‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 199 sur 226 · ATHOS · texte numérisé non relu

ATHOS

saint Basile. L'usage de la viande, du tabac, des bains est inconnu au moins dans les cénobies. Ils portent uniformément une robe de laine noire, toute la barbe, et toute la chevelure ramenée en nattes sous un bonnet noir déforme cylindrique. La particularité la plus ancienne de leur règle est la prohibition absolue faite àtoute femme, à tout enfant, à lout animal femelle de pénétrer sur le territoire de TAthos. Les couvents 5ont maintenant au nombre de vingt sans compter le Prolaton, où se réunissent les députations de tous les autres monastères pour délibérer sur les affaires d'un intérêt général. Ils sont soumis à la juridiction du patriarche de Constantinople, mais libres dans leur administration intérieure. Sous la dépendance de quelques couvents se trouvent lesskites ((rx^Tat)» où demeurent les solitaires ou les ascètes, qui représentent le plus haut degré de la perfection caloyérique. Les couvents envoient chacun un député à rassemblée générale, qui siège dans la petite ville de Karyès; <îette assemblée choisit, parmi ses membres, les cinq délégués (èzirrara'.) , qui composent Vépistasie ou conseil exécutif chargé de Tadministration des affaires communes ; elle élit tour à tour, dans chaque couvent, et pour un an,leprotatos: c'est le magistrat suprême de l'Etat monastique; ^il est chargé de promulguer et d'appliquer les décisions de l'assemblée -et du conseil. Une taxe payée par les couvents, à raison d'une livre turque (23 francs) par chacun de leurs habitants, constitue, pour ainsi •dire, le budget fédéral mis à la disposition de ce gouvernement, qui fonctionne sous la haute direction du patriarche œcuménique. Les •couvents payent à la Porte un tribut annuel de 600 livres turques (13,000 francs) ; le caïmakan chargé de lever cet impôt réside à Karyès ; il atteste, par sa présence fort inoffensive, un lien de suzeraineté tout nominal; ce fonctionnaire et les quelques gendarmes albanais ^^hrétiens dont il dispose sont les seuls habitants laïques du territoire. Les vingt couvents et leurs skites sont distribués assez inégalement dans toute la presqu'île. Les couvents d'origine slave, situés au nord et -dans l'intérieur, sont: Zographou, Chilandari, Simopétra, Aghios Pavlos et Roussico. Tous les autres sont d'origine grecque et s'appellent La vra, Caracalou, Philotheou, Iviron, Stavronikita, Koutloumousi, Pantocrator, Vatopédi, Esphigmenou, Aghios Dionysios, Aghios Grigorios, Xiropotami, Xénophou, Dochiariou et Kastamonitou. La forme de tous les monastères est un carré ou un trapèze, compris dans une enceinte de hautes murailles. Dans la cour intérieure s'élève l'église principale, le catholicon, La plus ancienne de ces églises est la métropole -de Karyès, dédiée à la Vierge; elle remonte au dixième siècle et reproduit fidèlement le plan de Sainte-Sophie. L'église de Chilandari est une des plus anciennes après Karyès ; elle remonte probablement au douzième siècle. Les autres datent du ti*eizième, quatorzième et quinzième siècle. Dans les églises, surtout dans celles de Karyès, Lavra, Vatopédi et Dochiarion se trouvent des images très-anciennes, vrais chefs-d'œuvre, dus au pinceau du fameux Pansélinos, le Raphaël de l'Athos, qui paraît avoir vécu aux premiers temps de la communauté. Bien que la meilleure part des richesses de l'Athos ait été dispersée ou détruite à la suite de l'orage qui passa sur la montagne pendant la

