ASSEMBLÉES — ASSOCIATIONS
frères, et même nos enfants dans l'ordre spirituel. » On sent que la Révolution approche. L'Assemblée de 1788 est la dernière. Louis XVI Ta convocpiée pour obtenir un don gratuit qui le dispense de réunir les Etats-généraux. Mais le clergé les réclame avec toute la nation. Le don gratuit (jiie vote cette dernière assemblée est presque dérisoire : 1,800,000 livres ! — Voy. Recueil des actes ^ titres et mémoires, cfjticer^ nant les affaires du clergé de Frayice, 12 vol., Paris, 1721 ; Collection des procèS'Verbaux des assemblées géné7*ales du clet^gé de France, depuis 1560, Paris, Desprez, 1767-1778, 9 vol. in-4 ; Précis historique de toutes les délibérations contenues dans les procès-verbaux des assemblées générales du clergé de France, 1 vol. Paris, 1769. Jules Abboux,
ASSEMBLÉES du désert. Voyez Désert.
ASSER, rabbin célèbre de Babylone (3S3-427), qui présida Tacadémie de Sora et compta un grand nombre de disciples. Il est Tauteur du Talmud de Babylone {y os, ce mot), qui a été imprimé à Amsterdam en 1744, avec commentaires, en 12 vol. in-fol.
ASSIDÉENS, secte juive. Vovez Chasidim.
ASSOCIATIONS CATHOLIQUES. « Elles sont nées, dit M. Relier, dans un discours d'ouverture prononcé à Pai'is, le 18 avril 1876, à rassemblée générale des comités catholiques de France, au milieu des malheurs de la patrie, et il vaudrait mieux dire des malheurs de la patrie. A ce moment, il y a eu comme une sève de printemps (jui a ranimé les œuvi*es anciennes et ([ui en a fait naître partout de nouvelles. » Il faut dire plus simplement : l'association, c'est le nouveau moyen que le clergé a trouvé, après une guerre funeste, pour consener et augmenter, s'il est possible, son influence sur les populations catholiques. Aux confréries, aux œuvres qui existaient auparavant, viennent s'ajouter, à partir de ce moment-là, un grand nombre de sociétés toutes nouvelles. Le caractère spécial de ces associations, ce qui les distingue de celles qui sont plus anciennes, c'est une obéissance aveugle et un dévouement complet au Saint-Siège. « Dieu soit béni î disait en l'église Saint-Roch, le 21 mai 187(), le R. P. Dolaporte, nos comités ne sont ni libéraux, ni catholico-libéraux, ni catholiques et libéraux, ni vieux-catholi([ues : ils sont catholiques ! Le sobrlcjuct d'ullramoutains ne les ellVaye pas. L'Encycliciue et le Syllabus sont leur boussole. » Pie IX, de son coté, encourageant les associations de sa vive sympathie et de s(îs indulgences, elles se sont multipliées à l'étranger comme en France. En Italie, Timportante Societn delli in tercssi caftul ici i\m aie neveu de Mgr Cliigi, ancien nonce apostolique à Paris, pour président, et la Voce délia Verita pour organe, étend sa surveillance à trente comités paroissiaux dans la seule ville de Rome. Le 9 octobre 1876. le congrès de toutes les associations d'Italie avait lieu à Bologne avec l'approbation du pape, qui se féhcitait dans un bref de ce qu'on avait su s'organiser, former des comités régionaux, complétés par les diocésains et les paroissiaux, et de plus, préparer un congrès général, lorsque deux manifestations hostiles des habitants forcèrent le gouvernement italien à dissoudre, dès le second jour, l'assemblée des catholiques, alin de prévenu* des désordres qui paraissaient autrement inévi-
tables. En Espagne, en Autriche, les .comités sont nombreux et les associations llorissanles. A Berlin, les Windthorst, les Halst, avec leurs cx)llègues de l'opposition ulti*amontaine du Reichstag, sont les directeurs ou les membres influents de pareilles sociétés. En Angleterre, les comités formés sous le patronage du duc de Norfolk, ont paru plus impatients encore que ceux des autres pays de s'affirmer et d'agir. Préoccupés du sort des 10,000 ecclésiastiques qui, ayant refusé d'accepter les nouvelles lois prussiennes, dites lois Falck, se trouvaient privés de leur ti'aitement, c'est-à-dire, pour le plus gi*and nombre, de oute ressource, ils ont tenu à affirmer la solidarité qui existe entre les (^tholiques des ditterents pays, en ouvrant à Londres, en janvier 1876, une impoitante souscription en faveur des ecclésiastiques allemands persécutés. En