‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 219 sur 226 · AUXERRE — AVENT · texte numérisé non relu

AUXERRE — AVENT

fui dévastée en 1567 par les protestants. La partie conservée de l'église date du treizième au quatorzième siècle. Un synode, tenu en 578 à Auxerre, prit plusieurs décisions importantes sur la messe et les sacrements. Un autre synode se réunit dans cette ville en 1098. L'église cathédrale de Saint-Etienne, fondée à la iin du quatrième siècle, montre une crypte de 1030; elle fut rebâtie de 1215 au seizième siècle. — Voy. Lebeuf, Mém, su7* Auxerre, Paris, 1743, in-4<», 2 vol.; 2"' édit. continuée, 1848-55, 4 vol. ; Duru, Biài. htst. deV Yonne; Gallin, XII. S. Berger. AVARES (Le christianisme chez les). Au sixième siècle, les Avares, peuple d'origine tartare, s'emparèrent de la Dacie, de la Pannonie et de la Dalmatie, et repoussèrent les Slaves Aers l'ouest. Le siège épiscopal de Salzbourgeut la charge de leurconviîrsion, ministère longtemps infructueux et troublé parla jalousie des Eglises d'Aquilée et de Passau. Lorsqu'en 791 Chai'lemagne eut mis ces peuples sous sa domination, l'archevêque Arnon (f 821) put remporter de grands succès dans son apostolat. En 796, Tudun, prince des Avares, reçut à Aix le baptême avec sa suite, et en 797, son peuple jura d'accepter le christianisme et demanda des missionnaires. Mais dès le neuvième siècle le nom des Avares disparait de l'histoire.

AVE MARIA. La prière appelée Salutation angélique n'apparaît nulle part, à côté du Pater et du Credo, avant le milieu du onzième siècle ; à cette époque, Pierre Damien mentionne un clerc qui la récitait tous les jours. Ce ne fut qu'au treizième siècle que l'usage de VAve devint général dans l'Eglise. Eudes de Sully, qui fut évèque de Paris depuis 1196, recommande de joindre cette prière au Notre-Père et au Credo. L'abbé Hériman de Tournay racontait, vers 1130, qu'une comtesse d'Avesnes avait obtenu un miracle grâce à l'habitude qu'elle avait de réciter chaque jour vingt Aoe debout , vingt prosternée, vingt à genoux ; elle ajoutait aux paroles de l'ange (Luc 1,28) ces mots inusités auparavant: ft Et le fruit de vos entrailles est béni. » Ce ne fut que sous Sixte IV, après 1471, que l'usage s'introduisit de compléter la Salutation par les mots : « Jésus Chnstus. Amen. » En 1508, on commenta à ajouter à VAve la prière : « Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous, » et bientôt après, sous l'influence des franciscains et du catéchisme de Canisius, l'usage s'établit de terminer cette invocation par les mots : (( Aujourd'hui et à l'heure de notre mort. Amen. » Thomas de Cantimpré, dominicain (•}• 1263), fait le premier mention de la coutume de réciter trois fois cinquante Ave : c'est l'origine du rosaire. L'usage de sonjïer la cloche deVAve Marin au coucher du soleil remonte au quatorzième siècle. Saint Vincent Ferrier, dominicain (f 1419), a introduit la coutume de réciter un Ave après le texte du sermon. — Voyez Mabillon, AA. SS. Ben, swc, V.pr,vf., p. LXXVI ; Binterim, Denkwnrd., VU, 1, 123.

S. Berge u.

AVEMPAGE. Voyez Arabes (Philosoplne religieuse des). AVENT {adventus, avènement) est un temps consacré par l'Eglise pour se préparer à célébrer dignement la fête de la naissance du Sauveur. On donnait autrefois ce nom à la fête même de la naissance de Jésus-Christ ; mais, depuis plusieurs siècles, il est devenu propreaux trois ou quatre semaines qui précèdent cette fête. L'Avent est le commence-

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ment de Tannée ecclésiastique. L'origine de cette institution ne remonte en aucun cas au delà de celle de la fête elle-même, qui n'eut ' lieu qu'au quatrième siècle. Toutefois, Durandus (7?a/ibnai» divin, offic^ II, 6) ne fait que rapporter une tradition très-répandue lorsqu'il l'attribue à l'apôtre saint Pierre. On a voulu trouver les premières traces de la célébration de l'Avent dans le titre de deux homélies de Vévêque Maxime de Tours (f 420), De adventu Domini ; mais le mot adventia avait alors un sens ou plus restreint ou plus large. On peut signaler, avec plus de raison, le passage suivant d'un sermon de Césaire d'Arles (f 542) : Quia natalis Domini imminet, bonis operibus adomati nosper Christi adjutoriumprseparemus^ eleemosynas pauperibuserogetnu$, iracundiam vel odium de cordibus îiostris respuamus. Le concile de Lérida (524) prescrit de ne point célébrer de mariages ab abventu Domini vsque post Epiphaniam^ coutume qui s'est conservée jusqu*à ce jour dans la plupart des Eglises. Le temps de l'Avent doit être consacré au jeûne, à l'oraison, à la pratique des bonnes œuvres. Le synode de Tours (567) prescrit le jeûne quotidien pour les moines ; celui de Milan (581) ordonne aux laïques déjeuner les lundis, mercrediset vendredis. Le Gloria in excehis Deo est remplacé dans la messe par un simple Benedicamus Domino; le jeu de l'orgue, longtemps supprimé pendant l'Avent, ne fut rétabli que par une déclaration du saint-siége du 14 août 1753; les tableaux des églises sont voilés, les autels et les murs recouverts de draps violets, ce qui est assez étrange, attendu que le sentiment dominant pendant cette période doit être la joie et non le deuil. La durée de l'Avent n'est pas la même partout. Primitivement, elle paraît avoir embrassé quarante jours, en souvenir du jeûne de Jésus-Christ dansledésert. On faisaitcommencerrAventàlaSaint-Martin,lell novembre. L'Q/^ri>/;w ambrosianum de Milan en marque le commencement au 14 novembre, date qui a été conservée par l'Eglise grecque. L'Eglise catholique s'est contentée de la période des cinq dimanches qui précèdent Noël, dont le premier ou plutôt le cinquième s'appelle prœparatio adoentus, L'Eglise luthérienne a retranché ce dimanche préparatoire, mais elle est i*eslée fidèle à la tradition catholique, et a même gardé les anciennes péricopes, ce qui se justifie moins, vu que quelques-unes d'entre elles n'ont qu'un rapport très-indirect avec la venue de Jésus-Christ, ou ne parlent pas de son premier mais de son second avènement. L'Eglise réformée, ou bien a rompu avec une coutume qu'elle ne trouvait pas sanctionnée par TEcriture, ou bicîu, ce (jui semble préférable, n'en a conservé que ce qui est en harmonie avec les sentiments que l'approche de la fêle de Noël doit réveiller dans tout cœur chrétien.

