ASCÉTISME
de suicide projrressif, sysU'Muatiquoinent or^^aiiisé, s'alta(}uanl noiisculeineut à la vie du corps, mais à celle de l'àme : privation de noui*riture, de sommeil, d'abri, de vêtements; séparation de la . famille et de la société; reclierche de la souifrance sous toutes les formes; extinction de toute affection, de tout désir, de toute pensée, les ascètes de rinde se sont montrés effroyablement inventifs et résolus (voy. Bochinger, La Vie contemplative^ ascétique et monastique chez les Indous et citez les peuples bouddhistes, Strasb., 1831; Pfleiderer, Die Religion,
II, p. 11)7, iOa-âO'i, 219-223 ; Wuttke, (ieschichte des Heidenthums, etc.). Ces terribles prati(|ues étaient la consé<iuence des croyances fondamentales de ces religions : le panthéisme et le nihilisme doivent logiquement conduire ou à la licence ou à Tascétisme effrénés. On en peut <lire autant, quoique à un moindre degi'é, de toute doctrine duahste, attribuant un côté plus ou moins considérable de Tcxistence au principe m-iuvais. — L'hébraïsme, par son afiirmation sur Torigine de toutes choses (Gen. I, 1, 31), par son enseignement caractéristique sur le lien qui doit unir dans ce monde même la justice et la prospérité, le péché et la souffrance, a rompu avec toute espèce de panthéisme et de dualisme, et Ton se tromperait fort si Ton voyait dans les lois de pureté, dans le vœu dunazaréat, dansle jeûne de certanies journées, des maniues d'ascétisme. La signiiication de ces usages est tout autre, (y est plus tard seulement (jue, sous des influences étrangères, les esséniens, les thérapeutes et surtout Philon (Z>(? vita contemplativa) lirent entrer les prati(|ues ascéticjues proprement dites dans le judaïsme. Uien n'est plus contraire à Tascétisme que le fond même de la doi> trine morale, comme les prémisses métaphysicfues de l'Evangile: nonseulement il maintient avec l'hébraïsme la création de toutes choses par un Dieu saint et bon; mais, en annonçant l'incarnation de la Parole éternelle <[ui était avec Dieu, qui était Dieu, il réhabilite en <}uehfU(; sorte l'existence terrestre et la matière même. Il fait d'ailleui's dépendre Tentrée dans le royaume de Dieu de la nouvelle naissance opérée par TEsprit, et cette action régénératrice deTEsprit est promise à la foi qui est un lien tout moral de l'àme avec Dieu ou Christ (Jean
III, 3-8; Rom. VIII; 2 Cor. V, 17, etc.). Il résume la vie sainte tout entière dans l'amour de Dieu et des hommes; il proc^lanie le néant des observances extérieures (Matth. XV, 11; Col. Il, 20-23) et le droit de Tenfant de Dieu à user de toutes clioses avec actions de grâces (1 ïim.
IV, i; Rom. XIV, 1-20; 1 Cor. X, 2o-:iG; Act. X, 15). Le corps luimême est mis en honneur; dès à présent, temple de l'Esprit et membre du Christ (2 Cor. V, 15-19), il est destiné à la gloire de la résurrection (1 Cor. XV). Aussi, doit-il être respecté (2 Cor. VI, 13-20) et toute souffrance ou privation qu'on lui imposerait arbitrairement est condanmée (Col. Il, 23). La chose seule nécessaire, c'est le développement de riionnne intérieur (Eph. III, 16-17), et TEsprit (jui anime le chrétien n'est pas un esprit de servitude, de scrupule et de tristesse, c'est un esprit de liberté et de joie (Rom. VIII, 15; 2 Cor. 111, 17; Jean XV, 11; Philipp. III, 1: IV, 4 ss.; I Pierre I, 3-9, etc.). — Cependant le christianisme a [)résenié un développement d'ascétisme qui peut se comparer
