AUTEL
tourelle octogonale en métal, suspendue à une crosse plac4.^e en avant ou au-dessus d'une sorte de dossier que Ton disposa à la partie antérieure de rautel;ces dossiers ou retables d'autel reçurent à partir du douzième siècle une décoration de plus en plus importante, dont le cruciliv forma le centre, et caractérisent les autels de la période romane. Pendait la période ogivale, vers le quinzième siècle, on remplaça le custode jar une petite tour fixe, disposée dans le milieu du retable d'autel, surhaussé à cet effet ; ce petit édicule de marbre, de menuiserie ou d'orfèvrerie, destiné à renfermer le ciboire et les hosties consacrées, et qu'on appela plus tard tabernacle^ n'était pas toutefois placé toujours sur l'autel même; on en trouve d'isolés ou adossés crintre les murs ou piliers du sanctuaire. Le retable et le tabernacle étaient destinés de plus à supporter et à masquer une châsse ou un 7*eli(juQire, cachés souvent par des volets en menuiserie (triptyques) richement décorés et couverts de peintures. La Renaissance développa outre mesure rarchittHture des autels et de leurs retables, multipHales statues et les tableaux, reprit le ciborium ou le remplaça par le baldaquin (dais suspendu à la voûte du sanctuaire), et vers le dix-septième siècle, donna volontiers à l'autel la forme même du sarcx)phage. De nos jours toutes cxîs formes sont employées, selon le style de l'édifice destiné à renfermer l'autel ;celuiHM doit toujours contenir des reliques; il est recouvert de plusieurs nappes d'autel superposées en lin fni, et porte, outre le reliquaire et le saint ciboire, des croix, des chandeliers, des coupes, des vases pleins de fleurs, des bannières, etc. — Les églises primitives n'avaient qu'un seul autel, mais le nombre des autels dans une même église augmenta promptement; outre le maître^utel, ordinairement isolé, placé dans h» sanctuaire, soit au fond, soit à l'entrée de l'abside, soit à rinterseclion de la nef et du transept, il y eut des autels secondaires adossés aux murs terminant les coUatéi-aux ou disposés dans les chapelles latérales et absidales. — L'église catholique dislingue quatre sortes d'autels : \ autel fixe (nltare fixum) construit à demeure dans l'église, dont il n.' sort jamais ; V autel po7*tat if {nltare itinerarium) qui est mobile et dont on s*' sert en voyage, auprès des malades, ou pendant les processions ; Irt/z/t/ isolé (ara insulari'a), qui n'est adossé ni contre un mur, ni contre un pilier; et V autel prioUégié (ara prœrogatwa), au(juel le pape a accord»soit une indulgence plénière, soit des indulgences panirulières. L'église grecque n'a qu'un seul autel consacré, en bois, placé derrièr» la clôture (iconostasis), qui sépare la nef du sanctuaire : elle remplatr les autels portatifs par des linges bénits appelés««/î*//ie/<s6. Les églises protestantes n'ont également qu'un seul autel; ilala fornn^d'une table mo- ?mmentale (table de communion), simple d'ailleurs et sobre d'orncmenls. recouverte d'une nappe d'autel et portant la Bible, et parfois un caliir et une capsule pour les hosties, ou bien encore un crucifix. Il estélevédf plusieurs marches au-dessus du sol de l'église, où il n'a pas de place liieii déterminée. Les premiers protestants l'ont parfois soudé à lu chaire, qu'ils disposaient au centre d'une sorte de retable d'autel; aujourd'hui il est toujours isolé, le plus souvent à proximité de la chaire, mais phuv parfois aussi dans une autre partie du temple, — Voyez pour les a.iteU