France, depuis cin([ ans, le nombre des associations s'est considérablement accru. On les trouve aujourd'hui sur tous les points du territoire, aussi bien dans les campagnes que dans les villes. Chaque année, au mois d'avril ou de mai, une assemblée générale réunit à Paris les délégués de tous les comités de province. Le cardinalarchevé^iue, Mgr Guibert, a la présidence d'honneur, et, après lui, les évé(iues qui veulent bien assister aux séances; mais l'association est œuvre laïque et c'est toujours un laïque qui occupe le fauteuil comme président, habituellement M. Ghesnelong, sénateur. Neuf connnissions, (( établies à l'imitation des neuf chœurs angéliques et voulant travailler comme eux à la gloire de Dieu», préparent les rapports, exercent leur surveillance sur l'ensemble des œuvres catholiques dans le pays, et répondent de la mise à exécution des vœux, des projets soumis à l'assemblée et adoptés par elle. — I. Au premier rang, représentant le chœur des séraphins, il faut placer l'ensemble des Œuvres de prières. L'œuvre du Vœu National a pour but « de ramener au Sacré-C(inn* de Jésus, dans un temple digne de sa majesté, la France pénitente et vouée à son amour. » Le 16 juin 1876, le cardinal-archevêque; de Paris a posé la première pierre de l'église consacrée au Sacré-Co3ur, sur la Bulte-Montmai'tre. Une chapelle provisoire s'y élève dès aujourd'hui, les fidèles y viennent en pèlerinage, le comité de l'Œuvre a déjà recueilli près de trois millions, et à la date du 7 novembre 1876, d'après Y Univers, soixante-dix-sept diocèses en France étant déjà voués au Sacré-Cœur, huit autres attendant l'autorisation du pape, il n'en restait que cinq à gagner encore en les associant à cette œuvre. Ce n'est pas tout. Le comité du Vœu National s'est efforcé de grouper autour de lui les œuvres diverses consacrées au Cœur de Jésus dans une pensée d'expiation et de réparation, telles ([ue la Garde d'honneur, la Communion rôparatrice, V Heure sainte, l Apostolat de la prière qui nous assurait, dit le H. P. Rey, (de concours d'une prière incessante et d'un dévouement sans l>ornes » ; les Townstes du Sacré-Cœur qui vont donner le bon exemple dans les églises de village les jours d'adoration solennelle ; V Association réparatrice des blasphèmes et des profanations du dimanche, formée depuis le jour où la Vierge dit aux bergers de la Salette : « Voici ce qui appesantit tant le bras de mon fils : le blas-
phème, la profanation de son. jour. » L'appel que TAssociation de Montmartre, dite du Sacré-Cœur, adressa à ces sociétés a été entendu. Plusieurs ont consenti à Tunion proposée, au grand profit de Tœuvre du Vœu national qui pourrait encaisser chaque année, dit son rapporteur, 1,500,000 francs, si tous les diocèses de France consentaient, comme elle le propose, à faire avec elle un pareil engagement. A r œuvre du Saint-Sacrement se rattachent de la même manière [)lusieurs associations : Y Adoration perpétuelle qui possède actuellement en France soixante-trois diocèses, vingt-quatre en étant encore privés; V Adoration nocturne encore peu répandue, mais qu'on peut organiser chez soi, en faisant successivement tous les mois dans son domicile une heure d'adoration, de huit heures du soir à huit heures du matin; V Union de prières doiît le Comité invite tous les membres, après avoir assisté chaciue jour à la messe, à réciter avant de ([uitter l'église, une même prière, imprimée, distribuée, renouvelée cha([ue mois, qu'on tire à Paris à 25,000 exemplaires; et l'œuvre des Pèlerinages Eucharistiques, Il s'agit pour les catholiques qui font partie de cette société, (( d'aller en foule visiter les sanctuaires si nombreux où se manifesta, à diverses époques, la puissance divine, dans le Très-Saint-Sacrement de l'autel. » Il faut éviter de confondre avec cette dernière classe d'associations les autres Pèlerinages que M. le vicomte de Damas, cjui a reçu du pape « l'ordre de marclier », mène à travers la France, à Lourdes, à la Salette, et aux différents lieux où Ton croit que se sont accomplis des miracles. — 11. Une commission présidée par 31. Relier, et après lui par le général baron de Charette, vice-président, s'occupe dés