ATTON — AUBE
ATTON, évécjue de Verceil, mort en 960, est Tun des représentants les plus éclairés et les plus courageux de Tépiscopat du dixième siècle. 11 adressa au clergé de son diocèse une lettre de pressuris ecriesiasticis^ dans laquelle il s'élève contre l'immixtion des princes daiis les affaii'es de TEglise, en particulier dans les élections des évêques, contre les abus commis avec les bénéfices ecclésiastiques, « vnde mei^etrices ot*nantio\ ecclesiœ vastantur, pauperes tribulantur », et contre les duels judiciaires, auxquels les prêtres eux-mêmes, inhabiles à manier les armes, ne pouvaient échapper, alors pourtant que cette coutume barbare était impuissante à décider de la justice ou de Tinjustice d'une causi\ On a encore d'Atton un traité de morale, Polypticm seu perpendiculum, quo noxia redarguere et konesta sandre débet, mélange de conse'.ls pratiques et de réflexions mystiques; un commentaire des Epitres de saint Paul, composé de citations empruntées aux Pères de TEglise; des sermons et un recueil de canons, publié sous le titre de : Stafuta ecr/esix Vercellensis. Un certain nombre de ces écrits ont été insérés par d'Achéi7 dans son Spicilegium vetef\ aliq. scriptor,, P., 1655, VIII. Le comte Buronti de Verceil en a publié, en 1768, une édition complète en 2 vol. in-fol.
ATTRIBUTS de Dieu. Voyez Dieu.
ATTRITION. Ce terme, inconnu à l'Ecriture et aux Pères, a été introduit dans la théologie scolastique au treizième siècle (voy. P. Morin, De pœnitentiaj VIII, 2, n"» 14) pour désigner là contrition imparfaite ou la douleur qui naît de la* considération de la laideur du péché et de la crainte du châtiment, « vel ex turpitudinis peccaii considérât ione, vel ex gehennx et pœnarum metu, » Mais l'attrition est-elle suffisante pour provoquer un véritable repentir? Un débat s'est élevé à ce sujet. On désigne sous le nom mal sonnant d'attritionnaires ceux qui soutiennent qu'une crainte servile (sans nul motif d'amour de Dieu) des peines éternelles ou seulement des maux temporels suffirait pour justifier le pécheur dans le sacrement de la pénitence. Le concile de Trente (Sessio XIV, c. 4) a décidé contre eux que l'attrition n'est suffisante que si elle exclut la volonté de pécher et renferme l'espérance du pardon, « si voluntatem peccandi excludat cmn spe veniœ. » Les défenseurs de l'attrition soutiennent que l'on ne saurait penser au bienfait du pardon sans ressentir un mouvement de reconnaissance pour le bienfaiteur, et que, d'ailleurs, la crainte du châtiment et l'amour naturel de soi, en tant qu'ordonnés par Dieu, peuvent à la rigueur être considérés déjà comme un commencement d'amour de Dieu. La théologie protestante a repoussé, à juste titre, ces distinctions oiseuses : « De contritione prœcidimus illas otiosas et in fini tas disputationes, qiiando ex dilectione Deiy quando ex timoré pœns* doleamus » (ApoL Confess. Aitg^'sL. 165). — Voyez l'article Pénitence. .
AUBE (alba, tunica, camisia), tunique blanche qui descend jus<iu'aiix pieds et que les ministres de l'autel portent dans la célébration de la messe. La couleur blanche marque soit le renouvellement par le Saint- Esprit, soit Tinnocence delà vie, soit l'éclat dont brillent les anges. Les Grecs, à cause de sa longueur, l'appelaient ro$Y;pr^;, les Latins, taiaris. 0 1
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la désignait aussi sous 1«î nom de tunica juctmdîtafis, indinnentumLrff'fiœ. In décret de la congrt^gation des rites, du 15 mai I81Î), proscrit Tusago des toiles de coton pour les aubes, qui doivent être en til de lin ou do ehanvre. — Voyez Tarticle Costume sacei'dotoL
AUBERLEN (Charles-Auguste), né en 1824 dans une modeste et pieuse famille d'instituteur, près de Stuttgard, lit ses études au séminaire de Blaubeuren et à l'université de Tubingue. Apres un double vicariat, dont Tun aux côtés de Hofacker, et un voyage scientifique en Allemagne et en Hollande, il enseigna la théologie à Tubingue et, à partir de 1831, en qualité de professeur extraordinaire, à Tuniversilé de Bàlc. Miné par la maladie, il mourut en 1864 dans la pleine maturité de Page et du talent. Par sa tendance d'esprit et par ses écrits, Auberlen appartient à celte remarquable école de théologiens souabes qui ch(»rclient à unir la hardiesse d'une pensée nourrie des enseignements de la Bible au mysticisme d'une piété saine et originale. Dans sa jeunesse, sous l'influence des idées de Goethe et de Hegel, le jeune étudiant avait poursuivi l'idéal d'une culture humanitaire, affranchie de la conception théiste du christianisme; mais, grâce à la puissante influence de Beck et de Rothe, il s'était détourné du panthéisme pour chercher dans la Bible la solution des problèmes qui le tourmentaient. Auberlen utilisa les loisirs de son premier .vicariat pour étudier à fond la théosophie d'Oetinger, ce penseur wurtembergeois si étrange et si profond, et exposa ses idées avec toute la lucidité qu'elles comportent (Die Théo- Sophie Oeiingers nach