(3'JG ATHOS — ATOMISME

guerre de T indépendance, il reste encore dans quelques couvents, surtout à Lavra et à Vatopédi, des trésors inestimables. Un de ces trésors consiste dans les riclies bibliothè(|ues de TAtlios. Il y a peu de temps (jue ces bibliothèques sont ouvertes aux savants, et grâce aux recherches de MM. Mynoïdc Minas, Langlois, Sébastianof, grâce aux excellents travaux de M. Miller, les bibliothèques des monastères sont maintenant connues.. On a compté, dans les couvents, six mille manuscrits, datant du dixième au seizième siècle. Les plus anciens sont, sans exception, des copies des Evangiles et des psaumes ; on y trouve aussi des œuvres des Pères grecs et des clironiques byzantines. Il n'y a que très-peu de manuscrits classiques. C'est à Xiropotami ([u'on trouve une collection de livres très-précieuse, qui contient de curieux et rares ouvrages du seizième siècle, en allemand et en latin. Tandis qu'autrefois le mont Athos était le dépôt des manuscrits classiques et ecclésiastiques et que des hommes érudits, comme Zonaras, y vivaient pour étudier, aujoud'hui les caloyers, sauf de l'afcs exceptions, se trouvent dans une ignorance profonde. Ce n'est que sous Catherine 11 qu'Eugène Boulgaris (né 1710) prit, dans le mont Athos, la direction de l'école Athoniade, établie par C>Tille V, patriarche de Constantinople. Elle fut d'abord florissante, mais plus tard elle a été supprimée par suite de l'opposition des moines ignorants (Gass, ibid., p. 44). Depuis lors a cessé, presque complétement,tout mouvement intellectuel. Remarquons enfin que, depuis quelque temps, il y existe un antagonisme profond entre les moines grec^ et les moines slaves ou lusses. Les derniers, au nombre de 800 environ, occupent le grand couvent de Saint-Pantéleimon et les deux skites de Saint-André et du prophète Elie. Ils obtiennent toutes les facilités matérielles de la part de la Russie, tandis que les maisons greccjues s'appauvrissent. Toute la vie dont l'Athos est susceptible s'est concentrée aujourd'hui dans cette lutte. — Souî'ces: Jean Comnène, Desanptio montis A (ho dans Montfaucon, Palxotjraphie grecque ; Nie. Grégoras, Hist. Uh, XIV, édit. de Bonn; P. Bellon, les Observatiom.,. en Grèce, Paris, 1555; Braconier, Mémoires pourse7*vtr à t histoire du 771 ont Athos; Pouqueville, Voyage dans la Grèce, tom. I, préf., Paris, 1820; Griesbach, Reisen durch /{umelien, Gôtt., 1841; Fallmerayer, Fragmente axis dem Oinent, Stuttg., 18^45; Didron, Annales archéologiques, 1, ss.; Pischon, Die Mùnchsrepublik des Berges Athos ; Raumer's Hlstor. Taschenbuch, 4 Folge 7, 18()0; Gass, ou>Ta{.'« cité et son article Athos-Derg, dans la lieal-EncycL de Herziig\ Miller, dans le Correspondant, 1806, avril ; de Vogué, Syrie ^ Palestine, Mont- Athos, Paris, 187G. Ign. Moshakis.

ATOMISME, système métaphysique d'après leciuel les principes élémentaires de toutes choses seraient des particules indivisibles de matière et le vide. Straboji et Sextus Empiricus, rapportant une opinion du stoïcien Posidonius, attribuent l'invention des atomes à un Phénicien, Moschus. Bayle a fait justice de cette assertion. Le témoignage <le Posidionius ne peut être reçu: Cicéron, son disciple, l'accuse de substituer à l'histoire des fables de sa façon. Toutefois l'idée d'atome ne semble pas d'origine hellénique: un philosophe indien. Kanada.

