AUMONE — AUMONIER
pétriiiait en pratirpies et en préceptes de détail, insstent fréquemmen t sur le devoir de raunione, mais on dii'art pres<[uc à les lire qu'il faut la faire moins par pitié pour le malheureux <{ue par calcul : elle éloigne l'adversité et délivre du péril (Tob. IV, 10;Ecclésiaste, III, 32, XXLX, 15. 18) ; elle préserve delà mort (Tob. IV, 11, Xlll, 9), elle expie les péchés (Tob. XII, 9; Eccl. 9, 111, 31). La prière, le jeune, Taumône font la substance de la vie pieuse (Tob. XII, 8). Aumône est synonyme de justice (Tob. Xll, 9; Matth. VI). Ce point de vue est à beaucoup d'éjjjards celui qui règne dans TEglisc catholique. 11 y avait au temple de Jérusalem un tronc où Ton pouvait déposer ses aumônes sans être vu, tandis ({ue les dons pour le culte étaient jetés dans des vases appelés trompettes, parce qu'ils en avaient la forme et peut-être le retentissement. Les aumônes en argent étaient recueillies dans les synagogues le jour du sabbat ; dans la semaine, des collecteurs allaient de maison en maison chercher les dons en nature. Le Nouveau Testament présente plusieurs préceptes (Luc IIl, 11 ; XII, 32; XVI, 9; Matth. V, 42; 1 Tim. VI, 18; Hébr. Xlll, 10, etc.) et plusieurs exemples (Marc XII, 41-44; 2 Cor. VIII, L\; Rom. XV, 26-27) relatifs à l'aumône. Elle doit être faite sans ostentation (Matth. VI. 1-4), de bon cœur, avec joie (2 Cor. VIII, 12; IX, 7; ftom. XII, 8), proportionnellement à ce qu'on possède (1 Cor. XVI, 2 ; 2 Cor. VIII, 12), à tous, sans se détourner de personne (Matth. V, 42), suitout aux frères en la foi (Gai. VI, 10). Dieu y prend plaisir (Hébr. XIII, 10) ; il récompensera même un verre d'eau fi*oide (Mattli. X. 42), et l'aumône amasse un trésor dans le ciel (Luc XVIII, 22, cf. Luc XVI, 9; Matth. XXVIIl, 33- 40). Mais les plus grandes aumônes ne sont rien si on ne les fait pas par amour pour Dieu et pour ses frères (1 Cor. XIII, 3). Le plus grand exemple, c'est Jésus-Christ (2 Cor. VIII, 9). L'invitation de vendre tous ses biens revient deux fois dans les Synoptiques. La première fois, c'est une invitation adressée personnellement au jeinie riche pour des liaisons qu'il n'est pas difficile de découvrir (Luc XVIII, 22 et les Parai.); la seconde fois (Luc XII, 33), la teneur des paroles est générale, mais on doit y voir une de ces façons de parler aiguës et fortes, familières à Jésus, qui pivnd souvent, pour fornmler une vérité morale, l'exemple le plus extrême de sa réalisation. Il faut en retenir l'esprit plutôt que la lettre (voy. Godet, ComnienL sur saint Luc, II, p. 124, 251 ss.). Quant à l'influence de l'aumône sur celui qui la reçoit, c'est une question à réserver pour l'art, sur le soin des pauvres. — Voyez Th. Rivier, La Libéralité chrétienne j 1874; L. Larnac, LWrtth donnfity 1874. Ch. Bois.
AUMONIER {eleemosynarim). Ce titre ecclésiastique est pris dans diverses acceptions. Dans les anciennes abbayes et les anciens prieurés, il désignait le religieux qui était chargé de faire les aumônes du revenu allecté à cet effet. A partir du treizième siècle on appelait ainsi les officiers chargés, à la cour des rois de France, de la distribution des aumônes, et bientôt aussi de la réglementation des offices dans les chapelles royales et de la direction supérieure de tout le clergé de la cour. Depuis le quinzième siècle, nous trouvons ménje un grand aumônier, qui prend le titre iïaumùnier de France et qui est d'ordinaire revêtu
AUMONIER — AUEEOLE 743
<le la pouiprc romaine. Il avait le droit de proposer les candidats pour les évêchés et pour d'autres bénéiices vacants, et jouissait, à ce titre, d'une ^ande influence. Cette dignité de grand auinùnier, qui avait disparu depuis la Révolution, fut rétablie par une bulle de Pie IX, du 31 mars 1857, en faveur de ^Napoléon III. Elle n'a pas été rétablie depuis sa chute. — On donne aussi le nom d'aumôniers aux prêtres ou aux pasteurs qui sont à la suite d'un régiment, sur un vaisseau, dans dos places foriez, dans les hospices et dans les prisons, pour s'acquitter des fonctions de Iciu* ministère selon les besoins spirituels de ceux auprès desquels ils sont spécialement placés. Cette institution, dont le nGUiintien est vivement réclamé par l'Eglise catholi([ue et par certaines Eglises protestantes, ne peut se justifier que dans les endroits et les circonstances où l'action du clergé local ne i>eut pas s'exercer d'une manièi'e efficace, comme sur les champs de bataille, sur mer et dans les concentrations militaires, pénitentiaires, liospitalières ou auti*es, éloignées de tout culte régulièrement établi. Partout ailleurs elle risc[ue de favoriser une propagande Indiscrète et intolérante et A'aàl'enconti*e de son but.
ADNIS. Voyez La Rochelle.
AURAN, ADRANITIDIL Voyez Hauran.
ADRÉLIEN (/.'/ctti5 Domitim Aurelianus), empereur romain , monta sur le trône en 270. Ancien soldat, la guerre fut à Tétat presque permanent sous son règne. La plus remarquable fut celle qu'il fit à Zénobie, reine de Palmyre. Après un siège terrible, la ville fut prise et la reine, qui avait refusé de se rendre, fut faite prisonnière. Aurélien se fit décerner à Rome un triomphe magnifique, où Zénobie enchainée marchait derrière son char. Elle fut, du reste, traitée avec douceur et iinit ses jours à Tibur, dans mie villa qui lui avait été donnée. Les chrétiens n'eurent point à se plaindre d' Aurélien, au moins pendantla première partie de son règne. Plus tard, il rendit contre eux de sévères édits, mais ils ne furent publiés qu'après sa mort. Aurélien périt assassiné en "ilo, après cinq ans de règne.
AURÉOLE {hluria, iWànbus^ Auréola), que l'on fait dériver de laureu8^ désigne le cercle de lumière avec lequel on représente les personnages (fuc l'on veut honorer d'une manière particulière. Les païens déjà entouraient d'un nimbe lumineux la tète de leurs héros ou de leurs dieux ; les empereurs romains sont revêtus de ce signe glorieux sm* des statues et des monnaies. Sur les sarcopJiages des catacombes, Dieu et Jésus-Christ apparaissent entourés de l'auréole; mais ce n'est <|u'à partir du (|uatnènie siècle que cet usage devint général. L'auréole de Dieu le Père prend la forme d'un triangle, celle du Christ représente un cercle sur le fond duquel se détache une croix ; le Saint- Esprit est figuré par une colombe entourée de rayons lumineux. Dans les miniatures du moyen âge, la main divine qui sort de la nuée porte <îlle-méme Tauréole ; celle-ci orne aussi le front des figures emblématiques, telles que l'agneau, le lion, l'aigle, etc., et jus<iu'à la tête de Satan lui-même. L'art postérieur distingue entre le nimbe, qui ^Dtoui'e la tête des saints personnages, et l'auréole qui enveloppe leur