‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 191 sur 226 · ASMODÉE — ASMONÉENS · texte numérisé non relu

ASMODÉE — ASMONÉENS

ASMODÉE ['As;j.58aTor], nom d'un démon amoureux de Sara, fille de Ra^iel, qui tua successivement ses sept maris dans leur nuit de noces (Tob. m, 8; VI, 15). Il ligure aussi dans le Talmud (GUtin, L 68, 1) comme un démon très-voluptueux ; Satan lui-même y est quelquefois désigné par ce nom. Parmi les commentateurs, les uns font dériver le nom d'Asmodée delà racine liébraujue cliûmad, détruire, extirper, et dès lors il serait synonyme de 'Abaddôn, 'A^rcXXûwv (Apoc. IX, 11); d'autres, au contraire, le ramènent à un verbe persan qui signifie xsipa- Çs'.v, éprouver, tenter (Matth. IV, 1 ss).

ASMONÉENS ou Hasmonéens (K h a c h m ô n i m, b é t li K h ac h m ô n à i), nom de la famille indigène qui a reconquis l'indépendance de la Judée sur les rois de Syrie et Ta gouvernée jusqu'à Hérode. Bien que n'ayant pas occupé le trône aussi longtemps et joué dans la politicpie orientale un rôle aussi important que les Isaides de l'ancien royaume de Juda, les princes asmouéens ont exercé une influence décisive sur le dével()j[)pement ultérieur de la nation et de la race juives. Pour bien comprendre la signification de cette période, il est nécessaire de jeter un coup d'œil en arrière et se pénétrer de la distinction si justement faite par les critiques de l'Ancien Testament entre l'hébraïsme et le judaïsme. Le judaïsme représente l'ensemble des idées morales et religieuses qui j)rirent corps dans l'esprit des conducteurs spirituels de Juda au retour de Texil et au cinquième siècle avant Jésus-Christ. Ce corps de doctrines et d'usages s'imposa à la Judée avec d'autant plus de facilité que la perte de l'indépendance politique laissait le champ libre aux spéculations de cet ordre ; la suzeraineté persane semble avoir plutôt servi (fue contrarié la formation du type judaïque. Avec l'invasion d'Alexandre, la scène change; par la fondation des deux puissants empires de Syrie et d'Egypte et, en suite de sa situation intermédiaire, la Judée se trouve englobée dans la civilisation grecque dont les idées s'eilbrcent de la pénétrer soit par propagande pacifique, soit par violence. L'aristocratie semble avoir accueilli assez favorablement ces avances, et les souverains grecs ont pu se flatter, non sans (luelque apparence de raison, de voir l'Eglise juive (car il n'y avait guère autre chose qu'une grande Eglise) s'incorporer au panthéon grec. La révolte, d'abord loc^ile et partielle, et en tout cas tout à fait spontanée, dcquelf[ues Juifs dévots (comparez avec d'autres révoltes religieuses, telles que celle des Camisards), le succès inoui de cette rébeUion, secondée par les discussions de la famille régnante de Syrie, eurent pour effet de ressusciter le type judaïque fortement compromis et d'assurer à jamais son existence. — Le nom d'Asmonéens provient, d'après Josèphe, de l'arrière grand-père de Mattathias, auteur de l'insurrection ; le nom de Machabées, primitivement surnom de Judas, a été étendu pai» l'usage populaire à tous les membres de la famille et même au delà, à des Juifs fidèles et martyrs. Les sources principales sont les deux livres dcutérocanoniques des Machabées et les Antiquités de Josèphe {\ii — li). — Les Juifs pieux {Chasidim), supportaient avec une humble impatience l'introduction des rites grecs et la profanation du culte paternel dont l'intronisation de la statue de Jupiter Olympien

