AUTORITÉ
rhomrae n'est pas seul avec sa conscience ici-bas. H appartient à une société qui a un passé et qui, dans le cours de son histoire, a recueilli et concentré les manifestations divines en un faisceau pour leur donner une force plus grande. Aussi beaucoup d'esprits , et parmi eux des penseurs et des docteurs fort distingués, placent-ils le sié^e de l'autorité en matière religieuse dans une institution, chargée, d'après le plan de Dieu, d'en être le dépositaire et le garant infaillible, h Eglise, pour la majorité des chrétiens, est cette institution. Par son origine, par les promesses qui lui sont faites, par son enseignement qui n'a jamais varié et qui, en tous les cas, n'a fait que développer dans le cours des siècles la vérité qu'il portait en germe, par ses cérémonies imposantes et uniformément réglées, par ses représentants revêtus de grâces spéciales, par son organisation merveilleuse qui lui assure le Iriple caractère de l'unité, de la sainteté et de l'universalité, l'Eglise, disent ces chrétiens, dispose de moyens suffisants pour faire reconnaître son autorité; surtout depuis (jue, conséquente avec son principe, une de ses fractions les plus importantes, Tultramontanisme , a compris que l'autorité de l'Eglise ne serait vraiment souveraine et indiscutable que lorsqu'elle aurait été transférée des conciles, avec leurs majorités incertaines, leurs sessions intermittentes, leurs débats périlleux, aux papes, regardés comme infaiUibles, lorsque, illuminés par le Saint- Esprit, ils parlent ex cathedra aux iidèles. Mais l'on ne s'est pas aperçu qu'à mesure que l'Eglise usurpait ainsi toute l'autorité, la conscience, méconnue dans ses droits et parfois outragée dans ses arrêts, abdiquait. Chaque jour aggrave le divorce entre les manifestations de Dieu dans l'individu et l'institution à laquelle il doit se soumettre; aussi la révolte, secrète ou ouverte, se propage, l'abandon grandit. On ne discute plus seulement la valeur intrinsèque des doctrines et des préceptes de l'Eglise ; on examine la nature de ses prétentions, on vérilie l'origine de ses titres, et, de cette épreuve, son autorité sort gravement compromise et même complètement ruinée. — 3" Le protestantisme, non pas à ses débuts et dans sa période créatrice, mais dès ses premières luttes avec les illuminés et d'autres sectaires, plaça le siège de l'autorité, non dans une institution — il avait rompu avec l'Eglise — mais dans un livre. La Bible fut, à ses yeux, l'expression authentique et vraiment classique des manifestations de Dieu au sein de l'humanité. Elle présente, en effet, la vérité religieuse dans la variété à la fois et dans l'unité de ses aspects, et son témoignage apparaît plus parfait encore lorsiju'on le compare à celui des autres documents religieux que nous possédons : les meilleurs et les plus appréciés sont ceux qui se sont le plus inspirés du souffle de celui que nous appelons avec raison le livre par excellence. Mais les théologiens du dix-septième siècle, et ceux qui, encore aujourd'hui, marchent sur leur trace, compromirent, par leur théorie de Tinspiration, Tautorité de la Bible qu'ils prétendaient servir. En la traitant comme un code rabbinique, également inspiré dans chacun de ses articles, même dans ceux qui n'ont aucun rapport avec la vie religieuse, en revendiquant pour elle Tinfaillibilité, même dans les ques-
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tioiii; (riîistoire naturelle ou de chronoloj^it», et en l'élendant juscfiraux mois et aux points-voyellos, ils provotiutVenl la critique et farililèn-nt son œuvre. 