‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 205 sur 226 · AUDIENS — AUGER · texte numérisé non relu

AUDIENS — AUGER

semblées du culte et provoqua ainsi son excommunication. Une foule de mécontents» tant laïques que prêtres, se groupèrent autour de lui et le forcèrent à recevoir la consécration épiscopale. Il fut banni en Scythie et recruta des adhérents parmi les Golhs établis aux bords de la mer Noire. La secte des audiens s'éteignit à la lin du cinquième siècle. 11 est difficile de déterminer exactement en quoi a consisté leur hérésie. Epiphane (Hœres.^ 70), qui en parle avec une grande modération, attribue à un manque de culture intellectuelle leur conception un peu grossière, très-empreinte d'antliropomorphisme, de Dieu qu'ils se représentaient avec une figure humaine à la ressemblance de laquelle rhomme fut créé (Gen. 1, 26). On ne sait trop ce qui a pu motiver TaccûsationdeThéodoret(//w^ecc/., 1V,10; Haret, Faàul.,l\\d), qui leur prête la doctrine de Téternité des ténèbres, du feu et de Teau. On leur reprochait aussi de célébrer la Pàque à la manière des juifs et de donner Tabsolution sans exiger la pénitence canonique. L'ascétisme des audiens contribua à favoriser, dans la Mésopotamie et la Scythie, le progrès des institutions monastiques (voy. aussi Augustin, Ha*res., oO; Neander, Kirchengeschichte, III, p. 985).

ÂUDIN (Vincent), libraire et homme de lettres, né à Lyon en 1793, f 1851. Il avait étudié au séminaire de TArgenlière et s'était fait recevoir avocat. M. Audin est l'auteur des Guides-Richard et d'un grand nombre de brochures politiques. ]/ Histoire de la Saint- Barthélémy, qu'il publia sous le voile de l'anonyme en 1826 (Paris, in-8"),le fit accuser d'impartialité envers les protestants. Le même reproche ne sera jamais adressé à ses grands ouvrages, V Histoire de Luther (3 vol., 1839) gIY Histoire de Calvin (2 vol., 1841), auxquels il ajouta, en 18^i7, une Histoire de Henri VI 11, et, en 1851, une Histoire de Léon X,

AUDRY (Sainte) [jEtheldritha, Edilthryda, Edeltrude], lille du roi anglo-saxon Anna, observa son vœu de chasteté dans les deux mariages que la politique la contraignit de contracter. Wilfrid, évêque d'York, prononça son divorce avec Egfrid, prince de Northumbrie, et la lit abbesse du couvent d'Ely (Elia ou Helia), qu'elle avait fondé, en 671, dans la petite ile du même nom, après s'être retirée d'abord dans Tabbaye de Coldingham. Audry se distingua par ses vertus ascéli<iues et mourut, tn 679, d'une maladie contagieuse qu'elle avait contractée en soignant une de ses sœurs. L'abbaye d'EIy, qui appartenait aux bénédictins, fut détruite par les Danois en 870, rétablie en 970 et érigée en évêché par le pape Pascal II en 1109. — Voyez Anglia saa-a, 1 ; Bède, Hist. d'Anglet.; Mabillon, Actasanct. Ord. Ben., etc.

AUGER (Edmond), jésuite, était né en 1530, dans la Brie. Il entra, en 1550, dans la Compagnie, qu'il servit avec éclat. En 1562, étant tombé, à Valence, entre les maips de des Adrets, il fut sauvé de la potence par la pitié des ministres. Le 18 juillet 1563, il célébrait te la résurrection de la messe » à Lyon; la même année, il c&mposa, dans cette ville, son célèbre Catéchisme français. Adversaire journalier de Viret , il écrivit et prêcha contre lui sans relâche, avec le minime Jean Ropitel et le savant jé^ite Possevin; en 1565, il réussit à le faire bannir comme étranger, le P. Soulhwell prétend (lu'il convertit à Lyon 40,000 religion-

naires. Le Père Emond s'illastra par son dévouement lors de la peste de Lyon. Il fut depuis 1575 confesseur d'Henri III ; mais, ayant déplu à la Société par son indépendance vis-à-vis de la Ligue, il fut envoyé à Rome en 4591, et mourut dans le voyage, à Côme (Voy. sa Fie, parle Père Bailly, Paris, 1652, in-S*', et par le Père Dorigny, Lyon, 1716 , et Avignon, 1828, in-8**; Y Historiogj'aphie de la Com/ja^/me ; Sotvellus, BibL S. J.; de Backer, BibL de la Comp. de Jéstis^ 1869-76, in-f<>).

