ASSOMPTION — ASSYRIE
été renouvelé en 1738 par le roi Louis XV. Malgré les dogmes récents qui ont davantage encore exalté le nom de la Vierge et recommandé son culte, son assomption n'est pas considérée comme un dogme dans TEglise romaine, mais seulement comme iiucpia sententia, et la distinction est maintenue entre Vascensio de Jésus-Christ, monté au ciel en vertu de sa nature divine, et Vassumptio de Marie, enlevée au ciel à cause de ses mérites.— Voy. Bergier, Diction, det/téol.,?., 1868, 1, p., 197; Herzog, Benl-Ennjclop^.^W, p. 92.
ASSUÉRUS ['Akhachéroch, *A770JY;poç,'ArjY;p5ç], nom commune plusieurs rois médes et perses qut sont désignés dans T Ancien Testament.— 1" TobieXIV, 15 nomme Assuréus comme ayant conquis Ninive de concert avec Nabuchodonosor (625 av. J.-C), ce qui ne peut s'appliquer qu'à Nabopolassar et à Cyaxare I^^ — 2- Daniel IX, 1 parle d'un Assuérus, père du roi de Médie Darius, que la plupart des commentateurs supposent devoir être identifié avec Astyage, père de Cyaxare II (595-581 »iv. J.-C). — 3"" Esdras IV, 6 nomme un roi de Perse Assuréus qui se montra peu favorable aux Juifs retournés en Palestine et, sur Pinstigalion des Samaritains, ordonna d'interrompre la reconstruction du temple (VI, 13 ss. cf. Josèphe, Antiq., XI, 2, 1), On l'assimile généralement à Carabyse, successeur de Cyrus (529-522 av. J.-C). — 4** Esther I, 1 ss. raconte un épisode du règne d' Assuérus, prince cruel, capricieux, voluptueux, dont le caractère a une analogie frappante avec ce <|ue Hérodote, Strabon et d'autres rapportent de Xerxès, fils de Darius llystaspe (486-465 av. J.-C). \o\ezF8t/ier.
ASSUR, 2'' fils de Sem, originaire du pays de Sennaar, se rendit, d'après Gen. X, 11 ss., dans l'Assyrie, où il bâtit Ninive, Chalé et Rezen. Voyez Assyrie,
ASSYRIE. 1. Histoire. L'Assvrie, 'Achour en hébreu, .4 <f«owr en assvv'xexi^ Athourà dans la langue dos anciens Perses, répondait en partie au Kourdistan actuel; elle couvrait, sur une superficie de 1()5,000 kil. carrés, la vallée du Tigre, depuis Tendroit où il sort des montagnes jusqu'à celui où il rapproche de l'Euphrate; au sud, elle touchait à la Ikbyionie dont elle n'était séparée par au(;une frontière naturelle. Les inscriptions cunéiformes nous fournissent, pour l'histoin» de l'Assyrie, des renseignements d'une richesse incomparable. Outre les grands textes liistori(|ues, sur pierre ou sur briques, nous possédons des listes d'éponymes (pii nous donnent, année par année, les noms des grands mai^'istrats, avec l'indication des grands événements, guerres, révoltes, <alamités, phénomènes météorologiques, (pii ont mar<[ué leur passage au pouvoir; c'est à l'aide des éclipses, (jui portent en elles-mêmes leur date, qu'on a pu établir des points de repaire dans la chronologie assyrienne. A côté de ces documents originaux, nous avons les récits des auteurs anciens, Hérodote, Bérose et Ctésias, enfin les livres (les Rois et ceux des Chroniques qui nous donnent une chronologie suivie depuis David jusqu'à la captivité. Mais il est très-difficile de mettre d'accord la chronologie juive et la cluronologie assyrienne. M. Oppert,dont nous suivons principalement les recherches dans cette étude, adopte, d'une façon générale, la chronologie biblique, et il
suppose que les listes des éponymes font à un certain endroit un saut de quarante-six ans dont il n'est resté aucune trace dans le^ textes; MM. Smith et Sclirader, suivant une ancienne hypothèse de M. Rawlinson, n'admettent pas cette interruption dans les canons assyriens et rajeunissent d'un nombre d'années à peu près égal les dates de la chronologie biblique. Deux éclipses qui ont eu lieu à quarante-six ans d'intervalle (809 et 763), dans les mêmes conditions, permettent d'adopter indifféremment Tune ou l'autre de ces combinaisons. L'histoire d'Assyrie commence tard, et ses débuts furent humbles. D'après la Genèse (X, 11), les Assyriens se sont greffés sur l'ancienne population couscliite de Babylone que personnifie Nemrod. Assour sortit du pays de Sennaar et bâtit Ninive, Rehobot-Ir, Kalali et Rescn entre Ninive et Kalah; et le récit biblique ajoute: « C'est là la grande ville», passage obscur que l'on a appliqué tantôt à l'une de ces quatre villes» tantôt à leur ensemble : Kalah était à 46 kilomètres de Ninive ; Resen était entre elles deux, et Rehobot-Ir n'était peut-être que le (( faubourg » de Ninive. Ces quatre villes ont formé le noyau de la puissance assyrienne. Les auteurs anciens nous présentent les choses d'une manière, en apparence, bien différente ; mais il faut les entendre. D'après Ctésias, le fondateur de la monarchie assyrienne fut Ninus, qui vivait environ 2110 ans av. J.-C. Il avait pour épouse la reine Sémiramis, célèbre par ses débauches autant que par les constructions immenses et les palais suspendus dont elle couvrit toute l'Assyrie et surtout Babylone, sa capitale. De leur union naquit un lils, Ninyas, prince efféminé qui fut lui-même suivi par 33 rois fainéants ; le dernier, Sardanapale, se brûla pour ne pas tomber aux mains d'Arbaces le Mède et de Bélésys, gouverneur de Babylone (788). €e rè^ne illustre sur lequel tous les auteurs anciens abondent en détails, tandis que les siècles suivants sont plongés dans l'obscurité la plus profonde, n'a aucun caractère historique. Il est même possible que Sémiramis (Samourramat) ne soit qu'une déesse; elle forme avec Ninus, l'éponyme de Ninive, et son fils Ninyas une triade divine semblable à toutes celles qui forment le fond des religions de l'Asie occidentale. Les Assyriens aimaient à mettre des généalogies divines en tête des listes de leurs rois, et les Grecs auront pris pour un règne réel ce mytJie (jue l'orgueil national avait entouré de légendes glorieuses ; c'est M. Lenormant qui a mis ce point important en luniièiv. Hérodote et Bérose placent également Sémiramis au début de Thistoire d'Assyrie, mais leurs récits ont, dans leur ensemble, un caractère plus historique. Suivant eux, le royaume d'Assyrie posséda la suprématie pendant un espace de 520 (526) ans qui est rempli par 45 rois ; elle la perdit à la révolte des Mèdes en 588. La puissance assyrienne ne date donc que de la réunion de Babylone à l'Assyrie, en 1314. Nous avons peu de chose à changer à ces données générales. Les plus anciens textes ne remontent pas au-delà de l'an 2000. A cette époque, les princes assyriens s'appelaient Palesi, et dépendaient de l'Egypte et de la Chaldée; les noms de plusieurs d'entre eux sont arrivés juscju'à nous, hmi-DaganySamsi'Bm,elc.;\ers le quinzième siècle, ils s*afirau-
chissent graduellement et prennent le titre de « rois », sar, mais la puissance assyrienne ne fut fondée que par la conquête de Babylone (1314 suivant Bérose). Cette conquête entraîna les princes assyriens dans une série de luttes sanglantes; ils habitaient alors la ville d'Elassar (Kalah-Shergat) ; on a retrouvé aux angles des fondations de ses murs des cylindres en brique tous identiques, qui racontent les campagnes du plus célèbre d'entre eux, Tiglathphalasar I (Touklat- Habal-azar), contre Elam, TArménie et la Syrie. Tiglathphalasar lit même dresser à Tune des sources du Tigre une stèle commémorative de ses exploits; mais la fin de son règne et les règnes suivants furent marqués par de grands revers ; la puissance assyrienne ne cessa de décroître jusqu'à Tavénement d'une nouvelle dynastie, vers le milieu du onzième siècle. Les premiers princes de la nouvelle dynastie, Salmanasar 11^ Irib-Bin, Assonr-idin-Akhe^ Assour-Dan IJI, travaillèrent à réparer les désastres de leurs prédécesseurs. Enfin, un prince qu'on appelle Toukiat-Adar II renird dans la voie des conquêtes. Son fils 5fl;Y/a?îYi/>«/e///(Assour-Nazir-Habal) est un des rois les plus connus de l'Assyrie. Il changea l'ancienne résidence royale d'Elasar contre une ville située plus au nord, sur le Tigre, Kalah, aujourd'hui Nimroud, que ses successeurs ne cessèrent d'embellir ; il y bâtit le palais du Nord-Ouest, et le couvrit d'inscriptions. Néanmoins, ses efforts ne portèrent pas surtout vers le nord, mais du côté du sud et de l'ouest, vers Babylone et la Syrie. A partir de ce moment, l'objectif ox)nstant des rois d'Assyrie est l'Egypte. Sardanapale franchit î'Euphrate, s'empara de Karkemisch et s'avança jusqu'à la Phénicie. Son fils, Salmanasar III, lui succéda en 905. Son règne de 35 an», rempli par des guerres, est illustré par les nombreuses inscriptions (|u'il a laissées sur les murs de Nimroud. Un obélisque noir (aujourd'hui au British-MussBum), retrouvé parmi les ruines du palais du Centre, retrace ses campagnes. C'est sous son règne que les Assyriens se rencontrèrent pour la première fois avec Israël. Après des campagnes sans cesse renouvelées contre Babylone et l'Arménie il marcha <x)ntre la Syrie, battit à Karkar une armée coalisée, dirigée par Benhadad, dans laquelle figurent 10,000 hommes envoyés par Achab ; enfin, dans une nouvelle campagne dirigée contre Hazaël qui avait remplacé Benhadad, il s'empara de Damas. Les rois de Tyr et de Sidon, ainsi que Jéhu s'empressèrent de faire leur soumission. L'éclat des armes de Salmanasar rejaillit encore sur ses successeurs immédiats, mais l'époque qui suit est très-troublée. C'est dans l'intervalle <iui sépare le dernier des rois de cette époque de Tiglathphalasar, que Gtésias place la première prise de Ninive par les Mèdes et les Babyloniens coalisés. Bérose ne parle pas des Slèdes, mais, suivant Eusèbe, cet liistorien racontait qu'un roi chaldéen, Phoul, avait occupé le trône d'Assyrie; la Bible le connaît également et cite son nom à plusieurs reprises. Les auteurs dont nous avons cité les noms plus haut soutiennent que la royauté n'a pas subi d'interruption, que cette prétendue conquête se borne aux désordres mentionnés sur les listes d'éponymes correspondantes, et ils suppriment toute
la tradition grecque relative à ces faits; suivant eux, Phoul ne seraic qu'une forme altérée du nom de Tiglathpbalasar. En conséqueoce, ils rajeunissent de 40 ans en moyenne les dates que nous avons données pour les rois d'Assyrie, et les dates correspondantes des rois d'Israël. M. Oppert maintient la chronologie traditionnelle et il suppose dans la liste des éponymes une interruption de 46 ans dont on aurait volontairement effacé la trace. Seulement il est obligé d'admettre que les rois Menahem et Azriah, mentionnés dans les inscriptions de Tiglathphalasar, ne sont pas le Ménahem et l'Azariali de la Bible qui, d'après ses calculs, régnaient 50 ans plus tôt, mais deux autres princes du même nom, dont les Chroniques ne parlent pas. On aura peut-être quelque peine à admettre ce dédoublement apparent; d'autre part, si Ton suit l'opinion contraire, on sera obligé d'admettre qu'Azariah était presque contemporain de son gi^and-père Achaz; en tous cas, on fera bien de ne pas rejeter la chronologie bibliq'u* avant d'avoir lu les savants raisonnements de M. Oppert; nous ajouterons qu'il ne faut pas non plus accorder une valeur exagérée, ni pour les faits, ni même pour les noms bibliques, aux récits officiels des rois d'Assvrie. Les principaux passages de la Bible qui ont trait à cette période sont : 2 Rois XIV-XVI; 2 Ghron. XXV-XXVIII; Es. VU, \1II et IX. — La date de Tiglathphalasar II est certaine : il monta sur le trône le 13 jyar 745. Ce fut un grand conquérant. Une première série de campagnes lui assura