1/ esprit (jui vivilie revendiqua et reconquit ses droits sur la lettre qui tue. On coiïstata (pfen réalité la Bible n'est pas la révé*lation elle-même, (pfelle n'en est «pie \v document. Si la litpieur est divine, le vase cpii la renferme est de terre. La Bible, sans doute, e^i inspirée par TEsprit de Dieu, mais à des dej;rés ditlérents; elle n'est, d'ailleurs, dans ses parties les plus importantes, (jue la tradition orale fixée et stéréotypée; ni ceux (|ui l'ont recueillie, ni ceux «pii ont iormé le canon sacré, ni ceux qui ont copié le texte, ni ceux qui, chaque jour, rinUTpretent n'ont été et ne sont infaillibles. Pas plus (pie TEf^lise, TEcriture ne peut revendiquer pourelle une autorité absolument souverain»*. Le protestant, en un sens, est même plus embarrassé (pic le catholique. Avec sa tlKjorie (hi sacerdoce universel t»t du libre examen, il ne peut empt**cli(T (pie Wm n'ébranle clia(p]e jour l'autorité de la Bible, que l'on ne discutt» ses titres, (pie Ton ne ju^e son conteiui, et ce n'est «pi'en vertu d'une illusion [»ieuse que tant d'àmes, et parmi elles S(^nvent les meilleures, se croi(»nt aveuf^dément soumises à l'autorité de l'Ecriture , alors qu'en réalité elles se montrent tr(''s-libres ' vis-à-vis d'elle et (|ii(\ dans l'usaj-e (pi'i^lles f(nit des livres saints ])our leur éditication ou l«»ur culte de famille, elles opiTent un tria^'c, selon les lumi('res de leur esprit ou selon lesb(»soinsdeIeurvie relii:ieuse. — l** A > re^rder de prés, la Bible (emprunte son autorité au témoi^^'iia^e incomparable et j)leinement suffisant (pi'elle rend à la pcrsiuine de Jésifs-Chrisf. Nos n'^formateurs déjà disaient (pi'ils se soiuîn»ttaiei:î à l'Ecriture, en tant (pi'elle prêche Jt'Sus-iUhrist. Son ima'i:e s' impose à iù conscience comme la manifestat'on visible de Dieu la [)lus parfaite, lue force divine son lii^ne s< s paroles. Et nous ne parlons [>as d'un Clu'ist idéal, produit perfectible d(» la c<mscieuce rclifiieuse, et dont l'imaj^'iN dès lors, n'aurait (ju'un caractère purement subjectif et essentiellement variable. 11 s'ajxit du Christ histori(pie, (pii est ap[»aru au sein de rhuniaiîilé, iju: a v(*cu parmi nous et cUmt ses témoins ont contemplé la jîloirc, 0. une jrloire jdeine de i^vdvo et de vérité » (Jean 1, l'i); il s'aj^it de la puissance spirituelle (pii découle de lui, et (piiest la soune de toute lumière, de toute force et de toute vie dans la cluvtienlt'. Sans douti*, il ap[)artient à la ci'iti(pie de C(mtr(')ler les documents (|u; nous ont transuus ('ett(* image; mais, dès à ])r(*sent. Tori^nne d l'histoire de l'Eirlise sont là pour attester sa n'alit*'* objectivo. Noii> trouvons un triple avantaj^e à reconnaitn» Jésus-t^hrist comni<' raut(M'ité souveraine en matière religieuse. H nous fait mieux coiih prendnî la Bibl(\ (pi'il remplit pour ainsi dire de son es[)rit, cq davai)tagc aimer l'Eglise (jui doit n^ju'oduire son image et en j)erpétuer h souvenir sur la terre. Par l'intermédiaire de Jésus-Christ, il s'étaM;: entre l'àme et Dieu un contact plus direct, i>lus vivant, [)lus saiictiiiaiil: à trav(.Ts son cœur nous sentons mieux battre le c(.eur de notr^ Père céleste. Jésus-Christ communi(pie enfin à ceux (pii veulent n'^yolûment marcher sur ses traces, en l'acceptant poin* leur maître ki, leur sauveur, cette puissance de rayonnement (^t de pro[)ajrande pa,
laquelle le monde sera vaincu, c'eSt-à-dire transformé. L'autorité de Jésus-Christ en matière religieuse, attestée par tous ceux qui s'approchaient de lui avec un esprit non prévenu (Matth. VII, 29), se légitime le mieux par ce mot de Pierre qui, s'adressant à son maître, lui. dit : « A qui irions-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jean VI, 68), et par cet autre mot de Jean-Baptiste, qui exprime le vœu naturel de tout homme en faoe du Christ : « Il faut qu'il croisse et que je diminue » (Jean III, 30). — Voyez, sur cette question, les prolégomènes des ouvrages de dogmatitpie, en particulier Schleiermacher, Der christl. Glaube^ Berl., 1835, I, p. 07 ss. ; Ebrard, Christl, Dogniatik, Kdnigsb., la^l, I, p. 25 ss. ; Martensen, Christl, Dogmatik, Berl., 1850, 1., p. 26 ss. ; Schenkel, Dia Christl, Dogmatikj Wiesbaden , 1858 , I, p. 77 ss. ; Kahnis, Die luther. Dogmatik, Leipz., 1801, I, p. 050 ss. ; Bothe, Zur Dogmatik^ Gotiia, 1803; Schweizer, Die christl. Glauàertslekre , Leipz., 1803,1, p. 104 ss.; Biedcrmann, Christl. Dogmatik, Zur., 1809, p. 102 ss., etc., etc. P. Lichtenberqer.