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dans le temple de Jérusalem avait marqué le comble. Les excès et les fureurs d'Antiochus IV Epiphane devaient exaspérer les sentiments dont le livre de Daniel, écrit à celte époque, nous a ti*ansmis Téloquent témoignage; une révolte était dans Tair. Elle éclata dans le bourg de Modin (sur la route de Jérusalem à Joppé) à Toccasion d'un sacriiice présidé par un ofticier syrien ; le prêtre Mattathias se jeta avec quelques autres sur le représentant de l'autorité royale et le tua (167). La petite troupe se retira dans la montagne, et une guerre de partisans commença, également dirigée contre les autorités grecques et contre les Juifs complices. Au boutd'unan, le prêtre mourut en laissant la direction de la révolte à son troisième fils Judas (1(50). Judas, distingué par ses talents militaires et de nombreux succès partiels qui lui valurent le surnom deMakkabi (marteau), noua des intelligences dans le pays et fut assez heureux pour s'emparer du Temple de Jérusalem ([u'il purifia et consacra de nouveau ; la partie la plus forte de la ville, la montagne de Sion, était restée au pouvoir des Syriens (105). Toutefois, malgré Talliance du Sénat romain qu'il avait recherchée, il succomba et périt à Eléasa (ou Béthesda), laissant la cause presque désespérée; Jérusalem avait été abandonnée. Son frère Jonathan reforma un novau de bandes franches près de l'embouchure du Jourdain et sut compter assez pour que l'usurpateur Alexandre Balas recherchât son appui contre Démétrius, et que Démétrius, de son côté, s'ettorçàt de l'acheter. Il reprit ainsi possession du Temple sans coup férir. Alexandre Balas lui conféra la tiare pontificale jusque-là en possession des favoris de la Syrie et le titre de méridarque. Jonathan se trouva donc prince de la Judée sous la suzeraineté du trône svrien, rechercha l'amitié des Romains et se borna à payer un tribut aux Syriens, à quoi il faut joindre le fait d'une garnison étrangère à Jérusalem. 11 périt victime d'un guet-apens tendu par l'usurpateur Tryphon (143). Un troisième frère, le dernier survivant des fils de Mattathias, Simon, hérita du pontiiibat et du gouvernement; il fait preuve d'une remarquable habileté dans la consolidation du nouvel état de choses, fort chancelant jusqu'à lui et bat monnaie pour la première fois, usant ainsi d'attributions royales. Il meurt assassiné en 130. Son fils Jean ou Hyroan ^' (135-107) marque son règne par la conquête de l'Idumée (Edomites) et de la Samarie et soumet ces deux peuples aux rites judaïques; il détruit le sanctuaire de Garizim (109). — Les règnes de Si mon et d'Hyrcan marquent l'apogée de la dynastie asmonéenne ; l'indépendance est assurée, tant par les progrès du dedans que par l'alfaiblissement des voisins; mais des germes de discussions intestines se font déjà voir et rempliront les règnes suivants pour aboutir à la ruine définitive, llyrcan mourant avait disposé que sa femme Alexandra exercerait le gouvernement à la place de ses cinq fils encore jeunes. Cependant l'un d'eux, Aristobule 1*' (Judas), s'empare du pouvoir, laisse mourir de faim sa mère, jette trois de ses frères en prison et tue bientôt le quatrième ; le premier il prend le titre de roi, mais meurt presque aussitôt (100). Sa veuve Alexandra, femme d'un rare mérite, tire de prison et épouse un de ses beauxfrères, Alexandre V" (Jannée, Jonathan) ; Jannée se débarrasse de ses

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deux frères survivants. Lelon^^ rè-^me d'Alexandre Jannée (10()-79) est marqué par de longues fruerres étrangères et des troubles civils terminés par le massacre des pharisiens. Il meurt laissant la tiare à son lils aîné Hyrcan II et le trône à sa femme, de qui il le tenait; celle-ci se réconcilie avec les pharisiens et meurt entourée de la faveur populaire qu'avait abandonné ses prédécesseurs (70). Ici commence la décadence. Hyrcan II (70) est dépossédé, au bout de trois mois de règne, par son frère Aristobule II (70-()3), entame la lutte avec lui sur les conseils de son ministre Antipater (père d'Hérode le Grand). Pompée, maître de la Syrie, invoqué tour à tour par Aristobule et Hyrcan, cite les compétiteurs à sa barre, s'empare de Jérusalem contre Aristobule, re\enu à résipiscence (6ÎJ), et rétablit Hyrcan sous le titre modeste d'ethnarque, qu'il garda jusqu'en 40, en même temps qu'il reprenait le pontilicat. Alexandre II, iils d'Aristobule II, et ce dernier, à son tour, délivré de prison, reparaissent à la tête d'un parti de l'indépendance; ils périssent la même année (49). Antipater (7 43), déjà revêtu par Pompée du titre d'^s-^Tpc-c; (procurateur), en reçoit la confirmation par César, en attendant que son lils Hérode, tétranjue en l'an 41, ne prenne, avec le titre de roi, le dernier reste d'autorité conservé par la famille asmoiiéenne. Cependant, Antigone II, frère du prétendant Alexandre II, avait repris pour un moment la dignité royale à Jérusalem (40-37) à la faveur des troubles. Après la prise de cette ville par Hérode et son exécution (37), il ne restait plus de la famille asmonéenne que le vieil * Hyrcan et deux enfants d'Alexandre II, Mariamne et Antigone III. Le premier fut exécuté en l'an 31 sous un vain prétexte; le bel et aimable Antigone, héritier du pontilicat, fut noyé dans un bain (34) ; quant à Mariamne, femme d' Hérode, elle fut mise à mort en l'an 28, et les deux lils (jue ce roi avait eus d'elle subirent plus tard le même sort. La véritable histoire de la dvnastie asmonéenne finit avec T intervention de Pompée. Maurice Verses.

