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pour affirmer aux yeux de tous qu il se substituait à son père dans l'exercice du pouvoir royal, il prit publiquement possession du harem de Da\id (voy. Adonia; comp. la conduite du faux Smei-dis, Hérodote, m, 68), accomplissant ainsi la prophétie de Nathan (2 Sam. XII, il). Cependant Achitophel voulait immédiatement poursuivre le vieux roi, avant qu'il eût le temps de rallier ses partisans ; Husaî, comprenant le danger, détourna Absalon d*un pareÛ dessein et fit prévenir David (XVII, i-23). Dès lors Tinsurrection perdait toutes ses chances de succès. Achitophel s'étrangla (XVII, 23). David eut le loisir d'organiser son armée, et, quand il fut attaqué dans la forêt d'Ephraïm, ses vieilles troupes, malgré Tinfériorité du nombre, eurent facilement raison des masses indisciplinées que conduisait Absalon ; a le peuple d'Israël fut battu par les serviteurs de David » (2 Sam. XVIII, 7). Absalon s'enfuit ; mais sa tête (sa chevelure, dit Josèphe, Aniiq,^ Vïl, 10, 2) se trouva prise dans les branches d'un grand térébinthe, sa monture fila sous lui, et il resta suspendu ; Joab et ses écuyers le tuèrent malgré les recommandations de David (XVIII, 9-15). La mort d'Absalon ne mit pas fin à la révolte ; David eut besoin de négocier et d'user de ruse pour rentrer en possession de son royaume, ce qui prouve bien que la révolte de son fils n'était pas seulement l'acte téméraire d'un jeune ambitieux. — Le tombeau d'Absalon que l'on montre encore aujourd'hui dans la vallée de Josaphat est de date relativement moderne, et n'a rien de commun avec le monument dont il est question 2 Sam. XVIII, 18.
A. Carriârb.
ABSALON OU Axel (1128-1201), né à Zélande, petit-fils du précepteur du duc Knud, après des études faites au collège danois de Paris et des voyages dans divers pays de l'Europe, fut nommé, grâce à la protection du roi Waldemar !««•, évêquc de Roeskilde, fonctions qu'il garda jusqu'à sa mort, bien que le chapitre de Lunden, appuyé par la cour de Rome, lui eût imposé de force le titre d'archevêque de Lunden et de primat de Suède (1177). Absalon se distingua d'une part par ses connaissances, son éloquence « presque divine, » son zèle poui* la vie monastique et le célibat des prêtres; de l'autre par le rôle politique et militaire qu'il joua dans l'histoire du Danemai'k de son temps. Il défendit l'indépendance de son pays contre l'empire d'Allemagne, dirigea plusieurs expéditions par terre et par mer contre les Wendes et contribua à achever la soumission et la conversion au christianisme de l'île de Rugen, le principal et dernier rempart du paganisme dans les pays de la Baltique. Le château d'Axelhuus fut construit sous sa direction sur l'emplacement où s'éleva plus tard la résidence royale de Copenhague. Défenseur énergique des droits de TEglise, en particulier de celui de la dîme, Absalon présida plusieurs conciles chaînés de régler les cérémonies du culte et de rédiger un bréviaire uniforme. On lui doit aussi un Code ecclésiastique de Zélande (1171), ainsi que la rédaction par les moines de recueils de légendes et de travaux concernant l'histoire du Danemark (voy. Saxonis Gnammatici Historix Danicx libri XVI. Ilgen's, Zeitschr. fur histor. TheoL 1832. H. 1).