AUGSBOURG (Confession d'). D'après la lettre impériale du 21 janvier 1530, qui convoquait les Etats allemands à Augsbourg, chacun des deux partis religieux devait y exposer « son opinion )),-afin que, par un examen paisible des erreurs réciproques, on pût arriver au redressement des griefs et au rétablissement de Tunité. Pour se préparer à cette exposition, Télecteur Jean de Saxe lit rédiger par les thÔDlogiens de Wittemberg les articles dits de Torgau ; Mélanchthon reçut la mission de leur donner « une forme », pour que le prince pût les présenter devant la diète. L'électeur, accompagné de quelques savants, au nombre desquels était Mélanchthon, amva à Augsbourg le 2 mai; Luther, qui était encore au ban de l'Empire, dut s'arrêter au château de Cobourg. Pendant le voyage, Mélanchthon avait écrit le premier projet de l'œuvre dont il était ciiargé; il avait pris pour base les articles de Schwabach pour les doctrines, et ceux de Torgau pour les institutions et les coutumes. Son intention avait été de faire «une sorte d'apologie», mais (juand il apprit à Augsbourg que l'empereur ne voulait pas de longue disputation, il choisit la forme plus simple et plus précise d'une confession de foi. Il écrivit à un ami : «J'ai procédé avec le plus grand soin; il ne me semble pas qu'on puisse s'exprimer avec plus de modération ; j'ai été plus doux que ne le méritait laliaine de nos adversaires ; je n'ai voulu réunir que les choses les plus importantes. » Dans la situation difficile où se trouvait alors le parti protestant , Mélanchthon était le seul capable de formuler la Confession ; il fallait défendre la doctrine évaTigéli(iue contre le reproche d'hérésie et la représenter comme celle de la vraie Eglise universelle; il fallait dévoiler avec une extrême réserve les erreurs. et les abus du catholicisme, et faire tout cela dans un langage intelligible aussi pour les laïques, sans équivoques et sans subtilités scolasticjues. Il n'y avait que Mélanchthon qui pût remplir cette tache. Luther lui-même, auquel l'électeur communiqua la Confession, lui répondit : «J'ai lu l'apologie de maître Philippe, elle me plaît, je n'ai rien à y changer ni à y corriger; aussi bien cela ne me conviendrait-il pas, car je ne sais pas marcher à pas si doux; fasse le Seigneur qu'elle produise beaucoup de fruit; c'est notre espoir et notre prière.» — Dans l'origine, la Confession ne devait être que celle de l'électeur de Saxo; mais sur l'observation du margrave Georges de Brandebourg (ju'il serait bon de présenter une déclaration commune, elle fut communiquée aux autres Etats protestants, qui l'acceptèrent après quelques discussions ; on n'exclut que ceux (jne l'on qualifiait de sacramentaires. Le 25 juin, le vice-chancelier saxon en donna lecture devant la diète. L'impression fut grande; plusieurs catholiques mêmes fiurent frappés (le la vérité de ce qu'ils venaient d'entendre exposer avec tant 1. 46