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à celiù de riiuie, qui le rappelle parfois, jusque dans le détail, d'une favou singulière (Zœckler, Krit. (iesch.de?' Askese, 1863). On ne doit pas chercher Texplication de ces ressemblances dans une influence positive de rinde qui se serait exercée sur la chrétienté par Tintermédiaire des gnostiques et des néoplatoniciens. Il y a là des causes plus profondes : d'une part, la nature humaine qui est partout la même; de Tautre, certains côtés de la vie chrétienne qui peuvent aisément être tournés à Tascétisme. Il ne manque pas, en effet, de déclarations <lans TEvangile, où la vie nouvelle est présentée comme un renoncement total (Matth. XYI, 24) , un dépouillement absolu (Matth. XIII, 44, 46; MarcX, 21, 29-30; Eph. IV, 21-22, etc.), une mort (Col. III, 5; Matth. X, 38, etc.) : expressions énergiques qui rappellent celles des bouddhistes et ont fait dire à Schopenhauer que la profonde véritt'; du christianisme, c'est sa négation de la volonté de vi vre, fondement de Tascète. Il est vrai que la ressemblance n'est (fu»extérieure, qu'une diftérence infinie sépare les deux morales comme les deux métaphysiques : le boudhiste meurt pour n'exister jamais plus; le chrétien meurt pour revivre ; le premier détruit en lui toute vie; le second détruit la vie fausse et mauvaise et la remplace par la vie véritable (Matth. XVI, 2o; Rom. VI, 4-lï, 23, etc.). Le but de celui-ci, c'est la vie élernelle; le but de celui-là, c'est le néant. Il n'en reste pas moins vrai <}ue le renoncement et l'ab^ttincnce doivent jouer un grand rôle dans la vie du chrétien. S'il ne croit pas que (;e monde soit l'œuvre d'un mauvais principe, il sait «|ue sa patrie véritable est ailleurs, que le mal règne sur la terre et que la tentation y est partout. S'il ne croit pas que l'existence individuelle soit un malheur ou une souillure, il sent en lui un vieil homme qu'il faut anéantir avec ses convoitises (Gai. V, 24). Il connaît sa faiblesse et n'ignore pas qu'il doit s'entourer de précautions et fuir le danger. Sans doute, tout, en un sens, lui est permis, mais tout ne l'édifie pas (1 Cor. X, 23). Jésus-Christ commande de sacrifier même un bien légitime et cher, s'il est une occasion de chute (MaUh. V, 29-30; XVUl, 8-9) ; il donne à entendre qu'il y en a qui sont appelés, pour le service de Dieu, à quitter leur famille (Luc IX, 59-62), à vendre leurs bien>, à ne jamais se marier (Matth. XIX, 12, 21). Saint Paul , rajW>tre de la grâce toute gi'atuite, a déclaré (|ue, pour son propre compte, il usait d'abstinence, il matait son corps et le tenait captif (1 Cor. II, 23-27), et il adresse aux chrétiens de son temps des conseils de sobriété et de discipline personnelle d'autant plus significatifs et frappantf^ <ju'il revendique, on sait avec quelle généreuse ardeur, la liberté des enfants de Dieu ((lul. V, 13-16 ; 1 Thess. V, 6-8; Rom. XIII, 14, etc.). Si l'on va au fond de cet apparent ascétisme, après avoir écarté U*s (exhortations à éviter le péché proprement dit, on voit bientôt ou qn'il s'agit de vocations spéciales entraînant des sacrifices exœptioniiels, ou (jue les renoncements demandés sont des précautions contre la faiblesse humaine. Xi dans un cas ni dans l'autre, il n'est question d'un degré supérieur «le perfection et de mérite. On comprend que, vivant au milieu d'une société livrée à toutes les corruptions, les chrétiens des premiers temps aient donné une attention particulière à ce côté austère
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(le renseignement évaijgélif] no; qn'ils aient senti tout à la fois le besoin de protester, par une abstention bien caractérisée, contre la légèreté et la corruption païennes, et de se garder eux-mêmes contre la contagion environnante et contre leur propre fragilité; qu'ils aient été enfin amenés à être et à se glorifier d'être les vrais philosophes et les vrais ascètes. Il y aura toujours, dans une vie sérieusement chrétienne au milieu d'un monde profane, une attitude de réserve sévère et d'austérité. Mais il arriva (jue ee qui devait être un moyen seulement fut érigé en but. Comme il