compose le monde matériel de particules insécables, ("ependant son système ditfère de Tatomisme proprement dit, tel qu'il fut professé en (îrèce par Leucippe et Démocrite, sur deux points principaux : ses atomes n'ont pas que des propriétés géométriques et mécaniques, ils sont doués de qualités sensibles; en outre il reconnaît Texistence d'une intelligence infinie, distincte du monde matériel. Leucippe et Démocrite sont les vrais auteurs du système atomistique rigoureusement conçu et enchaîné. « Leucippe et son compagnon Démocrite, dit Aristote, admettent pour principes des choses l'être et le non-être, le plein et le vide. » Qu'est-ce d'abord que l'être? La division d'un corps étendu ne peut aller à Tinfini. Les indivisibles, éléments communs de tous les corps, sont l'être véritable, un en lui-hiême, mais répété un nombre indéfini de fois. Ces atomes sont éternels, absolument pleins, ' immuables, sans qualités sensibles,' telles que le chaud, le froid, le sec, l'humide. Ils n'ont entre eux que des différences géométriques iW. forme et de grandeur; ils sont en nombre infini. Qu'est-ce maintenant que le non-être? Le non-être n'est pas une abstraction, mais l'inttîrvalle ou vide (jui sépare les divers groupes de corpuscules, et les corpuscules d'un même groupe. Le vide n'a d'autre propriété que Tétendue, une étendue infinie dans tous les sens. Il est la condition du mouvement. Puisque toute chose est composée d'être et de non-être, de plein et de vide, chaque chose naît quand plusieurs atomes se réunissent, meurt quand ils se dissocient, s'accroît quand le nombre ou les intervalles en augmentent, diminue quand ce nombre ou ces intervalles se resserrent. Quant aux propriétés des choses, elles ne peuvent être (|ue celles qui dérivent de leurs éléments. Les choses sont donc, comme ces éléments, dépourvues de qualités sensibles; le cliaud, le froid, le blanc, le noir, etc., ne sont que nos manières de sentir les propriétés et les différences géométriques des corps. Les propriétés essentielles sont au nombre de trois : ^jj^^-o^, ciiOrpi;, Tpsxy;, la forme. Tordre de distribution, et la situation des atomes constitutifs. Les différences réelles des choses sensibles sont donc purement matliématiques et intelligibles: hors de là, tout est apparence. Maintenant comment se produisent la naissance et la mort, Taccroissemênt et la diminution des choses? C'est par le mouvement. L'origine d'un mouvement donné est un mouvement antérieur, et ainsi de suite à l'infini. Le mouvement est éternel. Il n'est pourtant pas l'œuvre du hasard. Tout ce qui arrive dans le monde est déterminé nécessairement par (les lois antérieures. Cette nécessité mécanique est la raison des clioses et la Providence du monde. Démocrite admettait trois espèces de mouvements: le mouvement par choc, le mouvement oscillatoire et le mouvement circulaire ou tourbillon. Les deux derniers dérivent du premier. Puisque, outre leur constitution géométrique, les atomes n'ont rien en eux, le mouvement qui les entraîne doit leur être extérieur; la cause de tout mouvement est donc un choc. De ces impulsions incessamment répétées dans le vide naît pour chaque atome une sorte de trépidation oscillatoire : de l'ensemble de ces oscillations naît le tourbillon universel, qui emporte dans le vide infini la

masse infinie de te poussière cosmique. Quoi qu'on ait prétendu, Démocrite n'attribuait pas de pesanteur aux atomes. Pour lui, tout mouvement nait d'une impulsion extérieure à Tatome, et non pas d'une force intérieure. Que peut être Tàme dans ce système, sinon un corps? Ce corps est composé d'un nombre iniini d'atomes sphériques. Les fonctions de l'àme ne sont que les mouvements de ces atomes. Ces fonctions sont au nombre de deux: la vie et la pensée. Toute pensée est une sensation. Toute sensation est un changement. Le changement m général résulte ou bien de la substitution les uns aux autres d atomes de forme diflérente, ou d'une modification dans Tordre et la situation <k)s éléments. Le premier de ces deux modes de changement est impossible dans l'ànie. Composée d'atomes sphériques, elle ne saurait, 'sans cesser d'êtie elle-même, recevoir des atomes de forme difiereute. Reste le second mode de changement: les atomes de l'àme peuvent se combiner d'un nombre infini de manières; chacune de ces combinaisons est une sensation qui disparaît aussitôt que change l'ordonnance de la combinaison. Dans toute sensation il faut distinguer la matière et la forme, pour employer des expressions modernes qui rendent bien la pensée de Démocrite. La forme est notre œuvre; la matière est extérieure à nous. Nous croyons percevoir dans les objets des qualités contraires; pourtant elles n'existent pas hors de nous, et la preuve, c'est que ce qui semble doeix à l'un est amer pour l'autre. Mais il y a quelque chose d'objectif dans la sensation; nos diverses sensations correspondent aux différences géométriques des corps. Si nos sensations, bien que revêtues par nous d'une forme subjective, n'en correspondent pas moins à quelque chose d'objectif, elles sont provocjuées par un objet extérieur. Or, l'àme est un corps, et, dans l'atomisme, toute action d'un corps sur un autre a lieu par contact. C'est donc par le contact que l'extérieur agit sur l'intérieur. Tous nos sens sont des espèces de toucher; Mais les objets sentis ne sont pas toujour? en contact immédiat avec les sens ; alors la perception a lieu par le moyen des images ou des idoles émanées des corps. Rien n'est plu» ()i)scur que la théorie des émanations. Cette théorie paraît pourtant avoir été élucillée dans un récent opuscule (L.Liard,Z>e Demoautophilosophi), Paris, 1873). Le rôle de re>/ia^(? est d'imprimer un ébranlement aux atoine> de l'àme, et de les placer ainsi dans un ordre qui correspond à Tordre même des éléments du corps représenté. D'après cela, que peut êlit l'image? Un corps détaché du corps représenté? Mais pour produire t'U nous l'ébranlement ((u'y eut produit le corps d'oii elle émane, il faudrait qu'elle fut une réduction rigoureusement exacte de ce corp>. Comprend-on qu'un corps laisse couler de lui, à chaque instant, (ifpareilles réductions? il est probable, au contraire, cpie l'émanation t<4ic que l'entendait Démocrite est un mouvement (jui se transmet de Toi»jet jus([u'à l'àme par l'intermédiaire de l'air. Théophraste seml»lelî dire : i( L'image, écrit-il, ne se l'orme pas directenicMit dans la pupille, mais Pair qui sépare le voyant du vu i^eçoit une em])7*eiïitt.\y) Qu'est ceti» empreinte, sinon le mouvement même du corps, qui se comniuniquode proche en proche jusqu'à l'œil ? — Plus tard. Epicure reprit on l'altéraiil