Œuvres Pontificale», c'est-à-dire des quêtes pour les membres du clergé persécutés, à l'étranger, et surtout du Denier de saint Pien^. On s'efforce de dissimuler les résultats qui ne sont pas satisfaisants. Les ultramontains avaient compté sur 200 millions de francs par année, fournis par tous les catholiques du monde. Mais la vérité, c'est qu'on a de la peine à réunir tous les cinq ou six ans une moyenne de cinquante millions dont la France fournit la plus grosse part. — III. Sous ce titre, Œuvres en général, il est question tour à tour, des Conférences publiques et des moyens à employer pour en répandn* l'usage au scindes populations catholiques; des œuvres qui, sous des noms différents, ont pour but commun de donner à la faction cléricale des partisans dans Tarmée, l'œuvre des Militaires blessés, l'œuvre des Bibliothèques militaires^ l'œuvre des Vieux papiers (accumulés en magasin, puis vendus, et l'argent que produit la vente sert à établir des salles de lectures catholi(|ues pour les soldats), et surtout l'œuvre de la Sanctification du dimanche, « Cette dernière association date à peine de deux ans », dit M. Louis de Cissey, de Lyon, Tuude ses membres les plus actifs. Les catholiques qui en font partie sont divisés par dizaines à l'exemple de la Propagation de la foi. Cliaqu^' dizaine fournit deux sous par tête, un franc par an, et reçoit en échange les annales mensuelles de l'ieuvre. Malgré tout, on est réMu ' envier les pays protestants qui observent sans effort le repos du septième jour et à constater qu'oji n'obtient pas les résultats pratiquas
allendus ; mais on se console en remarquant avec M. de Cissey, qu'on s>st assuré 262,979 communions mensuelles, plus de 750,00() chapelets mensuels, plus de 70,000 heures d'adoration du Saint-Sacrement mensuelles, un nombre de prières tel qu'il doit faire violence à Dieu lui-même. — IV.En matière d'emeignemenl, tout Peffort du catholicisme se concentre aujourd'hui en France sur la formation de ces groupes d'établissements consacrésà l'enseignement supérieur (ju'on appelle Universités catholi([ues. Ici les résultats obtenus sont satisfaisants. A la date du 27 octobre 1876, les souscriptions en faveur de l'Université de Lille atteignaient le chiifre de 4,791,oo0 francs. C'est sans doute ce succès inespéré qui a appelé l'attention du parti ultramontaîn sur le diocèse du cardinal archevêque de Cambrai, et l'a décidé, en novembre 1876, à inaugurer dans la salle des cercles ou\Tiers de Lille une sorte d'assemblée, non plus générale mais régionale, appelée, dans les journaux du parti, Congrès catholique du Nord. Pour le reste , enseignement de la théologie offert à l'élite d^s laïques, suivant la proposisition de Mgr Isoard, auditeur de Rote à Rome, bourses directement données par l'Etat au père de famille, afin qu'il puisse, s'il le veut, choisir pour son fils un établissement d'enseignement secondaire dirigé par des prêtres, décentralisation, c'est-à-dire liberté pour l'instituteur de fonder une école, de choisir sa méthode d'enseignement, et même d'exercer les fonctions sans avoir passé l'examen d'usage, s'il s'agit d'écoles primaires, les comités n'en sont encore qu'à faire des vœux, sans pouvoir réaliser ce qu'ils espèrent. — V. La Presse, mdÀgré les nombreux Comités catholiques ((ui ont pour mission soit de répandre les feuilles religieuses et les journaux politiques du parti, soit de publier les livres approuvés par les évéques, soit d'organiser le colportage dans les campagnes, a mieux servi les sociétés démocratiques, que les associations ultramontaines. M. de Biencourt accuse nettement ses coreligionnaires <le n'acheter que les mauvais journaux et d'être les premiers à railler la bonne presse ou à lui adresser des reproches injustes. 