est plus facile de détruire (|ue de transformer et de travailler au dehors qu'au dedans, on poila tout l'eflbrt de la piété à dépouiller l'existence et à martyriser le corps. On mit la perfection dans ce qui était précaution prudente ; donc, signe d'imperfection et de faiblesse. On se fit un mérite de ces privations et de ces souffrances volontaires que le grand apôtre avait condamnées. On les offrit à Dieu connue une compensation ou une expiation des fautes commises. On s'en arma comme d'un droit assuré aux plus hautes récompenses du ciel. Dès lors, ce fut à <^ui inventerait pour soi-même ou pour sa communauté les plus pénibles mortifications. Une guerre implacable fut déclarée à la nature humaine, même dans ce qu'elle a de légitime, de noble, (le divin. On prit à tache de se dépouiller et de s'anéantir, comme si Dieu se faisait gloire de régner sur des morts. L'héroïsme qui est en puissance au fond des grandes âmes, au fond de toute àme ciuétienne, se porta avec une sorte d'entliousiasme aux renoncements et aux mortifications, comme il s'était porté en d'autres temps au martyre. 11 y eut même des épo(|ues où des populations entières furent saisies d'une fureur de pénitence corporelle et violente (voy. Flagellants). On était singulièrement éloigné de la spiritualité évangéli(iue, et non pas au profit de la vraie piété et de la vraie moralité. La Réformation proclama la grande doctrine de la justification par la foi, et, par ce seul coup, elle renversa cet échafaudage de pénitences extériem'es et méritoires. Gardons-nous cependant de l'entendre comme si les réformateurs avaient oublié les (exemples et les leçons apostoliques que nous rappelions tout à l'heure. Il serait facile de citer des paroles de Luther et de Calvin reconnaissant l'utilité et le droit, non pas d'une discipline méritoire imposée du deliors, mais d'une discipline appropriée par chacun à son état spirituel et n'ayant d'autre valeur comme d'autre but que de fortifier et de garantir la fidélité. C'est à ce titre (}ue le jeûne, par exemple , fut admis par les deux réformateurs (Luther, KL Catech., àruh^Ausler/» d. hei'gpi'edùjt , XLIIl, p. 193-îi02; Tiscltredenj etc. : Calvin, Insf., IV, c. 2, S l'^ï-iD). Le piétisme, et, à son origine, le méthodisme revinrent à ce point de vue scripturaire. En sonmie, la chrétienté évangélique rejette tout ascétisme qui serait imposé du dehors comme une règle uniforme, (jui aurait pour but de mutiler l'être humain et pour effet de l'asservir, qui prétendrait constituiîr un degré supérieur de perfection et un mérite. Elle admet que le chrétien doit exercer sur lui-même une discipline plus ou moins rigoureuse, en vue de prévenir les reculs et d'assurer le progrès de sa \\(' s])irituelle. C'est ce que quelques-uns ont appelé « ascéticpie » en
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revenant au sens étymologi((ue et premier du terme. La plîipaVdés systèmes évangéliques de tliëologie morale ont fait une piace dans leurs cadres à Tascétiquei II s'est trouvé cependant des théologiens pour contester la légitimité de cette façon de procéder. Ils font observer que le chrétien doit toujours, partout et immédiatement, faire son devoir et qu'il ne saurait avoir du temps de reste pour apprendre à le faire; qu'après tout la plus sûre manière et même Tunique de se rendre vertueux, c'est de pratiquer la vertu ; «jue cette prétendue ascétique ou bien ne serait qu'une lorme vide, un exercice sans objet et tout arbitrainî ; ou, si elle avait quehjue contenu ou quelque valeur, ne présenterait que des devoirs et rentrerait dans la partie de rétliique où les devoirs sont exposés (cf. Schleiermacher, Grundlinien einerKriiik dcr bisher. Sittenlehre^ p. 429 ss. ; Rothe, TheoL Ethik^ \\\, § 861 ; Gass, (kr