profondément la physique àtomistique de Démocrite. Pour Démocrite, tout mouvement est le résultat d'un choc; la série des causes et des effets est par suite infinie. Ëpicure, à la suite d'Aristote, nie qu'il puisse en être ainsi. 11 s'arrête à l'atome lui-même, dans lequel il place une force capable de produire le mouvement, la pesanteur. Attribuer ainsi à chaque élément une puissance intime capable d'en produire et d'en expliquer le mouvement , c'était en un sens corriger et compléter le système; mais en même temps c'était, en un autre sens, y introduire un principe dé contradiction et de ruine. La direction de la pesanteur est uniforme et constante; les atomes suivront donc tous des chemins parallèles; tombant comme des gouttes de pluie dans le vide infini, ils ne se rencontreront jamais. Et comme les corps et le monde naissent du rapprochement des atomes, le monde ne naîti*a jamais, à moins que les principes de toutes choses n'échappent un instant à la loi même de leur être. Epicure l'a vu; aussi ac(k)rde-t-il aux atomes, par une conception anti-scientifique, la faculté de dévier de la direction fatale où les entraine la pesanteur. Quand se fit cette exception à la règle? En quel temps, en quel lieu les atonies ont-ils décliné? Epicure ne le dit pas. Il n'y a pas, en effet, de loi assignable à la violation de la loi. Ce n'est pas gratuitement qu'Epicure introduit dans le monde ordonné de Démocrite ce principe de discorde. Il subordonne la physique à la morale. Pour lui, le souverain bien est le calme profond de rame. Le seul moyen de l'acquérir et de le conserver, c'est de se mettre hors d'atteintci des causes extérieures d'agitation. Comment y parvenir, si le mouvement se communique des atomes des corps aux atomes de l'àme d'une manière nécessaire? si nous ne pouvons dévier \\\\ peu pour éviter les coups (jui nous menacent? Si l'àme n'est pas libre, le bonheur est un rêve. Mais on ne saurait donner la liberté aux seuls atomes de Tàuie et la refuser aux autres; il faut donc que les atomes aient le pouvoir de se soustraire à la loi inhérente à la force qui les anime. — Au dixseptième siècle, l'atomisme d'Epicure a été repris par Gassendi. De nos jours, les inductions de la physique corpusculaire conduisent beaucoup (le savants à des thèses voisines de celles qu'enseignait Démocrite. C'est une vérité acquise à la science que les phénomènes extérieurs sont de nature niécanique : aux différences qualitatives de nos sensations , correspondent hors de nous des différences (luantitatives de forme, de i^n'andeur, de mouvement et de nombre. C'est par le mouvement des [)articules élémentaires que Ton expli(iue les phénomènes physiques et chimiques de la nature. Certains savants , tels que le P. Secchi, poussant jus(fu'au bout les données de la science, voient dans le monde matériel un système purement mécanique, composé d'éléments géométriciues homogènes, savoir les atomes d'éther, et ils expli((uent les diflérences des corps par les divers modes de groupement de ces atomes. — Plus réservés, d'autres savants, sans se prononcer sur la constitution de l'univers entier, ne craignent pas d'avancer que les corps sont formés d'atomes; autrement, disent-ils, la loi des proportions définies et des proportions multiples ne se comprendrait pas. Si les éléments des corps n'étaient pas finis et indivisibles, on n'aurait pas des séries, aux