de modération ; les protestants, de leur côté, dans la conscience d'avoir proclamé leur foi devant tout TEmpire, se sentirent plus intimement unis entre eux et plus fortifiés contre les dangers qui pouvaient les menacer encore. Spalatin put dire avec raison : «En co jour s'est accomplie une des plus grandes choses que le monde ail vues. » Ils s'étaient attendus à ce que Tempereur demandât aussi des catholiques une exposition écrite de .leur opinion; cette attente fut trompée- Charles V chargea une commission de vingt-cinq docteurs do rédiger une réfutation de l'ouvrage protestant. Ces docteurs travaillèrent si vite que, dès le 13 juillet, ils présentèrent leur confutatiou : ils y avaient joint une longue liste d'erreurs et d'hérésies tirées des écrits de Luther. C'était un gros volume de 200 feuillets, indigeste, confus, plein d'invectives, bien différent de la Confession si claire et si modérée des protestants. L'empereur refusa la pièce; il demanda qu'on l'abrégeât et qu'on en fit disparaître les passages trop injurieux. Après qu'elle eut été remaniée, on en donna lecture devant la diète; Charles V lit déclarer qu'il la trouvait orthodoxe, catholique et conforme à l'Evangile, qu'il exigeait des protestants l'abandon de leur confession suffisamment réfutée, et que s'il s'y refusaient, il ferait son devoir de défenseur de l'Eglise romaine. Leur réponse fut naturellement négative. De crainte d'une rupture immédiate, on recourut alors à des manœuvres pour les ébranler et les désunir ; on tint, sans plus de résultat, des conférences sur quelques articles de la Confession. Des deux côtés, on iinitpar se convaincre qu'on ne pouvait rien céder. Charles V ne voulut point recevoir V apologie écrite par Mélanchthon; le 17 novembre, il fit proclamer, comme recès de la diète , la sommation aux protestants de se mettre, dans un délai de six mois, d'accord avec l'E^dist^ le pape , l'empereur et les autres princes de la chrétienté. Telle fut l'issue de la diète de lo30, issue en apparence funeste pour les protestants; mais ceux-ci avaient désormais leur confession, dont il faut dire maintenant quehiues mots. — Dans le préambule, ils renouvelaient leur appel à un concile chrétien et libre, et pour le cas qu'ils avaient si bien prévu où la diète ne rétablirait point l'union et la paix, leur prolestalion contre tout ce qu'elle pourrait entreprendre contre eux. I^i Confession elle-niéme se compose de deux parties, dont la première expose en vingt et un articles les doctrines, et dont la seconde s'occupe des institutions et des cérémonies. Les articles dogmatiques traitent successivement de la trinité, du péché originel, de la personne et de IVeuvre de Jésus-Christ, de la justification par la foi seule sans aucun mérite des œuvres, des moyens de grâce, des œuvres connue fruits de la foi, de l'Ej^lisc, qui est l'ondée sur la prédication du pur Evangile et sur une administration des sacrements conforme à leur institution , mais qui n*a pas besoin partout des mêmes cérémonies; du mélange des bons et des niécliants dans l'Eglise; du baptême, qui doit aussi être donné aux enfants; de la sainte Cène, dont il est dit : « Le corps et le sang de Christ y sont véritablement présents, et ils y sont administrés à ceux qui la revoivent, sous les espèces du pain et du vin; » de la confessiont de la repentance, de l'usage des sacrements, qui ne sont pas seulement

des signes extérieurs et qui ne justifient non plus ex opei^e opéra to; du gouvernement de TEglise, des rites, du pouvoir civil , de la venue de Jésus-Christ pour juger le monde ; du Kbre arbitre que Thomme possède pour mener une vie extérieurement juste et honnête, mais qui est incapable de faire les choses de Dieu sans l'assistance de la grâce; de Torigine du péché, qui est ramenée au diable ; de la foi et des bonnes œuvres; enlin, du culte des saints. Dans la partie où il est parlé des institutions, la Confession justiiie les protestants d'avoir changé certaines coutumes , qui n'étaient que des traditions humaines : ils ont rétabli la sainte Cène sous les deux espèces, aboli le célibat des prêtres, supprimé quelques abus et en*eurs concernant la messe, ainsi que Ténumération détaillée des péchés lors de la confession, l'obligation de jeûner, les vœux monastiques, l'autorité temporelle des évêcjues et leur autorité spirituelle quand ils veulent imposer des choses contraires à l'Evangile. Dans tout le document, les doctrines , ({uoique exposé<;s d'une manière qui laisse à désirer sous le rapport de la logique, sont ramenées au principe fondamental de la Réformation, celui de la justiiication par la foi ; ce principe sert de mesure pour apprécier les cérémonies et les institutions. Dogmes et rites doivent être rétablis d'après la norme de ce (jui a été vu et praticfué dans l'Eglise ancienne, sans renversement brusque de l'ordre existant; c'est pourquoi on se déclare prêt à maintenir la juridiction des évêques , pourvu qu'ils l'exercent dans un esprit conforme à la parole de Dieu. D'un bout à l'autre, la Confession manifeste la certitude que ceux qui l'acceptent sont d'accord avec l'Eglise catholique véritable ; pour prouver cet accord , on rappelle les anciens symboles œcuméniques, on cite des Pères, on ajoute à chaque article la déclaration qu'on rejette les erreurs contraires. Dans la doctrine de la grâce, l'opinion primitive de Luther et de Mélanchthon est abandonnée ; dans celle de la sainte Cène, on a mitigé la formule de Luther telle (ju'elle se trouve dans les articles de Schwabach; le pape, enfin, que les articles de Torgau laissaient encore subsister, tout en le rangeant, en quehpie sorte , parmi les adiaphoraf n'est plus mentionné du tout. Il faut observer encore qu'en plusieurs points, la Confession poile le cachet d'une œuvre temporaire, adaptée aux circonstances du moment : l'empereur est exhorté à faire la guerre aux Turcs; les protestants se défendent contre l'accusation de faire cause coirunune avec les anabaptistes ; et ils olFrent aux évêques, comme il vient crêtre dit, des concessions que bientôt après ils retireront. Ce caractère temporaire n'empêche la Confession d'Augsbourg ni d'être un des faits les plus importants dans le développement normal de la Réforniation, ni d'avoir une valeur permanente; dans son ensemble, elle est un des témoignages les plus simples et les plus corrects de la foi évangélirjue. — Il n'était dans l'esprit ni de l'auteur ni des signataires de la faire recevoir immédiatement comme livre symboli([ue par tous les protestants d'Allemagne. Elle ne le devint que peu à peu par la force des circonstances. Imprimée une première fois, en latin et en allemand, en iriîU (on n'a jamais vu d'édition de 1530), elle avait paru depuis à plusieurs reprises; elle avait encore si peu un caractère officiel^