sittliche Werth des Asketisckcn. Jahrb. f. d. 7%eo/.,XVIIl, H. 2). Tandis (|ue les catholiques faisaient la part principale et première à l'ascétique dans leur morale, les luthériens ne lui en accordaient aucune, étant phis préoccupés de la foi que de ses œuvres, ou ne voulant pas connaître d'autres moyens de développer la vie sainte que la Parole de Dieu, les sacrements et la prière. Les réformés, lidèles à leur point de vue éthique, tenaient en réelle estime c^ que Calvin avait appelé les aides (adminicvla) de la vie chrétienne (Jnsfà,, III, c. ()-8; IV, c. 12). Le piélisme lit pénétrer leur point de vue dans le luthéranisme. Toutefois, de nos jours encore, des théologiens luthériens ont cru devoir maintenir l'attitude ancienne (Vilmar,von Oettingen et, en partie, Wuttke). Par contre, la liste serait longue des théologiens pix>testants et des philosophes <{ui ont admis, sinon le terme, du moins la chose : Kant, Schopenhauer, Wirlh, Daub, Reinhard, Stieudlin, de Wette, Baumgarten-Crusius, Nitzsch , Harless, Palmer, Schniid, etc. A le bien voir, peut-être y a-t-il dans ce débat une question de forme plutôt qu'une question de fond. On peut remarquer (|ue les théologiens (jui évitent de nommer Tasc^ticfue ou ne la nomment que pour la rejeter, ne manquent pas de la faire reparaître sous un autre nom ou sans nom dans divers endroits de leur exposition. Personne ne nie que ce ne soit un devoir pour le chrétien de travailler à son propre développement religieux et moral (1 Tim. IV, 7, 14-10). L'éducation (jue reçoit l'enfant n'est longtemps qu'une ascéti<iue, un exercice destiné à former l'homme en lui. Or, le chrétien est toujours, «piant à sa vie spirituelle, plus ou moins un enfant qui a besoin de tutelle et d'éducation (cf. Rothe,/. c, § 8()2). Seulement, c'est lui-même qui doit se tenir en tutelle et faire sa propre éducation sous le contrôle et la direction du Saint-Esprit. Le but de cette éducation doit être de former l'homme nouveau, indépendant de toutes choses, maître de lui-même, consacrant joyeusement son corps et son âme au service de Dieu. Celte ascétique n'a rien d'arbitraire; elle n'est pas seulement une préparation au devoir, elle est un devoir. Rothe la range à bon droit dans ce qu'il appelle Seiôstpfltchten, devoirs personnels. Amesure que le chrétien croit en maturité et en force, certains procédés éducatoires, certaines précauons protectrices deviennent moins nécessaires ; et, au terme glorieux du
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développement, il ne restera de ces moyens que ceux qui, parties essentielles de la vie sainte, étaient but en même temps (|ue moyens. Disons, en terminant, que Tascétique ainsi comprise a naturellement deux parties, Fuue négative, Tautre positive. Dans la première, on peut ranger les moyens (Tugendmittd) suivants : la coimaissance et Texamen de soi-même, le recueillement, la solitude, la vigilance, Tabstinence (qui est ici le renoncement à ce (jui est permis, pour éviter la tentation, pour exercer la volonté), etc. Dans la seconde, on peut mettre la culture de soi-même (connaissances religieuses, exercice de la volonté, etc.), la recherche des bonnes compagnies, la lecture de la Bible, celle des bons livres, le culte public, les sacrements, la prière, etc. Pour assurer de la suite dans cette éducation de soi-même, on conseille une sage distribution des heures de la journée qui fasse leur part à Tactivité et au repos, à la vie extérieure et au recueillement, à Texamen de soi, à la prière, etc. Il est évident que Ton ne peut donner ici une règle généi'ale et imposer à tous la même distribution des heures, les mêmes abstinences, les mêmes exercices (cf. Rothe, /. c. p. 4()3-52() ; Nitzsch, System der christl. Lekre, § 139-164). Chablbs Bois.
