AUGUSTINS — AUMONE
séculiers, c'est qu'il leur était interdit d'avoir des possessions personnelles, qu'ils vivaient en commun sous un abbé ou prieui', et qu'ils n'étaient pas rattachés à une é^^Use cathédrale ou autre; ils se distinguaient des moines par un régime moins sévère, par la faculté qu'ils avaient de devenir curés paroissiaux, et en ne pas formant un ordre ayant à sa tête un supérieur général. Une de leurs maisons les plus célèbres a été l'abbaye de Saint-Victor, fondée à Paris par Guillaume de Gliampagne. Avec ces chanoines réguliers de saint Augustin, il ne faut pas confondre, comme on le fait trop souvent, les frhes ennùes de saint A ugustin. Au treizième siècle, il existait en Italie un grand nombre de petites congrégations d'ermites, sous des noms divers et suivant des observances diverses. En 1244, Innocent IV les réunit en un ordi*e sous la règle de saint Augustin. En 1256, ils tinrent une assemblée, où ils élurent un maître général et se partagèrent en plusieurs provinces; le pape confirma ses mesures et exempta Tordre de la juridiction des évê- <|ues. Ces ermites augustins étaient des moines mendiants comme les (lominicains, les franciscains et les carmes. Ils finirent par avoir des couvents très-nombreux, dont plusieurs, entre autres celui de Paris, relevaient directement du siège apostolique. Ils étaient si persuadés que saint Augustin était leur fondateur que, lorsque, dans les premières années du seizième siècle, l'humaniste alsacien Wimpheling démontra (jue révéque d'Hippone n'avait pas été moine, ils en pointèrent plainte jusque devant la cour de Rome. C'est à ces augustins mendiants qu'a appartenu Luther. Au seizième siècle, on introduisit une réforme dans (juelques couvents du Portugal, de TEspagne, de la France, de l'Autriche, en les soumettant à des règles plus sévères; ceux qui les acceptèrent furent appelés augustins déchaussés. Enfin il y avait des reUgieuses augustines et un tiers-ordre de pénitents laïques.
Ch. Scumidt.
AUMME. 11 est naturel à l'homme d'avoir pitié de l'homme. Aussi, trouve-t-on le devoir de l'aumône recommandé dans les religions les plus diverses, et pratiqué jusqu'à un certain point chez les peuples les plus grossiers. Et comme il est non moins naturel à l'homme de remplacer le sentiment intérieur par l'acte extérieur, et de donner à Dieu ses biens plus facilement que soi-même, l.'aumône a pris souvent d'autant plus d'importance que l'on se préoccupait moins de spiritualité. Le bouddhisme mérite d'être cité au premier rang parmi les doctrines religieuses qui ont fait à leurs fidèles un devoir de l'aumône; sous son influence, les distributions de secours ont atteint parfois un déploiement colossal dans l'Inde (voy. Le Bouddha et sa religion^ par B. Saint- Hilaire, p. 88, 279, 285). L'Ancien Testament recommande dans de nobles termes le devoir de l'aumône (Deut. XV, 7-11; Lév. XIX, 10; Deut. XXIV, 19-21). La pitié pour le pauvre est un des traits de l'idéal du sage (Job XXIX, 12-10; XXXI, 19-20; Prov. XIX, 17, XXII, 9, XXVIU, 27), de l'homme pieux (Ps. XXXVll, 21, 20, CXII, 9), de la brave femme (Prov. XXXI, 20). Les prophètes ont opposé ce devoir de bienfaisance au formalisme de leur temps (Esaïe LVIII, 7 ; Ezéch. XVIII, 7). Les Apocryphes, produits d'une époque où la vie religieuse se