AUTBICHE-HONGBIE (Statistique ecclésiastique). — La monarchie austro-hongroise conjptait, au 31 décembre 180i), 35,1HJ4,435 habitants, dont 20,394,980 dans les pays autrichiens, et 15,509,455 dans les dépendances de la couronne de Hongrie. Cette population se rattache aux races les plus diverses. On estime que Tenipire renferme environ 9.200,000 Allemands, 0,400,000 Tchèques et Moraves, 5,500,000 Magyares, 3.000,000 de Buthènes, 3,000,000 de Serbes et Croates, 2,900,000 Boumains, 2,500,000 Polonais, 1,400,000 Israélites, 1,200,000 Slovènes, 000,000 Italiens, 150,000 Bohémiens, 25,000 Bulgares, 10,000 Arméniens, etc., etc. — Les cultes y sont aussi divers que les races. Voici les chitîresofliciels de 1809: — 1. Catholiques du rite latin: Autriche, 10,395,075; Hongrie, 7,558,558, total 23,954,233, ou 00 [k 100 de la population de Tempire. — 2. Catholiques grecs-unis : Autriche, 2,342,H)8 ; Hongrie, 1,599,028, total 3,941,790, ou H 1/2 p. 100. — 3. Catholiques arméniens-unis : Autriche, 3,140; Hongrie, 5,133. lot. 8,279. — 4. Luthériens: Autriche, 252,327 ; Hongrie, 1,1 13,508, total 1,305,835, ou 4 p. 100. — 5. Béformés : Autriche, H 1,935; Hongrie, 2,031,243, total 2,143,178, ou 0 p. 100. —0. Grecs orientaux: Autriche, 401,511 ; Hongrie; 2,589,319; total 3,050,830, ou 8 1/2 p. 100. —7. Arménieiis orientaux : Autriche, 1,208; Hongrie, 040; total 1,854.— 8.Unitaires: Autriche, 248; Hongrie, 54,822; total 55,070. — 9. Autres secte* clu-étiennes : Aulriche, 4,172; Hongrie, 2,734; total 0,900. — 10. Israélites : Autriche, 822,220; Hongrie, 553,041; total 1,275,801, ou 4 p. 100. — 11. Autres cultes non chrétiens : Autriche, 370; Hongrie, 223; total 593. En résumé, les catholiques romains forment les 2/3 de la population ; les grecs-unis à Bome un peu plus de I/IO; les protestants, tant luthériens que calvinistes, 1/10 ; les orientaux un peu moins de 1/10; les israélites un peu moins de 12' 1000. Nous allons examiner chacune de tes confessions en particulier. — 1. L'glise catholique 7wnaine. L'Eglise catholique a longtemps joui de grands privilèges dans les Etats de la maison d'Autriche. Joseph 11 les restreignit considérablement à la lin du siècle dernier; mais la polititiue des empe-
752 AUTRICHE-HONQEIE
reurs qui lui succédèrent tendit à rétablir ces privilèges dans les rapports des catholiques et des adhérents d'autres cultes, tout en maintenant soigneusement les droits par lesquels l'Etat pouvait avoir prise sur la cour de Rome. Pendant toute la première moitié du dix-neuvième siècle, c'est dans ce sens que se développa en Autriche la constitution de l'Eglise catholique. Dans toute la partie occidentale de l'empire, le catholicisme était seul reconnu ; les autres confessions jouissaient tout au plus d'une tolérance intermittente. Dans les provinces orientales, d'autres cultes partageaient les mêmes privilèges ; mais là même où elle était la moins favorisée, une entière égalité lui était assurée avec les autres religions reconnues par l'Etat. Les prélats faisaient partie des diètes provinciales, comme évéques dans la plupart des pays, comme membres de la noblesse en Galicie, en Hongrie et en Transylvanie. Mais s'ils étaient assez puissants pour opprimer les dissidents , les prélats ne l'étaient pas assez pour causer des embarras au gouvernement. L'empereur en avait la nomination (droit qu'il a conservé jusqu'à aujourd'hui) ; la seule exception était pour les archevêques d'OImiitz et do Salzbourg, qui étaient élus par leur chapitre; pour les évêques de Lavant et de Seckau, qui étaient nommés par l'archevêque de Salzbourg, et enfin pour l'évéque de Gurk, que choisissaient alternativement l'empereur et l'archevêque de Salzbourg. Les bulles de la cour de Rome et les mandements épiscopaux ne