ASCHÉRAH, nom d'une divinité phénicienne. Voyez Phémcte. ASDOD ['A c h d o d,"Aïa)T5^, Azotiis, « citadelle »] , ville maritime des Philistins et Tune de leurs cinq capitales. Asdod se composait, comme (iaza et Jamnia, de deux villes, Tune sur la route de Damas, l'autre sur la mer. On voit encore le monticule où doit avoir été sa citadelle ; au bas, un misérable village porte le uomd'lisdûd. On y adorait Dagon, le (lieu poisson (1 Sam. V; 1 Mac. XIV, 4). C'est dans cette ville que tut transportée tout d'abord l'Arche après la mort des lils d'Héli. Mais ses habitants furent frappés d'une maladie honteuse. Asdod semble avoir payé tribut à Salonion (1 Rois IV, 24). Sous Hozias, les Juifs s'en emparèrent (â Chron. XXVI, 0) ; la comparaison des livres de Josué et des Juges ne permet pas de croire qu'ils l'aient occupée antérieurement déjà (Jos. XllI, 3; XV, 47; Jug. I, 18-20). Asdod eut, du reste, beaucoup à souffrir, à cause de sa position, des guerres entre l'Assyrie et l'Egypte. Elle fut assiégée et prise par un général de Sargon, vers 7Io (Es. XX, 1), et, cent ans après, par Psammétique (Hérod. Il, 157). Jérémie pouvait parler des « ruines d'Asdod » (XXV, 20; cf. Soph. Il, 4). Enfin, elle fut prise deux fois et finalement détruite par les Machabées (1 Mac. V, (38; X, 84). Les Romains la relevèrent, et elle passa aux mains des Hérode (Jos., Bell. Jud., I, 7, 7; A7ït, XIV, 5, 3; XVll,.8, 1). On y trouve l'apôtre Philippe prêchant l'Evangile (Act. VIII, 40) ; plus tard, elle devint le siège d'un évêché ; on connaît cin(| de ses évêques, de 325-53(5. Sur la langue et la population d'Asdod, voyez Xéh. XIII, 23 ; Zach. IX, 6. Ce mélange de populations provenait en partie du système de déportation pratiqué par les Assvriens, mais aussi de l'étendue du commerce maritime d'Adod. — Voyez : Reland, Pal. s. v. Azotus, Tobler, Uritte Wanderung^ p. 25 ss. ;Socin, Pa/., p. 331. Ph. Berger.
ASÉITÉ ou existence par soi-même. L'origine de ce terme théologique doit sans doute être cherchée dans Hilaire de Poitiers {Tract in r. ' 41
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Ps. 2) : « Ipse est, qui quod est non aliunde est : in sese est, secum est, a se est, suus sïbi est et siài ipsi omnia est ». Ijactance déjà (Divin, Inst., II, 8) avait dit : « lix se ipso procreatus, ex se ipso est et ideo talis est qnnlem esse voluit ». Saint Jérôme {Epist, ad E plies., 3) exprime la même pensée : « Deus ipse qui origo suxque causa suhstantix est » ; et saint Anselme {Monol, 6) : « Summa substantia ad esse perducta est non per aliquid ; per se ipsam et ex se ipsa est quidquid est ». Cette doctrine a été plusieurs fois reproduite par les théologiens des divers âges, par J. Gerhard (t. I. 1. III, 117) : « Deus non habet esse ub alio participatum, sed est a se ipso et per se ipstvn ». L'expression aséité de Dieu signifie donc la négation de toute dépendance, de toute détermination subie, de toute nécessité d'avoir telle ou telle nature, et Taflirmation que la nature de Dieu est telle qu'il Ta voulue et parce qu'il l'a voulue, c|ue Dieu possède l'être par lui-même; non (fuo l'on puisse concevoir une période, un moment où Dieu, n'ayant pas encore cette nature, se la serait donnée, ce (jui appliiiuerait à l'absolu les conditions de temps et de changement auxquelles les créatures sont assujetties; au contrai^re, en Dieu la cause et l'effet sont intimement unis : Dieu est souveraine liberté, non pas possibilité vide et indéterminée, mais volontéen acte, action. Les docteurs, en imaginant ce mol, n'ont fait que formuler ce qui est plus ou moins implicitement contenu dans la piété chrétienne, dans la conviction que nous devons croire eu Dieu seul, et qu'il n'y a pas de puissance supérieure à lui. Tel est aussi l'esprit de nos saints livres (Rom. XI, 36; Es. LXIV, 6; Exod. 111, i'i). Mais si la religion se contente d'une telle affirmation sous sa forme concrète, le rôle de la philosophie est de la soumettre à ses procédés d'analys<* et de dialectique, œuvre qui est notamment accomplie avec beaucoup de profondeur dans la Philosophie de la liberté par M. Secrétan a. I, îeç. XV et XVI). — Voyez les art. Absolu et Dieu. A. Mattkb.