la soumission du roi dn Hamath, d'Azriah, roi de Juda (suivant M. Oppert, le même anti-roi qu'Esaïe désigne sous le nom de « fils de Tabéel ») et de 18 rois parmi lescjuels figurent Menahem de Samarie (suivant M. Oppert, Menahem II), et Hetsin, roi de Damap. Tranquille de ce côté, il porta ses armes vers l'Asie centrale, pénétra plus loin qu'aucun de ses prédécesseurs; puis, après celte conquête brillante mais éphémère, revint s'entremettre entre Pekach, roi d'Israël, et Uetsin, roi de Damas, d'une part, et Achaz, roi de Juda, de l'autre. Pekach s'enferma dans Samarie; presque toutes ses villes furent prises et leurs habitants déportés. Puis Tiglathphalasar se tourna contre Retsin, l'écrasa, et, après une résistance de deux ans, prit Damas ; Retsin fut mis à mort (732) et tous les rois voisins, et entre autres Achaz, vinrent remercier leur libérateur et lui rendre hommage dans la capitale de la Syrie. A la mort de Tiglathphalasar, une révolte générale éclata. Salmonasar F accourut; la Phénicie se soumit; Hosée, roi d'Israël, lit de même (2 Rois XVII, 3). Mais ce dernier s'étant allié par la suite à Sabacon (Shabak), chef de la dynastie éthiopienne qui n'*gnait en Egypte, Salmanasar le manda auprès de lui et le jeta en prison ; puis il mit le siège devant Samarie, mais il mourut avant de l'avoir prise, tandis qu'il faisait le siège de Tyr qui avait pris parti pour Israël. Salmanasar était mort sans enfants; l'un des grands officiers de la couronne, Sùrgon (Sarru-Kin), lui succéda. Sargon est fondateur de la dernière dvnastie assvrienne. Les murs de sa résidence favorite, Khorsabad, sont couverts d'inscriptions en son honneur. Sans elles, nous saurions à peine son nom, il n'est cité qu'une fois en passant dans la Bible (Es. XX, 1). Après une première campagne
contre les Susiens et les Chaldéens réunis, il se poila de sa personne au camp devant Samarie, la ville fut prise et pillée, et^ toute la population emmenée en captivité à la frontière de Médie ; les Mèdes vaincus furent Uéportés à Samarie et un gouverneur assyrien y fut installé (722 ou 721). Pendant dix ans, Sargon iit la guerre en Médie^ -en Arménie, en Asie-Mineure, en Phénicie, il délit les Egyptiens à Raphia au-dessous de Gaza, prit Asdod en 712, eniin attaqua Merodac- Baladan et prit Babylone (70i9). Plus tard encore Sargon se rendit dans Tîle de Chypre et y érigea, en souvenir de sa campagne, une stèle, aujourd'hui au musée de Berlin. Il mourut après une expédition en Médie, sans doute de mort violente, en 704. Son fils Sennachérit (Sin-ahe-Irib , 704-680), eut à faire à une révolte générale. 11 déposa le vieux Mérodac-Baladan, mit à sa place sur le trône de Babylone une ombre de roi, puis marcha contre la Syrie et la Palestine, en 700. D'après son propre récit, il envahit la Palestine, punit Ezécliias en enlevant 200,150 hommes et renferma dans Jérusalem comme dans une cage. Le livre des Rois (2 Rois XVIII et XIX, comp. Esaïe XXXVI-XXXVIU) et celui des Chroniques (2 Chron. XXXIl) ignorent ce fait. On sent pourtant au ton du récit que la détresse fut grande h Jérusalem. Ezécliias mit en pièces les portes du temple pour trouver les 800 talents d'argent et les 30 talents d'or exigés par Sennachérib; celui-ci prit l'or, mais sans renoncer à son projet de détruire Juda, parce (ju'il méditait une invasion en Egypte; il envoya de Lakis, où était son quartier général, une ambassade orgueilleuse à Jérusalem ; mais lorsqu'elle revint, elle ne le trouva .plus ; il avait levé le camp pour aller assiéger Libna et se disposait à marcher contre l'Egypte, (juand « l'ange de l'Eternel frappa 183,000 hommes et Sennachérib s'en retourna en Assyrie ; » suivant Hérodote, son armée fut détruite dans sa marche contre le Delta par une armée de rats. Ce désastre est passé sous silence dans les textes assyriens, mais il n'y a pas lieu de douter qu'il ne soit authentique, du moins ([uand au fond. Sennachérib est celui de tous les monar([ues assyriens qui a laissé le plus de monuments importants. Il embeUit surtout Ninive, sa capitale. Après vingt-quatre ans de règne, il fut tué par ses fils Adrammelech et Sareser. Un autre de ses fils, Assarhaddon, s'empara du trône (680-667). Il se rendit maître de Babylone, y emmena prisonnier le roi de Judée, Manassé, détruisit Sidon, puis reprit la marche de ses prédécesseurs vers le Sud, Il pénétra eu Arabie, mais les déserts l'arrêtèrent ; alors il se détourna vers l'Egypte, renversa TEthiopien Tarhaka et mit à sa place Neko P'. A son retour, il put dresser aux sources du Nahar-el-Kelb, près de Beyrouth, à côté des stèles triomphales de Ramsès II, une inscription snr laquelle il s'intitulait roi d'Egypte, de Thèbeset d'Ethiopie. Vieux et malade, il abdiqua en 667, laissant l'Assyrie à Sardanapale VL et Babylone à son second fils Saosduchin (Saoul-Masadd-Youkin). Ce dernier s'allia aux ennemis de son frère et lit un vaste complot qui embrassait tous les pays du Sud. Sardanapale le déjoua, vainquit séparément ses adversaires et assiégea Saosduchin dans Babylone. Après un siège célèbre par les horreurs de
