant Jésus-Christ. Il chercha à extirper F idolâtrie, sans épargner sa mère adonnée au culte des faux dieux (I Rois XVI, 12 ss.), augmenta et régla les revenus du temple (V, 15) et fortifia le culte de Jéhova par une cérémonie imposante à laquelle assistèrent même des habitants d'Israël (2 Chron. XV, 8 ss.). Les affaires militaires occupèrent une partie considérable de son règne. Il augmenta le nombre dc*s places fortes, ainsi que Teffeclif de Tarmée (2 Chron. XIV, 6 ss.), et entreprit une gueiTe heureuse contre le roi d'Israël Baasa, au sujet de la forteresse de Rama dont il s'empara et qu'il détruisit à Taide de troupes syriennes (I Rois XV, 16-22 ; 2 Clu'on. XVI, 1-6). Cette alliance avec le roi de Syrie attira à Asa les reproches du prophète Hanani, qui expia sa courageuse franchise par la mort (2 Chron. XVI, 7 ss.). Le livre des Chroniques parle seul d'une campagne dirigée contre Zéraph, roi d'Ethiopie, avec des détails qui rendent ce récit assez invraisemblable (2 Cliron. XIV, 9 ss.).
ASAPH ['A s âph, 'Aciç], 1® Nom d'un chroniqueur sous le règne d'Ezéchias (2 Rois XVIII, 18; Esaïe XXXVI, 3). — 2<> Maitrc-chantre et poète de la cour du roi David, originaire d'une famille lévitique et honorée du surnom de Voyant (1 Chron. XV, 17 ; XVI, 5 ; 2 Chron. XXIX, 30, etc.). On lui attribue la composition de douze psaumes (L;LXXIII-LXXXI1I), dont la plupart, toutefois, paraissent appartenir à une époque postérieure. Ses descendants héritèrent de ses dons et de sa charge (2 Chron. XX, 14 ; EsdrasII, 14; 111, 10; Néhem. Yll, 41).
ASBDRT (Francis), né près de Birmingham le 20 août 1745, fut le principal fondateur de l'Eglise méthodiste épiscopale des Etats-Unis. Fils de paysan, il ne reçut qu'une cuUure première insuflisante, qu'il compléta en grande partie par un travail personnel et par de nombreuses lectures. 11 fut amené de bonne heure à la foi par le ministère des évangélistes itinérants de Wesley. A dix-sept ans il commença à prendre la parole dans les réunions de culte, et il n'avait <jue vingt-un ans lorsqu'il (juitta tout pour devenir l'un des /leljM^rs de Wesley. Quehjues années plus tard, à la conférence de 1770, il s'offrit pour la mission d'Américpie, et Wesley, qui avait reconnu en lui de grandes qualités, accepta ses services. En 1772, il lui confia, avec le titre d'assistant^ la direction de l'œuvre américaine, Ci, lorscjue la Rt'»volution eut brisé le lien ([ui rattachait les colonies ù l'Angleterre, il lit d'Asbury (1784) le premier évêque résidant de l'Eglise métliodisto épiscopale des Etats-Unis (voy. Tarticle Eglise viéthodiste épisropak), Quoi(|ue inférieur à Wesley par la culture et par les talents, Asbury lit
ASBURY — ASCESSIOX 625
t»n Amérique une œuvre aussi profonde et plus étendue que la sienne en AngleteiTe. Comme lui, il était à la fois organisateur de premier ordre, et évangéliste incomparable. Pendant près d'un demi-siècle, il parcourut sans relàcJie la contrée en voie de colonisation, prêchant tous les jours, voyageant, le plus souvent à cheval, à raison de deux mille lieues par année, et ser\ant de traif d'union entre les Eglises des Etats de r Atlantique et celles (jui surgissaient de tous côtés dans les prairies et les forêts de TOuest. Il lit de son Eglise une armée fortement organisée et disciplinée militairement, et il sut faire passer le zèle qui le consumait dans Tàme de ses frères. Sous sa direction, l'Eglise méthodiste des Etats-Unis prit une extension rapide ; elle venait de naître lorsqu'il arriva en Améri(iue, et quand il mourut en 181(5, elle comptait til(,0(X) n:enibres. Durant son long épiscopat, Asbury conféra l'ordination à 4,000 pasteurs environ. — Sources: les Histoires du Méthodisme américain de Bangs et de Stevens ; W. P. Strickland, The Pionent* Bishop^ fhe Life and Times of Francis Asbury, Matth. Leliêvre.
ASCALON ['Ach((elon, 'AsxaXwv , 'Ar/.aX(i)V'.cvl, l'une des cinq villes confédérées des Philistins, située sur le bord de la mer, à 10 milles au nord de Gaza et à 53 de Jérusalem. Elle n'appartint jamais aux Hébreux; unpassage du Livre des Sages (1, 18) pourrait faire croire qu'elle fut prise par la tribu de Juda, mais cela est démenti par le verset suivant. Ascalon possédait un antique sanctuaire de la déesse ichtliyomorpheDercelo (Atergafis), dont le culte était dans un rapport étroit avec celui de su lille Sémiramis {Aphrodite-/ ranin). A côté du temple était un bassin où l'on élevait des poissr)ns sacrés i Ilérod. l, 103; Diod. IL 3). Les bandes de Scythes qui pénétrèrent jusqu'à ia frontière rrEgypte, en 02o, pillèrent, en passant, le temple d'Ascalon. Pour ies punir, la déesse les frappa d'une maladie secrète. Ascalon resta jusque sous les Romains une ville libre (Pline, //. IV,, o, 14). Hérode le (irand, (jui y était né, l'embellit beaucoup, bien qu'elle ne lui appartint pas; après sa mort, elle devint la résidence de sa sœurSalomé (Jos., BelL Jud,, 1, 21, 11 ; Aiit.y XVll, M, 5). A l'époque chrétienne, elle fut le siège d'un évêché. Le premier évéciue connu est de 3lo. On en trouve ensuite jusque vers 1)30-40. Au douzième siècle, l'évêché fut transporté à Bethléhem. Ascalon possédait de riches jardins et des eaux délicieuses; elle était célèbre pour son vin et ses échaloltes (ascalonia). Aujourd'hui encore on voit sur son emplacement de grandes ruines au milieu d'un amphithéâtre de collines qui regardelamer (Guérin, Peser, delà folest., IL p. 135ss.; Tobler,3^'' Umidt'runy, 18i57,p. 35ss.; Socin, Uandb., p. 339 ss.).
Ph. Dkboeb.
ASCENSION DE JÉSUS-CHRIST. Le livre des Actes des Apôtres rapporte que Jésus-Christ, quarante jours après sa résurrection, fut élevé au ciel, aux yeux de ses disciples (1, 3-11). L'évan«file selon saint Luc raconte, avec moins de détails, le même f^it. L'évangile selon saint Marc le mentionne brièvement, mais dans un morceau (XVI, l)-âO) ([ui est aujourd'hui généralement considéré comme un appendice étrang<'r à la composition primitive de cet évangile. Le premier et le quatriènii» évangile sont muets sur le fait de l'ascension de Jésus-