AUTEL
victimes ; les autels de ftu des Perses et des Assyriens étaient en terre et dressés- sur le sommet d'une colline ou d'un tertre artiticiel; chez les Hébreux, Y autel des holocaustes^ placé en avant du sanctuaire, était en terre ou en pierres brutes, maintenues par un châssis en bois de sétim ; V autel des parfums^ placé dans le Lieu-Saint, était en bois précieux recouvert de lames d'or; les autels des Grecs et des Romains avaient une forme, ronde ou carrée, étaient construits en bois, pierre ou bronze, et se trouvaient places dans lacelladu temple, sous le péristyle et dans Tenceinte du péribole. — Les autels chrétiens sont toujours rcctang;ulaires, plus longs que larges, placés à Torient de Téglise, dans le sanctuaire et sur une plate-forme élevée de plusieurs degrés audessus du sol de la nef et du chœur ; ils servent à la célébration de la messe, de la Sainte-Cène, de la confirmation, du mariage ; on y récite des prières en général, et en particulier les prières pour les morts ; leur forme participe de celle de la table (meTusa sacra), en souvenir de la table où le Christ institua la Sainte-Cène, et de celle du cercueil (tumba)^ en souvenir des sarcophages des martyrs, sur lesquels les premiers chrétiens avaient coutume de célébrer leur culte. Les autels de Téglise primitive étaient en bois et se pouvaient transporter ; ils avaient la forme d'un coffre creux que Ton dressait au-dessus de la tombe d'un martyr ou sous lequel l'on plaçait des reliques. En l'an 517, le concile d'Epaone prescrivit (jue les autels seraient toujours en pierre, ou tout au moins recouverts d'une tablette en pierre assez grande pour recevoir le crucifix, le calice et l'hostie; cette tablette (que l'on appela /)î>rre de consécration) fut marquée de cinq croix et devait être consacrée par un évoque ou par un prêtre ayant reçu spécialenieiit du pape le pouvoir consécrant. Depuis lors les autels chrétiens furent faits généralement en pierre ou en marbre, avec incrustations de mosaïques et de pierres rares, avec revêtements en ivoire ou en métaux précieux; ils sont ou bien pleins, ou bien creux, de telle manière que la tablette consacrée repose soit sur une colonne centrale, soit sur trois, quatre ou cinq piliers ou colonnettes isolées, soit plus souvent sur des parois pleines, décorées de pilastres ou de colonnes engagées, reposant sur un socle commun et couronnés par une frise et un bandeau saillant. La forme et la décoration de l'autel varient d'ailleurs selon les ti*ansformations du style architectural aux différentes époques de l'histoire et selon le développement des arts plastiques (sculpture, peinture, orfèvrerie) qui concourent à son ornementation. — Dans les basiliques chrétiennes du cinquième au neuvième siècle l'autel est placé à l'entrée de l'abside, au-dessusde la crypte renfermant les reliques d'un saint martyr ; il est entouré de quatre colonnes reliées par des architraves ou des arcs et supportant soit un toit, soit un dais en forme de coupole, tenniué par une croix ; des rideaux ou courtines (tetravela) en soie ou tissus précieux, glissant sur des tringles disposées entre les colonnes, entourent ce petit édicule qu'on appela ciborium et dont la voûte porta, par suspension, le vase (pastophoriwn, ciborium) contenant les saintes hosties, auquel on donna souvent la forme d'une colombe. Plus tard ce vase fut remplacé par ne lampe et les hosties furent renfermées dans un custode, colonne ou