‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 217 sur 226 · AUTUN — AUVERGNE · texte numérisé non relu

AUTUN — AUVERGNE

Autun possédait encore les abbayes de Saint-Jean-le-Grand (fondée avant 589) et de Saint-Andoche. Il s'y tint ,des synodes au septième siècle, puis en 1077 et 1094. — Voy. Cl. Saulnier, Autun chrétien, 1686, in-4« ; (Gagnard), Hist. de VEgL d'A,, 1774, in-8« ; Gallia, IV.

AUVERGNE. Dès 1335, un chanoine de Clermont surprit dans cette ville un écrit luthérien et le dénonça au chapitre, qui ordonna aussitôt une perquisition chez les ecclésiastiques et officieux de sa juridiction, punit très sévèrement tous ceux d'entre eux qui se trouvèrent nantis de livres « sentant mal de la foi ». Cinq ans plus tard arrive à Issoire, autre ville de TAuvergne, un moine jacobin d'Allemagne, les vêtements tout en lambeaux. Il raconte aux consuls, à qui il avait demandé un secours de route, les grands événements survenus en Allemagne à la suite des prédications de Luther, et leur expose avec un tel accent de conviction les doctrines nouvelles, que les consuls, contremandant sur l'heure un cordelierde Clermont à qui ils avaient confié le soin de prêcher le carême dans leur ville, le chargent lui-même de cette tâche. Ses prédications, bien (fue généralement goûtées, soulevèrent néanmoins de l'opposition de la part de certaines personnes qui, faisant venir secrètement le cordelier, parvinrent, au moment où son collègue prêchait, à le faire violemment descendre de la chaire en le frappant avec le manche d'une croix. Pendant ce temps, le cordelier, posté sur les degrés de la chaire, ti*aitait le jacobin de menteur et d'hérétique. Ce dernier partit pour Genève, mais sa parole convaincue et les nombreuses lettres (fu'il écrivit à Issoire portèrent des fruits et deux cents personnes environ se convertirent aux idées nouvelles. L'un d'eux, Jean Bruguière, de Fernoël, receveur des cens, fut arrêté et conduit sons bonne escorte à Paris. Le Parlement l'avant condamné à être brûlé yif à issoire (3 mars 1547), il y fut ramené et subit la mort avec une héroïque constance. « Il ne fut vu remuer ni ouï crier. » Son supplice, du reste, produisit une telle impression sur les assistants que l'inquisiteur romain Matthieu Orry, les officiers du roi et le bourreau, saisis d'une grande terreur, prirent la fuite avant la fin de cette scène tragique. Peu après, les Issoiriens convertis, devenus de plus en plus nombreux, firent venir un ministre de Genève, nommé Annet Désauches, qui tint plusieurs réunions dans des caves et futarrêté par les consuls, puis condamné à mort et pendu. Le fameux édit de janvier 1562 permettant aux luthériens de se réunir dans les faubourgs des villes, ceux d'Issoire appelèrent de Genève l'éloquent ministre Guy de Moranges, auquel ils adjoignirent bientôt André Lecourt, cellérier converti de l'abbaye d'Issoire, et les prédicateurs Dufau et Georges Laurent. Moranges passa peu après au service de l'Eglise d'Aurillac, et fut remplacé à Issoire par Sébastien Tyran. Pour ce qui est des protestants d'Aurillac, après avoir temporisé longtemps et s'être d'abord assemblés de nuit pour l'exercice de leur culte, ils venaient enfin d'obtenir un ministre et un prêche (15()i), quand (HX) fanatiques, commandés par François Channeil et Louis de Brezon, pénètrent dans la ville et se mettent en devoir de massacrer tous les luthériens qu'ils rencontrent sur leur passage. Les meurtriers étaient décidés à ne lais-

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