pouvaient être publiés dans l'empire qu'avec l'autorisation impériale. Les ecclésiastiques n'étaient soumis à la juridiction de leur évêque que pour le spirituel. En cas d'appel au pape, la permission de l'empereur était nécessaire pour qu'il y pût être donné suite; et même, en ce cas, le saint-siége devait déléguer, pour juger l'appel, un évêque autrichien. Telle était la situation, lorsque l'écrasement des éléments révolutionnaires, après 1848, amena un changement dans la politique du gouvernement autrichien. Pour suivre le système de compression à outrance qu'il avait adopté, il dut rechercher comme auxiliaire l'appui du haut clergé : de là nombre de concessions importantes. Dès le mois d'avril 1850, un décret de l'empereur dispensa les bulles et les mandements de la nécessité de l'autorisation ; et enfin, le 18 août 1835, fut signé un concordat qui donnait à l'Eglise catholique d'immenses privilèges. Le premier article garantit dans tout l'empire à la religion catholique romaine tous les droits et les privilèges qu'elle prétentl tenir de l'institution divine et des lois canoniques, et les articles suivants contiennent les développements et les applications de ce principe. Le mécontentement fut grand dans tous les cercles libéraux, et lorsque l'empire fut revenu à une constitution plus libérale, une série de lois apportèrent successivement de profondes mod ilication s à c€t acte du pouvoir absolu. La plus importante de ces lois, votée en avril 1868, établissait le mariage civil et reconnaissait la parfaite égalité de toutes les croyances religieuses. Aujourd'hui, la religion catholique romaine est encore officiellement la religion de l'Etat; mais elle a perdu tout ce que ses privilèges avaient d'oppressif, et les autres cultes jouissent d'une pleine liberté. Lrs quatre lois de janvier 1874 règlent dans un
sens tout favorable à TEtat les rapports de TEglise et du pouvoir civil. — L'empire est divisé ea 5i diocèses, dont 53 ont leur siège sur son territoire : 11 archevêchés, 41 évêchés et 1 vicariat général. On trouvera dans quelques documents des chiffres plus élevés (57 et même 59évêchés) ; Terreur provient d'une confusion entre les diocèses catholiques romains et les diocèses grecs et arméniens unis, dont il sera question plus tard, et aussi du maintien dans le compte d'évêchés supprimés, comme ceux d'Aibo et d'Ossero, en Dalmatie, ou réunis à d'autres, comme celui de Bacs, en Hongrie, ou celui de Marcasca, en Dalmatie, etc. Voici la liste que nous avons dressée (les archevêchés sont eu lettres italiques ; leurs suifragants les suivent immédiatement; la date entre parenthèses est celle de la fondation). Vienne (évêché, juin 1478; archevêché, r' juin 1722), Sankt Pœlten (28 janvier 1784), Linz (28 janvier 1784); Salzbourg (vers 530), Brixen (vers 992 ; le siège existait à Seben depuis deux siècles et demi), Trente (vers 381), Seckau (22 juin 1218), Gurk (6 mars 1072), Lavant ou Sankt Andrœ (10 juin 1228), et le vicariat-général de Feldkirch pour le Vorarlberg; Gorilz (6 juillet 1751, réduit au rang d'évêché de 1787 à 1830), Laibach (9 septembre 1462, archevêché de 1788 à 1807), Trieste et Capo d'Istria (vers 524) , Parenzo et Pola (les deux sièges, remontant au sixième siècle, ont été réunis le 25 avril 1826), Veglia (vers Tan 10(X)); Prague (évêché, 23 mars 973 ; archevêché,. 