sa famine, Babylone fut prise et saccagée, et Saosduchin brûlé dans son palais (047). Sardanapale réunit encore pour vingt-deux ans Ninive à Babylone; c'est le Chinaladal du canon de Ptolémée, le Sardanapale de Bérose; il est celui des rois d'Assyrie qui a le plus fourni à la science actuelle : il fonda les archives de Ninine dont les fragments nous sont parvenus; c'étaient pour la plupart des copies de textes anciens; ses textes historiques sont aussi du plus haut intérêt. Sardanapale soumit TEgypte (6(55), détruisit Thébes, lit alliance avec Gygès roi de Lydie, et pénétra juscfu'au milieu de TArabie propre, il mit tin aux compétitions du trône de Médie en prenant Suse (648) ; il fit aussi la guerre contre TArméuie; enfin, il vain(|uit leMède Phraorte sous les murs même de Kinive ; mais les textes ne vont pas jusque-là. Nabopolassar de Babylone et Cyaxare le Mède attaquèrent Ninive avec leui*s forces réunies et mirent tin à Tempire assyrien (606). « Ninive resta longtemps en ruines; au temps de Xénoplion, on avait oublié jusqu'au nom. Les Parthes semblent avoir élevé une ville sur son emplacement et les Romains en tirent une colonie, comme le prouvent des monnaies impériales. Plus tard, en face de la ville royale, sur la rive droite du Tigre, s'éleva Mossoul, qui est encore aujourd'hui florissante et Ninive resta sous un monceau de décombres, jusqu'à ce que les fouilles du dixneuvième siècle vinssent la rendre à la lumière. (Oppert). »
11. Mœurs, L'organisation militaire de l'Assyrie était, à peu de chose près, celle des grands Etats orientaux actuels. Les princes {sar, san^u) étaient des despotes religieux; dans toutes leurs inscriptions, ils ne parlent jamais (pie d'eux-mêmes et d'Assour, dont la gloire se confond avec la leur ; c'est en son honneur qu'ils accomplissent tous les actes les plus barbares. Sur les bas-reliefs, on les distingue à la tiare, à Tordre parfait de leur barbe et de leur coiffure et à Timpassibilité de leurs traits. La grande occupation des rois d'Assyrie était la guerre ; ils ne la faisaient pas par simple plaisir, mais systématicfuement ; chaque année était nmrquée par une campagne. Les Assyriens ne pouvaient vivre que de conquêtes extérieures ; sitôt <iu' ils ont cessé de faire la guerre, ils sont tombés. Le peuple était ainsi toujoiirs en annes. Esaïe (V, 26-30) en trace un portrait saisissant: « La ceinture» (h» leurs « reins ne se défait pas, la courroie de leurs sandales ne se délie pas. « Leurs llèches sont aiguisées, leurs arcs sont tous tendus, les sabots (( de leurs chevaux sont comme le caillou, les roues de leurs cliars [w- « reilles à l'ouragan. » La force de l'armée assyrienne résidait principalement dans sa cavalerie et ses chars de combat, célèbres dans toute l'antiquité. A en juger par les bas-reliefs, les Assyriens ne connaissaient pas d'ordre de bataille; mais ils y suppléaient par une grande bravoure individuelle ; le roi combattait toujours en personne. Dans les sièges, ils faisaient usage d'échelles, de béliers et de tours ; souvent ils élevaient de vrais remparts autour de la ville assiégée. Le sort des vaincus était triste; ils étaient mis à mort par milliers, moins toutefois par caprice <îue pour Texemple. C'est surtout dans le supplice des chefs qu'on apportait tous les raffinements de la cruauté ; on leur crevait les yeux, ou bien on les écorchait vifs, on étalait leurs peaux sur les murs de la
\illo et on empilait leurs têtes devant les portes. Les pays soumis étaient administrés par (les jj^ouverneurs ([ui sont appelés idiUlôi pachat (liébr., pêkhà), tantôt snknu (liébr., sàgân). D'autres fois, on laissait sur le trône le prince qui conservait son titre et devenait vassal ; comme les gouverneurs, il était tenu, dans ce cas, à payer tribut et à fournir des hommes en cas de guerre. C'est le premier exemple d'une administration régulière que nous ait légué l'antiquité, et les assyriens ne peuvent être comparés, sous ce rapport, qu'aux Romains. En outre, pour s'assurer la soumission des pays vaincus, les Assyriens avaient adopté un système de déportation que l'on pratique encore aujourd'hui en Bulgarie et dans d'autres pays dépendant de Tempire ottoman ; ils transplantaient des peuples entiers à l'extrémité opposée de leur empire, et les remplaçaient par d'autres déportés; c'est ainsi que les habitants du royaume d'Israël furent emmenés en captivité à Kalah sur le Khabour, sur le fleuve Gozan et dans les villes des Mèdes, et remplacés par des Chaldécns faits prisonniers à Kalou et, plus tard, par des colons venus de Hamath, qui introduisirent à Samarie leurs mœurs et leurs dieux. Cet échange constant de populations avait pour efl'et de dépayser les rebelles et de rendre les révoltes très-difhciles ; c'est ainsi que les Assyriens ont pu dominer, pendant plusieurs siècles, toute l'Asie antérieure; mais il leur manquait cet élément civihsateur qui a fait la durée des colonies romaines; leur autorité est toujours restée purement extérieure, et un jour a suffi pour consommer la ruine de l'Assyrie. — L'architecture assyrienne est une imitation de celle de Babylone; elle <ioit pourtant une certaine originalité à son alliance avec la sculpture. Les nuus des palais étaient couverts de bas-reJiefs qui représentaient des sujets tantôt mythologiques, tantôt réels ; aux premiers appartiennent les taureaux à face humaine, les dragons, les dieux (pie l'on voit tant au Louvre qu'au British-Musaium ; la donnée est le plus souvent chaldéenne ; dans l'autre classe il faut ranger les batailles, les sièges, les assauts, les chasses et toutes les scènes de la vie journalière. Les Assyriens ne faisaient que le proiil, et leurs ligures empiètent rarement les unes sur les autres, mais elles sont pleines de mouvement et de vie. Ils ne s'appliquent pas seulement, comme les Egyptiens, à la netteté du contour, mais ils reproduisent le galbe des corps, les muscles et tous les détails des traits et de l'ornementation avec une grande ihiesse. Les chevaux et les animaux en général sont faits avec une rare perfection. C'est un art très-réaliste. 11 a surtout atteint ce caractère sous les Sargonides. C'est de Sennachérib que date l'habitude de reproduire tous les détails de la vie journalière, et de donner aux dillVrentes scènes un fond conforme autant que possible à la réalité. Quelfiues-unesde ces sculptures portent encore des traces de peinture. Les Assyriens avaient aussi acquis une grande perfection dans la gravure (les pierres précieuses; on possède un grand nombre de cylindres, d'anmlettes et de gemmes c[ui proviennent des différentes villes d'Assyrie ; ces objets se sont répandus avec la civilisation assyrienne en Syrie et en Asie-Mineure, souvent même il est diilicile d'en reconnaître la provenance exacte. L'ai't assyrien, eu elFet, a exercé une influence
