‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 198 sur 226 · ATHÈNES — ATHOS · texte numérisé non relu

ATHÈNES — ATHOS

ans. Les séances du synode ont lieu les lundi, mercredi et vendredi de chaque semaine, de huit heures du matin à deux heures du soir. Un délégué royal (PaTiX-acç à-iTpc-cç) assiste à ces séances; il est chargé de contrôler les déUbérations et de détendre les intérêts du pouvoir dans toutes les affaires qui regardent Tordre temporel. Le synode a plein pouvoir dans toutes les affaires purement ecclésiastiques. Cependant ses décisions en général n'ont de valeur ([u'après l'approbation de ce délégué. L'Eglise grecque, quoique se gouvernant elle-même, est néanmoins en communication dogmatique avec le patriarche de Constanlinople et avec les autres Eglises orthodoxes (voy. Eglise grecque). L instruction du clergé se ressent malheureusement encore de l'état préc4iire de la société elle-même. Mais à mesure que s'effacent les traites de l'ancienne servitude, de notables progrés sont réaUsés, qui iront en augmentannt chaque jour, grâce au développement de l'enseignement, grâce aussi au généreux concours du gouvernement, non moins cju'au zèle des personnages éminents placés à la tête de l'Université.

IGN. MOSHAKIS.

ATHOS. Entre le golfe de Salonique et le golfe de Contessa,la péninsule chalcidique projette, vers l'archipel, trois promontoires d'égale longueur, séparés par les baies profondes de Cassandra et de Monte- Santo. La plus orientale de ces langues de terre, celle que les anciens appelaient Acte ('AxTr,), est une étroite arête de montagnes, longue d'enviroji (K) kilomètres, qui s'élève graduellement depuis l'isthme étranglé où elle prend naissance jusqu'au sommet de l'Athos, jiaut (Je 2,000 mètres. Le mont Athos(''AOa);ou 'Ay'.cv cpcç) tiresonnom ou d'Athos, fils de Neptune, ou d'un géant ainsi appelé. Chez les anciens le mont était célèbre; il l'est devenu plus encore à l'époque byzantine et dans les temps modernes, grâce à sa nature pittoresque, aux nombreux moines qui l'habitent et à l'importance politique et religieuse de ce Vatican de TOrient. On ne sait pas exactement à quelle époque les moines s'établirent pour la première fois au mont Athos. D'après un manuscrit grec anonyme et sans date, trouvé dans un des monastères de lu sahite montagne etpubliéà Salonique par D. Pistis (Php-Ypaoy; tTTopta tsIî ar/'oj cpj;. j-c 1. riijTYî, 1870), c'est sous Constantin qu'auraient été bâtis, sur l'Athos, les premiers couvents, qui furent abolis sous Julien TApostat. Cette opinion nous parait très-invraisemblable, car elle n'est confirmée par aucun historien. Ce (|ui est certain, c'est qu'à partir du neuvième siècle, nous trouvons des solitaires sur l'Atlios, et que le premier couvent fut bâti, non loin d'Hiérissos, sous Basile le Macédonien, par Jean Golovos (867), à (pii l'empereur avait donné toute la montagne en propriété. Bientôt le njont Athos fut rempli de moines. Lors([ue, au dixième siècle, les Sarrasins eurent dévasté le bord de la mer, les moines cherchèrent un refuge sur les montagnes. C'est au dixième siècle qu'ont été bâtis les couvents les plus anciens, deLavra, en 1)60, par Athanase Athonite, qui réunit le premier les moines vivant dans les montagnes sous une règle monastique {vjTj,y,i^t)y d'iviron, de Vatopédi, de Xéropotami, d'Esphigmenou. Gass cependant soutient, avec quelque vraisemblance, que c'est le couvent de Xéropotami qui

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est le plus ancien (Zur Geschichte der Aihos-Klôster, p. 6, Gîessen, I8O0). Les empereurs byzantins, en particulier Alexis Gomnene, dont plusieurs passèrent leurs derniers jours sur cette montagne, lui accordèrent de nombreux privilèges et en augmentèrent ainsi la population, l'importance et la sainteté. Des princes slaves vinrent aussi à TAtlios et rivalisèrent de générosité avec les empereurs byzantins. C'est ainsi que s'accrut la prospérité de FAthos. Comme les moines vivaient du fruit de leur travail et que les anciens solitaires refusaient de travailler pour vaquer uniquement à la contemplation et à la prière, une querelle s'éleva entre eux. Pour la faire cesser, on envoya une députation à l'empereur Jean Zimiski (969), qui obligea les solitaires à se conformer à la règle des moines de Lavra. Mais plus tard, sous Constantin Monomaque (10i;i), l'industrie et le commerce furent limités, et dès lors on chassa du mont Athos toutes les occupations bruyantes. Parmi les solitaires, les uns vivaient isolés, les autres à deux ou trois ensemble. Dès le commencement les couvents furent divisés en deux catégories : ceux où les moines vivaient indépendants, et qu'on appelait idiorliythmes (IBcoppuOixa), et ceux où ils vivaient en commun sous la direction d'iiégoumènes, et qu'on appelait cénobies (y.s'.vs6ia). La même distinction existe encore aujourd'hui. Sous Alexis Comnène, les couvents furent déclarés exempts de tribut et placés sous la juridiction directe des empereurs. Us avaient été, à l'origine, sous l'autorité du métropolitain de Salonique et de l'évêque d'Hierissos (Innoc, epist., lib. XIII, 39, 40; XVI, 168, cf. Gass, t6î(f., p. 18). Lorsque les croisés, sous Baudouin, se furent emparés de Constantinople et y eurent fondé l'empire latin (120i), le mont Athos tomba sous la domination latine. En même temps Innocent III essayait en vain de latiniser le principal centre monastique de l'orthodoxie, en bâtissant un couvent catholique sous le nom de Molphinon. On voit encore aujourd'hui les ruines de ce monastère. Ce danger fut écarté lorsque Michel Paléologue fut redevenu maître de Constantinople (1261). Mais cet empereur ayant voulu, par des raisons politiques, traiter de l'union des Eglises avec le pape Urbain II (1263), les moines du mont Athos souffrirent des persécutions terribles comme ennemis de l'union. Ce nouveau danger passa à son tour et le mont Athos recommença à fleurir. Du treizième au quinzième siècle il atteignit le plus haut degré de sa prospérité. A cette épo([ue furent bâtis les nouveaux couvents d'Aghios Dionysios, Simopétra, Castamonitou, Roussico, et l'influence morale et poHtique des moines devint considérable. Vivant en paix avec les sultans, favorisés même par quelques-uns, comme Sélimle Magnifique, qui rebâtit Xéropotarai, et enrichis par des princes serbes et vala(iues et par les tsars de Moscou, leur nombre ne cessa de s'accroître, et, au commencement de ce siècle, il atteignit le chiffre de 10,000. La guerre de l'indépendance, la sécularisation des biens ecclésiastiques en Moldo-Valachie (1866), d'où les moines tiraient la meilleure partie de leurs revenus, dus aux legs des anciens voïvodes, et l'esprit du siècle en général, arrêtèrent leur prospérité et amenèrent une décadence qui se continue jusqu'à ce jour, 011 leur nombre n'est plus que de 5,000 environ. Ils sont soumis à la règle de

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