qu'en 1540 Mélanclithon la remania en quelques points ; il développa (lavanlage certaines parties pour mieux faire ressortir la différence entre le protestantisme et le catholicfsme, il mitigea plusieurs expressions, il intercala un passage sur la nécessité de la prédication de la repentancc, et surtout, dans Tespoir d'un rapprochement avec les Suisses, il remplaça l'article sur la sainte Cène par celui-ci : « Ils (les protestants) enseignent qu'avec le pain et le vin sont véritablement distribués le corps et le sang de Jésus-Christ » ; la formule «ceux qui enseignent le contraire» est supprimée. Au colloque de Worms de 1541, le docteur Eck fit remarquer ces changements, mais dans l'Eglise protestante on n'y lit pas encore attention, môme Luther ne s'en offusqua point. Aussi longtemps que vécut Mélanclithon, cette editio vainata ne rencontra aucune contradiction ; on cite jusqu'à des luthériens très-rigides, qui s'en servirent sans scrupule. Cène fut qu'en 1561 que Flacius la signala comme trop favorable aux calvinistes. Comme à la réunion tenu^ cette même année à Naumbourg, on signa la Confession de nouveau , on prit l'habitude de la considérer comme règle de foi dans la plupart des Eglises d'Allemagne qui se rattachaient à Luther ; on inséra dans le.^ constitutions ecclésiastiques des articles exigeant des théologiens rengagement de s'y conformer. L' editio invariata ayant été prise pour base de la Formule de concorde et jointe à cette déclaration, c'est elle qui devint depuis ce moment le principal livre symbolique de l'Eglise qui s'appelle d'après son nom, et qui fait bien de la conserver.

Ch. Schmidt.

AUGSBOURG (Intérim d'). Après la guerre de Schmalkalde, Charles V songea à rétablir en Allemagne l'unité religieuse; mais tout victorieux qu'il fût, il comprit qu'il lui serait impossible de supprimer purement et simplement le protestantisme. A la diète d'Augsbourg, ouverte en août 1547, les princes le prièrent de régler provisoirement les affaires de la religion, jusqu'à ce (lue le concile de Trente eût achevé son œuvre. 11 entra dans ces vues. L'évé(|ue de Naumbourg, Jules de Plluj:. avait préparé, d'accord avec Michel Helding, suffragant de Mayenc*'. un projet d'union et de réforme, faisant aux protestants «luelques concessions, tout en maintenant le catholicisme dans ce qu'il avait de plus essentiel. On gagna pour ce projet l'électeur Joachim do BrandelH)urj; et sou prédicateur Jean Agricola; on espérait obtenir aussi rassenliment du Strasbourgeois Biicer, mais celui-ci refusa toute coopération. Le travail fut soumis à Tempereur (jui, après l'avoir fait réviser par quelques théologiens espagnols, le communiqua aux Etats protestaiit-i. comme un moyeu connuode de iiî^er un ordre de choses provisoire. Malgré les objections (ju'on y fit, il fut proclamé comme loi de l'empim le 15 mai 15i8; c'est là ce qu'on appelle l'/n^mm d'Augsbourg, desl in»* à régler par intérim, jus([u'aux décisions du concile de Trente, la situation des protestants. 11 se compose de vingt-six articles. Parmi ceux <|ii! se rap|)ortent aux dogmes, le j)lus important est celui de la justification. Le concile avait déjà formulé cette doctrine, et bien que Charles V j n'eût pas encore reconnu ses décrets, ces derniers n'avaient pas pu nian(|uer d'être pris en considération par des théologiens catholique^. '

