ASCENSION — ASCÉTISME
maine supra-sensible où Dieu règne sans partage (Matth. M, 10; voy. l'article Ciel). Nos divers récits de Tascension se plaçant surtout au point de vue de l'apparence, il est probable que presque partout, sinon partout, le mot ciel doit y être pris dans le premier de ces deux sens. Il n'en est pasmoins vrai que, pour toutrensembledenosdocumentsévangéliques, Jésus, aprèsavoirdisparuaux yeuxdesesdisciples, rentra dansle domaine où le règne de Dieu est une absolue réalité. L'objection (jue Ton a faite à la possibilité de Tasc^nsionau point de vue du système de Copernic, lequel a détruit Tancienne notion d'un ciel placé flw-^/essMS de la terre, est aussi puérile que Tétait cette notion elle-même. Nous touchons ici aux confins de deux ordres, dontTun tombe sous nos sens et dont l'autre leur échappe, en lui-même et dans les conditions d'existence qui y sont réalisées. Cela nous oblige à une grande réserve. Le corps de Jésus-Christ, élevé au ciel, est son corps glorifié, c'est-à-dire son corps ancien élevé aux conditions d'une vie absolument spirituelle (voir sur l'apparition de Jésus glorifié à saint Paul, mentionnée 1 Cor. XV, 8, l'article Résurrection de J.-C). D'après la doctrine luthérienne stricte, représentée par la Formule de concorde, le corps glorifié de Jésus-Christ serait présent partout (voy. l'article Ubiquité). Les réformés, d'accord en ce)a avec les catholiques, n'admettent pas T ubiquité du corps glorifié du Christ (voy. Calvin, Institution chrétienne, liv. II, ch. XVI, § 14). L'ascension de Jésus-Christ est le couronnement nécessaire de son œuvre rédemptrice. En lui, l'humanité, victorieuse de la mort a été restaurée et glorifiée (Eph. II, 6). On ne saurait nier l'importance doctrinale de l'ascension du Christ, qu'en se plaçant au point de vue d'un idéalisme aussi contraire aux sentiments primordiaux de notre nature qu'à l'esprit de l'Ecriture sainte. lU Hollard. ASCÉTISME. Ce mot n'a point encore été adopté par l'Académie française, mais il a pris droit de cité dans les sciences morales et théologiques. Il nous vient du grec, où le verbe i^xéo) et ses dérivés se disaient du régime particulier et des exercices systémati([ues par lesquels les athlètes entretenaient leur vigueur et se préparaient au combat. Les stoïciens, pour arriver à l'ataraxie, les néo-platoniciens, pour atteindre Dieu, s'imposèrent une rigoureuse discipline. C'étaient des athlètes spirituels : le philosophe fut appelé i^xr^rrî^, son genre de vie Pvsç ar/.r<T'.xcç, et sa demeure aTxr^Tr^pisv. Os expressions passèrent naturellement dans la langue des chrétiens, qui sont appelés aussi au renoncement et à la lutte (1 Cor. IX, 2'i-27). On finit par les appliquer spécialement aux moines de l'un et de l'autre sexe (i^/.r^Tiy.c^ xn^z, ir/.r^Tp'.a) vivant dans des cellules (aTXYjTiy.Y; xaXj^T;) et dans des monastères (ajy.Y;TT(^c'cv). Leur genre de vie fut V olt/^t^t,^. De là le mot « ascétisme » qui désigne d'une manière générale un système de vie tout composé d'abstinence et de mortifications. La Grèce a donné le mot, mais c'est l'Inde qui a* présenté la chose même dans sa réalisatio» la plus complète. Pour le brahmanisme comme pour le bouddhisme l'existence individuelle est un mal (ju'il faut détruire pour se perdre dans Brahma ou s'anéantir dans le Nirvana : arriver à ne plus sentir, ni penser, ni vouloir, c'est le but suprême. Le moyen, c'est une sorte