profonde sur toute la côte asiatiifue, où il s'est rencontré avec Tart égyptien ; il a même pénétré jusqu'en Grèc^ ; on en retrouve la trace incontestable dans rornenientation grecque et parfois jus<]ue dans le choix dos sujets. Lacéramique était fort développée; les vases que Ton trouve sur les monuments assyriens présentent une grande variété et une grande délicatesse de contours; T Assyrie est le pays de Targile. Les ameublements étaient tjès-somptueux (Nahum II, iO) ; il faut en dire autant des tentures et des tapisseries qui étaient du reste un des principaux objets de commerce de TAssyrie (Ez. XXVII, 23, 24). — L'Assyrie a emprunté son écriture, comme son architecture, à la Chaînée. L'écriture cunéiforme n'est pas sémitique, non plus que les hiéroglyphes auxcfuels elle ressemblait, pai*ait-il, beaucoup dans l'origine. Elle était d'abord idéographique, c'est-à-dire qu'elle se composait de dessins qui représentaient des objets; mais le sentiment de la forme s'est perdu beaucoup plus tôt (ju'en Egypte, sans doute parce que la langue à laquelle cette écriture était empruntée était diiférente de l'assyrien; on n'a conservé que la charpente. Les signes ont en même temps cliangé de valeur; les Assyriens les ont attachés à certains sons et non plus à certains sens ; c'est ainsi ([ue l'écriture cunéiforme est devenue en grande pai'tie phonétique, mais elle est toujours restée mélangée d'idéogrammes nombreux qui en font une des principales difficultés. D'autre part, ces. cadres en quchpie isorte théoriques dans lesquels elle était emprisonnée lui ont donné une certaine immobilité; «lie a bien fait, pour s'en affranchir, des etïorts qui semblent avoir donné naissance aux alphabets carien, lycien et cypriote: elle est même devenue purement alpliabétiquc avec le perse ancien; mais ces tentatives ont avorté ; elle ne s'est jamais prêtée aux mêmes transformations que l'écriture égyptienne passant des hiéroglyphes à l'écriture hiératique puis au démoti(iue, pour aboutir à l'alphabet phénicien ; l'écriture cunéiforme est morte avec les palais de Niniveet de Persépolis. Il est probable que les Assyriens ont possédé à côté, de très-bonne heure, une écriture cursive;en tous cas, dès le huitième siècle, on trouve l'écriture et la langue araméennes employées en] Assyrie conjointement avec l'écriture cunéiforme. — Les sujets dont traitent les inscriptions sontdfs plus variés ; à côté des grands textes historiques, gravés sur la pierre, et qui couvrent les murs des palais, on en possède un nombre beaucoup plus grand encore sur briques; c'étaient les livres assyriens; chaque page formait un volume. La plupart de ces briques proviennent de la bibliothè(|ue de Sardanapale ; le British-Musa'um poss^nie près de 20,000 fragments de ce genre. Il y a aussi des inscriptions }:ravées sur des cylindres de matières comme de formes très-diverses. Beaucoup de ces inscriptions contiennent des contrats d'achat et de vente, des placets, ou d'autres objets touchant des matières commerciales ou juridiques : ce sont presque les textes les plus nombreux. Les briques forment une sorte d'encyclopédie de la science assyrienne. Une première catégorie contient soit des syllabaires qui indiquent la valeur et le nom des différents signes, soit de véritables dictionnaires; ces textes grammaticaux ont permis à
M. Oppert de reconstituer la grammaire assyrienne et ils sont encore étudiés et discutés tous les jours avec passion. Une autre catégorie a trait à la chronologie, à la métrologie et aux sciences exactes. Les Assyriens ont eu les premiers un système de poids et mesures régulier; ils étaient aussi très-avancés dans le calcul des temps ; ils connaissaient Tannée de 3()0 et sans doute même de 365 jours. On lit (W. A. ï., t. III, p. 52, Rev, col. 2, lin. 37) : « i2 mois par année une, G soixantaines de jours font; » la lin de la ligne, qui devait compléter ce renseignement, est malheureusement fruste. On trouve aussi sur la chronologie assyrienne, sur les éclipses et sur les autres phénomènes atmosphé* riques qui servaient à l'établir, les renseignements les plus précieux. C'est sur des tablettes de ce genre qu'on a retrouvé les listes de magistrats éponymes qui sont d'une si grande utilité pour la fixation des dates de l'histoire assyrienne. D'autres textes ont trait à la médecine, à l'astrologie et aux sciences occultes. Il est même enfin une dernière catégorie, la plus importante peut-être, qui comprend les textes cosmogoniques. Certains de ces textes, quelques-uns même fort importants, étaient déjà connus depuis un certain temps; pourtant il est permis de dire que le mérite de leur découverte appartient à George Smith ; par la découverte du récit du déluge, puis de fragments relatifs à la création, il est parvenu à établir le lien et le véritable caractère de cette littérature. Tous ces récits mythologiques, qui sont des copies de vieux textes babyloniens, devenus presque incompréhensibles déjà du temps de Sardanapale, se tiennent, et leur ensemble formait une véritable Genèse chaldéenne, parallèle à celle de la Bible, avec un (îadre beaucoup plus large.