30 avril 1344), Leitmeritz (30 avril 1344), Kœnigsgraetz (10 novembre 1664), Budweiss (26 septembre 1785; quelques paroisses de ce diocèse sont sur territoire prussien) ; Olmfdz (évêché vers 960, archevêché 6 octobre 1777), Brunn (5 décembre 1777); Léopol (28 août 1412, existait à Halics depuis cinquante ans), Przemysl (18 janvier 1353), Tarnow (1783); Zara (évêché vers 381, archevêché 1146), Cattaro (vers 880), Lésina (1147), Raguse (vers 830), Sebenico (1" mai 1298), Spalatro (troisième siècle , archevêché pendant de longs siècles) ; Marcana Gran (vers Tan 1(X)0), Stuhhveissenbourg, ou Albe royale (16 juin 1777), Raab (vers Tan 1000), Neusohlen (13 mars 1776), Neulra (vers 1034), Fûnfkirchen (vers l'an 1000), Steinamanger (23 juin 1777), Waitzen (vers 1052), Veszprim (vers l'an 1000); Eriau (vers l'an 1000), Kasctiau (10 août 1804), Rosenau (13 mars 1776, vicariat apostolique de 1756 à 1776), Zips (13 mars 1776), Szalhmar (12 août 1804); Kalocza et Bacs (évêché vers l'an ICXX), archevêché 1094), Csanad (vers 1037), Transylvanie (vers Fan 11(X), l'évêque réside à Karlsbourg), Gross\^'ardein (vers 11(X)) ; Knin Agram (vers 1085, archevêché en mars 1853), Deokowar (vers 1233), Mitrowicz (Sirmium très-ancien), Zengg (vers 1150). De plus, une partie de la Silésie autrichienne dépend du diocèse de Breslau. Les couvents et les ordres religieux sont encore assez nombreux. Cependant, ils le sont moins qu'au siècle dernier; un grand nombre furent sécularisés sous Joseph II, et, dans notre siècle, il a encore disparu près de 300 abbayes et plus de 500 couvents. En drosser la liste est chose fort difficile, les renseignements étant incohérents et souvent contradictoires. Nous avons dû renoncer à constater le nombre des personnes qui vivent dans ces établissements
religieux. Les chiffres que Ton donne à cet égard sont sans aucune valeur ; la préoccupation politique les enlle ou les réduit sui'-Hnt le but que s'est proposé leur premier auteur. Les seuls chiffres auxquels ou puisse s'arrêter sont ceux-ci : il y a dans les provinces allemandes 43 abbés ayant dotation, en Hongrie 22 abbés ayant dotation et i2'i abbés titulaires, 41 prébendes ayant dotation, et 29 prébendes titulaires; en Transylvanie, 3 abbés titulaires et plus de 150 monastères et couvents ; en Galicie, 70 monastères. Une portion considérable du sol appartient à ces établissements. Les documents font défaut pour établir le nombre des maisons ecclésiastiques. — 2, Les Catholiques grecs-unis^ au nombre de près de 4,000,000. Ce sont des chrétiens orientaux qui ont reconnu Tautorité du pape et accepté l'adjonction du filioque dans le symbole, ils ont conservé leur ancienne liturgie; le mariage des prêtres est autorisé parmi eux; la communion se donne aux fidèles sous les deux espèces. Ils habitent presque toutes les provinces orientales de TEmpire, la Galicie, la Hongrie, la Transylvanie, la Croatie, les confins militaires. Les grecs-unis de Galicie .forment les diocèses de Leopol rite grec-ruthène (évêché 1597, archevêché 25 septembre 1808) et de Przemysl (1595; un schisme de 80 ans désola ce diocèse au dix-septième siècle). La Transylvanie ressort de T archevêque de /'oj^arGs rite grec-roumain (évéché 3 février 1821, archevêché 16 novembre 1854). L'Eglise grecque unie de Hongrie est gouvernée par révê4iue de Lugos (18 novembre 1854),suffragant de Fogaras, et par les évê<[ues d Eperies (22 septembre 1830), de Munkacs (1771) et de Gross\\'ardein (1777), qui dépendent de l'archevêque catliolique romain de Gran. Du même métropolitain dépend également l'évêque de Kries en Croatie (1751). 