ASSASSINS, redoutables sectaires établis en Syrie, mais dont les chefs suprêmes résidaient à Alamout, forteresse du Koùhistân, province de Perse, au Sud de la Caspienne. Egalement hostilesaux mulsumansetaux chrétiens, bien ((u'ils s'alliassent souvent avec les uns ou les autres (juand ils y voyaient leur avantage, les assassins avaient pour but de s'emparer de tous les pays ou régnait l'islamisme et d'y répandre leur croyances. Pour se débarasser de leurs ennemis, ils avaient recours au meurtre ; lis louaient même, au besoin, le brasde leurs sicaires, appelés FiV/âitvs, en aral)o, Fidfhjis, en persan, c'est-à-dire «dévoués» aux princes qui consentaient à les employer. De là vient q ue le mot assassifi^ altération du nom Uaschischtriy ((u'on leur donnait en Syrie, a passé en français avec le sens de meurtrier. Les historiens occidentaux des croisades parlent souvent de ces asssassins, qu'ils nomment Assasst7u\ Assissini, IJeùssissiniy Haussaci\ (»t de leurs terribles chefs auxquels ils donnent le titre de Vietuc de la Montagne y expression aujourd'hui consacrée. Le véritable titre de ces chefs était Schcikh-al-Djabal, c'est-à-dire Seigneur de la Montagne, — L'origine et les doctrines de ces sectaires sont aujourd'hui bien connues grâce aux travaux deDeSacy, Quatremère,Von Hammer, Purgstall»

Jourdain, Rousseau, Ch. Defrémery, De Goeje, E. Salisbury; Tauteur de cette notice a lui-même publié le texte arabe, avec une traduction et des notes, de fragments de leurs écrits {Fi^agments relatifs à la doctrine des IstnaéllSy Paris, 1874, in 4). Nous allons, d'après ces recherches et ces documents, indiquer les points principaux de Thistoire politique être li||?ieusede cette institution. Son fondateur, Abdallah-ben-Meïmoûn, médecin oculiste de profession, et versé dans tous les systèmes philosophiques, vivait au neuvième siècle de notre ère. Persan d'origine, il était resté attaché aux anciennes croyances des Mages, et, si Ton ajoute foi aux auteurs nmsuhnans, il rêvait, en fondant une secte nouvelle, de soumettre aux Persans l'empire des Arabes. Quoi (fu^il en soit de cette opinion, qui a été acceptée par d'éminents orientalistes, il n'est pas douteux qu'il cherchait à répandre son système philosophico-religieux, et, en même temps, à devenir le chef politique d'un parti, deux choses que les novateurs musulmans n'ont jamais séparées. On l'a accusé de vouloir simplement propager l'athéisme et le libertinage : c'est là une idée insoutenable, qu'ontaccréditéesesadversairesacharnés,les orthodoxes, mais qui n'aurait pas dû séduire, comme elle l'a fait, SilvestredeSacy, l'illustre auteur de V Exposé de la religion des Druzes. En réahté, Abdallah-ben- Mesmoùn était un philosophe qui enseignait que l'univers est produit par cinq principes universels et éternels, émanant les uns des autres, dont les ti'ois premiers sont: la liaison univej^selle, VAîne universelle et la Matière prernièj^e. Quant aux deux autres, nous avions cru devoir les identifier avec le Temps et V Espace: mais nous avons reconnu depuis que ce sont plutôt le Plein, c'est-à-dire l'étendue occupée par de la matière, et le Vide ou étendue sans matière, termes qui, originairement, représentaient, pensons-nous, le Pleroma et le Kenoma des gnostiques. Les cincj principes éternels émanent aux-mêmes d'un être ineffable, incoiupréhensi- ' ble, inaccessible à la raison humaine, qui n'est autre que le vrai Dieu. L'univers est le produit de cette émanation ; un jour il rentrera par résorption dans le sein de Dieu, et toutes choses seront finies. C'est là ce que les Ismaéliens, appellent la &rande Résurrection, Tous les mouvements de l'univers sont dus à l'émanation et à la tendance, inverse de l'émanation, (ju'ont les êtres émanés à remonter vers leur principe jwur devenir aussi parfaits que lui. La terre est un microcosme : l'homme, doué d'une particule de l'Ame universelle, cherche à devenir une raison parfaite et universelle : tel est le but où tendent plus ou moins obscurément ses efforts. Tant qu'il n'y aura pas réussi, son àmc reviendra sur terre et s'incarnera dans un corps approprié à son degré de perfection. Mais l'honnne, abandonné à lui-même, s'agiterait perpétuellement sans pouvoir se délivrer des liens de la nature. H lui faut l'assistance de la Raison universelle et de l'Ame universelle. Celles-ci viennent donc s'incarner parmi les hommes sous forme de prophètes, de pontifes et de philosophes. Depuis le comniencemeiU du monde, il y a eu sept périodes caractérisées chacune par la venue d'un prophète, suivi de sept vicaires destinés à diriger les fidèles pendant chaque période. Chaque prophète prêche une religion de plus en plus parfaite. Adam a été le premier prophète. Après lui sont venus