ihren Grundzûgeny Tûb., 1847); puis il se tourna vers Bengel et lui demanda le secret de son réalisme biblique, vers le- <|uel son esprit, fatigué des abstractions creuses delà sagesse moderne, se sentait de plus en plus attiré. Dans un ouvrage qui causa quelcfue sensation (Dei* Prophct Daniel u. die Offenbm*ung Johannis, Basel, 1854, 2« éd., 1857), il rompit nettement avec les vues courantes de l'école libérale. S'inspirant des enseignements symboliques du mystérieux prophète de l'exil et du voyant passionné de Pathmos, Auberlen traça les Hnéaments d'une philosophie de Thistoire d'après la Bible. A la théorie d'un progrès indéflni, destiné à embrasser l'humanité tout entière pour l'amener à la perfection, il opposa l'idée d'une séparation de plus en plus tranchée du royaume de Dieu et du royaume du monde, <|ui amènera une lutte suprême couronnée par le dernier jugement. Rendu attentif, par la correspondance de Schleiermacher et par les conférences apologéli(jues auxquelles il prit part, à la nécessité de dissiper les préjugés (jue les hommes élevés dans les idées modernes nourrissent contre la foi chrétienne, Auberlen entreprit un ouvrage sur !a révélation divine qu'il ne lui fut malheureusement pas permis d'achever (Die gôttliche Offenbarung, Ein apoiog. Versuck, Basel, 1861. Le commencement du second volume a paru après sa mort, eii 1864). L'auteur s'applique à justifier la conception du surnaturel sur laquelle reposent la Bible et les dogmes chrétiens. A cet efTet, il se propose de soumettre les documents bibliques à un examen historique et critique dégagé de toute prévention. Prenant pour point de départ les épîtres incontestées de saint Paul, celles que la critique de l'écolo de Baur
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elle-même regarde oomme authentiques, et remontant d'elles par une série de déductions ingénieuses aux Evangiles et aux écrits de T Ancien Testament, il montre que Ton ne saurait expliquer les événements que ces écrits rapportent, tels que Texistence même des communautés apostoliques, leurs dons exceptionnels, leur propagande couronnée de si rapides succès, la conversion de saint Paul, etc., etc., sans admettre une intervention divine spéciale, suspendant ou modifiant, en vue d'un but déterminé, le jeu ordinaire des lois de la nature. La deuxième partie de Touvrage renferme une exposition historique pleine d'intérêt des diverses tendances et écoles religieuses qui se sont produites en Allemagne depuis la Réfonnation, ainsi que des services (lu'elles ont rendus ou des entraves qu'elles ont apportées à la défense du christianisme. La troisième partie, dont nous ne possédons qu'une simple ébauche, contient une étude dogmatique de la révélation chrétienne elle-même. Auberlen avait un talent remarquable de prédicateur (Zehn Predîgten, Basel, 1855), de conférencier {Schleiermacher^ Ein Charakterbildy 1859; Zehn Vorlrœge sur Verontwortung des christl. Glaubens, 1861) etd'écrivain. Son style est clair, simple, plein de chaleur et d'une beauté presque classique ; sa parole était toute Wbrante d'une émotion intérieure soutenue par de fortes convictions; aussi l'action exercée par Auberlen à Bàle, et au dehors, était-elle considérable, et sa mort prématurée causa-t-elle partout les plus vifs regrets.
F. LiCHTENBERGEB.
ADBERTIN (Edme) (1596-1652) , savant réformé du dix-septième siècle. Pûstcur à Paris depuis 1627, il fut dénoncé pour avoir demandé à un catholique converti s'il renonçait à «l'abominable sacrifice delà messe», et obligé de se soustraire, pendant quelque temps, par la fuite, aux poursuites de la justice. Son traité de V Eucharistie de l'ancienne Eglise, {^ édit., Genève, 1633, in-fol.), traduit aussi en latin, est un des meilleurs ouvrages de controverse du temps (voy. France protest. ^ 2* édit., 1, p. 434 ss.).
AUBERY (Jacques), lieutenant civil au Chàtelet de Paris. Il porta courageusement la parole en faveur des victimes de Cabrières et de Mérindol, en 1551, devant la grand'chanibre du Parlement, en (fuahté d'avocat général du roi (voy. 1° Histoire de l'exécution de Caàrifres et Mérindol et d'autres lieux de Provence^ Paris, 1645, in-4 ; 2*' aux archives nationales de France, cote U, 828, le registre du Parlement de Paris, intitulé ; Plaidoyez, arrestez^ avec proceddures sur le faict de ceux de Cabrières et Mérindol^ de Provence, depuis l'an i^'kOjusquen tan 1554 ; 3"' réloge du plaidoyer d'Aubery dans le deuxième livre des épitres du chancelier de THospital, septième épitre). — J. Aubery fut, en 1555. investi des fonctions d'ambassadeur extraordinaire en Angleterre, pour y traiter de la paix.
AUBERY (Benjamin), seigneur du Maurier, petit-neveu de Jacques Aubery. Un respect tout naturel pour d'honorables traditions de famille, et un sentiment du devoir, d'autant plus énergique qu'il dérivait dos inspirations d'une sincère piété, portèrent Dumaurier à aborder la carrière d'homme d'Etat. Il eut, en 1589, à 27 ans, le bonheur d'être