III. Belûjion, Les dieux qui figurent soit dans les différents textes mythologiques soit dans les inscriptions histori(iues sont extrêmement nombreux; peu de peuples ont eu de panthéon aussi riche; mais cette religion n'est pas une création du génie assyrien, toutes ces divinités existaient déjà, le plus souvent avec les mêmes noms, dans la Chaldée. Chaque ville avait ses dieux, que l'on adorait de préférence à tous les autres, mais qui se rattachaient à un système de mythologie général. Ce système a continué sous la domination assvrienne. Constamment, sur les textes comme dans Bible, nous voyons les rois d'Assyrie adorer l'un ou l'autre de ces dieux, suivant la ville où ils se trouvent ; Sargon fut assassiné tandis qu'il était prosterné dans le temple de son dieu Nisroch; de même les habitants de Sepharvaïm (des deux Sippara) amenèrent à Samarie leurs dieux Adrammelec et Anammelec. Mais toute cette religion n'était encore qu'un emprunt fait à la Chaldée; tout au plus les Assyriens y ont-ils mis un ordre plus strict, mais aussi plus arbitraire qu'auparavant. Leur panthéon se composait de douze grands dieux, présidés par Assour. Assour est, à vrai dire, le seul dieu de l'Assyrie, il a fini par éclipsen tous les autres dieux, grâce au développement énorme qu'a pris la ville de Ninive. Il semblerait', à lire les annales des rois d'Assyrie, qu'ils n'aient eu d'autre préoccupation que la gloire d' Assour. Leurs ennemis sont ceux de leur dieu, leurs armées sont les années du dieu Assoui* et c'est de sa colère qu'ils s'inspirent,
dans leurs guerres et dans leurs actes les pluscruels. Assour n'est, à vrai dire, que la personnilication de la puissance assyrienne et la glorilication de la royauté ; les deux idées sont inséparables. On retrouve, dans cette adoration presque exclusive d'un dieu qui est Téponyme de kl nation, les deux traits principaux du caractère assyrien: d'une part, un esprit profondément religieux, et une tendance marquée au monothéisme; de l'autre, l'orgueil national qui a fait la force de l'Assyrie. En somme, les Assyriens n'ont rien inventé, ils n'avaient pas l'esprit créateur, mais ils ont suppléé à tout ce qui leur manquait de ce côté par leur énergie et leur ténacité ; ils y joignaient une rare facilité de tout s'assimiler ainsi (lue l'amour de la somptuosité et le culte de la forme, qui ont toujours distingué les peuples sémitiques. On chercherait vainement quelque autre idée dans cette civilisation si brillante; l'idée morale était à peu près étrangère aux Assyrieris. lis ne croyaient pas non plus à une vie future, jamais ils n'en parlent; sans doute, dans la léi^ende chaldéenne du déluge, nous voyons Hasisadra divinisé pour sa piété, mais ces idées semblent être restées, pour les Assyriens en tous cas, dans le domaine de la mythologie, et n'avoir jamais passé dans la vie du peuple, et le prince qui s'est confié dans la grâce d' Assour neluidemande,commeEschmounazar,autrechosequ'une heureuse existence, une longue vie, la noblesse de la race et la constance de la victoire. IV. Sources. L'étude de l'Assyrie ne date guère que de la découverte des ruines de Ninive. James Rich, le premier, entreprit des fouilles aux environs de Mossoul, sur les deux collines de Kouyoundjik et de NeBi-Jounous (tombeau du prophète Jonas);mais c'est à Botta, consul de France à Mossoul, qu'appartient l'honneur d'avoir retrouvé les ruines deNinive; après quelques recherches infructueuses à Kouyoundjik, il se transpoila quatre lieues plus loin vers le no^d, à Khorsabad, et mit à découvert le palais de Sargon(Dour-Sarkayan). Les antiquités trouvées par lui furent expédiées en 1840 en France et exposées au LouM'e. M. Layard a commencé ses fouilles plus tard que Botta, vers 1845; i! n'a pas le mérite de la découverte, mais ses fouilles, poursuivies avec une rare persévérance, ont été beaucoup plus fructueuses encore. Il commença par rendre à la lumière la ville de Kalah, au sud de Mossoul, sur remplacement du village actuel de Nimroud (1845-1647 et 1849), et n'y découvrit pas moins de quatre grands palais, celui du Nord-Ouest ou de Sahnanasar I^' (vers 1300), restauré par Assur-Nazir-Habal (vers OOOi, celui du Centre (ou de Tiglathphalasar de la Bible), enfin relui du Sud-Ouest ou d'Essarhaddon. Plus au sud encore, il retrouva les ruines de la ville d'Elassar, sur la rive droite du Tigre, sous le monticule .qui porte le nom de Kalah-Shergat ; mais ses découvertes les plus importantes eurent lieu sur l'emplacement même de Ninive. 11 reprit les fouilles qui avaient été abandonnées sur les collines de Kouyoundjik et de Nebi-Jounous, et il trouva dans la deuxième de ces collines les palais de Sennachérib et d'Essarhaddon; dans la première, au contraire (palais du Sud-Ouest), un second palais de Sennachérib, reconstruit par son petit-fils Sardanapale. C'est dans ce dernier qu'on a retrouvé la bibliothèque de Sardanapale. Le résul-