ASER ['A c h é r], deuxième fils de Jacob et de sa concubine Silpa, la servante de Léa (Gen. XXX, 13; XXXV, 26), chef d une des douze tribus israéUtes (Nomb. XXVI, 44). Elle comptait 53,400 combattants à son entrée en Palestine (Nomb. XLVI, 47), et reçut, lors du partage, une bande de terrain assez étroite, mais très-fertile, sur la cote septentrionale de la Méditerranée, s'étendant au sud jusqu'au-dessous du promontoire «lu Carmelet au nord justiu'au territoire de Sidon (Gen. XLIX, 20; Deut. XXXllI, 24 ss.; Juges V, 17; Jos. XIX, 24 ss:; cf. Josè'phe, Antiq., V, 1, 22), (|u'elle ne parvint jamais à conquérir, pas plus que Tyr et Acre (Juges I, 31). Ces villes maritimes surent toujours maintenir leur indépendance contre des voisins ([ui n'avaient pas les moyens de les réduire. La prophétesse Anne était de la tribu d'Aser(Luc II,'3()).
ASIARQUES CAT.ipr/xi). Au milieu de l'émeute des orfèvres d'Epht-se soulevée par Démétrius contre Paul, ce dernier fut empêché par quelques Asiarqucs qui s'intéressaient à lui, de se rendre au théâtre et de se livrer à l'aveugle colère du peuple (Act. XIX, 31). Ce titre était donne à dix citoyens choisis cliaque année parmi les plus riches et les plus considérés de la province, pour présider, veiller et pourvoir aux jeux et spectacles publics donnés en l'honneur des dieux ou de l'em-
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pereiir. Ceux ([ui avaient une fois rempli cette cliarge continuaient à se parer du titre comme d'un honneur. Chaque province avait une corporation semblable. C'est ainsi qu'il y avait des Bithynar([ues, des Pontanjues, des Galatarques. Tertullien les nomme prœsùles sacerdotales (De spccfaculis, 2). Leurs droits et leurs privilèges reçurent plusieurs modilications sous les divers empereurs. Par leur origine et la nature même de leurs fonctions, on comprend qu'ils devaient jouir auprès du peuple d'une assez grande autorité. Le mode de leur élection, l'organisation intérieure de la confrérie, la nomination de leur président et bien d'autres détails restent encore mal éclaircis. — Voy. Strabon, XIV, 1, 42; yEhus Aristide, 6'acr., IV, 531;Eusèbe, //. E., IV, 15; Lcbas et Waddinglon, Insmpt,, UI, n"» 5, lo8a, 049, 88o, 1178, 1221, 1224; Perrot, Explor. de la Galat., p. 199 et ss.
ASIE (Statistique religieuse). On évalue la population de l'Asie à 760,457,000 habitants ; elle renferme en grand nombre des chrétiens, des musulmans, des brahmanistes, des bouddhistes, des païens. Chaque contrée principale de l'Asie aura son article spécial. Nous voulons seulement donner pays par pays un court résumé de la statistitiue religieuse ; 1" Sibérie. La population est de 3,428,867 habitants (1870). Environ 1,800,000 se rattachent à l'Eglise grecque orthodoxe, 800,000 à rislamisme et 600,000 au paganisme. 2" Les possessioîis russes de l'Asie centrale, la Boukharie, la Dzungarie et le Turkeslan sont peuplés ensemble de 8,941,600 habitants musulmans. 3" La Caucasie russe avait, en 1871, 4,893,332 habitants. Les gi'ecs orthodoxes, les arméniens monophysites et les mahométans y sont à peu près en nombre 4igal; les juifs y sont bien environ 20,000. 4"* La Turquie d'Asie comptait, en 1871, 13,168,315 habitants. On peut compter 3,000,000 de chrétiens de toutes dénominations, 10,000,000 de musulmans, 150,000 juifs. 5'* V Arabie est peuplée de 4,000,000 de musulmans. 6° La Perse a environ 5,000,000 d'habitants. Presque tous sont musulmans; les chrétiens, les juifs, les parsis, ne font qu'une bien petite minorité. 7" L'Afghanistan, le Kafiristan et le Béloutchistan, avec environ S,300,000 liabitants, sont également mahométans, avec quelques juifs. 