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successivement Noé, Abraham, Moïse, Jt^'sus et Mahomet, apportant chacun une religion supérieure à celle de son devancier et Tabrogeant. Abdallah-ben-Meïmoùn se donne comme le premier vic<aire du septième et dernier prophète, le plus parfait de tous. C'est en son nom qu'il prêche ; c'est pour établir ses prérofiçatives qu'il envoie de tous côtés des missionnaires, ou Dà'is. Et ce prophète quel est-il? le lils de cet Ismaël autour ducfuel se sont déjà groupés, comme on l'a vu plus haut, de nombreux partisans, Mohammed-ben-Ismaél. Ainsi, tandis que les schiites ismaéliens s'en tiennent à Ismaël, leur dernier imàm, Abdallahben-Meïmoùn, le réformateur, annonce qu' Ismaël est simplement le septième vicaire de Mahomet, sixième prophète, mais qu'il doit céder la place à son fils Mohammed, qui vient abroger la loi musulmane et y substituer la religion définitive. Dans ce système habile, toutes les religions se trouvent englobées; avec un peu d'adresse, les missionnaires d'Abdallah prouveront aux philosophes que toute leur philosophie est contenue dans la religion nouvelle, aux juifs, aux chrétiens et aux musulmans que leurs fois respectives ne représentent ([ue des étapes des siècles passés vers une croyance plus sublime qui doit régner un jour sur le monde entier. La Bible, l'Evangile et le Koran contenaient déjà la foi nouvelle, mais exposée en termes incompréhensibles pour leur époque. Abdallah et ses missionnaires se chargent d'interpréter ces livres sacrés, vi de montrer qu'ils s'appliquent à la doctrine ismaélienne. Toutefois, il fallait de grandes précautions pour ne pas attirer l'attention des autorités constituées. L'initiation fut donc divisée en sept degrés, que plus tird on porta à neuf. Dans le premier degré, le missionnaire éveillait la ituriosité de celui qu'il voulait convertir en lui proposant une foule dequestions ambiguës. Si le futur prosélyte en demandait avec instance la i^olution, le missionnaire lui faisait prêter serment de ne rien révéler de ce <iu'il allait lui apprendre ; puis il lui disait, et c'était le second dcgré^ que la vérité ne peut lui être comniuni(|uée (juc par un imàm ou pontife, envers le(|uel il faut s'engager par un pacte et au(|uel il faut payer nue redevance. Dans le troisième degré, on établissait, qu'il y a eu depuis Mahomet sept imàms, tous de la famille d'Ah, dont ledernier est IsraaëL Le quatrième degré était consacré à la révélation des sept périodes du inonde. C'est alors qu'on insinuait que Mahomet n'est qu'un précurseur du septième prophète, Mohammed, fils d' Ismaël, lequel a pour mission d'abroger l'islamisme et toutes les croyances antérieures. A partir de ce degré, le prosélyte cessait d'appartenir à sa religion primitive. Dans le cinquième degré, on lui montrait que les livres sacrés, la Bible, l'Evangile et le Koran, ont un sens apparent, leseul compris du vulgaire, et un sens caché, que connaissent seuls les imàms des Ismaéliens ;((ue, d'ailltnu»s, tout ici-bas à un sens apparent et un sens secret; que, par exemple, les sept périodes, les sept prophètes, les sept vicaires ou imàms, ont pour emblèmes et pour correspondants les sept sphères célestes, les sept planètes, les sept ouvertures du visage, etc. etc. Dans le sixième degré, on expliquait le sens caché des livres saints, et l'on exposait leurs rapports ayec les systèmes des philosophes, Pythagore, Socrate, Platon, Ai'istote, etc. Les trois derniers degrés, enfin, étaient réservés pour les