11 nous a été impossible d'établir la liste des couvents grecs-unis de l'empire. Les séminaires de Leopol et de Fogaras forment tous les prêtres grecs unis de la monarchie. — 3. Les Catholiques aj*méniens'Wiis, au nombre de 8,279, sont à peu près dans la même position que les grecs-unis par rapport à TEglise romaine. Ils ont un archevêque a Leopol uni à l'Eglise catholique en 1535, séparé d'elle en 1551, et réuni d'une manière définitive en 1624. L'empereur le choisit parmi trois candidats que lui présente le clergé. A cette confession appartientl'ordre célèbre des mékhitaristcs ((ui a une abba>v générale à Vienne et trois autres maisons dans l'empire à KlosttTneubourg, à Tricste et à Elisabethenstadt. — Les protestants autrichiens ont été pendant longtemps traités difl'éremment dans les dillérenles parties de la monarchie. Très-nombreux pendant le seizième siècle, ils furent persécutés et diminuèrent peu à peu à partir du rèj^ne «le Ferdinand II. L'édit de tolérance de Joseph 11 (31 octobre 1781) leur rendit quelque liberté. En Transylvanie, en Hongrie, en Galicie, il> jouirent de droits pres([ue égaux à «eux des catholiques ; dans la plupart des autres provinces, les entraves continuèrent à t>tre nombreuses; dans quelques-unes, leur culte restait absolument intenlit: dans le Tyrol, par exemple, une partie des habitants du Zillerthal ayant embrassé en 1835 la foi évangélique, furent contraints d'émij^rer et se retirèrent dans la Silésie prussienne. Le concordat de 1855
rendit la situation plus difficile encore, mais la constitution de 1867 leur accorda dans tout Tempire la plus complète tolérance. L'autorité supérieure commune aux luthériens et aux réformés des provinces cisleithanes est le consistoire de Vienne. Jusqu'en 1867, le président laïque de ce corps était nécessairement catliolique. Les membres, luthériens et réformés, forment deux sections ([ui s'occupent chacune des affaires particulières à sa confession, et se réunissent pour traiter les affaires communes. Le consistoire est du reste plutôt un corps politique qu'ecclésiastique; il représente davantage l'Etat vis-à-vis de l'Eglise que l'Eglise \is-à-vis de l'Etat. L'enseignement supérieur est donné par la faculté de théologie de Vienne fondée en 1820, et qui, par une exception singulière et un reste de l'ancienne inégalité, ne fait pas partie de l' Uni versit*^ Beaucoup de pasteurs autrichiens font, du reste, leurs études en Allemagne, ce qui n'est autorisé que depuis 1840. La partie transleithane de la monarchie a dépendu du consistoire de Vienne jusqu'à la séparation des deux pays; elle en est sans doute détachée depuis lors. Mais nous n'avons pu nous procurer de renseignements à cet égard. Voici maintenant quelques chiffres officiels : 4. Lutluyuem^ 1,365,853 (1860), 10 surintendances, 861 paroisses, 2,156 annexes. Ces chifl'res remontent à vingt ans; nous n'avons pu nous en procurer de plus récents. Surintendances : 1. Basse-Autriche, Styrie-lUyrie ; 2. Haute-Autriche; 3. Bohème; 4. Moravie et Silésie;5. Galicie; 6. Hongrie en deçà du Danube; 7. Hongrie au delà du Danube; 8. de la Montagne (en Hongrie); 0. de la Theiss (en Hongrie) ; 10. Transylvanie. L'organisation de ces diverses surintendances est assez variée. Nous en réservons le détail pour les articles spt'ciaux à ces provinces. Les paroisses élisent en général leurs pasteurs et leurs instituteurs ; elles ont aussi à pourvoir à leur traitement. Les surintendants sont proposés par l'Etat qui leur donne une subvention. Les membres du consistoire sont des fonctionnaires et l'Etat les rétribue. Au point de vue religieux, les Eglises luthériennes de l'Autriche sont bien déchues de leur ancienne foi, et le rationalisme y règne à peu près en maître. — 5. I^é formés, 2,143,178 (18()1)), 8 surintendances : 1. Autriche, Carinthie, Carniole et littoral: 2. Bohème: 3. Moravie et Silésie; 4. Hongrie en deçà du Danube; 5. Hongrie au delà du Danube; 6. Hongrie en deçà de la Theiss; 7. Hongrie au delà de la Theiss; 8. Transylvanie. Les rapports avec l'Etat sont en général réglés de la même façon (\ue pour les luthériens. L'organisation varie aussi de province à province. Leur état religieux est en général meilleur (jue celui des luthériens. Les sectes protestantes sont peu nombreuses ; les documents nous font défaut pour en parler. — 6. (trecs orienfaiu; 3,050,830 (1869), établis presque tous dans les provinces orientales. Le chef spirituel de leur communion dans la monarchie est l'archevêque de Caj^witz^ dans l'Esclavonie. Les évêchés de Cze/tiowitz , en Bukowine, et à^ Hemnannstadt ^ en Transylvanie, ont été depuis quelques années transformés en archevêchés. Les autres évèques sont ceux de Temesvar, d'Arad, de Versecz, de Carlsiadt,de Pakracz, de Neusacz et