lat de ces fouilles, continuées par Loftus, a été déposé au British- Musanini. — Le déchiffrement des inscriptions cunéiformes en langue assyrienne ne date guère que des environs de 1850. Depuis quelques années déjà on lisait les inscriptions cunéiformes en langue perse que Ton trouve à Van, à Persépolis, sur les rochers de Béhistoun, et qui sont alphabéti([ues. fiurnouf avait déjà soupçonné le caractère sémitique des inscriptions assyriennes; après quelques nouveaux essais de MM. de Longpérier,Lœwenstern, de Saulcy, ce caractère fut délinitivement établi par Sir H. Uawlinson, qui publia, en i851, le premier grand te\.te assyrien avec sa traduction. Hincks lit faire un pas décisif à ces études en démontrant que récriture assyrienne était syllabi<|ue et non pas alphabétique. Enfin, la grammaire assyrienne a été réellement fondée par M. Oppert. Ses ti'avaux ont été continués et répandus par MM. Menant et Fr. Lenormaut, et dans ces derniers temps, en Allemagne, par MM. Schrdder,Fr. Delitzsch, etc. En Angleterre, toute une école d'assyriologues continue la tradition de SirU.Rawlinson. — Les ouvrages fondamentaux sur cette matière sont: Botta et Flandin, Monuments de JSinive^ Paris, 184t)-18o0,5 vol.in-fol. ; Layard : Niniveh and ils rewaiVî^, Londres, i849, 2 vol. in-8; le même, Dàcoveries in tlie ruins of Niniveh and Babyhn, Londres, i833, i vol. in-8, et Monuments of ISfiniveh, I and II séries, Londres, 1849-51, 2 vol. in-fol. ; Loftus, Chaldasa arid Susiana, Londres, 1856, 1 vol. in-8; RawUnsonandNorris, Cuneifonn inscriptions oftvestern Asia, Londres, 4 vol. in-fol., inachevé; George Smith, Assy7'ian discoveries^ Londres,1875, in-8. — Histoire du déchiffrement et grammaire: Oppert, Grammaire assf/rienne,V'dns, 1" éd.,18()0; 2° éd., 1868,in-12; le même, Expédition en Mésopotamie, Paris, 1858-1863, in-4 ; Menant, Eléments delà gj^ammaire assyrienne, Paris, 1868, in-8 ; le même, Le syllabaire assyrien, Paris, 1869-1873, 2 vol. in-4 ; Lenormant, Choix de textes cuneifoj'mes, Paris, 1873, hH4; le même. Lettres assyriologiques, Paris, 1871 ss. in-4; Norris, Assyrian dictionnary,*S vol., allant jusqu'au iVown ; Schrader, Die assyriscli-babylonischenKeilinschriften, Leipzig, 1872, in-8. — Histoire générale : Rawlinson, The early history of Babylonia, Londres, 180 1, in-8; Vaux, Niniveh and Persépolis, Londres, 1850, etc.; G. Rawlinson, The five great Monarchies of the ancient world, Londres, 1862- 18(*)7, 4 vol. in-8; le même, I/erodotus, Londres, 1858-1860,4 vol. in-H; Lenormant, Manuel d'histoire ancienne de l'Orient, t. I, Paris, 1809, in-i2; Maspéro, Histoire ancienne des peuples de l'Orient, Paris, 1873, in-12. — Monographies : Niebulu*, Geschichte Assw^'s mut Babfls seit Phul, Berlin, 1857 ; Oppert , Histoire des empires fie Chaidée et d'Assyrie, lr° partie, Paiûs, 1865, in-8; le même et Menant, Grande Inscinption du palais de Khorsabad, Paris, 1863 ; le même, Les Inscriptions assyriennes des Sargonides et les fastes dcNinive; Ann. de Phil. Chr., t. VI, 5" série, 1863; Menant, Annales des rois d'Assyrie, Paris, 1874, in-4; George Smith, History of Aiisurbanipal, London, 1871, in-4 ; le même, The Assyrian Eponym. canon, London, s. d., in-8 ; Waldemar Schmidt et Schrader, Die A\'ilinschr. u. das A. Test., Giessen, 1872, in-8; Oppert, Mémoire
668 ASSYEIE ^ ASTRES
sur les rapports de P Egypte et de l'Assyrie dans V antiquité ^ Ac. des inscr., Savants étrang., t. VIII, i" p., Paris, 1869, in-4 ; le môme, Im Chronologie biblique^ Annales de Phil. Chr., t. XIX (5** série), p. 75; le même, Salomon et ses successeurs, ibidem, 6® série, t. IX, p. 2o9 ss., 32S ss., X, p. 183 ss., 393 ss., XI, p. 3o ss., 91 ss., 204 ss.; le même, Grundzûge der assyrischen Kunsl^ Basel, 1872; le même, L'Etalon des mesures assyriennes, Paris, 1875; Te^ier, Finzi et en dernier lieu Delitzsch, Assyrische Studien, l*^'fasc., Leipzig, 1874, in-8. — Mythologie : Lenormant, Fragments cosmogoniques de Bérose, Paris, 1872, iu-8; le même, La légende de Sémiramis, Acad. de Belgique, Mémoires, t. XL, 1873, in-4 ; George Smith, CUaldxan account of Genesis, Londres, 1875, in-8, traduit en allemand par Hermann Delitzsch avec des explications et des notes de Friedrich Oelitzscli, Leipzig, 1876, in-8 ; enlin, de nombreux textes, tant historiques que mythologiques, ont été publiés par ces divers savants dans les Records of the passif tom. l-VII, Londres, s. d. in-12, et dans les revues savantes. Ph. beroeb.