révélations dernières : Texistence d'un Dieu inaccessible à la raison et de ses cintj hypostases, le but réel de Tinitiation et son or^^anisation, etc. Bien entendu, c'étaient seulement les hommes supérieurs (|ui parvenaient jus([u'au degré final. La masse des initiés ne dépassait pas les deux premiers degrés. Tout ce qu'ils savaient, c'est <iu"ils devaient obéissance aveugle à un chef inconnu, et qu'en récompense de leur soumission, ils auraient les joies d'un paradis, dont la description ne le cède en rien à celle du paradis de Mahomet. Des livres spéciaux étaient composés à l'usage de ces initiés des classes inférieures. Ils ne contiennent que des préceptes de morale, empruntés fréquemment à l'Evangile (on en trouvera des spécimens dans nos Fragmetits). — Tels sont, esquissés à grands traits, la doctrine et le système d'initiation ^rAbdallah-ben-Meïmoùn. Celui-ci, qui avait commencé à prêcher en Susiane, se vit bientôt persécuté, et dut s'enfuir d'abord à Basrah sur le bas Euphrate, puis à Salamiyah, en Syrie. Il mourut dans cette ville, et l'un de ses iils, Ahmed, lui succéda conmje chef de la secte. Ahmed envoya dans l'Iràci arabe, ou basse Mésopotamie, un de ses missionnaires, appelé Hoçeïn-i4^26'/ïs/, c'est-à-dire natif de Susiane. Hoçeïn y fit rencontre, vers l'année 887, d'un certain Hamdàn. surnommé Karniafh, en raison d'une défectuosité qu'il avait à la hanche et qui le forçait à faire de petits pas en marchant. Karmath adopta la religion nouvelle avec enthousiasme et forma le parti des hanuatlm^ ainsi nommés d'après leur fondateur. Les karmathes se répandirent <ians rirà([ arabe, la Syrie et la P(n*se méridionale, et fondèrent dans le Bahreïn, sur la côte orientale de l'Arabie, un puissant empire <|ui,pen- <lant près de deux siècles, lit trembler les khalifes de Baghdàd, T Ara- Lie et l'Egypte. Mais des destinées plus brillnutes encore attendaient la doctrine Ismaélienne. Abdallah-ben-Meïmoûn avait (juatre iils, Mohammed, Ahmed, Aboù Schala'la' ou Schalaghlagh et Hoçeïn. Ct^ d(»rnit'r mourut avant son père Abdallah, laissant un enfant du nouj de Sa'id. lecjuel, après la mort de ses oncles Mohammed, Ahmed et Aboû Scliala'laS devint chef suprême de la secte. Sa*id se donna alors pour un descendant du septième prophète ismaélien (Mohammed, Iils d'Isniael), et iiprès avoir changé son nom en celui (rObeïdallah et avoir pris le litri* de MJuh\ c'est-à-dire de Messie attendu à la iin des siècles, il passa \u Afrique, où l'un de ses missionnaires lui avait préparé les voies, et y fonda la grande dynastie des Fàthimites (ce mot signifie descencLints do Fathimah, femme d'Ali et iille de Mahomet), la(|uelle coni|)ta <|ualor/e princes, dontonze khalifes, et dura jus(|u'à la iin du douzième sièch», ép<v queoiiXoûraddîn et le fameux Salàli ad-din, plus connu sous k* nom df Saladin, s'emparèrent de l'Egypte et la purgèrent des Ismaéliens. C'est le troisième successeur d'Obeidallah, le prince Mo'izz lidinillâh. <(ui lit la conquête de l'Egypte et fonda le Kaire, sa capitale et celle de tous ses successeurs. Momzz se déclara khalife. Après lui régna Aziz, dont k* /ils et successeur Hàkim, séduit par un imposteur du nom de Hamza ad-Durzi, consentit à se laisser adorer connne un Dieu. Hamza intn»duisit de profondes modiiications dans la doctrine des Ismaéliens i en lit la reUgion druze, dont les derniers adeptes subsistent encore auj^y-

