‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 207 sur 226 · AUGURES — AUGUSTI · texte numérisé non relu

AUGURES — AUGUSTI

également, sous des dénominations diverses, des prêti*es investis de fonctions semblables à celles des augures et des aruspices (Heyne, Opuscula, III, 159 et 283 ss.). A Rome, et sans doute aussi en bien d'autres lieux, Fart des augures et des aruspices fut bien souvent, entre les mains de ceux qui dirigeaient les affaires de TEtat, un facile moyen d'agir sur Topinion publique. Faudrait-il en conclure que, dans le principe, des chefs habiles, sentant combien il leur serait avantageux de rendre les dieux complices de leurs actes, auraient jugé utile dV'tablir une classe de prêtres spécialement consacrés à la recherche et à T interprétation de la volonté divine? Ce serait (juclque peu téméraire ; une explication semblable serait bien insuffisante ; elle so heurterait en outre à une foule de difficultés. Il n'y a qu'un seul moyen de se rendre un compte satisfaisant de l'origine et de l'existence de cette in^stitution de prêtres, interprètes des signes par lesquels les dieux manifestaient leur volonté aux humahis ; c'est d'en chercher les causes dans les idées religieuses propres aux temps et aux lieux où elle a pris naissance. Toute institution, en cfi'et, qui se retrouve à la fois chez plusieurs peuples difïérents et ne disparait ou ne se modifie profondément (ju'à la suite d'une révolution radicale dans la manière de sentir et de peuser, ne peut avoir sa raison que dans les mœurs, les préjugés, les superstitions et les croyances des hommes au milieu desquels elle s'est établie. Les collèges d'augures et d'aruspices, et, en général, de prêtres chargés de fonctions analogues, ne font pas exception à cette loi générale. Dans l'âge héroï([uc d<î ranti(|uité, ou ne croyait pas seulement ([ue les dieux n'abandonnent jamais les familles et les cités ([ui les invoquent comme leurs protecteurs ; on était encore persuadé que ces dieux tutélaires ont toujours soin, chaque fois (fue la nécessité s'en fait sentir, de leur donner des avertissements salutaires. Ces avertissements, il fallait les reconuaitre dans les signes qui en sont l'expression visible, et ces signes, il fallait les inter[)réter. Une classe spéciale de prêtres était, par consé- ([uent, nécessaire; elle se fonda naturellement par la force même des choses. îi.Ni p AS.

ADGDSTI (Jean-Chrétien-Guillaume) [1772-J8411 descendait d'une famille juive établie en Saxe. Son père était pisteur protestant. Luimême professa la théologie à léria, à Breslau, à Bonn, et exerça à Coblence la charge de conseiller consistorial. Compilateui' plutôt que savant, écrivain plus fécond que judicieux, Augusti se montra très-libre dans sa criticpie de la Bible et très-étroit dans sa manière de défendre le dogme ecclésiastique. Ses commentaires ont vieilli comme la plupart de ses é(!rits, mais quelques-uns d'entre eux renferment des matériaux utiles recueillis, non sans labeur, dans les sources originales. Ce sont ses ouvrages sur l'archéologie chrétienne {Denkicïn^diglmten ans der diristl. Arc/uvologie, Leipz., 1817-31, 12 vol., Lehvbuch des christL AUeî-lhums, 1819, Handô. der bibl. Arch,, 183(>-37) qui ont été le plus appréciés. On peut citer aussi son histoire des dogmes {Dogmengeac/tichte, 1805, 5« éd., 1835), sa Ckrestomathia patristica (1812, 2 vol.), son édition des Loci communes de Mélanchthon (1821), et son Corpus lir

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