d'Ofen en Hongrie, et celui de Sebenico pour Tlstrie et la Dalmatie. Leurs prêtres font leurs études dans les séminaires de Carlowitz et de Czemowitz. Depuis 187S, l'Université de Czernowitz a une Faculté de théologie greccjue orientale avec quatre chaires : 1. Théologie pratique et systémati(fue ; 2. Histoire et droit ecclésiastiques ; 3. Ancien Testament; 4. Nouveau Testament. Elle compte de plus deux professeurs extraordinaires et un agrégé (novembre 1876). — 7. Armémens orientaux, 1,854 personnes à Vienne et dans les comitats de Neusohl et de Bacs en Hongrie. — 8. Unitaires ou Sociniens, 35,070, établis en Transylvanie où ils forment une Eglise reconnue par FEtat. Comme nous aurons à en reparler à Tarticle Ti*ansylvanie, nous nous contenterons de noter ici que leurs autorités ecclésiastiques sont nn consistoire et un surintendant général résidant tous deux à Klausenbourg. Le surintendant est assisté d'un notaire général et d'un orateur général. Le nombre des paroisses était, il y a quelques années, de 104 desservies par 120 pasteurs; ceux-ci font leurs études au collège de Klausenbourg. — Quant aux Is7*aélites, très-nombreux en Autriche-Hongrie, à notre gi*and regret, nous n'en pouvons rien dire de certain. — Les dépenses des cultes sont couvertes pour la plus grande partie par les revenus des biens ecclésiastiques qui sont très-considérables. La part contributive de l'Etat portée au budget de la partie cisleilhane de l'empire était en 1876 de 4,069,415 florins aux dépenses ordinaires, et de 1,089,078 florins aux dépenses extraordinaires, soit environ 13,000,000 de francs, y compris le crédit supplémentaire de 600,000 florins accordé par la loi du 18 mars 1876. Dans les pays delà couronne de Hongrie, il y a pour les cultes et pour l'enseignement des fonds spéciauxdont nous n'avons pas les comptes sous les veux. lia été attribué en outre à ce ministère une somme de 3,924,200 florins au budget de 1876. 495,848 florins étaient de plus portés pour le même objet au budget spécial de la Croatie et de l'Esclavonie. — Bibliographie : Almanach de Gotha 1877 et années précédentes; Maurice Block, Annuaire de i Economie politique et de la Statistique, 1876 et annéesprécédentes; Frederick Martin, 7'he Staafesmans Year Book; Hnf und Staatshandbuch des Kaiserthnms ŒstefTeich 1877 ; Statistisc/ies Jahrbuch der œsterreichischen-ungarischen Monarchie fur das Jahr 1874 ; Brachelli , Hunfaivi , Pi*asch , Schmitt, etc., Statistiques de la tnonarchie austro-hongroise ou de quelques-unes de ses parties, etc., etc. E. Vauchbr.
AUTUN (Avgustodunum , Flavia yEduorum) fut, dit-on, évangélis4''e par les saints Bénigne, Andoche et Thyrse, envoyés par Polycarpe. Saint Syraphorien, converti par saint Bénigne, a donné son nom à une abbaye dont saint Germain de Paris (f 576) fut le premier abbé. Saint Amateur passe pour avoir éttî le premier évoque de la cité éduenne ; saint Martin, dont une abbaye, fondée par Brunehaut, porte le nom, est donné comme son successeur. Saint Rliétice, qui vivait en 314, fut un des plus grands évêques de la Gaule. Saint Léger (•{• 678; voyez ce nom) illustra le siège d'Autun. Les évêques de cotte ville ont joui de grands privilèges dans la province de Lyon. Leur cathédrale, Sainl- Ladrç (1178), a remplacé une autre église, dédiée à saint Nazaire.