d'iiui dans le Liban. Il parait cependant qu'après Hàkîm, la religiou' druze ne continua pas d'être professée par ses successeurs ; car nousvoyons que sous Mostansir, cinffuiènie khalife Fàthimite (1036-1094), c'était toujours la doctrine ismaélienne qu'on enseignait et pour laquelle on répandait des missionnaires dans toute l'Asie. La preuve en est que le fondateur de la puissance des Ismaéliens assassins, Haçan ben Sabbâh, fut converti à la religion ismaélienne, en Perse, par des missionnaires envoyés du Kaire, et qui prêchaient au nom du khalife .'tlostansir. Ha(,'an-ben-Sabbàh était natif de la ville de Tous, dans le îi^horàçân, province orientale de la Perse. Les historiens persans nous ont conservé de lui le récit de sa conversion à la doctrine ismaélienne et de ses aventures extraordinaires, avant qu'il réussit à se rendre maître du clmteau d'Alamoùt (voyez principalement VEsmi sur l'histoire rfe* Ismaéliens ou Bafiniens de la Perse, plus connus sous le nom d'AssasinSy, par M. Defrémery, extrait n° 13 du Jowmal asiatique de 1856, p. 03 et uiiv.). Converti à Rey par un missionnaire du nom d'Emireh Zarràb, il prêta le serment de îidélité envers Timàm des Ismaéliens, alors le khalife Mostansir, entre les mains d'un certain Moulmin. En 1071-72, le supérieur de la mission de l'iviui, étant venu à lley, prit en aifection Haçan-ben-Sabbàh, lui conféra la distinction de suppléant et lui conseilla d'aller en Egypte auprès de Mostansir. Après de nombreux voyages à Ispahan, dans l'Azerbaïdjàn et en Syrie, Haçan-ben-Sabbàh' se rendit au Kaire en 1078-1079, où il séjourna un an et fut très-bien traité, par les ordres du khalife. Mostansir avait d'abord désigné pour son successeur au trône d'Egypte, son iils aine Nizàr. Les intrigues de son généralissime le iirent revenir sur sa décision et choisir comme héritier présomptif le second de ses iils Mosta'li, beau-fils du généralissime. Et comme Haçan-ben-Sabbàh s'était déclaré en faveur de Xizàr, le généralissime en prit ombrage et exigea du khalife (ju'il renvoyât llaçan ; ce qui fut fait. On Pembanjua sur un navire en partance pour le Maghreb ; mais une tempête jeta le vaisseau sur les côtes de Syrie. Haçiin-ben-Sabbâh gagna la ville d'Alep, et, de là, retourna en Perse; il parvint à Ispahan dans l'année 1081 et parcourut ensuite plusieurs villes de Perse, prêchant sur son passage la doctrine ismaéhenne. Dévoré d'ambition, et bien résolu à asseoir en Perse les bases d'une puissance militaire, il j(?ta son dévolu sur le château d'Alamoùt, situé dans les montagnes (jui bordent le rivage méridional de la Caspienne ; ayant réussi à se faire des prosélytes dans cette forteresse, il y fut introduit par eux le 4 septembre 1090 et en chassa le gouverneur, qu'il dédommagea par une somme de trois mille pièces d'or. Depuis, Haçanben-Sabbàh vit son pouvoir s'accroitre rapidement. Il construisit de nouveaux forts autour d'Alamoùt et fut bientôt en état de résister victorieusement au prince seldjoukide Melik-Schàh, son suzerain. C'est alors (|u'il créa le corps des lidàwîs, ou sicaires, dont le poignard le débarrassait de tous ceux (jui gênaient ses projets. Ces fidàwis, d'une audace à toute épreuve, n'hésitaient pas à sacrifier leur vie, comme leur nom Tinditiue, pour exécuter les ordres de leur chef. Et par quels moyens obtenait-on d'eux un dévouement aussi absolu, un mépris

aussi complet de leur existence? On les eniwait de haschisch et on leur faisait croire que les félicités qu'ils avaient éprouvées pendant leur ivresse étaient celles qui les attendaient dans le paradis des Ismaéliens s'ils succombaient pour la cause de leur se<;te. De là le nom de haschischm ou buveurs de haschisch, ([ue leur donnait la voix du peuple, en Syrie, et cjui nous a été transmis aussi bien par les auteurs orientaux que par les historiens occidentaux : par ces derniers, sous la forme d'assassùn ou sous Tune des formes énumérées plus haut. Ou bien, à en croire le célèbre voyageur Marc Paul, les grands maîtres de Toitlre avaient fait disposer autour de leur palais des jardins délicieux. Là, dans des pavillons magnifiquement décorés et pour\ais de tout ce que le luxe asiati({ue peut fournir, de jeunes beautés auraient attendu les fidâwis. De temps à autre, les grands maîtres y auraient fait transporter les jeunes gens qu'ils voulaient enrôler dans le corps des iidà- Avis, après les avoir endormis au moyen d'un breuvage soporifique. A leur réveil, ils se croyaient dans le paradis, et quand ils avaient joui pendant (|uelque temps de ce séjour enchai^teur, on le$ endormait de nouveau pour les en retirer. Dès lors, ils éfaient prêts.,à fout pour conquérir une place éternelle dans ce lieu de délices dont ils. n'avaient eu qu'un avant-goût. Qu'on adopte la première explication ou la seconde^ iî n'en reste pas moins acijuis ce fait que c'est à l'usage du hasclilsch que les IsmaéUens doivent leur nom d'assassins. — Haçan-ben-Sabbàh s'était donné le titre modeste de Scheïkh-al-Djabal, ou Seigneur de la montagne. Le mot scheïkh, qui signifie en arabe seigneur et vieillardy €omme le bas-latin senior, fut mal interprété, dans le titre susdit, par les Occidentaux, et ils tournèrent Scheïhh-al-Djabal par Vctulus de Monte, Senex de Montanis, d'où l'expression consacrée de Vieux de la Montagne. Sept seigneurs de la Montagne succédèrent à Haçan-ben- Sabbàh. Ce furent Bozozgumûd, Mohammed P', Haçan II, Mohammed II, Haçan III, Mohammed III, et enfin Rokn-ad-din-Goûrschàb, sous le règne du({uel, en 1250, Houlagou et ses Mongols envahirent la Perse, exterminèrent les Ismaéliens et rasèrent les forteresses de la secte. Non content d'asseoir ga puissance en Perse, Haçan-ben-Sabbàh avait envoyé des émissaires en Syrie pour tenter de ce coté la fortune. Son neveu, Abou'1-Fath, nommé par lui chef de la mission de Syrie, s'établit à Sermin, à une journée au sud d'Alep. C'est lui qui, secondé par son lieutenant Aboû-Tàhir, le Botherus d'Albert d'Aix, et favorisé parRidhwàn, prince d'Alep, jeta les bases de la puissance des assassins dans cette contrée. Pendant vingt ans environ, de 1107 à 1128, les assassins luttèrent tantôt contre les croisés et tantôt contre les musulmans pour s'assurer la possession de quelques places fortes. Après des alternatives de revers et de succès, ils se rendirent maîtres do Panéas, dont ils tirent d'abord leur quai'tier général, que douze ans plus tard ils transféi'èrent à Masyàt, forteresse encore aujourd'hui debout, située à douze lieues à l'ouest de Ilamah, sur un rocher isolé. Parmi les autres châteaux qu'ils possédaient, on distingua Kalif, Maïnakah,Qadarnoûs, Olcïkah, Khawàbî. Jusque vers 1148, les assassins étaient restés soumis aux ordres des grands maîtres de Perse ; mais à cette époque, nous voyons