La manière dont la justification est définie dans rintérim est donc essentiellement catholique et ne se rapproche qu'en apparence de la conception protestante. Dans les articles concernant la charité et les bonnes œuvres prédomine également la doctrine catholique ; il est même parlé d'œuvres surérogaloires, non exigées par les commandements de Dieu. Quant à TEglise, Tlntérim lui attribue le pouvoir d'interpréter TEcriture, il maintient l'autorité de la tradition et la suprématie du pape, les sept sacrements, l'invocation de la Vierge et des saints, les jeûnes, etc. 11 ne tient compte des circonstances qu'en ce qui concerne le mariage des prêtres et la sainte Cène, sous les deux i»spèces ; on déplore ces innovations, mais on reconnaît (ju'on ne pourrait les abolir sans provoquer des troubles ; on les tolérera jusqu'à ce que le concile en aura décidé. Comme ce règlement ne devait pas lier les Etats catholiques, l'empereur donna, le 14 juin, aux évoques une formula rofunnationis^ les invitant à faire disparaître les abus. Chez les prolestants l'Intérim souleva une indignation à peu près générale ; pendant la diète même, la plupart des Etats en refusèrent l'acceptation ; les éhîcteurs Joachim de Brandebourg et Louis du Palatinat furent les seuls qui le signèrent sans protester. Dans les villes libres de TAlleniagrie méridionale, on ne put l'imposer que par la force des armes, et là même il ne fut introduit (|ue pour la forme. Les principaux adversaires se réfugièrent à Magdebourg, cjui devint le foyer d'une énergique opposition ; il en partit des pamphlets et des satires contre l'œuvre impériale, (lualiliée d'œuvre du diable. Sur les délibérations qui eurent lieu en Saxe, voir l'article Intérim de Leipzig. Ch. schmidt.

ADGSBOURG (Paixd'). Le traité de Passau de 15o2 n'avait établi en Allemagne qu'une paix pro\isoire. Ce ne fut qu'à la diète d'Augsbourg (l(» lo5o que l'on s'occupa de la conclusion d'une paix définitive, (iharles V lui-même n'y assista point; il ne put se résigner à être présent personnellement à des négociations qui devaient ruiner les projets de toute sa vie; persistant dans son système d'unité ecclésiastique, ne jïouvant consentir à aucun prix à la liberté du protestantisme, mais comprenant que la nécessité était trop impérieuse, il voulut au moins l'ester étranger au changement devenu inévitable. 11 donna à son frère plein pouvoir de tout décider, sans attendre ses propres résolutions. Dans la diète, présidée par le roi Ferdinand, les protestants commencèrent par demander une paix stable, qui ne pût plus être remise en question par les décrets dogmatiques d'un concile ou par les sentences d'un pape. Après de longs débats, on tomba d'accord sur ce point; les Etats catholi([ues, fatigués des longues discordes, n'avaient aucun intérêt à les prolonger. On s'entendit aussi, sans trop de peine, sur l'exercice de la juridiction épiscopale; les prélats, (|ui sentaient que l'ordre de choses établi depuis plus de trente ans ne pouvait plus être changé sans compromettre la paix, (jue tout le monde désirait, consentirent à renoncer à leur juridiction dans les ten'iloires protestants, et se contcuitèrenl de la déclaration que les chapitres catholiques ne seraient pas expulsés des villes ([ui avaient adhéré à la réformation. On s'entendit également sur les biens ecclésiastiques ; il fut stipulé que ceux de

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