700 ATOMISMB

termes nettement séparés, comme la série des composés oxygénés de Tazote, mais de Tun de ces termes à Tautre, il y aurait une infinité d'intermédiaires. La -chimie moderne explique les phénomènes autrefois rapportés à la force mystérieuse de Taflinité par V atomicité, « Les atomes des divers corps simples, dit M. Wurtz , ne sont pas doués des mêmes aptitudes de combinaison les uns à Tégard des autres ; ils ne sont pas équivalents entre eux : c'est ce qu'on nomme l'atomicité , et cette propriété fondamentale des atomes est liée, sans doute, aux divers modes de mouvement dont ils sont animés. Lorsque ces atomes se combinent entre eux, leurs mouvements ont besoin de se coordonner réciproquement, et cette coordination détermine la forme des nouveaux systèmes d'équilibre qui vont se former, c'est-à-dire des nouvelles combinaisons. » — Cependant, beaucoup de bons esprits parmi les philosophes et parmi les savants ne regardent pas la théorie des atomes comme le dernier mot de la science de la nature. On peut accorder que, en faitj la division des corps n'est jamais poussée dans la nature au-delà d'un certain volume minimum; c'est ce qui semble résulter des lois des combinaisons chimiques. Mais parce qu'ils ne sont jamais divisés, ce n'est pas à dire que ces corpuscules ne soient pas essentiel' lement divisibles; et parce qu'ils sont donnés comme éléments dans toutes les combinaisons, ce n'est pas à dire qu'ils ne soient pas euxmêmes composés. En effet , l'étendue , c'est partes extra partes ; toute étendue, si petite qu'on la suppose, est répétition , multiplicité. Tonte étendue est donc divisible , et aucune chose étendue n'est dernier élément. L'élément véritable, c'est c^ qui, n'ayant aucune partie , c'est-àdire aucune étendue, constitue l'étendue par sa répétition et sa multiplicité. Quel peut être cet élément, sinon la force? Les derniers composants des corps ne sont donc pas de petits solides continus, mais des unités simples, sans étendue, des centres de force , des monades dynamiques. Il y aurait lieu, d'après cette théorie, de reconnaître deux sortes d'atomes : les atomes chimiques, masses de matière extrêmement petites, qui, quoique composées, ne soutirent en fait jamais de division de la part des forces extérieures, qui ne pourraient être divisées sans destruction de la nature même du corps, et qui, dans toutes les combinaisons chimiques, jouent le rôle d'éléments; et les atomes méta/Àj/' siques ou monades, centres indivisibles d'action qui forment les atome» chimiques en se groupant à distance, et en se disposant par des forces propres en différents systèmes polyédriques. Parmi les partisans de la théorie dynamique de la matière , il faut citer Leibniz, Boscowicii. Ampère, Cauchy, Poisson, Faraday, sans parler des contemporains. — Consulter, outre les historiens de la philosophie, Ritter, Brandis. Zeller, J.-F-W. Burchard, Democriti philosophias de sensibus fragmenttty Minden, 1830; Papencordi, De atomicorum doctrina^ Berol., 1832; Lafaist, Dissert, sur ia phii, atomistique, Paris, 183.*^; F. Heimsœth, Democriti de anima doctrinal Bonnae, 1835;F.-G.-A. Mullach, Quxstionum dernoa*itecLrum specj Berol., 1835-42, et Democnti operum fragmenta, Berol., 1843; L. Liard, Ùe Democriio phiiosopkû, Paris, 1873; J,-C. Oreliius, Epicuri fragmenta librorum 1/ et AI i

Page 1