AVERROES. Voyez Arabes (Philosophie religieuse des).

AVIGEBRON. M. Muqk a prouvé (jue ce philosophe, connu au moyen ûge comme auteur d'un livre intitulé Fons vitœ de materia nnivermli, n'est autre qu'Ibn-Gebirol, un juif né à Malaga, qui vécut à Saragossc vers Tan 1045 et qui composa des commentaires allégorisant rAncicn Testament et des hymnes mystiques qui furent admises dans la liturgie des synagogues. Avicebron, partant des principes d'Aristote, enseignait que le monde est constitué au moyen de deux éléments, la

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matière et la forme. Mais il y a une matière spirituelle aussi bien qu'une matière corporelle, et leurs différences ne sont que des déterminations d'une même matière universelle. Il v a de même une forme universelle. La diversité que Ton constate parmi les êtres résulte des degrés divers que comporte Tunion de la forme et de la matière. Au sommet de toutes choses, cette union est absolue, intelligence universelle, principe de toute existence; au-dessous, viennent les échelons successifs de la matière de moins en moins dominée par la forme. Audessus de rintellect suprême, il y a Tunité pure, abstraite, Dieu; mais si cette unité est distincte du monde, elle est aussi dans le monde, en tant que chaque être consiste dans Tunion de deux éléments. A ce panthéisme émanatiste est adapté un principe qui doit servir d'intermédiaire entre l'unité abstraite et le monde, la volonté, qui parait sauvegarder la liberté divine; mais le livre qu'Ibn-(jebirol avait consacré à ce principe est perdu, et les indications que donnent les fragments connus du/ ows vi'tn' sont trop vagues pour qu'on puisse discerner comment l'auteur accordait les deux parties opposées de sa philosophie. La doctrine d'Avicebron paraît avoir été peu discutée parmi les Arabes et les Juifs. Cliez les chrétiens elle fut Tobjet de vives préoccupations. Les panthéistes du treizième siècle, Amaury de Bène, David de Dinant, ont des enseignements semblables. Albert le Grand, saint Thomas et d'autres docteurs la combattent avec vivacité, tandis qu'elle est accueiUie avec sympathie par Roger Bacon, Duns Scot et surtout Giordano Bruno. — V. Muuk, Mélanges de philosophie juive et arabe, 1857. ' A. Matter.

AVIGENNE. Voyez Arabes (Philosophie religieuse des). AVIGNON. L'histoire religieuse de cette ville ne commence qu'au treizième siècle. A cette époque, Avignon était une puissante république qui épousa avec ardeur la cause des Albigeois et la résistance passionnée des peuples du Midi aux idées et aux hommes du Nord. S'étant attiré les anathèmes de la papauté à cause du massacre du comte de Baux, son podestat, (fui s'opposait au concours (jue la cité voulait prêter au comte de Toulouse, elle fut prise, rasée et ruinée par le roi do France Louis VIII (12 septembre 1226). Pendant le grand sciiisnie d'Occident, les papes résidèrent dans ses murs (1309-1377) et, tout en TembelUssant, contribuèrent singulièrement à la corrompre. Au témoignante de Pétrarque, qui y connut la célèbre Laure de Sade, rien n'égalait sa magnilicence que sa dépravation. De retour à Rome, le saint-si(''ge, resté maître d'Avignon et du comtat Venaissin qui y était attenant, lit gouverner la contrée par un légat, auquel fut adjoint, en temps de trouble, un commandant militaire, comme cela eut lieu au moment des guerres de reUgion. La Réforme pénétra à Avignon de fort bonne heure. Les écrits de Luther s'y introduisirent avant 1322 et vinrent éclairer d'un jour nouveau la sombre cellule du pieux et éloquent Lambert d'Avignon. Le célèbre franciscain répandit-il ses doctrines avant de partir pour l'Allemagne, en 1522? C'est ce (jui ne lui fut guère possible, car il était surveillé de près, et les brochures luthériennes qui l'amenèrent à la foi furent saisies dans sa cellule et jetées

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