‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 221 sur 226 · AVIGNON — AVILA · texte numérisé non relu

AVIGNON — AVILA

Leiloni, général des troupes poiitilicalcs, mais œux d'entre eux qui habitaient Avignon avant la guerre n'eurent pas le droit d'y rentrer- (1563). Les jésuites s'établirent Tannée suivante dans la ville et en auraient été chassés violemment sans le secours de la garnison, car le peuple s'était imbu de l'idée qu'ils apfportaient avec eux une inquisition d'un nouveau genre. Le roi Charles IX, qui visita Avignon peu après, ne voulut pas accorder aux protestants du comtat la liberté de conscience dont on jouissait dans le reste du royaume, le pape n'ayant rien voulu céder sur ce point. Le vice-légat, allant plus loin encore, déclara, en 1569, tous les biens des protestants du comtat confisqués au prolit de la chambre apostolique. Ces biens, évalués au-delà der 100,000 écus, leur furent rendus quelques années plus lard (1572), . mais à la condition qu'ils seraient régis par des procureurs catholiques. Cependant Avignon était très-convoitée par les huguenots. L'amiraL Coligny, qui s'était dirigé vers le midi de la France après la désastreuse bataille de Moncontour, avait résolu de s'en emparer, pour s'en faire une base d'opérations dans le Midi, mais toutes ses tentatives échouèrent devant la vigilance des habitants (1571). Huit autres tentatives ou conspirations, de 1571 à 1581, ne réussirent pas mieux, et Avignon ne tomba jamais aux mains des huguenots. La ville ne prit, du reste, aucune part aux troubles de la Ligue et, heureuse de réparer ses ruines,, elle garda la neutralité entre les royalistes et les guisards, dont les luttes ensanglantèrent la Provence. Les nouvelles guerres religieuses du dix-septième siècle ne la troublèrent point, mais Louis XIV, mécontent de la cour de Rome à diverses époques, la lit saisir par sessoldats (1663 et 1689). Pour le même motif, Louis XV s'en empara en 1768 et ne la restitua que sept ans plus tard. Elle était l'asile de tous les banqueroutiers et malfaiteurs fugitifs du royaume. La révolulion française eut son contre-coup à Avignon, ll-s'y forma un parti français qui l'emporta sur le parti ultramontain, mais non sans de graves excès, et la ville fut réunie à la France (14 septembre 1791). Deux ans après, elle devint le chef-lieu du département de Vaucluse, qui fut formé de l'ancien comtat Vejiaissin. A l'époque de la réorganisation des cultes, les Eglises protestantes de Vaucluse furent groupées en un consistoire qui eut pour chef-lieu Lourmarin. Un culte régulier fut étabU à Avignon en 1813, mais l'Etat ne reconnut ofliciellement le poste qu'en 1833. L'Eglise comptait, en 1870, de quatre à cinq cents^ protestants. — Voyez P. Justin, Hist, des gtieiT. excit. dans le comtat Venamin.,. par lescalvinist. du XV!"" siècle, 1782; Barjavel, Dict, hist.., du départ, de Vaucluse, 1841 ; Granget^ abbé, Hist, du diocèse d^ Avignon, 1862. E. Arnaud.

AVILA (Juan de). Ce grand prédicateur espagnol naquit en 1500 à Almodovar del Campo, ville du diocèse de Tolède. Après avoir étudié à Alcala de Heuares sous la direction du grand théologien Domingo de Soto, il fut pris d'un vif désir de passer en Amérique pour y prêcher l'Evangile. Il se serait embarqué, si les instances d'un savant prêtre de Séville, Ferdinand de Contreras, et de l'archevêque lui même, Alonso Manrique, n'étaient pas parvenues à lui faire abandonner son

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