ASTAROTH. Voyez Bosra.
ASTARTÉ, nom d'une divinité phénicienne. Voyez Phénicie,
ASTIER (Gabriel), prophète cévenol du Vivarais, tint tête aux draf^ons du roi avec plusieurs milliere d'inspirés qu'il était parveim à soulever. Il fut condamné à mort, et exécuté le 2 avril 1689 (voy. France protest., *■ édit., I, p. 419).
ASTIER (Jean-Pierre) [1757-1839], pasteur fidèle et courageux qui exerça le ministère dans quelques Eglises riveraines du Rhône, sous la Révolution et dans les temps plus calmes qui suivirent la chute de TEmpire. Il a laissé un certain nombre d'écrits dont ou trouvera Ténumération dans l'article que lui a consacré M. Arnaud dans la France protestante,
ASTRES (Culte des). Les habitants de la Babylonie reconnaissaient pour leurs dieux le soleil, la lune et les cinq planètes alors connues, savoir : Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne {Diodoi^e de Sicile. II, 21). Des religions analogues étaient établies dans une paitie de l'Arabie, dans la Syrie, laPhénicie, à Cartilage, et dans la plupart des contrées de TAsie-Mineure. Les Israélites, malgré les presori]>tions mosaïques (Ex. XX, 3, 4, 11; Deut. IV, 19 et XVII, 2-5) et les (.ontinuelles exhortations des prophètes, restèrent aussi, presi|ue jus- (ju'à la captivité de Babylone, des adorateurs aveugles des divinités sidérales (Schenkel, Bibel-Lexicon, V, 393-398), soit qu'ils ne pussent résister à l'exemple des peuples voisins, soit qu'ils cédassent à d'anciennes coutumes (Amos V, 25-27), soit enfin (ju'ils fussent entraînés par quelque instinct de race. Les pays où domina dans l'antiquité l'astrolàtrie étaient peuplés presque exclusivement d'hommes de race sémitique. L'astrolâtrie n'a pu prendre naissance ([u'au milieu des peuples adonnés à l'agriculture, selon toutes les vraisemblances dans la Mésopotamie, renommée dans rantiquité pour ses grands travaux agricoles (Hérodote, II, 185 et 193), et que sous Faction de sentiments, de conceptions, de besoins et de désirs propres à desagi-iculteurs. Elle
ASTRES' CCO
fut aussi, il est vrai, la religion des Phéniciens, dont les conditions d'existence étaient fort différentes; mais on peut croire qu'ils la reçurent des peuples voisins, et d'ailleurs ils purent se l'approprier d'autant plus aisément (fue Tinfluence des astres n'est pas de moins grande import^mce pour des liavigateurs que pour des agiûculteui's, quoique pour d'autres raisons. Que cette forme de religion soit issue de la vie agricole, c'est ce (pii se montre aussi bien dans la nature des conceptions qu'on se faisait des astres divinisés que dans la nature des bienfaits qu'on en attendait. Si le soleil était invo(iué conjme le plus puissant des dieux, comme la source de tous les biens, comme le protecteur et le sauveur des homuKîs, c'est qu'on avait remarqué que par sa chaleur et sa lumière il vivifie et féconde la terre, et fait éclore et mûrir les fruits des cliamps. On se lamentait sur sa mort (la suspetision de son action bienfaisante) après récjuinoxe d'automne; on célébrait sa résurrection vers ré(|uinoxe du printemps, au moment où il allait rendre la vie à la nature entière. La lune avait des droits aux hommages des Immains, non pas seulement parce qu'elle leur fournissait un facile moyen de mesurer le temps, chose importante pour la conduite des travaux agricoles, mais encore et surtout parce <|u'on lui supposait une influence marquée sur la croissance des végétaux et l'état de leurs fruits, et même sur la santé des animaux et des hommes, préjugés qui, depuis les temps reculés, sont restés enracinés dans l'esprit des habitants de la campagne (Pline, Histoire nalurelle, II, 39 et 40). Les planètes, à ce qu'on croyait, n'étaient pas sans exercer une action sur la terre et principalement sur les phénomènes atmosphériques, le vent, la pluie, etc.' Des peuples nomades ou chasseurs se seraient fait d'autres idées de ces sept astres et en auraient attendu des bienfaits d'un autre genre ; des agriculteurs pouvaient seuls les considérer dans leurs rapports avec les productions de la terre. Si maintenant on admet avec Platon (Epinom,) que Thomme prend pour ses dieux ce qu'il croit être la cause des biens qui lui arrivent, on ne sera pas étonné que, dans d<\s pays agricoles, des corps célestes auxquels on attribuait une si grande influence sur les travaux des champs aient été invoqués comme les pères et les protecteurs du genre humain. Dupuis attribue une autre origine à l'astrolàtrie. Il est d'avis qu'elle dérive de l'astronomie, et il voit dans la mythologie de ce culte une exposition allégorique, à l'usage de la foule, des résultats auxquels cette science était arrivée dans la Babylonie. C'est à la fois, ce me semble, intervertir l'ordre naturel des choses et se faire une idée complètement erronée de la natunj et de l'origine des mytholôgies. Partout la religion a précédé la science, et certainement dans l'antique fiabylonie le culte des astres provoqua la formation d'une science astronomique, et n'en fut pas simplement une forme populaire et dérivée. D'un autre côté, le mythe ne se prés(^nte nulle part comme le fait de combinaisons savantes et artificielles: il a été toujours et partout le produit spontané de l'imagination exaltée par quelque sentiment religieux. Il n'y a pas plus de raison de voir, dans le culte des astres, la religion primitive dont toutes les autres ne seraient que des transformations diverses. Cette opinion de Dupuis est en