s'élever parmi eux le fameux Raschîd-ad-dîn-Sinân, qui se doimait pour une incarnation de la divinité, comme le prouve un écrit de lui (conservé d'dn^lcs FragmeiUs 7'elatifs à ladoctjnne (leshmaélipns),vX qui, faut-il en conclure, détacha les assassins de Sytnc de ceux de Perse. Nous possédons un petit ouvrage arabe composé en 13i^3, par un certain Aboû-Firàs, dans le((uel sont énumérés et rarx)ntés en détail les nombreux miracles qu'avait opérés Sinân. 11 mourut en llOti. Environ un siècle après, en 1273-1274, les dernières forteresses des assassins tombaient entre les mains du sultan mamloûk d'Egypte Beibars P^ Vingt ans plus tôt, Houlagou avait anéanti les Ismaéliens de Perse, et, en 1171, Saladin mettait lin au khalifat des Fàthimites d'Egypte. A partir delà lin du treizième siècle, les assassins disparaissent donc de la scène de l'histoire, et il n'en subsiste plus aujourd'hui que quelques restes dispei'sés en Syrie, en Perse, dans l'Inde, en Arabie et jusqu'à Zanzibar. En 1810, Rousseau, consul général de France à Alep, a envoyé aux Annales des voyages un article sur les Ismaéliens de son temps. Ils occupaient encore les forteresses de Masyàt et de Qadamoûs (on prononce aujourd'hui Qalamoûs). Rousseau dit aussi avoir appris en Perso (lue la secte des Ismaéliens y est assez répandue, et qu'elle a conservé un grand pontife appelé Schâh-KhaliloulJàh, dont l'oncle, Mirza-Abou'l-kasem « joua un grand rôle sous le règne des Zendes ». Schàh-Khaliloullàh se prétendait issu d'ismael, celui-là même qui a donné son nom aux Ismaéliens; il résidait à Khekh, petit village du district de Qomm (à mi-chemin entre Téhéran et Ispahan). Rousseau assure qu'il se trouve des Ismaéliens jusque dans l'Inde, qui viennent en pèlerinage des bords de l'Indus et du Gange pour recevoir à Khekh les bénédictions de leur imâm. Ces curieux détails ont été confirmés par le i)rocès des Khojas, qui, en 1850, a eu un si grand retentissement dans rinde et en Europe. La haute Cour de Bombay décida que le personnage nomméAga-Khân-Mehelàli, résidant à Bombay, était bien, comme il le disait, le descendant du Vieux de la Montagne d'Alamoiit, que la communauté de Khojas, dont il existe des membres à Bombay, à Kutch, à Kattiavar, à Mascate, était réellement une communauté d'Ismaéliens, et qu'en consé(iuence la communauté devait payer à celui qu'elle reconnaissait pour chef spirituel, Aga-Khân-Mehelàti, le tribut annuel qu'il réclamait d'elle, et qui se monte, pour Bombay seulement, à la somme annuelle de 250,000 francs. Les recherches aux- <iuelles se livrèrent alors les juges, principalement sir Joseph Arnould, établirent (lue la généalogie d'Aga-Khàn, parfaitement authenti<pie, remonte juscju'à Haçan II, grand maître d'Alamoût, qui passait pour un pelit-lils du khalife fàthimite Mostansir, et par suite pour un descendant d'ismael. Le père d'Aga-Khàn était ce Schàh-Khaliloullàh dont parle Rousseau, et le père de celui, Abou'l-Haçan, frère sans doute de rAbou'l-Kâsem de Rousseau, était gouverneur du Kirmàn, en Perse, sous les rois Zendes (1750-1786). Schàh-Khaliloullàh fut assassiné à Yezd, en 1817, dans un mouvement populaire, et le roi de Perse, Feth-Ali-Schàh, redoutant la vengeance de ses sectatem»s, de funeste mémoire, conféra au jeune Aga-Khàn-Mehelàti le gouvernement du