8° La Chine et ses dépendances ont une population d'environ 425,000,000 d'âmes. La répartition de cette énorme masse d'hommes entre les diverses religions qu'ils professent est bien difficile à faire à cause du mystère dont la Chine s'est si longtemps entourée, et qiiipour l'intérieur du pays est encore loin de disparaître. La religion de Confucius, le culte des esprits, le bouddhisme ont des adhérents dans ce vaste empire. La Cliine proprement dite s'en tient en général à Confucius et à la religion natui'elle. Le bouddhisme règne principalement dans les pays tributaires. Les juifs et les maliométans se retrouvent dispersés dans le pays entier. Les catholiques ont conquis au prix du sang de bien des martyrs plus de 1,000,000 d'âmes. Les protestants sont encore peu nombreux. 9® Le Japon avait, en 1872, 33,110,825 habitants. La religion de Shinto et le bouddhisme se partagent la population «laus une proportion que Ton peut évaluer à un tiers pour le shintoïsme et deux tiers pour le bouddhisme. 10^ UHindoustan et
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Ceylan, 238,445,000 habitants (recensement de 1871 pour les possessions anglaises). Nous ne pouvons entrer ici dans une discussion de chiflres. Nous établirons nos chiffres à Particle spécial de Tlnde. 1er nous nous contentons de dire que Tlnde appartient au brahmanisme, sauf 23,000,000 environ de bouddhistes, autant de musulmans et 3 ou 4,000,000 de chrétiens, tant européens (ju^indigènes convertis. 11" L Indo-CInne^ avec 25,555,300 habitants. Le bouddhisme v rèirne prescjue sans partaj^e. Il peut y avoir 5 à ()0(),000 catholiques. Par ce résumé, on voit que le christianisme n'est encore en Asie <prnne bien petite minorité. 11 à 12,000,000 d'àmes, voilà tout ce que TE^îlise dirige dans ce continent (jui fut son berceau, et sur ce petit nombre même, la plupart sont plongés dans toutes sortes d'erreurs et de sujxtstitions. K. Vaucher.
ASIE-MINEURE. La péninsule qui s'avance vers Touest entre la mer Noire (Pont-Euxin), au nord, et la mer de Syrie au sud, fut un <h»s berceaux de la civilisation primitive. Elle servit de trait d'union entre la race grecque cjui peupla ses côtes occidentales de colonies ilorissiintes, et les autres races aryennes ou sémitiques qui habitaient les rives de l'Euphrate ou les plaines de la Syrie. De là, le caractère mélangé de sa population et de son génie. Ce nom d'Asie, d'origine probablement aryenne et qui parait avoir signilié prairie, marais, se rencontre i>our la première fois dans l'Iliade (II, v. 4(51), et semble s'être appliijuétout d'abord à quehiues localités particulières de la Troade ou de la Lydit\ Peut-être même y a-t-il eu une ville et une tribu aryenne de ce nom. A l'époque du royaume lydien (718-54(5), cette désignation s'étendit à toute la partie compris(». entre le Taurus et la Troade. Chez les poètes grecs, Eschyle, Pindare et chez Hérodote, il désigne déjà tout l'Orient, la troisième partie du monde ancien à côté de l'Europe et de la Lybie ou Africjue. Après la mort <rAlexandre-le-Grand, le royaume des Sélcucides fut spécialement appelé le royaume d'Asie (IMacii. VllI, 6; 2 Mach.111,3; 1 Mach.XI, 13). Avec la con<|uête romaine, cette désignation se restreignit au royaume d'Attale roi de Pergame, qui devint une provhice romaine, sous le nom AWsia pi^opria on proprie dicta (129 av. J. C), Elle comprenait la petite et la grande Phrygie, la Mysie, la Lydie, la Troad(», l'ionie, la Carie, toutes les lies et colonies greajues ùl^Xm^ lonnées le long de la côte, Rhodes excepté. Elle était borntV» à l'Orient par les provinces de la Bythinie, la Galatie et la Pamphilie (Ptolémée, V, 2). A la tête de la province se trouvait sous la république, un propréteur. Auguste en fit une province consulaire; elle fut alors admmistrée par un proconsul et, dans les temps difficiles, par un legatus Augusti. C'était un des pays les plus riches et les plus peuplés. On y comptait plus de cinij cents villes dont la plupart jouissaient dune assez grande autonomie, (i'est à cette province romaine telle i]ue. nous venons de la déterminer, (|ue s(î rap[)ortent tous les passages du Nouveau Testament où il est (|uestion de l'Asie (Actes IL 10; V|, 9; XIX, 26; XX, 4, 1(5; 2 Cor. L 8). La première épitre de Pierre est «aresséc aux élus dispersés dans le Pont, la (ialatie,laCappadoce, l'Asie et la B'ihynie. ïav sept lettres (|Ui ouvrent l'Apocalypse sont destinées