11 propose de fonder d(îs agences télégraphiques cléricales, d'organiser une presse réfîionale, c'est-à-dire d'envoyer de Paris dans chaque région un journal tout fait, avec la quatrième page en blanc pour la chronique locale et les annonces. Mais rien n'est fait encore, ce sont là de simples projets. Quant à la publication des livres, trois sociétés catholiques, la Société bibli(f{irnplnque, le Comité de propagande et la Société des publicatioiis populaires , ont tenté vainement de rivahser d'activité et d'influence avec la presse ([u'elles nomment anti-religieuse, et d'opposer, sujet après sujet, la bonne doctrine à la mauvaise. — VI. Sous ce titre un peu vague : Economie sociale catholique, se trouvent désignées celles des récentes associations sur Ic^squelles le catholicisme contemporain fonde ses meilleures espérances : les Cercles ouvriers et les Corporations ouvrières. Leur importance est telle aux yeux des ultramontains (fu'ils leur ont accordé un congrès annuel, à côté et en dehors de l'assemblée générale des Comités catholiques. La première session eut lieu à Nevers en 1871, et le 21 août 1876, la sixième s'ouvrait à Bordeaux. Les premiers Cercles ouvriers datent de 1871. Après la
Commune, des catholiques ultramontains, au premier rang desquels il faut citer MM. de Mun et de Latour-du-Pin, entreprirent de résoudre le problème social en réconciliant les patrons et les ouvriers. En effet, les industriels ayant abandonné leur mission de tutelle morale, il faut les rappeler au sentiment de leur devoir envers l'ouvrier. Mais il faut, d'un autre côté, s'occuper de Tàme de cet ou\Tier, et lui apprendre Je re:^ pect de la hiérarchie sociale. Après le but, les moyens. L'œuvre fait appel aux patrons, aux industriels de bonne volonté. Elle les groupe en comités locaux chargés de former pour toute la France des associations ouvrières. On prétend arracher ainsi l'ouvrier à un isolement qui lui est funeste, beaucoup mieux que ne le font les 7rarfes/7«i/>ns de l'Angleterre ou nos Chambres syndicales. Le travailleur qui veut faire partie d'un Cercle, reste quelque temps candidat, passant par une épreuve de plusieurs mois avant d'être nommé membre. Mais l'épreuve subie, le sociétaire dans la suite est facilement retenu et attaché à l'association par la protection du Comité qui s'étend sur lui et sa famille, au moyen de dames patronnesses, par les pèlerinages ou voyages gratuits (les Cercles de Paris, en 1876, sont allés à Rouen prier Notre-Dame de Bon- Secours), par les banquets qu'on lui offre, et même par des représentations théâtrales qui sont données dans le local de l'œuvre. Aussi y a-t-il déjà une revue des œuvres ouvrières, V Association catholique, qu'on publie à Paris, et dix Cercles ouvriers, présidés par M. Bailloud , ancien inspecteur des ponts et chaussées. On compte deux cents Cercles en province. Ce n'est pas assez de gagner l'ouvrier et de l'habituer au respect de la hiérarchie sociale en lui montrant quelle est pour lui la sollicitude vraiment paternelle du patron. On a tenté de reconstituer, par la foi, la famille même pour refaire une société catholique. C'est le but d'une autre œuvre ouvrière, de la corporation chrétienne telle que Pie IX l'a imaginée dans son mofupropriode 1852, et que M. Harmel l'a réalisée en France dans son usine du Val-des- Bois. On réunit les directeurs de chacun des Comités catholiques divers, déjà établis dans la localité (un prêtre représente chaque association de femmes) , en un Comité corporatif. Ce Comité s'occupe avant tout des intérêts de la corporation en général et de chaque association en particulier; il fait, de plus, participer toutes les associations renfermées dans son sein, aux mêmes institutions économiques, en procurant à ses membres au meilleur marché possible les choses nécessaires à la vie. Dans la pratique, la fondation d'un Cercle ouvrier pt-édîde et facilite rétal)lissèment de la corporation chrétienne. On peut faire observer que le mot « corporation » n'est pas exact pour désigner une association d'ouvriers, qui, dans la même localité, ont hîibituellement des métiers différents ; mais il faut se rappeler que les premières corporations de ce genre ont commencé dans des usines où tous les ouvriers avaient le même état et dépendaient du même patron. Agir sur l'ouvrier des villes ou des campagnes de manière à faire de lui l'aveugle et dévoué défenseur du Syllabus, voilà l'œuvre aujourd'hui que poursuit le catholicisme militant. Plusieurs de ceux qui l'ont commencée ont déjà acquis une certaine notoriété. Après le comte Albert de Mun, il faut