‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 206 sur 226 · AUGSBOURG — AUGURES · texte numérisé non relu

AUGSBOURG — AUGURES

ces biens qui étaient dt5jà sécularisés ou employés à des usages protestants, ne seraient plus rendus à TEglise catholique. Les \Taies difficultés ne s'élevèrent que quand on aborda les questions d'avenir. Les protestants demandèrent que la paix fût aussi j^çarantie à ceux des Etats qui plus tard adhéreraient à la confession d'Augsbourg ; les prélats protestèrent avec tant de vivacité qu'on ne put s'accorder qu'en disant en termes généraux et vagues que personne ne serait molesté à cause de celte confession ; on s'abstint de préciser une époque. On voulut savoir ensuite ce qui adviendrait si des évéques, qui tous alors étaient aussi seigneurs temporels, se déclaraient pour le protestantisme. La solution la plus simple eût été de dire que dans ce cas les prélats cesseraient de remplir des fonctions ecclésiastiques et qu'ils ne garderaient que leur pouvoir séculier. Mais les catholiques, se souvenant de l'exemple de l'archevêque-électeur Herrmann, de Cologne, craignirent qu'en accordant cette liberté il n'arrivût un jour que le nombre des électeurs catholiques fût diminué. Comme on ne réussit point à s'entendre, la décision fut abandonnée au roi Ferdinand qui, pour satisfaire les catholiques, leur donna une déclaration, connue sous le nom de Rescrvatum ecclcsiasticum et insérée dans le recès même do la diète ; elle portait que si un prélat devient prolestant, il perdra sa dignité avec tous les bénéfices qui y sont attachés. Pour contenter les protestants, qui réclamèrent contre celte réserve, Ferdinand leur donna également une déclaration, publiée comme recès spécial et disant que les sujets protestants des princes ecclésiasti(iues ne seraient pas inquiétés par leurs souverains. Le recès de la diète fut publié le 25 septembre 1555, il a reçu le nom de Paix d'Augsbourg, Les principaux articles sont les suivants : les États catholiques de l'empire s'engagent à ne plus attaquer les protestants pour cause de religion, ils leur laisseront pleme liberté dans leurs territoires ; les protestants, de leur côté, s'engagent à laisser les catholiques professer leur culte ; aucun Etat ne tentera d'amener à sa religion les sujets d'un autre ; il est permis aux sujets d'un Etat catholique, qui se convertissent, d'émigi'cr avec leurs familles et leurs biens dans un Etat protestant. La paix d'Aug$l)ourg ne fonda pas la liberté des consciences, elle ne reconnut que celle des territoires ; le souverain a le choix entre la confession d'Augsbourg et le catholicisme, mais la religion des sujets doit dépendre de celle du souverain ; la formule du système est ciijm regio hujus reliyio. Le seul grand résultat fut de reconnaître l'indépendance ecclésiastique des Etats protestants. Ch. Schmidt.

AUGURES et ARUSPICES. Il ne se prenait à Rome aucune mesure de quelque importance concernant les affaires publiques, avant de s'être assuré qu'elle avait l'approbation des dieux. Les augures et les aruspices étaient chargés de le constater, et c'est ce qu'ils faisaient en accomplissant certaines cérémonies réglées par une sorte d'art sacré, venu, à c^ qu'on disait, de l'Etrurie, cette mater omnis sirpe?*s(tfi'onis, comme l'appelait Valère Maxime. Ce n'était pas seulement à iîome qu'on prétendait diriger les affaires publiques d'après la volontc des dieux. Chez presque tous les autres peuples de l'antiquité, il y eut

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