us ASSASSINS — ASSEMANI

district de QorDm, résidence habituelle de Klialiloullàh, et lui donna une de ses lilles en mariage. Plus tiird, Aga-Khàn vint se lixer à Bombay, où il vit tranquillement aujourd'hui sous la protection des Anglais.

Stanislas Gutabd ASSEMANI (Joseph-Simon) [1()87-17(>81, savant orientaliste, orijj^inaire d'une famille chrétienne de Syrie, lit ses études à Rome, et enrichit lii bibliothèque du Vatican d'un grand nombre d'ouvrages précieux. Sur Tordre de Clément XI, il entreprit deux voyages ^i715-!7 et 173i-38> en Orient, tant pour défendre les intérêts des maronites du Liban, sans cesse menacés par le fanatisme des Turcs, (jue pour recueillir des manuscrits, des médailles, des monnaies et autres objets pouvant faciliter la connaissance de Tanciep Orient. Il visita à cet effet l'Egypte, les couvents de la ^'itrie, l'ile de Chypre, Damas, Alep, la Mésopotamie et surtout les divers districts de la Syrie, et en rapporta un riche butin littéraire et archéologique. Nommé bibliothécaire du Vatican en 1740, Assémani publia un certain nombre d'ouvrages dont les plus importants sont : 1** Bibliotheca oj^ientalis Clementîno- Vaticana recensens manuscfuptos codfces st/rt'acos, araôicos, persicos, turcicoSy hebraîcony samari' tmws, armenicoSy xthiopicos, gîwcos, !vgyplioSy ibertcos et malaboricos, Rome, 1719-1728, in-f** (les 3 premiers volumes seuls sont de notre auteur ; ils traitent des écrivains orthodoxes, monophysites et nestoriensdelà Syrie et sont une des sources d'information les plus riches pour l'histoire de l'Eglise d'Orient ; les extraits qu'en a donné Pfeiffer, Erl., 1776-77, 3 vol., n'ont qu'une valeur secondaire); 2** Sancfi Ephrem Syri opéra omnia quae exstantgrœce^ syriaceet latine^ insextomos distributa ad manmcjHptos codices Vaticanos aliosque castîgatay multis aucta, nova inietpretaiione, privfatùmibus, notû, variantibus lectionihus t'ilustrata, Rome, 1732-34, 6 vol. in-f° (les trois premiers volumes, conte^ nant les ouvrages grecs d 'Ephrem, sont de notre auteur) ; 3** Scnptorefi^ historiœ Jtalicx^ Rome, 1751-53, 4 vol. in-4 (4 autres volumes, relatifs à l'histoire de Naples, de la Sicile et de la Lombardie, étaient prêts en mss. et furent dévorés parlesllannnes en iloS);ï'^Kalendariaecch'$i<e, um'verSi-e, Rome, 1755, 6 vol. in-4 (ils traitent de l'histoire de tous les saints du calendrier de la Slavicaecclcsias. G7*aeco-Moscha ; six autres vohiraes concernant les saints grecs, syriaques, arméniens, égyptiens, latins ont été également brûlés) ; 5'' bibliotheca juris orientalis canonici et civilis, Rome, 17(52-()4, 4 vol., in-4; 0*» Bibliothecx apostoiicœ Vaticnnie codicum jnanuscriptorinncatalngus, Rome, 1756-59, 3 vol. in-f**. — Joseph- Aloysius Assémani, son frère (1710-1782), professeur de langues orientales au collège de la Sapience à Rome, est l'auteur d'un Codex liturgicm Ecclesiw uuiversaiin quindecim iibros distributus, Rome, 1749-66, 12 vol. in-4*', d'un Commentarius theo/ogico-canonico-cirticus de Ecclesiis, eantm 7*everentia et asylo, atque concordat) tia sacerdocii et imperiiy Rome, 17()tj, in-f*', ainsi que d'une série de dissertations de Unione et communimt ecclesiaslicaet decanonibuspœnitentialibus, Rome, 1770, in-4°. — Etienne- Evode Assémani, neveu des deux précédents (1707-1782), ai'chevêqiie vipartibus d'Apamée en Syrie et membre de la Société royale britannique des sciences à Londres, a laissé une Bibliothccœ Medicx, Lauren-

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